1.         Zone de gestion des Pitons (Sainte-Lucie) (N 1161)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 19 950 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Pressions dues au développement touristique et résidentiel

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

L'État partie a soumis son rapport le 10 mai 2008, limitant ainsi la faculté de prendre en compte les informations présentées.

L'État partie a soumis une copie du plan de développement intégré de la région de la soufrière fraîchement terminé (le plan) en mars 2008. Le plan inclut une analyse détaillée du bien et de ses environs. Il propose de diviser le bien en cinq zones principales, ou zones stratégiques, auxquelles des politiques spécifiques de contrôle du développement seraient appliquées, en prenant en compte la valeur universelle exceptionnelle du bien et en reconnaissant en même temps l'existence du nombre important de terrains appartenant à des propriétaires privés à l'intérieur de ses limites et des pressions concomitantes dues au développement. Ces zones incluent : (i) une zone stricte “zéro-construction”, qui englobe les deux Pitons volcaniques et l'arête abrupte d'une très grande beauté naturelle qui les relie ; (ii) la zone des sources chaudes et fumerolles sulfureuses, qui protège des caractéristiques géologiques uniques ; (iii) une zone côtière, qui autorise un développement touristique, avec certaines restrictions en matière de construction ; (iv) les autres espaces au sein du bien, où le développement résidentiel naturel et les infrastructures agricoles sont autorisés, de nouveau avec certaines restrictions et (v) la zone marine, où le développement est limité. Le plan n'a pas encore officiellement été intégré aux processus de planification de l'État partie.

Le plan corrobore les inquiétudes qui pèsent sur la zone, en particulier sur les sites côtiers, les pressions en matière de développement résidentiel et touristique étant considérables, bien quetoutes les demandes actuelles de planification soient suspendues. Entre autres développements potentiels, figurent un projet de villas dans la zone située en dessous du complexe hôtelier Jalousie, entre les deux Pitons, qui prévoit des activités de rénovation et de construction au sein du complexe hôtelier, un projet de villas sur la propriété Beau, une éventuelle marina et un complexe hôtelier à Baron Drive et une boutique / hôtel Green à L’Ivrogne. Le rapport note également que des aménagements en cours à Malgretoute font partie du secteur de la ZGP actuellement défini comme ‘zone zéro-construction’, et considère qu'une politique d'application plus sévère doit être mise en place pour éviter que de tels développements ne se reproduisent. Il n'est toutefois pas fait mention des mesures mises en œuvre pour traiter ces constructions illégales.

Le plan a revu la limite extérieure de la ZGP et n'a proposé aucune modification. Cependant, après un examen poussé des zones internes du bien, certaines recommandations ont été faites pour offrir un juste équilibre entre développement et conservation, autoriser certains aménagements liés au tourisme assortis de contrôles environnementaux stricts et offrir aux locaux des opportunités en matière de logement et d'emploi, ce qui dans l'ensemble, selon le rapport, ne mettrait pas le statut de patrimoine mondial en danger.

Du point de vue du Centre du patrimoine mondial et de l'IUCN, le plan est une réponse pragmatique aux réalités de la ZGP – un bien du patrimoine mondial naturel inscrit en dépit de la présence d'importants développements touristiques et d'un développement résidentiel considérable au sein de ses limites. Ces points préoccupants, ainsi que d'autres, avaient été notés par l'IUCN lors de l'inscription. Quoi qu'il en soit, le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN sont préoccupés par le fait que le degré de développement au sein du bien puisse établir un précédent inapproprié en matière de ce qu'il pourrait être attendu d'un bien inscrit en vertu du critère (vii) de la Convention du patrimoine mondial. Il est également clair, vu le nombre de demandes de projets à l'étude dans le bref intervalle depuis l'inscription, que les pressions dues au développement risquent d'éroder sa valeur universelle exceptionnelle à moins qu'un processus de planification très précis et rigoureux ne soit immédiatement mis en place, strictement appliqué et étroitement surveillé.

L'État partie a soumis un rapport de suivi en réponse à la décision 31 COM 7B.42 duComité du patrimoine mondial, reçu par le Centre du patrimoine mondial le 10 mai 2008. Le rapport indique que le plan est actuellement étudié par les membres du Conseil des ministres pour adoption, avec une proposition pour déclarer le bien Zone d'Application Spéciale, ce qui devrait décourager tout développement illégal et non autorisé. Cependant, la manière dont seront articulés, en cas d'adoption, les processus de planification et de prise de décision avec le plan n'est pas claire.

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN ont relevé trois points de préoccupation :

- Le plan est un rapport d'une société de conseil et n'a aucune implication sur les processus de planification si ses dispositions ne sont pas formellement reconnues par l'État partie.

- Le plan ne définit pas clairement l'étendue du développement et de ses impacts sur le paysage au sein du bien, d'où la nécessité de préciser davantage l'étendue de tout développement ultérieur afin d'évaluer l'acceptabilité du plan et suivre sa mise en œuvre. À cet égard, des données de base indiquant précisément le degré actuel d'aménagement au sein du bien seraient utiles.

- Tout aménagement ultérieur au sein de la ZGP ne se conformant pas strictement à une politique de planification convenue devrait être considéré comme uneraison manifeste de recommander l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Ayant reçu des informations supplémentaires sur l'état de la gestion du bien, l'IUCN a conclu que la gestion actuelle du bien devait être renforcée, notamment dans les domaines suivants :

· le rôle du comité de gestion pour le bien et le degré de consultation et d'engagement avec la communauté et les parties prenantes doivent être renforcés ;

· les capacités de l'organisme de gestion existant doivent être consolidées, ce qui inclut une formation sur les approches participatives et la gestion des conflits notamment ;

· des moyens novateurs de financer la gestion de la ZGP doivent être identifiés, développés et utilisés ; il convient de réfléchir sur la pertinence d'un personnel de gestion approprié et de proposer aux parties prenantes de suivre la formation en ligne “Business Planning for Sustainable Financing of Protected Areas” récemment développée avec le soutien du Fonds du patrimoine mondial ;

· le développement à l'extérieur du bien doit être encouragé et les entreprises et entrepreneurs d'activités durables à l'extérieur du bien davantage soutenus ; et

· le tourisme durable incluant un plan de marketing approprié, préparé en partenariat avec l'Office du Tourisme de Sainte-Lucie, doit être développé.

 

De réelles possibilités existent pour forger de nouvelles alliances en vue de soutenir une gestion efficace du bien. Le nouveau GEF Small Grants Programme (Programme de micro-financement du Fonds pour l’Environnement Mondial) géré par l'UNDP à Sainte-Lucie s'est donné pour objectif de “contribuer à la gestion efficace du site du patrimoine mondial de la Zone de gestion des Pitons”. L'IUCN est également en train d'élaborer un nouveau programme régional pour les Caraïbes (IUCN Caribbean Initiative) susceptible d'offrir de nouvelles possibilités de soutien à la ZGP. Le réseau IUCN-WCPA Caraïbes a également indiqué être disposé à fournir une assistance technique au gouvernement de Sainte-Lucie et à la ZGP concernant sa gestion.

La ZGP a profité d'un échange de renforcement des capacités avec le site du patrimoine mondial du Littoral du Dorset et de l'est du Devon, soutenu par les autorités britanniques. Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN notent cette initiative comme un exemple de bonne pratique susceptible d'être plus amplement développée dans le cadre de la création d'une protection et d'une gestion efficaces de la ZGP.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.40

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B.Add,

2. Rappelant les décisions 28 COM 14B.11 et 31 COM 7B.42, respectivement adoptées à ses 28e (Suzhou, 2004) et 31e (Christchurch, 2007) sessions,

3. Note avec inquiétude que le développement continue d'affecter l'intégrité du bien, ce qui, en l'absence de mesures rapidement mises en oeuvre, est susceptible d'entraîner une altération significative de sa valeur universelle exceptionnelle;

4. Accueille avec satisfaction la préparation d'une stratégie de développement intégré pour le bien et demande à l'État partie de prendre les mesures nécessaires pour adopter ses recommandations comme bases d'un cadre de planification conforme pour le bien en vertu des lois de Sainte-Lucie, notant la nécessité pour l'État partie de réfléchir davantage à ses recommandations afin de garantir que les niveaux de développement anticipés pouvant résulter de cette stratégie ne portent pas atteinte à la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

5. Encourage l'État partie à élaborer des activités avec des partenaires locaux, dont l'UNDP et l'UICN, pour un programme permettant de consolider la gestion du bien, en relation notamment avec la capacité des agences de gestion et les communautés présentes au sein et dans les environs du bien pour protéger, gérer et tirer profit du statut de patrimoine mondial ;

6. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport complet sur l'état de conservation du bien et sur les mesures prises pour mettre en oeuvre les recommandations susmentionnées, incluant des données de base détaillées sur l'utilisation actuelle des sols au sein du bien et une description du processus de demande et d'examen des aménagements, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.