1.         Parc national du banc d'Arguin (Mauritanie) (N 506)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1989

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/506/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2004-2004)
Montant total approuvé : 35 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/506/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Aucune mission de suivi officielle. Missions du Centre du patrimoine mondial en 2002, 2003 et 2004 dans le cadre des activités en Mauritanie.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pêche illégale ;

b) Ramassage mécanique des coquillages ;

c) Exploitation pétrolière ;

d) Tourisme et fréquentation accrue avec la nouvelle route Nouadhibou-Nouakchott ;

e) Capacité de gestion et ressources insuffisantes. 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/506/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

L'État partie n'a pas soumis le rapport sur l'état de conservation demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007). Par conséquent, il est difficile d'évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des précédentes décisions. Cependant, le bureau régional de l'IUCN pour l'Afrique de l'Ouest a réalisé une évaluation de l'efficacité de la gestion du parc national du banc d’Arguin et a constaté que la gestion du bien s'était améliorée. Il a été constaté que le bien possédait un plan de gestion valable, pour la période 2005-2009, et qu'il était doté d'un nombre suffisant de personnel compétent, dont la répartition au sein du bien pouvait cependant être améliorée.

Les moyens de transport et la logistique sont relativement bons à l'intérieur du bien et les moyens de communication opérationnels. Le bien a reçu un soutien financier du gouvernement mauritanien et d'autres donateurs internationaux. Un fonds en dépôt est en train d'être constitué et devrait être opérationnel dans l'année qui vient. Le bien a développé de bonnes relations avec les communautés Imraguen locales. Bien que les restrictions d'accès à certaines ressources soient encore source de conflit, les communautés soutiennent fortement le droit de pêche exclusif dont elles jouissent au sein du bien. Elles attendent de l'administration du parc d'être plus proactive et de faire pression sur les administrations de la santé et l'éducation de Nouakchott afin que ces dernières accordent une plus grande attention à leurs besoins. Une des recommandations de cette étude est que le zonage du PNBA doit être finalisé afin de clarifier le rôle des différents territoires.

L'étude de l'IUCN a révélé que des modifications côtières poussent les oiseaux à abandonner leurs sites de nidification et que les dunes de sable empiètent sur les points d'eau, apparemment en conséquence d'un changement climatique. La chasse illégale des oiseaux et l'exploitation forestière illégale sont toujours pratiquées ainsi que le surpâturage des chameaux les années de fortes précipitations. Les activités de pêche illégale dans la portion marine du bien se poursuivent. La population de phoques moines, l'une des espèces les plus menacées de mammifères marinsde la région du Cap Blanc, est dérangée par les activités de pêche à la ligne depuis le rivage, qui entraînent une diminution de son habitat. La pêche fantôme, dans des filets perdus, entraîne également une mortalité accrue parmi les phoques moines et les poissons. De plus, cette portion du bien est confrontée à la menace de l'érosion côtière des falaises, ce qui réduit encore l'habitat clé des phoques, et aux dépôts éoliens de fines particules de fer. Le développement de l'aquaculture marine représente également une menace potentielle pour les valeurs marines et l'intégrité du Cap Blanc. Aucune évaluation d'impact ni activité de suivi n'ont été réalisées. Bien qu'il ait résisté jusqu'à présent, l'État partie doit également faire face à des pressions politiques de la part des lobbies de la pêche – qui ne sont actuellement pas autorisés à pêcher au sein du bien, les ressources marines étant surexploitées à l'extérieur du bien. Sur la portion terrestre du bien, des espèces végétales envahissantes privent d'eau des espèces végétales indigènes ; à signaler toutefois le succès de la gestion d'une espèce - Salvinia molesta. La présence d'eaux polluées provenant de la rivière Sénégal contaminée par les eaux de ruissellement des terres agricoles (pesticides notamment) est un autre problème.

L'État partie n'a pas rendu compte de son avancement dans la mise en œuvre les précédentes décisions du Comité du patrimoine mondial :

a) Obtenir un statut de “zone maritime particulièrement sensible” (PSSA) auprès de l'Organisation Maritime Internationale ;

b) Mettre en œuvre un programme de surveillance des risques pour les ressources marines ;

c) Produire et mettre en œuvre un plan d'intervention d'urgence en cas de déversement d'hydrocarbures ;

d) Avancer sur les mesures d'atténuation d'impact pour la nouvelle route Nouadhibou-Nouakchott ;

e) Etablir des recommandations sur le cadre juridique du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN notent que, tandis que l'efficacité de la gestion du banc d’Arguin s'améliore, un certain nombre de problèmes de conservation et de menaces nécessitent encore une attention urgente, en particulier pour ce qui concerne l'environnement marin et côtier. Il est difficile d'évaluer véritablement la situation dans la mesure où l'État partie n'a pas répondu aux demandes du Comité du patrimoine mondial de rendre compte des progrès accomplis et du statut de valeur universelle exceptionnelle du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.6

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.12, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Regrette que l'État partie n'ait pas soumis de rapport sur l'état de conservation comme demandé à sa 31e session (Christchurch, 2007) ;

4. Accueille avec intérêt les constatations de l'évaluation de l'efficacité de la gestion réalisée par l'UICN sur les avancements positifs dans la gestion du bien ; mais note avec inquiétude que le bien doit toujours faire face à de nombreuses menaces ;

5. Demande à l'État partie de mettre en oeuvre les recommandations de ses précédentes décisions, et en particulier de rendre compte des points suivants :

a) Surveillance de l'état des valeurs du bien ;

b) Protection des ressources marines contre la surexploitation et la pollution ; et

c) État de la proposition du plan d'intervention d'urgence en cas de déversement d'hydrocarbures ;

6. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport sur l'état de conservation du bien, y compris les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des précédentes recommandations, ainsi qu'une copie du plan de gestion pour la période suivante, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.