Une mission commune Centre du patrimoine mondial / UICN s'est rendue au Dôme de Vredefort du 28 avril au 3 mai 2008 conformément à la décision 29 COM 8B.4 et a passé en revue les progrès accomplis dans les domaines suivants: la gestion spécifique et la collaboration avec les propriétaires des terrains afin d'assurer l'intégrité du bien, la définition précise des limites légales des trois composantes de ce bien en série et, la mise en œuvre du plan de gestion du bien avec l'aide et en présence des principales parties prenantes. Les principaux problèmes suivants ont été identifiés par la mission:
a) Déclaration dans le cadre de la législation nationale
A ce jour, le Dôme de Vredefort n'a pas encore été déclaré dans le cadre de l'acte de ratification de l'Afrique du Sud à la Convention du patrimoine mondial, bien qu'une "déclaration d'intention" ait été publiée en décembre 2007. Un certain nombre de propriétaires de terrains ont fait des objections à cette déclaration prétextant une sensibilisation insuffisante et un manque de consultation, ils ont menacé cette déclaration de poursuites judiciaires, ce qui pourrait en retarder le processus.
Dans le cadre de cette même législation, les limites du bien, y compris celles des zone centrale et tampon, doivent être matériellement bornées. Des possibilités sont offertes afin de mieux harmoniser les limites de la zone tampon avec celles des terrains appartenant aux propriétaires privés, ce qui simplifierait la gestion du bien. Cette initiative devra être menée en consultation avec les propriétaires concernés.
b) Propriétaires de terrains
Une gestion réussie du bien implique la résolution des conflits avec les propriétaires de terrains. Un certain nombre de propriétaires sont satisfaits de la désignation du site comme bien du patrimoine mondial et ont fait des progrès dans les actions de promotion et d'utilisation compatible des terrains, comme par exemple des espaces de conservation naturelle et des lodges écologiques (Game Farms). Un certain nombre de propriétaires a cependant fait des objections à la déclaration de leurs terres dans le cadre de la législation nationale. Certains propriétaires ont fait remarquer qu'ils n'avaient pas assez d'informations sur le bien ainsi que sur leurs rôles et responsabilités. Le Service de l'environnement et du tourisme (DEAT) et les municipalités manquent de données précises et à jour sur les titres de propriété dans le périmètre du dôme.
c) Gestion inadaptée du site
L'autorité nationale de gestion des sites du patrimoine mondial a remplacé le groupe de travail interprovincial du Dôme de Vredefort auprès du Comité directeur du Dôme de Vredefort en tant qu'institution reconnue dans le cadre de l'acte de ratification de l'Afrique du Sud à la Convention du patrimoine mondial, et ce, même dans l'attente de la Déclaration. Il n'y a cependant pas actuellement d'unité opérationnelle de gestion possédant une capacité suffisante pour mettre en œuvre et pour faire appliquer les réglementations nécessaires à la protection du bien.
L'autorité de gestion du site du Dôme de Vredefort (WHSMA) n'est pas encore mise en place et le recrutement de son personnel n'a pas commencé. L'absence d'unité de gestion sur le bien a encouragé un certain nombre d'actions incontrôlées. Le manque de suivi et de répression d'actes de vandalisme et de pollution est une conséquence de cette absence.
L'absence d'une unité de gestion, physiquement présente sur le bien, est responsable de la piètre communication et de la mauvaise sensibilisation évoquées par beaucoup de propriétaires de terrains.
d) Dégradation du bien
Une inspection de la rivière Vaal et du traitement des eaux usées dans la ville de Parys a révélé qu'un haut niveau d'eaux non traitées ou traitées partiellement était rejeté dans la rivière. Même si l'impact du niveau actuel de pollution sur l'intégrité géologique du bien n'est pas connu et peut se révéler insignifiant, l'effet de cette pollution sur le tourisme et l'éducation environnementale est réel et l'intégrité du bien sera donc compromise. Les responsables de la Municipalité ont reconnu le fait et le besoin d'une remise à niveau des équipements. Il ne semble pas que cette amélioration ait lieu prochainement au vu des capacités limitées tant en termes de personnel que de finances. Les polluants industriels et urbains relâchés en amont affectent aussi l'intégrité du bien.
La nappe phréatique, qui fournit de l'eau à la fois pour l'agriculture et pour la consommation domestique, a été surexploitée comme en témoignent les maisons abandonnées et les trous de forage asséchés. La mission a également été informée que plusieurs trous de forage ont été pollués par des fuites du système sanitaire. En ce qui concerne le grave problème de l'eau et de l'hygiène publique sur le bien, il convient : (a) d'entreprendre un inventaire des sources de pollution et de mettre en place un système de suivi de la qualité, (b) de mener en priorité une étude géologique du bien afin de mettre en place un plan de gestion des eaux, au vu de la piètre qualité des eaux déversées dans la rivière Vaal par le systèmes d'égouts, (c) de faire un inventaire de la qualité de l'eau et du niveau de la nappe phréatique dans les trous de forage du bien afin d'améliorer les connaissances sur le système aquifère et sa gestion, en prévision de la future expansion de l'infrastructure touristique, et (d) de surveiller les usines de traitement des eaux usées de Parys et de Vredefort et de prendre des mesures correctives.
La mission a été informée d'un projet du gouvernement sud africain visant à traiter toutes les sources de pollution de la rivière Vaal. Cependant, les détails et le calendrier d'application de ce projet ne sont pas précisés.
Un certain nombre d'exploitations agricoles de maïs abandonnées ou ayant échoué sont transformées en exploitations agricoles alternatives. La culture de la noix de pécan a été introduite dans quelques unes des fermes visitées et observées par avion dans le périmètre du bien. C'est une forme d'agriculture nécessitant une irrigation intensive, mais susceptible d'être d'un bon rapport à long terme. L'impact de cette reconversion à grande échelle des exploitations agricoles dans la zone centrale du Dôme n'est pas connu, mais au vu des quantités d'eau et d'engrais nécessaires à cette culture, l'impact est susceptible d'être négatif.
Les feux de velds représentent une menace importante pour le bien. La seule caserne de pompiers, située à Parys, n'est pas équipée pour traiter rapidement un tel feu.
Une autre menace est constituée par le braconnage de faune, car ce type de viande est très apprécié dans la région. En ce qui concerne les vols et le vandalisme mentionnés lors de l'inscription du bien, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont été informés qu'une étude avait été ordonnée afin d'identifier les zones sensibles à protéger. Le commanditaire de cette étude et la structure chargée de mettre en œuvre ses conclusions ne sont pas précisées.
En l'absence de déclaration officielle du bien, ainsi que d'accords avec les propriétaires de terrain sur les conduites à suivre dans le périmètre du bien, le développement du tourisme et d'activités de loisirs non planifiés, sans autorisation accordée ni conseil donné par l'autorité de gestion, est flagrant. La construction non réglementée de lodges et de camps le long de la rivière et dans d'autres zones du Dôme constitue un dommage potentiel à l'intégrité du bien, par la circulation humaine accrue et les impacts qu'elle implique. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN recommandent donc que l'Etat partie fasse appliquer les lois environnementales appropriées pour tout nouveau projet d'aménagement. Par ailleurs, l'aménagement dans le périmètre du bien ne devrait pas avoir d'impact sur la valeur universelle exceptionnelle ou sur l'intégrité du bien. En outre, toute nouvelle construction, commencée après l'inscription du bien, devrait être réexaminée et modifiée afin d'être en conformité avec la législation adéquate.