Le 1er février 2012, un rapport sur l'état de conservation du bien a été remis par l'État partie. Il donne des informations sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations faites par le Comité à sa 35e session (UNESCO, 2011).
a) Financement pérenne
L'État partie rapporte que la Fondation pour la conservation du tigre de Manas (FCTM) (Manas Tiger Conservation Foundation - MTCF) est désormais opérationnelle et qu'elle reçoit des fonds des structures d'éco-tourisme. Le rapport précise également qu'une recherche de financement complémentaire est en cours en provenance de sources plus variées, y compris le secteur privé et les ONG, et que le Gouvernement central envisage actuellement la possibilité de transférer directement des fonds à la FCTM.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN rappellent que l'État partie avait fait état, dans un courrier en date du 6 avril 2011, d'un projet de financement direct de la FCTM par le Gouvernement central et de mise en place opérationnelle de ce financement au cours de l'exercice 2011-2012. Ils regrettent ce retard et font remarquer que l'UICN a reçu des rapports signalant qu'un déblocage des fonds ralenti perdure et que cela constitue toujours un problème pour la gestion du bien. Ils estiment qu'un financement direct de la FCTM par le Gouvernement central demeure une étape décisive pour aider à résoudre ce problème.
b) Système de suivi intégré fondé sur l'écosystème
L'État partie rappelle que le 17 mars 2011 il avait soumis au Centre du patrimoine mondial et à l'UICN un projet de cadre de suivi du bien fondé sur l'écosystème. L'État partie précise que la mise en oeuvre de ce cadre a commencé avec la préparation de cartes spatiales, une recherche sur les moteurs du changement d'habitat et un suivi de la végétation, y compris des espèces invasives.
c) Plan de sauvetage des cerfs des marais et réintroduction des grands rhinocéros unicornes
L'État partie rapporte que le plan détaillé de sauvetage des cerfs des marais, soumis au Centre du patrimoine mondial et à l'UICN le 17 mars 2011, est désormais en cours de mise en oeuvre. L'État partie fait état d'un projet de capture et de transfert de 25 cerfs des marais du Parc national de Kaziranga en attente d'adoption par les autorités compétentes et que les spécimens à capturer sont actuellement en cours d'identification. L'État partie évoque également des études en cours sur la pérennité de l'habitat et les dynamiques des populations à Manas et à Kaziranga.
L'État partie signale par ailleurs qu'il s'est engagé à achever la première phase du projet Indian Rhino Vision 2020 en réintroduisant 12 spécimens en 2012, portant ainsi le nombre total de rhinocéros réintroduits à 20.
d) Plan général de gestion touristique
L'État partie rapporte que les autorités du parc ont préparé un plan général de gestion touristique dont le projet est présenté en annexe au rapport de l'État partie. Celui-ci précise que ce plan en est actuellement à la phase de consultation publique impliquant un grand nombre de partenaires et acteurs dont les communautés locales engagées dans des activités touristiques.
e) Extension en trois étapes du bien
L'État partie rapporte qu'un projet d'extension du bien et de transformation de son nom afin qu'il soit en accord avec tout le territoire du Parc national de Manas est en cours. Une demande préalable d'extension du bien a été annexée au rapport de l'État partie, elle peut être consultée dans le document WHC-12/36.COM/8B.Add.
L'État partie rapporte également qu'un projet d'adjonction de 36.000 hectares de forêt au Parc national de Manas est actuellement en attente d'adoption par le Conseil territorial du Bodoland et le Gouvernement d'Assam, une fois adopté, ce projet sera soumis au Centre du patrimoine mondial.
L'État partie rapporte par ailleurs que les autorités des États parties d'Inde et du Bhoutan en charge des parcs se sont rencontrées à deux reprises le 24 octobre et les 18-19 novembre 2011 afin d'envisager la possible proposition d'inscription d'un bien transfrontalier.
f) Autres problèmes de conservation - projets de barrages hydroélectriques
L'UICN a reçu des rapports selon lesquels des projets hydroélectriques au Bhoutan, à savoir l'infrastructure existante de Kurichu (60 mégawatts) et le projet de Mangdechhu (720 mégawatts), sont susceptibles d'avoir un impact négatif sur les forêts et les éléments hydrologiques du bien en réduisant la capacité des écosystèmes à subvenir aux besoins de la faune. Les rivières Kurichu et Mangdechhu contribuent toutes deux à alimenter le système hydrologique de Manas-Beki qui est un soutien considérable au bien. Il est précisé que l'activité du barrage de Kurichu a déjà eu des conséquences sur les forêts et la faune du bien lorsqu'en 2004 il y a eu un déversement excessif d'eau qui a provoqué une inondation sans précédent du système hydrologique de Manas-Beki, emportant des parties du bien et tuant un grand nombre d'animaux sauvages. Le déversement d'eau depuis le barrage de Kurichu à plusieurs reprises au cours des six dernières années est censé avoir provoqué des inondations dans le vaste territoire de la réserve de biosphère de Manas, dont le bien fait partie, ce qui pourrait avoir des conséquences potentielles sur les zones dont l'inclusion au bien est proposée. Les rapports reçus par l'UICN suggèrent qu'aucune évaluation d'impact environnemental n'a jusqu'alors été entreprise pour le projet de Mangdhechhu. Le 18 mai 2012, le Centre du patrimoine mondial a fait parvenir un courrier à l'État partie du Bhoutan demandant des informations complémentaires sur ce sujet.