Dans son rapport soumis au Centre du patrimoine mondial le 1er février 2008, l’État partie a présenté l’avancement de la mise en œuvre des décisions du Comité du patrimoine mondial:
Plan d’action d’urgence
Un plan d’urgence a été établi pour le Cabinet de Conservation de l’Île de Mozambique et il inclut les activités essentielles suivantes :
a) Un inventaire des biens immeubles actuels de l’Île indiquant qu’il existe 1 192 biens immeubles à Macuti, 557 dans la Ville de Pierre et 42 vestiges en ruine ;
b) Une lettre adressée aux propriétaires des ruines pour les sensibiliser à leurs obligations de les restaurer et de les utiliser.
Grâce à cela, le rapport indique que de nombreuses ruines sont maintenant mieux entretenues et ont une meilleure apparence. Aucun autre détail n’est fourni sur le plan ni sur des mesures palliatives à court terme.
Plan de gestion
L’aide du Programme Africa 2009 a été demandée pour l’établissement d’un plan de conservation et de gestion. Cette demande sera étudiée par le Comité de pilotage d’Africa 2009 à sa prochaine réunion.
L’État partie a aussi signalé qu’en 2007, le gouvernement portugais avait alloué 250 000 dollars EU à la Banque africaine de développement pour la préparation d’un plan directeur à partir de 2008. Aucune autre information n’a été reçue sur cette allocation. Il est clair, si ce projet aboutit, que le plan directeur doit être étroitement lié au projet de plan de gestion.
Calendrier de restauration de la Forteresse de Saint-Sébastien
À partir d’une étude architecturale, une stratégie de mise en œuvre a été définie pour 2007-2008 pour un budget d’1 million de dollars EU. Cela inclut :
a) La suppression de toute la végétation envahissante ;
b) Consolidation et réparations structurales ;
c) Réhabilitation du réseau originel de collecte et de réserve d’eau ;
d) Construction d’une nouvelle citerne pour assurer une source d’approvisionnement en eau pour la population locale ;
e) Fourniture de services et d’installations d’infrastructure de base ;
f) Restauration d’un bâtiment pour abriter les installations, appliquer les normes de restauration et organiser de la formation sur chantier aux artisans locaux ;
g) Nomination d’un gestionnaire de site en janvier 2008, attribution d’un important contrat en janvier 2008 et levées de fonds pour la phase II qui suivra. La phase I devrait s’achever en décembre 2008.
Sensibilisation aux valeurs du patrimoine mondial
Aucun progrès n’a été réalisé à cet égard mais un projet de sensibilisation des parties prenantes concernées à la valeur et à l’importance de l’Île de Mozambique et de la Convention a été inclus dans la demande d’assistance internationale.
L’État partie signale aussi l’achèvement du projet de restauration de la Casa Girassol, l’un des principaux monuments de l’île. Cela a été réalisé grâce au concours de la Ville de Bergen et va servir d’exemple pour les travaux de conservation sur l’île.
On note un progrès général en matière de conservation de la Forteresse de Saint-Sébastien et de demande d’assistance pour finaliser le plan de conservation et de gestion. Cela, ainsi que les travaux accomplis à la Casa Girassol, mérite d’être reconnu.
À sa 31e session (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a réaffirmé sa vive inquiétude « quant au fait que l’Île de Mozambique reste menacée par une sérieuse dégradation des monuments historiques et structures urbaines, et risque de perdre son authenticité ». le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives s’inquiètent du peu de progrès accompli dans le traitement des problèmes fondamentaux qui affectent la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils considèrent qu’il faudrait faire mieux connaître ce bien pour mobiliser le soutien en vue d’une action coordonnée de la communauté internationale. Ils recommandent l’envoi d’une mission de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives pour évaluer l’étendue de la dégradation du bien et les menaces qui en affectent la valeur universelle exceptionnelle. La mission définirait aussi, en consultation avec les autorités compétentes, un état de conservation souhaité, les mesures correctives nécessaires et le calendrier de mise en œuvre.