1.         Parc national des Everglades (États-Unis d'Amérique) (N 76)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1993-2007, 2010-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/76/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/76/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2006: participation de l'UICN à un atelier technique ayant pour but l'identification de repères et de mesures correctives

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Quantité et qualité de l'eau rentrant dans le bien ;

b) Empiètement urbain ;

c) Pollution provoquée des engrais agricoles ;

d) Contamination des poissons, de la faune et de la flore par le mercure ;

e) Baisse du niveau des eaux provoquée par des mesures de contrôle des flux ;

f) Dégâts provoqués par les ouragans.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/76/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Le 30 janvier 2008, l'Etat partie a remis un rapport qui décrit les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives établies lorsque le bien était inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ces neuf mesures correctives, considérées comme des points de repère par l'Etat partie, ont pour but de résoudre les problèmes liés à quatre types de menaces: le flux des eaux et d'autres aspects du régime hydrologique, la protection contre les inondations et la fourniture en eau des zones de croissance urbaine et agricole, la pollution provoquée par les nutriments issus de l'agriculture, et la protection et la gestion de la baie de Floride.

Ces neuf mesures correctives et les progrès accomplis dans chacun des domaines sont détaillés comme suit :

· 1A – Achever la campagne d'acquisition de terres à l'est des Everglades (environ 44.000 hectares)

Il ne reste qu'1% de terres à acquérir, cependant, cette acquisition est fondamentale pour l'indispensable accroissement du niveau des eaux.

· 1B – Achever le Plan global de contrôle des eaux (Complete Water Control Plan CSOP, Evaluation d'impact environnemental finale) et une zone de construction « 8,5 Square Mile ».

L'Etat partie signale que l'avant-projet du Plan global de contrôle des eaux sera vraisemblablement remplacé par une nouvelle version du Plan de contrôle des eaux établi dans le cadre d'un Rapport documentaire d'ingénierie et d'une Evaluation d'impact environnemental (EIE) qui sont prévus pour 2009. Les raisons et justifications de ces changements et retards ne sont pas clairement détaillées dans le rapport de l'Etat partie.

· 1C – Projets de construction des structures d'adduction d'eau L-67A, L-67C et L-29 et des ponts de Tamiami Trail et projet de modification de routes.

Les retards constatés et le financement insuffisant, soulignés par les medias et dans les rapports des ONG, du Tamiami Trail, une des composantes du plan de restauration, sont particulièrement préoccupants. Dans son rapport de 2006, l'Etat partie déclarait que la réévaluation de cette composante du projet par les officiers du Génie de l'US Army était en cours afin de "maximiser les bénéfices environnementaux tirés par le Parc d'une manière alliant coût et efficacité, en cohérence avec de futurs projets à mettre en œuvre dans le cadre du Plan global à long terme de restauration des Everglades (Comprehensive Everglades Restoration Plan CERP). Les plans et la mise en œuvre des travaux d'amélioration des infrastructures routières et des structures d'adduction d'eau sont cependant suspendus en attente d'une réévaluation prévue pour l'année 2008. Ce retard dans l'achèvement du Projet WCA3 de décloisonnement et d'amélioration des eaux de surface signifie que le Shark Slough ne bénéficiera pas de la restauration du flux avant longtemps.

Au vu des problèmes évoqués ci-dessus, l'Etat partie a reconnu que le projet d'amélioration des flux est reporté et ne sera pleinement opérationnel que dans le cadre de la mise en œuvre du CERP (à moins qu'un autre mode de financement ne soit trouvé d'ici là). L'Etat partie a également estimé que les bénéfices environnementaux tirés du Projet de modification des flux d'eau seront considérablement inférieurs à ce qui avait été prévu en raison des améliorations limitées de la route Tamiami Trail et des améliorations encore plus limitées dans le domaine des terres humides et du niveau des eaux.

· 2A - Achever l'échange des terres C-111 entre le Service de gestion des eaux de la Floride du sud et le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique.

Cette mesure, établie lorsque le bien était inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril est la seule à avoir été totalement mise en œuvre.

· 2B – Achever le Plan global de contrôle des eaux (CSOP, EIE finale). L'avant-projet du CSOP est remplacé par un Rapport documentaire d'ingénierie du projet C-111 et une EIE qui seront terminés en 2009.

L'avant-projet du Plan global de contrôle des eaux (CSOP) est remplacé par le Rapport documentaire d'ingénierie du projet C-111 et par une Etude d'impact environnementale en raison, entre autre, de l'impact négatif accidentel causé par l'introduction de nouvelles espèces de poissons exotiques (six nouvelles espèces de poissons exotiques identifiées), du haut niveau de phosphore présent dans le sol, et des modifications intervenues dans la végétation des marais.

· 2C – Achever la construction de la zone de détention des eaux C-111 entre les zones de « 8,5 Square Mile » et Frog Pond

La modification intervenue dans le point 2B a provoqué un retard dans la mise en œuvre du point 2C, dont l'achèvement, prévu initialement pour 2009, a été repoussé à 2012.

· 3A – Atteindre, voire dépasser, les seuils de réduction à long terme du phosphore dans les eaux s'écoulant dans le Shark Slough et dans les bassins côtiers du Taylor Slough du Parc national des Everglades

Bien que la moyenne annuelle de teneur en phosphore pour le Shark Slough se situe en deçà des limites fixées, cette teneur a égalé, voire dépassé, ces limites durant 4 mois, laissant à penser qu'un travail complémentaire et que des efforts à plus long terme devraient être entrepris afin que la teneur en phosphore soit effectivement contrôlée.

· 4A - Achever la construction de la zone de détention des eaux C-111 entre les zones de 8,5 Square Mile et Frog Pond et mettre en œuvre les actions prévues par le CSOP.

· 4B – Achever le canal d'épandage C-111N et la mise en œuvre des nouvelles actions.

Les points 4A et 4B ont pour but de protéger et de mieux gérer la baie de Floride, cependant, en raison des retards dans la construction de la zone de détention des eaux C-111 et dans la mise en œuvre des actions du CSOP, les dates d'achèvement du canal d'épandage C-111N et de la seconde phase du CERP ne sont pas encore déterminées. L'Etat partie indique que l'écosystème de la baie de Floride continue de connaître de mauvaises conditions en raison d'une hyper salinité chronique et persistante et d'un développement conséquent d'algues. Cette prolifération d'algues est responsable de l'importante mortalité observée chez les éponges, au sud-ouest de la baie de Floride.

Dans son rapport, l'Etat partie souligne également que la mise en œuvre des premières phases des actions prévues n'aura pas d'action bénéfique sur le bien, y compris les première et deuxième phases du projet WCA3. Ce n'est qu'à l'occasion de la mise en œuvre de la troisième phase du projet, en 2018, que les flux augmenteront dans le North East Shark Slough et dans le Parc national de Big Cypress. L'Etat partie indique en outre que les avantages liés à l'apport massif d'eau aux caractéristiques différentes afin de réduire la salinité de l'embaiement proche des côtes durant la saison sèche et, en parallèle, d'augmenter la diversité de la végétation aquatique immergée et de la biomasse des poissons, ne seront avérés que dans » plusieurs décennies ».

 

Augmentation de la population, développement urbain et demande croissante d'eau

L'Etat partie détaille également les défis à relever suite à l'augmentation prévue de la population dans le comté de Miami/Dade. Alors qu'il est prévu que cette croissance puisse se dérouler jusqu'en 2015 dans le périmètre des Limites d'aménagement urbain (Urban Development Boundaries) actuelles, celles-ci ont été rectifiées mais la croissance au-delà de 2015 posera de graves problèmes en terme de protection et d'intégrité du bien. Un récent droit de pompage des eaux accordé au comté de Miami/Dade pour une durée de 20 ans limite dans les faits les pompages effectués dans les Everglades mais exige en contrepartie l'utilisation d'autres sources, celles-ci devront être contrôlées avec soin et la situation (au-delà de 20 ans) n'est pas encore définie. La gestion des eaux de pluie continue de poser un problème en termes de qualité de l'eau.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN sont très préoccupés par la mise en œuvre incomplète de huit des neuf repères et constatent que les valeurs du bien sont toujours gravement menacées. Les informations faisant état de l'impact négatif accidentel du point 2B, de la prolifération d'algues, de la mort d'éponges et des retards à attendre dans les bénéfices écologiques à tirer des projets de restauration sont des indicateurs de la dégradation actuelle des valeurs et de l'intégrité du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN réaffirment les inquiétudes exprimées par l'UICN au Comité du patrimoine mondial en 2007, au terme desquelles elle signalait que le bien était toujours menacé de différentes façons et que, selon elle, le bien était toujours en péril.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN recommandent que l'Etat partie continue à soumettre des rapports d'avancement détaillés sur la mise en œuvre des mesures correctives, ainsi que des informations sur les habitats et les espèces clés listés dans sa Déclaration de valeur de 2006. Ces rapports devaient faire état de la situation des marais d'eau douce, des zones forestières typiques, en légère surélévation, connues sous le nom de "tropical hardwood hammocks", des pins rockland, des mangroves, des marais d'eau de mer, et des écosystèmes des algues. Le rapport sur l'état de conservation devrait également examiner les éléments ayant justifié l'attribution de la valeur universelle exceptionnelle du bien selon le critère (x), tels que la situation de 20 espèces menacées ou en voie de disparition, dont l'alligator, le crocodile, la panthère de Floride, le milan des marais, le lamantin, et le statut d'espèces clés d'oiseaux. De tels rapports permettraient également au Comité du patrimoine mondial de mieux prendre en considération les valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial ainsi que l'efficacité et l'état d'avancement des mesures correctives.

Enfin, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN constatent qu'un certain nombre d'experts, basant leur analyse sur des modèles climatiques, attire l'attention sur le sérieux risque encouru par le bien d'une élévation du niveau de la mer. Ils, encouragent également l'Etat partie à faire une évaluation de vulnérabilité du bien et à élaborer et mettre en œuvre une stratégie de réduction des risques afin que le niveau élevé d'investissements exigé par l'Etat partie afin de restaurer le bien soit adapté à l'avenir environnemental potentiel et aux changements sociaux, et ce, dans la perspective de la conservation des valeurs et de l'intégrité du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.30

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7A.12, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

 

3. Approuve les efforts importants actuellement entrepris dans le Parc national des Everglades, et le considérable financement accordé par l'État partie à la protection et à la restauration du bien ;

4. Encourage l'État partie à poursuivre l'attribution de fonds suffisants pour que les mesures correctives soient mises en oeuvre aussi efficacement et rapidement que possible ;

5. Encourage également l'État partie à entreprendre une évaluation de vulnérabilité du bien et à élaborer et mettre en oeuvre une stratégie de réduction des risques pour le changement climatique, comprenant des solutions efficaces pour la restauration du flux et le bon fonctionnement de l'écosystème des Everglades, lui permettant ainsi de s'adapter à l'élévation prévue du niveau de la mer ;

6. Note que les précédents rapports sur l'état de conservation n'ont mentionné 'aucune donnée et information sur le statut de nombreuses valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit ;

7. Demande à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport détaillé sur l'état de conservation, comprenant des informations sur les espèces et les écosystèmes et sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des mesures correctives et des mesures visant à atteindre l'État de conservation souhaité, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.