1.         Île d'Henderson (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (N 487)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/487/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1990-1990)
Montant total approuvé : 8 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/487/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de gestion;

b) Espèces invasives 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/487/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

A sa 31e session (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a demandé à l'Etat partie de remettre un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien, faisant état, entre autre, de l'état d'avancement des objectifs du plan de gestion et des offres faites pour le financement du suivi ornithologique et de l'éradication des rats; le rapport devait être complété d'un exemplaire de la stratégie environnementale pour les Îles Pitcairn. Le Comité du patrimoine mondial a signalé que l'Etat partie n'avait jusqu'alors pas apporté de précisions sur les sujets suivants du plan de gestion: faune et flore exogènes, bois de miro et de tou (usage durable du bois d'œuvre), récif et plages pour la nidification des tortues, extinction, conservation ex-situ et déplacement.

Par un courrier en date du 31 janvier 2008, l'Etat partie a remis un rapport sur ces points. Il évoque dans les détails le problème de l'éradication des rats qui est considéré comme la principale menace pour les valeurs de l'île. Les autres aspects, dont l'étude a été demandée, sont évoqués brièvement. Le point central du rapport de l'Etat partie est constitué d'un exemplaire de la stratégie environnementale des îles de Pitcairn.

L'Etat partie souligne que la faune n'est pas plus menacée qu'auparavant, qu'il n'y a pas de projet d'augmentation du nombre des visiteurs, pas non plus de changements intervenus dans la nidification des tortues et dans l'extraction de bois d'œuvre. Le recrutement d'un garde est toujours envisagé et l'Etat partie estime que ce sont les habitants des îles Pitcairns qui auront le dernier mot en ce qui concerne cette embauche. L'Etat partie fait état de la publication, fin 2007, d'un guide sur l'écologie et sur l'état de conservation de l'île d'Henderson, il met en exergue un code de conduite afin de minimiser les impacts et d'empêcher l'introduction d'espèces étrangères. Bien qu'aucun exemplaire n'aie pu être examiné, cette publication constitue une démarche positive.

La menace principale et relativement durable envers les valeurs environnementales de l'île d'Henderson est la prédation exercée par le rat de Polynésie sur les pétrels et les oisillons des pétrels de Henderson. Une récente étude indique que cette prédation constitue une menace d'extinction des pétrels d'Henderson dont le taux de reproduction n'est pas suffisant pour maintenir la population. Une étude de faisabilité a conclu que l'éradication de la population de rats de Polynésie était probablement réalisable et une proposition a été soumise au Programme environnemental des territoires d'outremer du Royaume-Uni afin de résoudre les problèmes exceptionnels liés à la réalisation effective de ce programme d'éradication et afin d'en finaliser toutes les modalités. L'Etat partie n'a pas donné d'échéance pour cette opération. L'inscription du bien a insisté sur l'écologie non modifiée du bien comme une valeur distinctive clé de l'île d'Henderson, ainsi le Comité du patrimoine mondial devrait encourager cette action décisive visant à sauvegarder les valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit.

Les informations remises par l'Etat partie n'apportent pas de réponses à toutes les questions évoquées dans le précédent rapport sur l'état de conservation. Il semble évident qu'il faille que l'Etat partie et les autorités des îles Pitcairn continuent d'accorder la priorité à la finalisation des plans d'actions et à un financement adapté. L'Etat partie doit aussi préciser ses intentions quant à la gestion actuelle des valeurs environnementales de l'île, y compris quant au programme d'éradication du rat de Polynésie et aux points inclus dans le précédent rapport sur l'état de conservation comme évoqué plus haut.

En complément de cette menace pour l’île d’Henderson, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont aussi reçu des informations sur une problématique identique, à savoir une sérieuse menace par des espèces invasives envers une colonie d’oiseaux marins sur une autre île britannique, l’île de Gough, bien du patrimoine mondial pour l’hémisphère sud. Dans ce cas, la menace est liée à la prédation de souris sur l’importante colonie d’oiseaux marins de Gough.

En résumé, sur la base des éléments fournis par le rapport de l'Etat partie, les principaux problèmes de gestion de l'île d'Henderson semblent avoir été traités, mais de récents travaux de recherche ont établi que les valeurs du bien sont menacées et requièrent une plus grande attention.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.27

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.34, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Accueille avec satisfaction la réalisation et la diffusion d'un code de conduite pour les visiteurs ;

4. Prend note de l'importance d'actions décisives face aux menaces pesant sur le bien et demande à l'État partie de finaliser la mise en oeuvre des projets d'éradication de l'espèce invasive du rat de Polynésie et d'envisager l'embauche d'un garde pour l'île d'Henderson ;

5. Demande également à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport détaillé sur l'état de conservation générale du bien, en s'intéressant, entre autre, à la faune et à la flore exogènes, à l'utilisation durable du bois d'oeuvre, aux plages de nidification des tortues, à leur extinction, leur conservation ex situ et leur déplacement, au plan d'éradication des rats ainsi qu'à la nomination prévue d'un garde, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010, et demande en outre à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial un exemplaire de la stratégie environnementale des îles Pitcairn, dès qu'elle sera disponible.