1.         Montagnes dorées de l'Altaï (Fédération de Russie) (N 768rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1998

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/768/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/768/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2001: mission UNESCO/PNUD; 2007: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Impact d'un projet de route traversant le bien ;

b) Projets de construction de gazoducs.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/768/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Le 15 février 2008, l'Etat partie a remis son rapport sur l'état de conservation du bien, qui recense les progrès accomplis dans la mise en œuvre des réponses aux recommandations de la mission commune de suivi réactif de 2007.

Du 3 au 8 septembre 2007, une mission conjointe de suivi Centre du patrimoine mondial/UICN a visité le bien, ainsi que l'avait demandé le Comité du patrimoine mondial dans sa décision 31 COM 7B.25 à sa 31e session (Christchurch, 2007). La mission a été mandatée suite à des rapports faisant état du projet de construction d'un gazoduc entre la Russie et la Chine, traversant la région montagneuse d’Ukok dans le périmètre du bien. La mission a rencontré des représentants de l'Etat partie, diverses parties prenantes, le personnel des zones protégées, une organisation représentant les populations locales, Gazprom et sa filiale Tomsktransgaz et la société par actions Giprospetsgaz. La mission a pu visiter les cinq zones protégées du bien en série et a participé à une table ronde qui s'est tenue à Ust-Koksa le 7 septembre, à propos de la situation du bien du patrimoine mondial dans le développement durable de la région des montagnes de l'Altaï. Le rapport de mission peut être consulté sur Internet à l'adresse suivante: https://whc.unesco.org/archive/2008/.

La mission a estimé que le bien est correctement géré mais que plusieurs menaces existantes et potentielles seraient susceptibles d'avoir une incidence sur sa valeur universelle exceptionnelle et son intégrité. La menace la plus importante est le gazoduc transfrontalier vers la Chine dont le projet prévoit de traverser une zone où toute activité économique est interdite (Quiet Zone) dans le parc naturel de Ukok. La mission a établi neuf recommandations pour faire face à ces menaces:

Recommandation No:

La construction de tout gazoduc traversant le bien constituerait une menace à sa valeur universelle exceptionnelle et à son intégrité et serait un cas d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le passage du gazoduc par une autre voie, en dehors du périmètre du bien, devrait donc être pris en considération.

L'Etat partie signale que la construction de tout gazoduc ne saurait se dérouler avant que les investissements et la signature d'un accord intergouvernemental n'aient été confirmés. Le projet n'est, à ce jour, pas entériné. L'Etat partie déclare qu'il tiendra le Comité du patrimoine mondial, informé, y compris des impacts possibles de la construction, dès qu'une décision aura été prise.

Recommandation No:

Les plans de gestion de chaque composante du bien en série doivent être achevés et un cadre de gestion globale du bien considéré dans sa totalité doit être élaboré, établissant ainsi une vision commune et des objectifs.

Dans le cadre de son projet "Conservation de la biodiversité dans la partie russe de la région Altaï-Sayan", l'Etat partie fournit du personnel de gestion au bien et va élaborer un plan sur quatre ans (2008-2012). Un plan de gestion est également en cours de préparation au moyen d'une vaste collaboration interdisciplinaire, aucune échéance quant à sa finalisation et sa ratification n'a été donnée.

Recommandation No:

Une stratégie de tourisme durable du bien devrait être mise en œuvre dès que possible, en partenariat avec l'industrie touristique, les communautés locales et d'autres parties prenantes. Il est essentiel que le tourisme soit géré de façon durable et en cohérence avec les valeurs du bien.

L'Etat partie a interdit toute activité économique dans les 26.800 hectares de la "zone de préservation" où se trouvent les espèces de faune sauvage endémique et les variétés de plantes les plus menacées. La présence des visiteurs est strictement réglementée dans les 39.200 hectares de la "zone d'activités limitées". Dans les 186.904 hectares de la "zone de loisirs", les activités, dont le camping, sont autorisées sous réserve de conformité aux objectifs fixés pour le bien. Aucune information ne fait cependant état de progrès accomplis dans l'élaboration d'une stratégie globale de tourisme. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que ces mesures isolées ne sont pas suffisantes pour répondre efficacement aux menaces potentielles que représente le développement de l'activité touristique.

Recommandation No:

Un système de suivi cohérent des données touristiques, entre autres un recensement des arrivées des touristes et des activités qu'ils pratiquent, devrait être mis en place afin de créer une base de données fiable.

L'Etat partie signale qu'il a commencé à mettre en place des programmes de suivi, mais ne donne aucun détail ni sur les programmes ni sur leurs résultats.

Recommandation No:

La gestion entre les deux structures des zones protégées (régionale et fédérale) doit être mieux intégrée. Le statut légal du Lac Teletskoe doit être précisé et toutes les dispositions juridiques doivent être prises afin qu'une inspection et un contrôle cohérents puissent être menés, y compris les dispositions permettant au personnel de la réserve environnementale d'agir contre les infractions commises dans les zones attenantes, le Monument naturel le Lac Teletskoye et le parc naturel du Mont Belukha.

Recommandation No:

Le nombre d'employés du parc naturel d'Ukok devrait passer de cinq à au moins onze afin de contrôler et de gérer efficacement la zone. Un accroissement du personnel devrait aussi être envisagé pour le Parc naturel du Mont Belukha. Le personnel devrait être équipé d'un matériel adapté et de tout ce qui peut lui être utile pour mener efficacement sa mission à bien.

Recommandation No:

Un programme éducatif environnemental du patrimoine mondial devrait être mis en place dans les cinq zones protégées, de la documentation sur le bien du patrimoine mondial considéré dans sa totalité devrait être diffusée, et, un programme de recherche devrait être lancé, comprenant entre autre un mécanisme de suivi structuré et coordonné afin que les activités soient complémentaires et qu'il n'y ait pas de doublon.

Recommandation No:

La coopération transfrontalière entre les différentes zones protégées devrait être renforcée, des mesures devraient être prises afin que les différents Directeurs des Parcs naturels prennent part aux rencontres organisées dans le cadre de l'Association de la chaîne de montagnes de l'Altaï-Sayan.

L'Etat partie fait état d'un début de coopération avec l'Etat partie mongolien, dans le cadre du projet international, mis en place par la Fédération de Russie, la Mongolie, le Kazakhstan et la Chine, pour la création d'une réserve de biosphère transfrontalière.

Recommandation No 9:

Favoriser et développer le dialogue et la coopération avec des représentants de la société civile, profitant ainsi de leurs connaissances et de leurs capacités dans les domaines de la conservation et de la gestion du bien.

 

Dans l'ensemble, aucune des recommandations de la mission réactive de 2007 n'a été pleinement mise en œuvre et ce malgré l'urgente nécessité de le faire. L'UICN aimerait souligner le fait que la construction d'un gazoduc sur le territoire du bien constituerait un cas d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril. L'UICN remarque par ailleurs qu'il est important que soient intégrés les structures légales et de gestion au sein des unités composant le bien et que soient achevés et mis en œuvre dès que possible les plans de gestion. L'Etat partie est invité à s'assurer que les programmes de suivi comportent un suivi spécifique de la valeur universelle exceptionnelle et de l'intégrité du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.22

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.25, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Note avec inquiétude que l'État partie n'a pas rejeté le projet de construction d'un gazoduc qui, s'il devait passer par le bien, constituerait une menace à sa valeur universelle exceptionnelle et à son intégrité, et constituerait un cas d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

4. Réitère sa demande à l'État partie d'élaborer, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, une proposition de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d'intégrité, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session, en 2009 ;

5. Demande à l'État partie de remettre tous les éléments détaillés de l'étude de faisabilité du projet de gazoduc, y compris l'étude d'impact environnemental (prenant en considération les impacts environnementaux et socioculturels) au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;

6. Demande également à l'État partie de prendre en considération et de mettre en oeuvre de manière efficace les recommandations de la mission Centre du patrimoine mondial/UICN de 2007 afin de renforcer la protection et la gestion du bien ;

7. Demande en outre à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport sur l'état de conservation du bien et sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations de la mission de 2007, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.