Le 18 février 2008, l'Etat partie du Bélarus a remis un rapport sur l'état de conservation. A la lecture de ce rapport, il apparaît évident que l'Etat partie a considéré comme étant inscrits à la Liste du patrimoine mondial uniquement les 5 235 hectares strictement protégés du Parc national de Belovezhskaya Pushcha et non la totalité des 87 606 hectares du Parc national. L'Etat partie signale que le territoire entourant les 5 235 hectares a aussi reçu le statut de Parc national et la protection qui l'accompagne et que sa gestion est ainsi très encadrée par la législation nationale, sans avoir donc d'influence majeure sur la valeur et l'intégrité de la zone strictement protégée. L'Etat partie signale en outre qu'un plan de gestion décennal du Parc national est en cours d'élaboration, il sera finalisé en 2008, et qu'une action visant à améliorer les activités d'éducation environnementale sera lancée en 2009. Dans les zones de loisirs et dans les zones économiques du parc, un nouveau bâtiment administratif, un musée d'histoire naturelle, et un centre d'éducation environnementale seront construits, les actuelles clôtures pour la faune seront mises aux normes internationales, et des routes, des sentiers touristiques et une tour d'observation seront créés. L'Etat partie signale également que le zonage par affectation d'activités du parc national est actuellement en cours et qu'il en résultera une importante augmentation de la zone très strictement protégée où toute activité humaine est interdite. Imaginant que cette seule zone constituait le bien du patrimoine mondial, l'Etat partie projetait d'étudier des possibilités d'agrandissement du bien dans le cadre de cette procédure de zonage.
Le 12 février 2008, l'Etat partie du Bélarus a remis une carte qui n'est pas en conformité avec les limites du bien. L'Etat partie avait compris que le bien du patrimoine mondial ne couvrait que les 5 235 hectares de la zone protégée et non la totalité des 87.606 hectares du Parc national, tel qu'il a été inscrit. L'Etat partie a donc proposé, par un courrier en date du 31 mars 2008, de consulter des experts du Centre du patrimoine mondial et de l'UICN afin d'étudier le problème des limites du bien, le zonage du Parc national et la possibilité d'extension et/ou de nouvelle proposition d'inscription selon des critères additionnels.
Le 7 février 2008, l'Etat partie de Pologne a remis un rapport sur l'état de conservation. Le 1er février 2008, il a également remis, en réponse à une demande de l'Inventaire rétrospectif, une carte détaillant les limites exactes de la partie polonaise du bien du patrimoine mondial. L'Etat partie signale par ailleurs qu'il prévoit de créer une zone tampon au bien du patrimoine mondial dans le cadre du processus d'extension.
L'Etat partie fait état d'un certain nombre d'actions entreprises afin d'améliorer l'intégrité et la gestion du bien et des forêts avoisinantes. Le Parc national et les forêts aux alentours gérées par les services forestiers nationaux sont partenaires du projet LIFE, financé par l'Union Européenne, qui vise à améliorer la gestion et la conservation des bisons. Le parc national est également partenaire d'un projet international LIFE-Nature, financé par l'Union Européenne, visant à établir et mettre en œuvre des principes de suivi et un plan de conservation du cistude (tortue des marais) et des espèces d'amphibiens listées dans l'Annexe II de la directive Habitats de Natura 2000. Le Parc national a aussi mis en œuvre trois projets en collaboration avec la Société polonaise de protection des oiseaux (PTOP): un projet de rétention d'un petit cours d'eau qui a été bénéfique à des espèces cibles d'oiseaux, un projet, mis en œuvre en collaboration avec des partenaires biélorusses, de conservation de l'habitat du grand coq de bruyère, et un projet visant à reconstruire un barrage sur la rivière Narewka pour empêcher la contamination des eaux par des sédiments.
Les deux Etats parties ont également évoqué la coopération transfrontalière, concrétisée par la signature, le 15 novembre 2006, d'un accord de coopération bilatérale entre les Parcs nationaux de Białowieża et de Belovezhskaya Pushcha. Cet accord stipule que la priorité est donnée à la conservation de la biodiversité de la faune et de la flore des forêts et à l'utilisation des forêts dans des buts éducatif et récréatif.
L'Etat partie de Pologne signale cependant qu'il n'y a eu pas ou peu de progrès dans la mise en œuvre des autres recommandations concernant la coopération transfrontalière avec le Bélarus et que l'entrée de la Pologne dans l'espace Schengen est susceptible de poser un problème supplémentaire dans la poursuite de cet objectif. La Pologne remarque néanmoins que le plan de conservation sur 20 ans du parc national de Białowieża, actuellement en préparation, prévoira un chapitre, approuvé par le Bélarus, concernant les mesures prioritaires pour la gestion du bien transfrontalier du patrimoine mondial. L'Etat partie signale également qu'il n'y a pas, dans la partie polonaise du bien, de grillage empêchant la libre circulation de la faune, et que l'idée de retrait progressif des grillages existants dans la partie biélorusse, concept développé dans le cadre du projet commun "Forêt de l'espoir" (Forest of Hope), devait être examinée par tous les partenaires du projet lors d'une réunion publique en février 2008. Un projet de recherche polonais est actuellement mené avec des chercheurs biélorusses, il analyse la viabilité de la population de bisons et ses conclusions devraient être en faveur du retrait des grillages existants.
L'UICN fait remarquer que le renouvellement du Diplôme européen de espaces protégés pour les deux Parcs nationaux a été examiné en novembre 2007 et en mars 2008, et que la décision a été repoussée à novembre 2008, à l'occasion d'une réunion du Comité permanent de la convention de Berne, car les recommandations antérieures n'avaient pas été appliquées de façon satisfaisante. Le groupe européen de spécialistes du Diplôme a conseillé de ne pas renouveler le Diplôme avant que le Bélarus n'ait élaboré et mis en œuvre, avant la fin 2008, un plan décennal du parc, approuvé par des spécialistes ; et que la Pologne n’ait élaboré et mise en œuvre, avant la fin 2009, un plan de gestion décennal du parc, approuvé par des spécialistes, et n'ait identifié et protégé les futaies de forêts primitives et les couloirs de déplacements reliant les différentes réserves de la forêt de Bialowieza. Le groupe de spécialistes a aussi fait un certain nombre de recommandations concernant la politique et les pratiques forestières, la gestion de l'écosystème et des espèces, la gestion touristique et la coopération transfrontalière. L'UICN considère que la mise en œuvre de ces recommandations est aussi un élément déterminant de l'amélioration de l'intégrité du bien du patrimoine mondial.
L'UICN encourage les Etats parties de Pologne et du Bélarus à poursuivre leurs efforts visant à étendre les limites des parcs nationaux et/ou des zones strictement protégées, à interdire l'exploitation forestière, y compris la soi-disant taille sanitaire, dans toutes les zones et particulièrement dans les futaies de forêt ancestrale de la forêt de Bialowieza/ Belovezhskaya Pushcha, car il semble que cela compromette le projet d'extension du bien du patrimoine mondial. L'UICN prie également l'Etat partie du Bélarus d'accélérer le retrait progressif des grillages qui empêchent les déplacements transfrontaliers de grands mammifères.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN apportent leur soutien à la proposition biélorusse d'organiser une réunion sur le site et recommande qu'une mission de suivi s'y déroule en 2008. La mission devrait a) évaluer l'état de conservation du bien et des zones avoisinantes qui sont destinées à être proposées à l'inscription dans le cadre de l'extension du bien; b) résoudre le problème des limites du bien du coté biélorusse avant que la révision du zonage par affectation d'activités du parc ne soit achevée ; c) examiner les progrès accomplis en matière de plans de gestion des parcs nationaux et faire des recommandations visant à répondre aux exigences du patrimoine mondial; et d) conseiller les Etats parties sur la possibilité de réinscription du bien sous des critères complémentaires avec des limites étendues et consolidées et des zones tampons adaptées.