1.         Zone archéologique de Chan Chan (Pérou) (C 366)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (i)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1986-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

L'État partie prépare un projet de déclaration d'état de conservation souhaité qui sera soumis au Centre du patrimoine mondial et aux organisations consultatives.

Mesures correctives identifiées

a) Mise en œuvre intégrale et systématique du plan de gestion : obtention d'un financement durable, respect des lignes de conduite et des politiques prescrites, adhésion aux décisions institutionnelles prises pour la conservation, la présentation et la revalorisation du bien ;

b) Mise en application des cadres législatifs et réglementaires déjà votés par l'État partie qui permettraient de traiter le problème des occupations illégales et des activités au sein du bien. Collaboration avec les autorités compétentes pour déplacer les occupants ;

c) Diffusion à grande échelle du plan de gestion parmi les groupes d'intérêt afin de renforcer le soutien public et privé dans sa mise en œuvre ;

d) Collaboration avec les entités partenaires en vue de définir des mesures réglementaires pour la gestion de la zone tampon et du site du patrimoine mondial. Des projets précis pour le bien et son zonage doivent être transmis aux parties prenantes ;

e) Délimitation physique du bien : barrières de végétation, murs d'enceinte, etc.;

f) Mesures de conservation prioritaires : contrôle et abaissement du niveau de la nappe phréatique, conservation des murs d'enceinte, ré-enterrement / comblement des zones fragiles avec des surfaces décorées ;

g) Elaboration d'un plan de préparation aux urgences et aux interventions en cas de catastrophes.

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

a) Obtention du financement nécessaire à la mise en œuvre du plan de gestion en 2008 ;

b) Mise en place des décisions institutionnelles opérationnelles en 2008 (conformément au plan de gestion);

c) Actions prises contre les occupations illégales et réglementation des activités sur le site en 2009 et au-delà ;

d) Plan de préparation aux urgences et aux interventions en cas de catastrophes en 2008 ;

e) Achèvement des travaux de drainage avant la fin de 2007 ;

f) Réalisation des travaux de conservation prioritaires en 2009 ;

g) Réalisation des autres travaux de conservation et d'entretien en 2008 et au-delà ;

h) Gestion et coordination des travaux effectués par d'autres secteurs dans la zone tampon en 2008 et au-delà.

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/366/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1987-1998)
Montant total approuvé : 118 700 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/366/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1997 : mission ICOMOS ; 2007 : mission Centre du patrimoine mondial / ICOMOS / ICCROM 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Détérioration continue des structures architecturales en terre et des surfaces décorées en raison du manque de conservation et d'entretien ;

b) Occupation illégale du bien ;

c) Activités agricoles non réglementées ;

d) Elévation du niveau de la nappe phréatique ;

e) Retard dans la mise en œuvre de mesures de protection (législation et réglementations déjà votées par les autorités nationales).

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/366/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Le Centre du patrimoine mondial a reçu le rapport de l'État partie le 7 février 2008, rapport qui fait état de progrès accomplis dans la mise en œuvre de certaines des décisions prises par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007) et de certaines des recommandations de la mission de suivi réactif de 2007. Il s'agit :

a) Mise en œuvre intégrale et systématique du plan de gestion : obtention d'un financement durable, respect des lignes de conduite et des politiques prescrites, adhésion aux décisions institutionnelles prises pour la conservation, la présentation et la revalorisation du bien :

L'État partie a créé une unité (Unidad Ejecutora 110) pour la mise en œuvre du plan de gestion. Il a alloué 3 300 000 dollars EU en 2007 pour la phase d'urgence et a garanti un budget de 1 667 000 dollars EU pour 2008. Il est prévu que ce budget considérable continue d'être alloué pendant les cinq prochaines années, de sorte que s'il est convenablement utilisé, il devrait permettre d’atteindre un meilleur état de conservation.

b) Mise en application des cadres législatifs et réglementaires déjà votés par l'État partie qui permettraient de traiter le problème des occupations illégales et des activités au sein du bien. Collaboration avec les autorités compétentes pour déplacer ces occupants :

L'Institut National de la Culture (INC) a poursuivi les mesures de défense et coordonné avec les agences partenaires la remise en état du site. Les mesures réglementaires prescrites par la Loi n° 28261 doivent être approuvées (elles sont en suspens depuis plusieurs années). En attendant que la Loi entre en vigueur, il est impossible de procéder au transfert des occupants illégaux du complexe archéologique.

c) Diffusion à grande échelle du plan de gestion parmi les groupes d'intérêt afin de renforcer le soutien public et privé dans sa mise en œuvre :

L'État partie indique que l'unité de mise en œuvre a réalisé une série d'expositions et de conférences dans le but de promouvoir les efforts de conservation. L'Institut National de la Culture a largement distribué auprès des collectivités publiques un résumé du plan directeur ainsi que sa version intégrale, sous format électronique, et a également inséré dans son contexte chaque activité mise en œuvre sur le site.

d) Collaboration avec les entités partenaires en vue de définir des mesures réglementaires pour la gestion de la zone tampon et du site du patrimoine mondial. Des projets précis pour le bien et son zonage doivent être transmis aux parties prenantes :

L'Institut National de la Culture s'est efforcé de renforcer la collaboration avec les différentes municipalités associées au site. Des progrès ont été accomplis dans la coordination des mesures réglementaires pour la zone tampon, conformément aux objectifs et principes définis dans le plan directeur. Cela sera inclus dans la version actualisée du plan de développement urbain de la ville de Trujillo. Toutes les délimitations du bien ont été révisées et les dernières révisions apportées au nouveau plan géoréférencé.

e) Délimitation physique du bien du patrimoine mondial : barrières de végétation, murs d'enceinte, etc. :

f) Des progrès ont été accomplis à cet égard, en particulier la restauration des murs d'enceinte. Mesures de conservation prioritaires : contrôle et abaissement du niveau de la nappe phréatique, conservation des murs d'enceinte, ré-enterrement / comblement des zones fragiles avec surfaces décorées ;

Des interventions ont été effectuées en deux phases : une phase d'urgence lors de laquelle les problèmes les plus urgents ont été traités, notamment l'abaissement du niveau de la nappe phréatique, le nettoyage de la végétation, et une phase de post-urgence, en cours de réalisation, lors de laquelle les mesures prescrites dans le plan de gestion sont mises en œuvre. Cela devrait améliorer la situation évaluée lors de la mission de suivi réactif de 2007 lorsque des projets inappropriés étaient mis en œuvre, notamment des fouilles et la mise au jour de nouvelles zones.

g) Elaboration d'un plan de préparation aux urgences et aux interventions en cas de catastrophes :

Aucun avancement n'a été signalé en ce qui concerne cette recommandation.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives restent préoccupés par l'étendue et le degré des interventions et le nombre limité de personnels techniques spécialisés pour superviser les activités de conservation de grande envergure. Il est crucial que le renforcement des capacités et la formation technique soient considérés comme intrinsèques à la mise en œuvre des projets. L'unité de mise en œuvre devrait également envisager un vaste processus technique de prise de décision participatif, en particulier en instaurant une collaboration entre archéologues, conservateurs et architectes.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7A.29

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7A,

2. Rappelant la décision 31 COM 7A.30, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Note les progrès accomplis par l'État partie dans la mise en oeuvre de certaines des mesures correctives identifiées ;

4. Reste préoccupé par le fait que la législation de protection pour le bien ne soit toujours pas officiellement approuvée ni en vigueur et par le fait que le plan de gestion n'ait pas entièrement été mis en oeuvre ;

5. Demande à l'État partie, face aux nouvelles pressions touristiques, d'intégrer dans le plan de gestion une approche de l'utilisation publique et de la gestion des visiteurs;

6. Réitère sa demande à l'Etat partie de développer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, incluant les conditions d'intégrité et d'authenticité, ainsi qu'une proposition d'Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009 ;

7. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport d'avancement sur la mise en oeuvre des mesures correctives pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009 ;

8. Décide de maintenir la Zone archéologique de Chan Chan (Pérou) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.