1.         Vallée du Haut-Rhin moyen (Allemagne) (C 1066)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2002

Critères  (ii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1066/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1066/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Février 2008 : mission consultative conjointe du Centre du patrimoine mondial et de l’ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pollution sonore et augmentation du trafic

b) Impacts potentiels des projets de traversée du Rhin 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1066/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

A sa 32e session, (Québec, 2008), le Comité a examiné les recommandations de la mission de conseil conjointe du Centre du patrimoine mondial et de l’ICOMOS qui a étudié l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle des propositions envisagées par l’État partie pour la traversée du fleuve dans la vallée du Haut-Rhin moyen. La mission a examiné les deux projets à l’étude : le “pont bas Wellmich-Fellen” et un tunnel qui relierait la route B274 à l’est avec la route L208 à l’ouest, entre les localités de St. Goar et St. Goarshausen.

Le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’Etat partie de réaliser une étude d’impact environnemental sur les options de traversée du Rhin ainsi qu’un plan supplémentaire de transport afin d’évaluer de manière plus détaillée la faisabilité de constructions possibles ainsi que la gestion du trafic, dans le respect de la valeur universelle exceptionnelle du bien.

L’État partie a soumis les nouveaux documents suivants :

- Le résumé en anglais d’une étude d’impact environnemental. Une copie de l’intégralité du texte en allemand a été demandée mais n’avait pas été reçue au moment de la rédaction du présent document ;

- Une lettre de présentation donnant des informations sur une procédure d’appel d’offre européen pour la conception du pont qui devait être conclu d’ici la fin d’avril 2009 ;

- Une lettre apportant une réponse à la pétition formulée par le « Bürgerinitiative im Mittelrheintal » faisant campagne contre les dommages environnementaux causés par le trafic ferroviaire ;

- Une étude supplémentaire sur le trafic pour deux ponts bas, un pont élevé et un tunnel.

 

Aucune information n’a été fournie sur le trafic ferroviaire commercial, un plan ferroviaire à moyen terme ou sur les niveaux sonores.

L’État partie a soumis un rapport intermédiaire daté du 28 janvier 2009 sur l’état de conservation du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial mentionnant les plans pour une structure fixe traversant la vallée du Rhin moyen entre St. Goar et St. Goarshausen. Il notait qu’une étude d’impact environnemental avait été commandée à la société de conseil en ingénierie Cochet Consult et que l’étude complète serait soumise ultérieurement. Il informait aussi qu’une étude complète du trafic avait été entreprise, qui a été reçue par le Centre du patrimoine mondial le 3 mars 2009 et qu’un concours de conception européen avait été lancé.

Le 3 mars 2009, le Centre a reçu, par courrier électronique, une lettre datée du 3 mars 2009 de l’État partie, transmettant les mêmes informations qui avaient été soumises au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO en août 2007 (“Structures traversant le Rhin dans la vallée du Rhin moyen”) ainsi qu’un résumé des résultats de l’étude d’impact environnemental (daté de février 2009).

L’État partie y expliquait que pour stabiliser la démographie dans la vallée du Rhin moyen et encourager l’économie afin de palier le déclin économique de la région, y compris du point de vue de la création d’emplois, il fallait améliorer les conditions et les infrastructures des transports. Il notait que le bac, avec sa capacité limitée, ne pouvait satisfaire la demande actuelle et future de transport moderne. Il est d’avis que cela pourrait être réalisé grâce à une structure fixe traversant le Rhin.

A l’exception des effets négatifs dans les vallées adjacentes au niveau des entrées du tunnel, la solution d’un tunnel créé au-dessus des niveaux des hautes eaux aurait le moins d’impact visuel négatif. Toutefois, la solution du tunnel présente des inconvénients particuliers concernant le traitement des volumes de terre excavés, la pollution localisée aux entrées du tunnel et les problèmes liés à la circulation des piétons et, en particulier, des cyclistes.

Il a noté que les propositions de pont incluses dans l’étude entraînent des modifications variables du paysage et du cadre naturel, avec de nettes différences entre les options étudiées. Tandis que le pont central bas ou élevé entraînerait le risque d’effets négatifs importants sur le paysage, compte tenu de son implantation, de la topographie et de l’infrastructure des transports existantes, des quais et des bâtiments, le pont bas implanté à l’extérieur de la ville pourrait être un emplacement préférable pour une traversée fixe du Rhin car il aurait un impact moins important.

 

Le 18 mars 2009, le Centre a reçu de l’État partie, par courrier électronique, une lettre datée du 16 mars 2009, transmettant les résultats d’une étude supplémentaire des transports “Structures traversant le Rhin dans le site du patrimoine mondial de la vallée du Haut-Rhin moyen”. Dans cette étude est analysé le trafic en lien avec la construction d’une nouvelle structure fixe traversant le Rhin au niveau du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. L’étude met à jour les données de base de 2000, établit des prévisions de trafic pour 2025, étend la zone de développement aux vallées adjacentes, évalue l’impact du trafic sur les villes de St. Goar et St. Goarshausen, évalue le développement du trafic des camions et du transport commercial, mesure l’impact sur l’utilisation de la bicyclette et distingue au niveau local, le trafic régional et interrégional.

Les quatre options envisagées pour une structure fixe traversant le Rhin étaient : (1) le ‘pont bas’ (2) le ‘pont haut’ (3) le tunnel et (4) le pont bas en dehors de la ville ; ces options ont été comparées à l’option zéro sans structure fixe.

Selon les résultats de la modélisation du trafic, les nouvelles prévisions seraient les suivantes : option ‘pont bas’ – 2400 véhicules/jour ; option ‘pont haut’ – 1700 véhicules/jour ; option ‘tunnel’ – 1900 véhicules/jour et option ‘pont bas en dehors de la ville’ – 1200 véhicules/jour.

Les autorités considèrent que l’option ‘pont bas en dehors de la ville’ est une possibilité raisonnable même si elle entraîne un tracé de route compliqué en raison de son emplacement dans le réseau routier actuel. Afin de réduire les inconvénients, cette option aurait besoin de plans complémentaires, en particulier au niveau des connexions avec le réseau routier existant.

Le 12 mai 2009, le Centre a reçu de l’État partie une lettre datée du 6 mai 2009 qui expose les résultats d’un concours d’architecture pour le pont sur le Rhin : le premier prix a été attribué à Heneghan Peng Architects/Arup Consulting Engineers/Mitchell and Associates. Selon les termes de la lettre, la structure proposée par le concurrent lauréat n’aurait qu’un impact minimal sur le paysage.

Tous les documents ont été transmis à l’ICOMOS pour examen et commentaires.

L’ICOMOS a étudié la version résumée de l’évaluation de l’impact environnemental. Il considère que celle-ci devrait évaluer l’impact potentiel de la traversée du fleuve sur la valeur universelle exceptionnelle du site du patrimoine mondial. A cette fin, il serait nécessaire d’établir préalablement le champ de l’étude des ‘attributs’ et les modalités d’évaluation de l’impact sur ces ‘attributs’. Ces derniers devraient constituer une liste qui reflète la valeur universelle exceptionnelle. Dans les documents soumis, aucun inventaire des attributs culturels n’a été dressé : ceux qui sont détaillés se rapportent aux critères aux titres desquels le bien a été inscrit et comprennent de courtes descriptions du paysage dans la zone de traversée proposée. L’évaluation de l’impact fonctionnel et sensoriel de la traversée proposée du bien (tels que l’augmentation du trafic sur deux centres ou l’impact des ponts sur le paysage) est insuffisante. L’étude montre l’impact sur le paysage ‘naturel’ selon différentes perspectives grâce à des photomontages. Toutefois, ni les critères de choix des perspectives ni leur nombre ne sont justifiés d’un point de vue méthodologique. La perception du paysage du Rhin moyen ne dépend pas de quelques perspectives déterminées ; c’est plutôt une succession d’axes de vue et d’impressions d’espace en constante évolution, qui varient considérablement selon les itinéraires de circulation et les moyens de locomotion (en train, en bateau, en voiture, à bicyclette ou à pied).

L’ICOMOS note également qu’un paysage culturel est plus qu’un décor naturel ; l’étude d’impact doit envisager la totalité des attributs du paysage culturel – et non pas seulement des paramètres visuels. La vallée du Haut-Rhin moyen est d’une importance exceptionnelle en tant que paysage romantique, qui a inspiré des écrivains, des peintres et des musiciens et, en particulier au XIXe siècle, a été visité par d’innombrables voyageurs venant de toute l’Europe. En particulier, la partie centrale de la vallée, entre St. Goar et St. Goarshausen, répond à l’idée que l’on se fait de la pittoresque et romantique vallée du Rhin. Le rocher de la Lorelei est le lieu le plus important de la mythologie rhénane. Il n’a été dressé aucun inventaire des vues historiques visant à une évaluation de l’impact du pont sur le Rhin sur la dimension associative du paysage culturel.

L’étude actuelle donne peu d’informations sur l’évaluation et la description de l’infrastructure existante dans la vallée du Haut-Rhin moyen ou son développement dans le temps. Les études semblent ignorer le fait que les routes sur la rive gauche du Rhin conduisant à l’autoroute A 61 sont étroites et insuffisantes pour assurer une augmentation du trafic, en particulier des camions, sans élargissement des voies. Le projet de traversée fixe interférerait gravement avec le réseau de transport traditionnel et menacerait l’existence des transbordeurs établis depuis longtemps sur le Rhin qui sont une part essentielle de la structure historique du trafic dans le bien.

De plus, selon les derniers plans, suite au concours d’architecture pour le pont, l’emplacement de la traversée proposée a été déplacé vers le nord, de Fellen / Wellmich vers une zone de réserve de nature importante, un aspect qui n’a pas été remis en question dans l’évaluation actuelle.

L’ICOMOS considère que le résumé de l’évaluation de l’impact environnemental n’a pas démontré une évaluation juste et rationnelle de l’impact des ponts proposés sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS regrettent qu’une version complète de l’étude d’impact effectuée par Cochet Consult n’ait pas été soumise à l’examen. La version abrégée ne définit pas de méthodologie sûre pour évaluer l’impact du pont proposé sur les attributs du paysage culturel qui contribuent à la valeur universelle exceptionnelle, et ne parvient pas à quantifier adéquatement les limites du réseau routier actuel et par conséquent l’impact d’une augmentation de la circulation sur son infrastructure.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.104

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.93, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Note la version résumée de l'Étude d'impact environnemental des options de traversée du Rhin et l'analyse du trafic fournis par l'État partie et qu'un concours d'architecture a eu lieu pour le pont proposé ;

4. Regrette que la version complète de l'Étude d'impact environnemental n'ait pas été soumise dans les délais ;

5. Considère que la version résumée de l'Étude d'impact environnemental ne parvient pas à définir une méthodologie appropriée pour interroger l'impact du pont proposé sur la valeur universelle exceptionnelle du bien;

6. Demande par ailleurs à l'État partie, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, d'élaborer un projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle, pour examen par le Centre du patrimoine mondial à sa 34 session en 2010 ;

7. Afin que les recommandations de la mission consultative conjointe de l'ICOMOS et du Centre du patrimoine mondial en 2008 soient pleinement prises en compte en termes d'impacts potentiels d'une traversée du Rhin sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien, y compris sur les perspectives importantes, demande à l'ICOMOS d'examiner l'étude d'impact environnemental complète afin de permettre une évaluation complète des projets de pont, de tunnel et des autres solutions proposées sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et de surseoir à toute intervention avant l'évaluation de ces alternatives ;

8. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport sur les progrès dans la prise de décision concernant la traversée du Rhin, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.