1.         Île de Gorée (Sénégal) (C 26)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/26/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1981)
Montant total approuvé : 73 700 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/26/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2004 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS; 2006 : mission du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Retard dans la nomination d’un gestionnaire du site ;

b) Risques d’écroulement de bâtiments historiques ;

c) Erosion maritime ;

d) Occupation illégale de bâtiments historiques. 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/26/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Lors de sa 31e session (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a encouragé les Etats parties du Sénégal et du Qatar à finaliser le projet de réhabilitation côtière de l’Île de Gorée, qui est sérieusement affecté par l’érosion maritime. Le Comité a également noté avec inquiétude l’occupation illégale des espaces protégés (petits commerces et habitations), ainsi que l’absence de nomination par l’Etat partie d’un gestionnaire du site, chargé d’assurer la mise en œuvre des mesures réglementaires existantes, en faveur de la conservation et la protection du bien.

 

Le 19 mars 2009, l’Etat partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, qui apporte quelques réponses aux préoccupations du Comité du patrimoine mondial.

a) Restauration et réhabilitation

L’Etat partie indique que les travaux de restauration de l’ancien Palais Roume ou Relais de l’Espadon, ainsi que celle de l’ancienne Maison du Soudan ne sont toujours pas lancés faute de financement. Des financements ont été trouvés pour la réhabilitation de la Maison des esclaves dont les travaux de réhabilitation devraient démarrer très prochainement. Des financements sont également sur le point d’être trouvés pour la réhabilitation de la Maison de l’Amiral. Enfin, l’ex Université des mutants a été réhabilité en 2007. L’Etat partie indique néanmoins qu’un nombre significatif de bâtiments situés le long du littoral continuent de se dégrader du fait de l’érosion maritime.

 

b) Gestion des populations et du tourisme

Le rapport de l’Etat partie fait mention d’un problème non résolu sur l’occupation illégale de parties protégées de l’île (en particulier le Castel), par des marchés informels, les baraquements de squatters, et des lieux de pâturage illégaux. L’Etat partie a indiqué qu’il est sur le point d’élaborer des mesures correctives visant à améliorer la situation. Par ailleurs, dans le but d’améliorer les mesures existantes, une concertation urgente est prévue à court-terme avec entre autres, le Ministère de la culture (DPC), le Maire de Gorée, le Bureau UNESCO de Dakar, le Syndicat d’initiatives, la Liaison maritime Dakar/Gorée (PAD), les écoles, les autorités religieuses, les associations, et les représentants de la communauté.

Pour ce qui concerne la gestion du tourisme, le rapport mentionne que l’île continue d’attirer de nombreux visiteurs, et que cela a des conséquences sur le bien. Un prélèvement d’une taxe touristique de séjour de 500 FCFA, a été établi dans le but d’améliorer la gestion des infrastructures touristiques et de l’environnement.

 

c) Nomination du Gestionnaire du site

L’Etat partie fait de nouveau mention d’un retard dans la nomination du gestionnaire du site, même s’il informe que celle-ci interviendra dans un futur proche. Il faudrait rappeler que depuis 1989, Gorée a été géré par un Comité de gestion dirigé par le Ministre de la Culture avec la participation du maire de Gorée, du gestionnaire du mémorial, du Bureau d’Architecture et des Monuments Historiques (BAMH), et des représentants de la société civile. Leur travail a contribué à réduire les menaces sur le bien.

 

d) Résultat de la mission de conseil

Du 14 au 20 février 2009, une mission conjointe de conseil Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM, s’est rendue sur le site, à l’occasion de la mission de suivi réactif sur un autre bien au Sénégal, l’île Saint-Louis. La visite à l’île de Gorée a eu lieu le 15 février 2009.

La mission a exprimé de sérieuses préoccupations sur la situation que pose l’érosion maritime, notamment dans la partie ouest de l’île. La mission a aussi constaté que l’état avancé de cette érosion maritime mettait en danger la stabilité de plusieurs bâtiments y compris le Relais de l’Espadon.

La mission a aussi noté qu’un Comité de sauvegarde réunissant des représentants de l’Etat, de la mairie, et des habitants a été crée par décret ministériel en 2008. En outre, elle a été informée que le projet conjoint entre le Sénégal et le Qatar en vue de la sauvegarde du littoral maritime, présenté dans le rapport sur l’état de conservation de 2007, n’avait pas abouti. Mais elle a aussi été informée que le Sénégal restait toujours engagé dans la recherche de nouveaux partenaires pour ce projet.

Sur la question de l’état de conservation de l’environnement bâti, la mission a observé que très peu de restaurations avaient été menées au cours des dernières années. D’autre part, la mesure sur l’occupation illégale du bien n’avait toujours pas été adoptée. Néanmoins, la mission a noté une amélioration de l’entretien quotidien dans la ville, due au prélèvement additionnel sur la taxe touristique.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives demeurent sérieusement préoccupées par la continuelle érosion du littoral maritime, qui fragilise le patrimoine architectural du bien. Même si des progrès existent dans l’entretien quotidien du site, il existe toujours une préoccupation sur la lenteur des travaux de restauration et sur l'élaboration de mesures adéquates pour résoudre les problèmes de squat et d'occupation illégale des terrains.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives considèrent qu’un suivi attentif de l’état de conservation du bien est nécessaire, en particulier sur les questions liées aux menaces de l’érosion maritime. Une mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM devra être entreprise afin, d’examiner les possibles menaces prouvées ou de mise en péril (tel que définies dans le paragraphe 179 des Orientations), dans le but de faire des recommandations au Comité du patrimoine mondial.

 

Sur la question de la gestion du site, les Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives sont d’avis que la création d’un Comité de sauvegarde est une étape positive, mais ils demeurent préoccupés par l’absence du gestionnaire chargé de mettre en œuvre les activités de conservation et de protection. Enfin, ils notent qu’une approche rigoureuse devrait être adoptée afin d’aborder les questions soulevées par la mission de conseil de février 2009.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.48

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.52, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Prend note avec satisfaction de la création par l'Etat partie, d'un Comité de sauvegarde pour la gestion du bien ;

4. Note également les progrès réalisés par l'Etat partie dans la collecte d'une taxe touristique et de l'utilisation des recettes de cette collecte pour l'entretien quotidien du bien ;

5. Exprime sa vive préoccupation sur la poursuite de l'érosion du littoral maritime, en particulier dans la partie ouest de l'île, et son effet sur le Relais de l'Espadon et d'autres bâtiments dans la même zone ;

6. Exprime également sa préoccupation sur l'absence de progrès dans la conservation du patrimoine architectural, et dans le développement de mesures adéquates pour résoudre les problèmes de squat et d'occupation illégales des terrains ;

7. Encourage l'Etat partie à élaborer une série de propositions pouvant être présentées à des donateurs potentiels, afin de lui permettre de réaliser les travaux de conservation nécessaires et demande au Centre du patrimoine mondial d'assister l'Etat partie dans la création de cette série ;

8. Réitère sa demande à l'Etat partie de nommer un gestionnaire de site pour le bien le plus rapidement possible, afin d'assurer la mise en oeuvre des activités de conservation et de gestion nécessaires ;

9. Demande à l'Etat partie d'inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM, afin d'examiner les progrès réalisés sur les points ci-hauts évoqués, en particulier sur les menaces possibles et avérées, ou les mises en péril de l'érosion côtière, et ses conséquences sur le patrimoine architectural ;

10. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1 février 2011, un rapport sur l'état de conservation du bien, relatif aux points mentionnés ci-dessus pour considération par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.