1.         Parc national de Serengeti (République-Unie de Tanzanie) (N 156)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/156/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-1999)
Montant total approuvé : 59 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/156/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Aucune mission de suivi, mais diverses activités au titre du projet « Mise en valeur de notre patrimoine », dont une visite du bien en septembre 2005. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Impact potentiel d'un projet hydro-électrique au Kenya ;

b) Braconnage ;

c) Ressources en eau réduites et dégradées.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/156/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le Parc national de Serengeti a été inscrit sur la base des critères naturels (vii) et (x). Avec ses vastes plaines qui comptent 1,5 million d’hectares de savane et la migration annuelle d’immenses troupeaux d’herbivores (gnous, gazelles et zèbres), suivis de leurs prédateurs, le bien est l’une des plus extraordinaires merveilles naturelles de la planète.

Le Comité du patrimoine mondial, lors de sa 31e session (Christchurch, 2007), a demandé un rapport d’état de conservation pour mesurer les progrès accomplis dans le traitement des questions liées aux menaces qui affectent le bien, en particulier le projet de développement du lodge de Bilila et l’impact environnemental qui y est associé, compte tenu notamment de la précarité des ressources en eau. Le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de transmettre les informations sur l’avancement de la mise en œuvre de l’Étude d’impact environnemental (EIE) du lodge, les exemplaires des études hydrologiques recommandées dans l’EIE, les informations sur les mesures palliatives concernant les ressources en eau et la gestion des visiteurs.

 

Le 2 mars 2009, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Le rapport donne des informations sur les modifications prévues en ce concerne les limites du bien et sa zone tampon, une déclaration sur les conditions d’intégrité, la protection, les besoins au niveau des capacités et des effectifs, l’information des visiteurs et les facteurs affectant le bien. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN se félicitent des efforts de l’État partie pour clarifier et étendre les limites du Parc national. Ils recommandent à l’État partie d’évaluer, en coopération avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, et de refléter ces modifications des limites du bien en proposant une extension.

 

L’État partie a signalé des menaces provenant du braconnage, un déclin de débit du Mara, et des feux non réglementés. De plus, l’UICN a reçu des rapports l’informant de la prolifération d’espèces envahissantes à l’intérieur du bien. L’État partie a aussi rendu compte de certains aspects du travail qu’il a entrepris suite au projet du Centre du patrimoine mondial/UICN/Fondation des Nations Unies « Mise en valeur de notre patrimoine ». La seconde évaluation du Serengeti par le biais de ce projet a été produite en décembre 2007. Grâce à ce projet, l’État partie a pu identifier et surveiller plusieurs indicateurs : y compris faire le point sur les améliorations constatées pour les bois d’Acacia et la reconstitution des populations de rhino noir. Les indicateurs suivants révèlent un état de détérioration : le débit et la qualité du Mara, les forêts riveraines, la conservation des bois de Terminalia et la santé des populations de chiens sauvages. Le statut des voies de migration des espèces sauvages, autre indicateur, est apparu inchangé et stable.

 

Les informations sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la décision du Comité du patrimoine mondial sont présentées comme suit :

 

a) Gestion des ressources en eau

L’État partie a fait savoir que les rapports techniques étaient complets et disponibles en ce qui concerne les aménagements du lodge de Bilila pour les visiteurs et que la construction d’un puits serait uniquement autorisée après avoir obtenu l’assurance et la certification de l’approvisionnement en eau nécessaire. L’État partie n’a pas précisément rendu compte de l’Étude d’impact environnemental pour le lodge, pas plus qu’il n’a présenté de fiches techniques détaillées comme cela avait été demandé par le Comité du patrimoine mondial.

L’État partie a suspendu le projet d’expansion de l’utilisation de l’eau des cascades de Bologonja jusqu’à ce qu’une évaluation des flux environnementaux ait été réalisée. Pour le moment, les crédits sont insuffisants pour lancer l’évaluation et exécuter le projet.

L’État partie travaille avec l’État partie kenyan et divers acteurs dans le cadre d’initiatives transfrontalières et conjointes pour l’utilisation durable de l’eau dans le bassin du Mara. Les facteurs signalés comme étant préjudiciables pour le Mara sont la déforestation en amont au Kenya, la forte charge du fleuve en sédiments du fait de l’érosion, la surextraction de l’eau et la pollution. L’État partie fait remarquer que la communauté apporte son soutien à un Forum transfrontalier des usagers de l’eau. L’UICN observe qu’il y a un grand nombre d’acteurs et d’initiatives dans la région, comme le Bureau de programme régional du WWF pour l’Afrique de l’Est, qui soutiennent les efforts de réconciliation suite aux rivalités que suscitent les ressources en eau du Mara. Des mesures transfrontalières particulières sont encouragées pour harmoniser les besoins en eau de la Tanzanie et du Kenya entre les communautés et les écosystèmes. Il faut notamment améliorer les méthodes de traitement de l’eau et de ses utilisateurs.

b) Gestion des visiteurs

Le rapport de l’État partie ne donne aucune information sur la capacité de charge des visiteurs à l’intérieur du bien. Le plan de gestion 2006-2016 prévoit la répartition du bien en trois zones : fortement utilisée, faiblement utilisée et zone sauvage. Selon ce plan de zonage, les nouveaux projets d’équipement pour les visiteurs sont autorisés dans les zones faiblement utilisées. L’UICN rappelle que les plans d’aménagement conçus à cet effet doivent être communiqués au Centre du patrimoine mondial avant d’avoir obtenu le permis de construire. L’autorité de gestion du parc a également conçu des circuits alternatifs d’observation du gibier pour limiter l’encombrement et a établi un code de conduite et augmenter les patrouilles pour réduire la conduite hors piste. Le nombre de visiteurs est, lui aussi, limité par les possibilités d’hébergement offertes.

c) Braconnage

L’État partie signale que le braconnage continue de progresser et que son contrôle requiert des gardiens supplémentaires et des patrouilles plus nombreuses. L’État partie essaie également de sensibiliser à la conservation et d’éduquer les communautés locales vivant à proximité.

d) Espèces envahissantes

L’UICN a reçu des rapports sur les espèces envahissantes, y compris Argemone mexicana et Datura stramonium, dont la présence a été signalée à l’intérieur du bien. Ces rapports indiquent que la prolifération de ces espèces envahissantes n’a pas dégradé pour l’instant la valeur universelle exceptionnelle du bien. Toutefois, il est recommandé que des mesures soient prises en vue d’éliminer ces espèces envahissantes pour éviter le risque d’une nouvelle propagation et l’augmentation du coût d’éradication.

e) Câblage en fibre optique

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu des rapports au sujet d’un câblage en fibre optique qu’il est prévu de faire passer à travers le parc. D’après les indications fournies, il s’agit de l’installation de quelque 759 km de câble, d’Arusha à Musoma et Mwanza, en passant par les biens du patrimoine mondial que sont les Parcs nationaux de Ngorongoro et Serengeti. Les informations reçues mentionnent également qu’une Étude d’impact environnemental (EIE) sera effectuée, conformément à la nouvelle loi No. 20 de 2004 en matière de gestion de l’environnement. Malgré le fait que la période de consultation pour l’EIE était supposée prendre fin le 31 août 2007, aucune nouvelle information sur ce projet et l’EIE n’a été reçue. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que la planification du projet a commencé en avril 2006 et n’a pas été portée à l’attention du Centre du patrimoine mondial durant la mission conjointe de suivi réactif UNESCO/UICN de 2007 au Ngorongoro. La mission de suivi entreprise au Ngorongoro, en décembre 2008, a fait des investigations quant au passage éventuel d’un câble optique à l’intérieur du bien. La Ngorongoro Conservation Area Authority a confirmé l’existence du projet mais a fait remarquer que l’EIE avait conclu que les travaux envisagés pour le passage du câble étaient acceptables puisqu’il allait suivre la route existante et qu’après les travaux l’environnement allait retrouver son état initial. Une fois le câble installé, il devrait y avoir un impact visuel positif puisqu’il n’y aura plus besoin de lignes aériennes.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN prient instamment l’État partie de communiquer des informations supplémentaires sur le projet de câblage en fibre optique, en particulier le bilan de l’EIE.

f) Lodge de Bilila

Il reste encore à l’État partie à soumettre au Centre du patrimoine mondial les études sur les ressources en eau ou l’avancement de la mise en œuvre des recommandations de l’EIE pour le projet de développement du logde de Bilila, comme cela a été précédemment demandé le Comité du patrimoine mondial dans les décisions 30 COM 7B.7 et 31 COM 7B.10, respectivement en 2006 et 2007. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN réitèrent leur recommandation à l’État partie pour qu’il fournisse un complément d’information sur les mesures palliatives à mettre en œuvre avec leur calendrier d’exécution et la manière dont la direction du parc assure la viabilité du taux de fréquentation et évite une surcharge de visiteurs, particulièrement dans les zones sensibles. L’État partie est prié de fournir dès que possible des exemplaires de ces études au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN encouragent l’État partie à veiller à ce que tous les projets de développement et les activités soient conformes aux objectifs du plan de gestion d’ensemble du bien et soient menés ou conçus sans être préjudiciables pour les valeurs ayant justifié l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.10

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.10, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Prie instamment l'État partie de veiller à ce que les études hydrologiques recommandées par l'Étude d'impact environnemental soient effectuées le plus vite possible, et de procurer des exemplaires de ces études au Centre du patrimoine mondial ;

4. Note les mesures prises en faveur d'une collaboration transfrontalière sur la gestion intégrée des ressources en eau du Mara entre l'État partie tanzanien et l'État partie kenyan et encourage les États parties à adopter les politiques nécessaires pour faire en sorte que la valeur universelle exceptionnelle du bien ne soit pas dégradée à cause de l'insuffisance des ressources en eau ;

5. Encourage aussi l'État partie à envisager et étudier, avec le soutien du Centre du patrimoine mondial, de l'UICN et des parties prenantes locales, la faisabilité d'une extension des limites du bien ;

6. Exprime son inquiétude devant l'impact potentiel de l'installation de câbles optiques à travers le bien et prie instamment l'État partie de s'assurer que les conclusions de l'Étude d'impact environnemental du câblage en fibre optique soient soumises dès que possible au Centre du patrimoine mondial ;

7. Demande à l'État partie de mettre en oeuvre les recommandations de l'Étude d'impact environnemental avec les objectifs du plan de gestion du bien pour maintenir la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

8. Demande aussi à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien incluant des informations sur le plan d'installation des câbles à fibres optiques, les mesures en matière de gestion de l'eau et les progrès réalisés dans la mise en oeuvre des recommandations de l'Étude d'impact environnemental.