1.         Centre historique de Mexico et Xochimilco (Mexique) (C 412)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (ii)(iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/412/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1999-1999)
Montant total approuvé : 5 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/412/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2002 : mission de suivi réactif de l'ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Démolition de bâtiments historiques dans la zone protégée du Centre historique;

b) Mise en œuvre urgente du plan de gestion de Xochimilco.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/412/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le Comité du patrimoine mondial a examiné la situation qui se présente suite à la démolition de 14 bâtiments historiques à l’intérieur du bien à sa 32e session (Québec, 2008). Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a été effectuée du 19 au 23 janvier 2009 pour mesurer les impacts de ces opérations sur la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité du bien. La Société protectrice du Centre historique de Mexico a présenté un rapport le 27 février 2009 qui donne des informations concernant ses projets pour la revitalisation du Centre historique de Mexico et un supplément d’information sur Xochimilco.

 

a) Gestion

Le rapport affirme qu’un nouveau modèle de gestion participative est à l’étude afin de mettre en place un modèle qui donne à la société civile un pouvoir de décision au moyen de la participation. Le processus de revitalisation est centré sur la régénération de l’espace public, la consolidation des besoins pour garantir les normes élémentaires de sécurité publique, la revitalisation des activités culturelles et économiques et la viabilité du plan de gestion. C’est ainsi qu’ont été élaborés les programmes aujourd’hui mis en œuvre pour la restauration des rues, la récupération d’espaces publics, la récupération de monuments historiques, la restauration de façades du bien, la création de couloirs piétonniers, la sécurité publique, la culture et l’éducation, et les finances et l’économie.

 

Parmi les actions mises en œuvre au titre du programme de récupération d’espaces publics figure le transfert du commerce de rue informel qui a abouti à la démolition des bâtiments en 2007 pour créer ces lieux de réimplantation. À l’origine, 36 biens ont été désignés à cet effet. Le rapport annonce le succès de la politique de transfert du commerce de rue informel mise en œuvre dans la revitalisation du centre historique et affirme que les démolitions ont eu lieu à un moment où il n’y avait aucune coordination entre les autorités fédérales et locales. Depuis lors, des efforts ont été faits pour mettre en place un cadre de coopération et conclure de solides accords entre les parties. Il souligne par ailleurs les incohérences au niveau de la procédure et l’absence de mise à jour de l’inventaire des monuments historiques. Il mentionne que seulement 9 démolitions ont eu lieu et donne un compte rendu illustré sur l’état de ces bâtiments avant les démolitions, ainsi que leur statut, y compris ceux qui sont considérés à l’abandon et irrécupérables et ceux qui présentent des risques pour la population en raison de leur état de délabrement avancé. Un accord a été conclu entre les deux niveaux de gouvernement afin de concevoir des projets architecturaux de haute qualité dans les secteurs où des monuments historiques ont été démolis. En outre, le rapport indique qu’en 2008, plus de 400 façades ont été reconstruites et améliorées et que des accords ont été établis pour stimuler l’amélioration de l’habitat par l’intermédiaire de la régénération des biens. Des initiatives sont également lancées en vue de promouvoir l’utilisation d’espaces publics pour des activités éducatives et culturelles mais aussi augmenter le nombre de visiteurs dans le Centre historique. De nouvelles stratégies sont aussi mises en place pour promouvoir la vocation économique du Centre, comme la consolidation des entreprises ou les incitations fiscales. Les projets détaillés sur les futures interventions n’ont pas été envoyés.

 

Le rapport mentionne également les progrès accomplis à ce jour dans la mise en œuvre du plan de gestion de Xochimilco, y compris en ce qui concerne le traitement de l’eau, l’aménagement du territoire et l’accessibilité, l’utilisation durable, la conservation et la diffusion du patrimoine culturel. Il mentionne aussi les niveaux opérationnels de la Commission d’Interdépendance créée en 2007 et les avancées dans la coordination des actions entre le gouvernement fédéral, les autorités de Mexico et les responsables locaux (delegaciones). La création de l’unité de gestion est en cours d’examen.

 

Enfin, la mission a formulé des recommandations sur le commerce intérieur, les changements au niveau de l’occupation des sols et l’affectation des biens du patrimoine résultant du programme, ce qui fait aussi partie des aspects institutionnels et de la viabilité de la conservation et du développement du Centre historique de Mexico. Il convient d’élaborer un « Plan participatif pour la gestion du Centre historique de Mexico », fondé sur le système de valeurs patrimoniales du bien et de concevoir un « Système intégral pour le Centre historique de la ville de Mexico », qui représente un élément essentiel en vue d’assurer la viabilité du bien. Divers instruments de planification propres à faciliter les accords interinstitutionnels et renforcer les capacités des instances chargées de la conservation du patrimoine devront servir de base à la mise au point de ces instruments.

 

b) Démolition de bâtiments historiques dans la zone protégée du Centre historique de Mexico

Le rapport de la mission analyse l’impact des démolitions et les effets que le déplacement du commerce de rue informel et d’autres programmes ont eu sur le Centre Historique. Il note aussi les efforts déployés pour coordonner les initiatives entre les différentes agences afin d’éviter cette sorte de situation à l’avenir. Le rapport de la mission note que tant qu’un plan de gestion participatif et interinstitutionnel, qui intègre et articule les valeurs patrimoniales, architecturales, urbaines, environnementales, culturelles, économiques et sociales, n’a pas été mis en place, le processus d’intervention en cours peut accélérer la perte déjà sensible de la mémoire sociale. Il observe d’autre part qu’une coordination effective reste encore à établir entre les institutions telles que l’Instituto Nacional de Bienes Artisticos (INBA) et l’Instituto Nacional de Antropologia e Historia (INAH) en dépit de la création de l’Autorité du Centre historique, qui est elle-même gênée par l’absence d’outils de planification et d’accords interinstitutionnels appropriés. Il est indispensable de mettre à jour les inventaires pour promouvoir une conservation effective et la définition de règlementations sur les édifices jugés importants, y compris ceux du XXe siècle. Les contraintes des agences fédérales au niveau des ressources financières et humaines contribuent à limiter l’efficacité et la promptitude à traiter les demandes et analyser les projets d’intervention dans le Centre. 

 

La mission note également que l’authenticité et l’intégrité du bien du patrimoine sont menacées par la détérioration, le risque structurel et l’abandon d’un grand nombre de propriétés privées qui risquent de s’écrouler d’ici peu si personne n’intervient. Les règlementations et les structures de contrôle de l’administration existantes ne sont pas assez fermes pour appliquer des sanctions pour cause d’abandon ; d’autre part, il n’a pas encore été possible d’identifier des canaux de gestion financière de manière à entamer des processus de récupération sociale et économique pour assurer la viabilité.

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS remarquent que bien que plusieurs mesures qui ont eu un impact sur les monuments historiques aient été mises en œuvre, les valeurs et l’importance du Centre historique ne sont pas au cœur des processus de prise de décisions des agences concernées. Par ailleurs, une politique de conservation globale reste encore à établir pour traiter les deux parties du bien, le Centre historique et Xochimilco.

 

Malgré les avancées constatées à Xochimilco, des articles de presse annoncent que des travaux de construction d’une nouvelle ligne de métro sont en cours, qui risquent d’avoir un impact potentiel sur le bien et la zone qui y est associée. Plusieurs groupes et ONG du secteur de l’environnement ont indiqué que ces travaux auront un impact négatif sur la vocation agricole de la région, les couvertures d’aquifères et le phénomène grandissant de l’urbanisation prévue dans ces zones.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.139

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.124, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Se déclare préoccupé du fait qu'une politique globale de conservation du patrimoine n'ait pas été adoptée pour guider le processus de prise de décisions participatif pour le bien du patrimoine mondial et prie instamment l'État partie d'élaborer un plan de gestion intégré ;

4. Prend acte des recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS et demande à l'État partie de les mettre en oeuvre d'urgence ;

5. Note avec préoccupation que les menaces d'abandon, d'effondrement et l'absence de véritables sanctions risquent d'affecter l'authenticité et l'intégrité du patrimoine immobilier ; et demande aussi à l'État partie de soumettre une proposition pour une meilleure mise en oeuvre des procédures administratives et techniques concernant les dossiers de démolition ;

6. Note également les avancées de la Comisíon interinstitucional dans la mise en oeuvre du plan de gestion de Xochimilco et prie aussi instamment l'État partie de finaliser les modalités pour la mise en service de l'unité de gestion afin d'assurer l'application durable du plan de gestion ;

7. Se déclare aussi préoccupé par les travaux d'infrastructure tels que la nouvelle ligne de métro à Xochimilco, et demande en outre à l'État partie, conformément au paragraphe 172 des Orientations, de soumettre au Centre du patrimoine mondial des informations détaillées sur tous les projets importants qui risquent d'affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

8. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport circonstancié sur l'état de conservation du bien et l'avancement de la mise en oeuvre desdites recommandations, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.