1.         Vieille ville de Salamanque (Espagne) (C 381rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/381/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/381/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2002 : mission de l’ICOMOS ; février 2009 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pression due au développement urbain

b) Absence de plan de gestion globale

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/381/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial a exprimé son inquiétude quant à l’absence de progrès accomplis vis-à-vis du plan de gestion intégrée pour le bien et quant aux modifications apportées au projet “Huerto de las Adoratrices”. Il a demandé à l’État partie de suspendre le projet “Huerto de las Adoratrices” tant que les résultats d’une mission d’experts ne seraient pas disponibles et d’élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’intégrité et d’authenticité.

Le 29 janvier 2009, l’État partie a soumis un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien. Ce rapport donne un historique détaillé des efforts de l’État partie pour initier le plan de gestion intégrée demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session. Le rapport donne également une analyse détaillée d’une méthodologie minutieusement élaborée destinée à proposer un outil de planification souple et pratique basé sur la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien du patrimoine mondial. Dans son rapport, l’État partie signale qu’il a déjà lancé le projet et prévoit de le mener à bien d’ici fin 2009 : “Son objectif est d’être un outil d’intégration servant de cadre de référence commun aux actions devant être entreprises par tous les agents participants, en particulier les administrations publiques. Il garantira la bonne coordination des actions et prendra en considération les problèmes éventuels pouvant apparaître. Il incorporera également les mécanismes requis d’auto-évaluation et de correction d’erreur.”

Bien que l’État partie ait transmis un descriptif pour le projet “Huerto de las Adoratrices”, le rapport ne répond toutefois pas aux demandes spécifiques du Comité du patrimoine mondial à l’État partie, à savoir suspendre le projet tant que les résultats d’une mission d’experts ne sont pas disponibles et élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle.

Une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a eu lieu du 11 au 13 février 2009 dans le but d’évaluer l’état de conservation général du bien, ses exigences en matière de gestion, y compris la définition claire de ses limites, ainsi que le projet “Huerto de las Adoratrices”.

La mission a noté un état de conservation du bien généralement satisfaisant, notamment par rapport à la première mission de 2002, et de considérables efforts de planification et conservation par les autorités locales et régionales compétentes. La mission a également noté que le travail sur le plan de gestion intégrée est en cours, coordonné par le gouvernement régional de Castille et Léon. Il inclut également la préparation du projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle.

Concernant le projet révisé “Huerto de las Adoratrices”, la mission a accueilli favorablement les efforts faits par le promoteur et les architectes afin de réduire le volume et la hauteur du projet de construction mais considère encore que le projet, malgré son adaptation, aurait toujours un impact négatif sur l’intégrité du bien du patrimoine mondial. La mission a par conséquent recommandé qu’il soit demandé à l’État partie de “chercher un autre emplacement pour ce projet, dont l’utilité n’est pas remise en cause” comme demandé par le Comité dans sa décision 26 COM 21B.69 (2006).

La mission a par ailleurs constaté la nécessité de fonder le plan de gestion sur une étude des attributs majeurs du bien afin de préserver son intégrité et authenticité et éviter de futures altérations inappropriées de son tissu historique, notamment façadismes.

La mission a formulé les recommandations spécifiques suivantes :

- La mission a recommandé que le projet “Huerto de las Adoratrices” soit définitivement arrêté à l’emplacement actuellement proposé en raison de ses impacts potentiellement négatifs sur la structure urbaine environnante et les monuments, et donc sur l’intégrité et la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

- La mission a recommandé que le projet de parking souterrain de la “Plaza de los Bandos” soit abandonné, étant donné l’impact négatif potentiel qu’une augmentation de la circulation automobile aurait sur l’intégrité du bien et sa valeur universelle exceptionnelle ainsi que l’impact potentiel sur l’authenticité de cette zone archéologiquement sensible de l’ancienne Via de la Plata. La mission a également suggéré la création d’un plan de circulation intégrée pour la vieille ville.

La mission a par ailleurs recommandé que :

- l’État partie envisage une modification éventuelle des limites du bien inscrit pour y inclure les zones urbaines en rapport avec sa valeur universelle exceptionnelle et qui ont précédemment été oubliées (un projet de plan est inclus dans l’Annexe au rapport de mission conjointe) ;

- l’État partie envisage une modification des limites de la zone tampon afin de pleinement inclure la ville historique comprise dans l’enceinte des murs moyenâgeux, ainsi que le secteur urbain de l’autre côté du Rio Tormes avec ses importantes vues du bien du patrimoine mondial, afin d’accroître la protection du bien ;

- l’État partie, conformément à la législation régionale exécutoire, élabore un “plan spécial” incluant des mesures plus restrictives pour les projets de modifications de l’environnement bâti. (La mission note que l’article 43 de la loi du 11 juillet 2002 et l’article 94 du décret d’application stipulent que les villes devraient adopter des “plans spéciaux” qui garantissent le maintien de la structure urbaine, les qualités architecturales et les profils de paysage ; la mission a noté l’importance d’intégrer les exigences du plan spécial et du plan de gestion intégrée demandé par le Comité du patrimoine mondial) ;

- l’État partie finalise dès que possible le projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle comme base pour le plan de gestion intégrée du bien du patrimoine mondial ;

- les autorités locales et régionales améliorent la circulation des informations et la communication avec les communautés locales ;

- les autorités locales et régionales renforcent leurs efforts afin de promouvoir l’importance de la transmission du savoir-faire de restauration traditionnel, en particulier vis-à-vis du travail de maçonnerie caractéristique de la ville.

Le rapport de la mission conjointe est actuellement transmis à l’État partie pour commentaires. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.122

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.109, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Demande à l'État partie d'abandonner les projets "Huerto de las Adoratrices" et de la "Plaza de los Bandos", étant donné leurs impacts négatifs potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien du patrimoine mondial ;

4. Note le travail entrepris en faveur de la création du plan de gestion intégrée demandé pour le bien, et demande à l'État partie de garantir l'intégration totale de cet outil de planification dans le "plan spécial" pour la gestion urbaine rendu obligatoire par la législation régionale (2002) ;

5. Réitère sa demande à l'État partie de préparer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle et de veiller à ce que le projet de Déclaration soit pleinement pris en compte dans la préparation du plan de gestion intégrée ;

6. Prie instamment l'État partie de mettre en oeuvre les recommandations faites par la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de février 2009 ;

7. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport d'avancement sur le soin de l'État partie à répondre aux demandes du Comité du patrimoine mondial concernant les efforts de mise en oeuvre des recommandations du rapport de mission de février 2009, et sur la préparation du plan de gestion intégrée, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.