1.         Budapest, avec les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l’avenue Andrássy (Hongrie) (C 400bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2005 : mission de conseil Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; novembre 2007 : mission de conseil ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Démolitions et développements inadéquats dans la zone tampon dite « quartier juif » ;

b) Usage inapproprié des espaces publics et des infrastructures des rues ;

c) Manque de conservation des habitations résidentielles dans la zone inscrite au patrimoine mondial ;

d) Circulation automobile grandissante.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Depuis 2005, l’attention du Centre du patrimoine mondial est attirée sur les inquiétudes suscitées par la démolition d’immeubles existants et leur remplacement par de nouveaux bâtiments dans une partie de la zone tampon ; ces opérations modifient considérablement le caractère du lieu.

Erzsébetváros (le quartier à l’intérieur du Grand Boulevard de l’arrondissement d’Erzsébetváros) est habituellement appelé le « vieux quartier juif de Pest » en raison de la concentration de patrimoine culturel juif qui s’y est constitué au fil du temps et du ghetto qui y a été établi de 1944 à 1945.

Le 1er février 2008, un rapport sur l’état de conservation du bien du patrimoine mondial a été soumis par l’État partie. Il répond aux préoccupations du Comité du patrimoine mondial et attire également l’attention sur le fait que des modifications préjudiciables ont été apportées au bien, alors que la totalité du bien et sa zone tampon ont été classées « quartier historique » et que 51 bâtiments du « vieux quartier juif de Pest » sont individuellement protégés. Le rapport explique qu’il y a deux raisons principales à cela : premièrement, la réglementation n’est entrée en vigueur qu’en 2005 et deuxièmement, le code de la construction local en vigueur, ainsi que la réglementation financière/économique, étaient contraires à la conservation. Les problèmes qui se posent notamment sont les suivants :

a) Démolition et reconstruction

Le rapport indique qu’il n’y a pas eu d’autres démolitions, mais il reste des permis qui n’ont pas encore été mis à exécution. En ce qui concerne la qualité des nouveaux bâtiments, il n’y a pas grand-chose à faire pour les structures existantes.

b) Ré-examen des permis de démolir existants

Des consultations ont commencé en octobre 2008, lors de la réunion de la Commission hongroise du patrimoine mondial national où la municipalité de l’arrondissement d’Erzsébetváros a exprimé sa volonté de participer, avec le gouvernement hongrois et le conseil municipal de la capitale, à la mobilisation de ressources financières en vue d’une éventuelle compensation. L’actuelle crise financière internationale pourrait créer de meilleures conditions pour négocier le retrait des permis de démolir accordés.

c) Plan d’urbanisme pour la zone tampon

Quand le règlement d’urbanisme et le code de la construction du district ont été préparés par le Bureau de l’architecte en chef de la ville de Budapest et l’Office national du patrimoine culturel, les principales valeurs architecturales et urbaines de la zone ont été prises en considération. Mais avant qu’ils ne soient adoptés par le Conseil municipal de la ville de Budapest, le chapitre des règlements consacré au patrimoine a été mise de côté jusqu’à ce que soient rédigés de nouveaux règlements pour la préservation de la valeur historique applicables également aux autres arrondissements de Budapest.

d) Financement des opérations de réhabilitation et de restauration

Le conseil municipal de la ville a proposé que soit rédigé un projet de loi gouvernemental et a recommandé des amendements législatifs pour aborder les problèmes économiques/financiers. Ces dispositions pourraient être adoptées au plus tôt avec la loi fiscale 2010. D’autres possibilités d’encourager les opérations de réhabilitation sont en cours d’investigation.

e) Étude archéologique de l’ancien ghetto

Une étude de l’état du mur de l’ancien ghetto a été menée et la documentation correspondante préparée. L’attention est toutefois attirée sur le fait qu’il n’y a jamais eu de ghetto fermé sur le territoire de Budapest, sauf entre novembre 1944 et janvier 1945. Ce que l’on appelle le « vieux quartier juif de Pest » est un exemple de quartier habité notamment par des Juifs mais aussi par des Hongrois et des Allemands depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Il n’a jamais été un arrondissement homogène, habité uniquement par des Juifs.

f) Mesures de conservation pour le « quartier juif »

Le rapport souligne l’importance de la participation des organisations civiles et des particuliers aux efforts de sensibilisation à la compréhension du caractère et de la valeur du quartier. Les réponses ci-dessus sont complétées par les détails des mesures stratégiques envisagées pour mettre en place un système réglementaire qui encourage les opérations visant à réhabiliter le bien et sa zone tampon et prévoit des incitations dans ce sens. Ces mesures en sont encore au stade initial de la planification. Elles comprennent notamment :

- Un examen du plan de gestion par le Bureau du maire de la capitale et la constitution d’un organisme de gestion ;

- La rédaction d’une Loi relative au patrimoine mondial pour promouvoir une meilleure préservation et le développement durable des biens hongrois du patrimoine mondial. Le Parlement hongrois devrait débattre de cette question au milieu de l’année 2009, la date d’adoption prévue étant le 1er janvier 2010.

Par suite d’une meilleure compréhension de l’ensemble du paysage urbain et des menaces qui pèsent sur son intégrité, il est envisagé d’étendre la zone tampon et de redéfinir le lien entre le bien et sa zone tampon.

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS notent les mesures spécifiques prises pour s’opposer aux démolitions et aux nouveaux aménagements, ainsi que les limites de ces efforts, compte tenu de l’existence d’anciens permis de démolir toujours en vigueur. Ils estiment que la réponse stratégique actuellement envisagée par l’État partie est une façon de procéder très positive, en particulier l’adoption d’une loi relative au patrimoine mondial.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.107

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.94, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Prend note des mesures spécifiques prises pour réexaminer les permis de démolir et favoriser la création d'un fonds de réhabilitation, et prie instamment l'État partie de rester très vigilant afin d'empêcher de nouvelles pertes et d'autres aménagements inappropriés dans la zone tampon du bien ;

4. Se félicite des diverses mesures stratégiques prévues, en particulier la révision du plan de gestion, l'établissement d'un organisme de gestion, la redéfinition de la zone tampon, la définition du lien entre le bien et la zone tampon, et la rédaction d'un projet de loi national relatif au patrimoine mondial ;

5. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport d'avancement sur les questions ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.