1.         Cathédrale de Bagrati et monastère de Ghélati (Géorgie) (C 710)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2010-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2003 et juin 2008 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Travaux de conservation nécessaires à l'intérieur et à l'extérieur des monuments;

b) Manque de coordination entre l'Église géorgienne et les autorités nationales ;

c) Absence de système de gestion coordonné ;

d) Reconstruction majeure de la structure de la cathédrale de Bagrati.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial a prié instamment l’État partie d’engager immédiatement des travaux de conservation préventive sur la cathédrale de Bagrati et sur l’ensemble architectural de Ghélati, et d’élaborer, en coordination avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un programme à long terme de conservation systématique des fresques et des mosaïques, avec la collaboration de spécialistes internationaux dans ce domaine. Le Comité du patrimoine mondial a pris note de l’intention de l’État partie de mettre en place un nouveau projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati et a demandé à recevoir l’assurance que l’État partie n’entreprendrait aucuns travaux de reconstruction avant d’avoir remis une documentation complète et détaillée sur ce projet, pour examen par le Comité du patrimoine mondial. Il a été demandé à l’État partie d’établir, de ratifier et de remettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives, et ce de toute urgence, le plan de gestion de la cathédrale de Bagrati et de l’ensemble architectural de Ghélati, comprenant le document de clarification des limites et définissant avec précision ses zones tampons. Le Comité du patrimoine mondial a encouragé l’État partie à organiser une campagne de sensibilisation pour tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie et a invité l’État partie à préparer la documentation nécessaire à l’organisation d’une conférence internationale de donateurs destinée à remédier aux principaux problèmes identifiés dans tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie.

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation daté du 29 janvier 2009 qui résume certaines activités menées à bien et donne peu d’informations sur l’état de conservation du bien. Le rapport de l’État partie insiste sur les principaux facteurs qui nuisent au bien, à savoir : l’absence de solution rapide aux problèmes déjà anciens ; la rareté des ressources, ainsi que l’absence de système de gestion flexible ; les effets négatifs du climat et de l’environnement sur le monument ; le manque de spécialistes qualifiés dans le domaine de la conservation, de la restauration et de la gestion des biens ; et les visites non organisées du bien.

 

a) Travaux de conservation préventive sur la cathédrale de Bagrati et l’ensemble architectural de Ghélati

L’État partie indique que des activités de suivi ont été entreprises et donne la liste des travaux accomplis sans compte rendu détaillé. Sur la base de l’évaluation de la stabilité de la cathédrale de Bagrati et du monastère de Ghélati, l’État partie propose des mesures techniques visant à renforcer la stabilité des structures. L’État partie fait également savoir que la base de données sur la cathédrale de Bagrati et le monastère de Ghélati a été créée. 

b) Projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati

En 2004, l’ICOMOS avait fait remarquer que toute reconstruction devrait respecter la valeur universelle exceptionnelle du bien et son authenticité et que, par conséquent, il vaudrait mieux conserver le bien dans son état de ruine.

En janvier 2008, le président de la Géorgie et l’Église orthodoxe géorgienne ont lancé un projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati dans l’intention de lui rendre son rôle et ses fonctions religieuses originels, point qui avait déjà été discuté à la 28e session du Comité du patrimoine mondial (Suzhou, 2004).

À sa 32e session (Québec, juillet 2008), le Comité du patrimoine mondial a prié instamment l’État partie de ne pas entreprendre de travaux de reconstruction qui risquent de nuire à la valeur universelle exceptionnelle du bien et à son authenticité et de ne pas entreprendre de travaux de construction avant que le projet ne soit examiné par le Comité du patrimoine mondial.

La mission de suivi réactif de 2008 a informé les autorités des dispositions des Orientations en matière d’authenticité et, en particulier, que la reconstruction des bâtiments historiques n’est justifiée que dans des circonstances exceptionnelles et uniquement sur la base d’une documentation complète et détaillée, en aucun cas sur la base d’une conjecture.

Les autorités ont confirmé que la décision finale ne serait prise qu’à l’issue d’une analyse des possibilités de reconstruction de la cathédrale et après le contrôle du projet par le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS et son examen par le Comité du patrimoine mondial.

Dans son rapport, l’État partie souligne que la réhabilitation de la cathédrale de Bagrati et du monastère de Ghélati est une priorité. Le budget 2009 alloué à la conservation des monuments témoigne de la politique de l’État en matière de préservation du patrimoine culturel.

Le rapport mentionne quelques travaux réalisés. S’ils constituent la première étape du processus de conservation de la cathédrale de Bagrati, il semble qu’il s’agisse d’activités préparatoires à sa reconstruction :

- L’état technique des structures d’appui en surface et souterraines a été évalué et étudié (recherches et analyses en laboratoire, réparation des microfissures et des macrofissures, étude de leur longueur, largeur, profondeur et des trous, cartographie et état des lieux provisoires des dégâts).

- Recherches sur les matériaux de construction, analyses en laboratoire (recommandations concernant la conformité des matériaux présents sur le site aux matériaux à employer).

- Recherches préliminaires en histoire de l’art (bibliographie, recherche sur place et recommandations, établissement de la liste des documents de référence et des archives).

 

Le projet détaillé de réhabilitation / reconstruction de la cathédrale de Bagrati n’a pas encore été fourni par l’État partie, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session (Québec, 2008).

c) Plan de gestion de la cathédrale de Bagrati et de l’ensemble architectural de Ghélati

L’État partie indique que tous les documents nécessaires ont été établis pour lancer l’élaboration et la mise en œuvre du plan de gestion du bien. Aucun document n’a été soumis pour examen par l’État partie avec le rapport.

d) Clarification des limites

L’État partie souligne que la loi de la Géorgie relative au patrimoine culturel fixe une zone de protection spéciale de 1 km autour du bien. Les zones de protection des monuments sont en cours d’ajustement et d’élargissement. Aucun document n’a été soumis pour examen par l’État partie avec le rapport.

e) Campagne de sensibilisation et conférence internationale de donateurs

L’État partie n’a pas donné d’avis concernant la préparation de la conférence internationale de donateurs destinée à remédier aux principaux problèmes identifiés dans tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie.

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS ont fait remarquer que l’État partie devrait fournir des informations détaillées sur tous les travaux réalisés. Compte tenu du caractère succinct du résumé fourni dans le rapport, il serait nécessaire d’obtenir de plus amples informations détaillées sur chaque point du rapport, en particulier sur le projet de réhabilitation, le plan de gestion et le rapport d’avancement des travaux de conservation et de suivi, ainsi que sur la question des limites.

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS restent vivement préoccupés par l’ampleur des problèmes, en particulier le projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati et l’absence de rapport détaillé répondant aux demandes du Comité du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS rappellent la recommandation d’intégrer dans le Programme du patrimoine culturel géorgien le programme de travaux destinés à remédier aux principaux problèmes identifiés dans ce bien, ainsi que la préparation de la conférence de donateurs pour tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.103

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.91, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Réitère sa demande que l'État partie établisse, adopte et remette de tout urgence au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives le plan de gestion de la Cathédrale de Bagrati et monastère de Ghélati, y compris le document de clarification des limites indiquant clairement les zones tampons ;

4. Demande à l'État partie de fournir des informations détaillées et complètes sur le suivi de l'état de conservation du bien et sur le projet de reconstruction, ainsi qu'un rapport d'avancement concernant les travaux effectués ;

5. Invite l'État partie à établir les documents nécessaires à l'organisation d'une conférence internationale de donateurs destinée à remédier aux principaux problèmes identifiés dans tous les biens du patrimoine mondial de Géorgie ;

6. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport d'avancement comprenant une documentation complète et détaillée sur le nouveau projet de reconstruction de la cathédrale de Bagrati, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.