1.         Centre historique de la ville de Salzbourg (Autriche) (C 784)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1996

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/784/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/784/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pression due au développement urbain, projets de construction d’édifices élevés ;

b) Projet de gare ferroviaire à l’extérieur de la zone tampon.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/784/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le Comité du patrimoine mondial, à sa 32e session (Québec, 2008), a regretté que l’État partie n'ait pas soumis le rapport demandé sur l’état de conservation du bien et a exprimé sa préoccupation quant au manque d’informations sur les principaux projets de développement en cours d’une part et à l’absence de progrès dans la finalisation d’un plan de gestion destiné à garantir la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien d’autre part.

Conformément à la demande du Comité du patrimoine mondial, l’État partie a soumis un rapport détaillé sur les projets de développement urbain le 31 octobre 2008, ainsi que le plan de gestion et un rapport sur l’état de conservation du bien le 29 janvier 2009.

Le rapport de l’État partie incluant le plan de gestion (et qui est décrit par l’Etat partie comme un document préliminaire, non définitif), a été soumis à la mission lors de sa visite et transmis alors au Centre du patrimoine mondial et à l’ICOMOS pour examen. Le rapport contenait également une synthèse de l’état de conservation du bien et complétait le rapport soumis le 31 octobre 2008 sur les projets actuels de développement urbain.

Le rapport de l’État partie présente un certain nombre de projets actuellement envisagés et examinés susceptibles d’avoir des impacts à long terme sur le bien. C’est le cas notamment de projets d’infrastructure dont la construction éventuelle d’une petite centrale hydroélectrique à l’extérieur de la zone tampon qui nécessiterait un barrage sur la Salzach, le projet évoqué depuis longtemps du tunnel du Kapuzinerberg et faisant aujourd’hui l’objet d’une étude de faisabilité devant être achevée en 2010, ainsi que l’éventuel projet d’un parking souterrain sous la place Makart au sein du bien du patrimoine mondial. Le rapport décrit également quelques projets de restauration et réhabilitation, dont le projet de rénovation de l’“Alte Diakonie” et la rénovation envisagée de l’ancien Hôtel de ville ainsi que les travaux achevés de la place Max Reinhardt suivis du réaménagement du Furtwängler Garden.

Le rapport de l’État partie revoit également un certain nombre de projets récents et envisagés dans et au-delà de la zone tampon du bien du patrimoine mondial. Cela inclut le campus universitaire Nonntal, le pont de chemin de fer, la gare ferroviaire, la place de gare, la brasserie Stern (commencé en 2008 et devant être achevé en 2010) et le projet Uzilinga.

 

a) Résultats de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO / ICOMOS

Une mission conjointe de suivi réactifCentre du patrimoine mondial de l’UNESCO / ICOMOS concernant le bien du patrimoine mondial a eu lieu du 27 au 29 janvier 2009 dans l’optique d’évaluer l’impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle pouvant résulter de la mise en œuvre des projets de développement urbain précédemment mentionnés.

Il a été indiqué dans le rapport de mission que La structure urbaine traditionnelle de la vieille ville de Salzbourg, ses ensembles architecturaux, ses toits ainsi que les habitations individuelles, hôtels particuliers, châteaux et églises sont bien préservés. Qui plus est, de manière essentielle, il est d’usage de considérer Salzbourg comme un centre artistique vivant, en particulier lorsque cela est lié à son plus génial résident, Wolfgang Amadeus Mozart.”

Toutefois le rapport de mission a noté que dans un certain nombre de projets récents, la perte ou la mutation de tissu urbain de valeur posaient problème. Le rapport de mission a également signalé que la réhabilitation et l’utilisation d’espaces libres et places dans le centre historique n’étaient “pas toujours conformes aux principes et mesures de sauvegarde appropriés”, et que de nouvelles constructions isolées étaient conçues sans tenir compte des structures urbaines de la ville relevant de son histoire ni des vues traditionnellement importantes de la ville.

Tandis que le rapport décrit plusieurs projets comme exemplaires (la restauration de la fontaine de la Résidence, le bâtiment contemporain de l’“Alte Diakonie”, le pont Makart), il fait également état de défauts dans d’autres projets en termes de respect de l’échelle urbaine et des schémas historiques existants (conception de la place Max Reinhardt, conception de la salle de concert du nouveau Mozarteumdont lesproportions déséquilibrées et les matériaux affectent de manière négative les jardins du Mirabell et l’ensemble du palais Mirabell, et hauteur excessive des nouvelles constructions du complexe Sternbrewery), et de perte du tissu historique in situ (transfert des murs d’une maison romaine dans le nouveau musée Carolino Augusteum et démolition de la façade du petit palais des Festivals (Kleines Festspielhaus)).

Enfin, le rapport met également en avant la nécessité d’être vigilant lors de la mise en œuvre de futurs projets existants et éventuels, tels que l’installation d’un nouvel ascenseur dans l’ancien hôtel de ville, la voie d’accès au musée d’Art moderne sur les fortifications historiques du Mönchsberg, et le percement éventuel du Kapuzinerberg pour faciliter l’accès au centre historique.

Se basant sur son examen des principaux projets, le rapport de mission a mis en avant un certain nombre de cas où la République autrichienne, l’État fédéral de Salzbourg et la ville de Salzbourg ne possèdent pas de mécanismes manifestes de prises de décision coordonnées en raison d’un “chevauchement préjudiciable des responsabilités” entre les autorités nationales, à savoir la Direction fédérale chargé de la Conservation (Bundesdenkmalamt), les chemins de fer nationaux autrichiens, les autorités régionales et la municipalité. Le rapport de mission fournit plusieurs exemples des résultats discutables de cette approche manquant de coordination – par exemple, la décision par le Conseil consultatif architectural (Gestaltungsbeirat) d’accepter le campus universitaire sur d’anciens terrains de sports (zone tampon), ou le démantèlement envisagé de la "salle de marbre" dans la gare et sa “construction en fer historique” (à l’extérieur de la zone tampon).

Le rapport de mission fait part de sa préoccupation quant à l’impact potentiel sur le bien du patrimoine mondial de la centrale hydroélectrique (Wasserkraftwerk Salzbourg-Lehen), qui aurait besoin d’être évalué grâce à une évaluation d’impact environnemental, prenant en compte les impacts potentiels des travaux prévus en amont sur la rive gauche de la Salzach.

La mission a par ailleurs fait part des recommandations suivantes :

· harmoniser les zones bâties de la “Zone de protection I” actuellement à l’extérieur du bien du patrimoine mondial, afin de relier toutes les zones de protection aux organismes responsables ;

· garantir le poste de gestionnaire du site du patrimoine mondial, et un rôle de facilitation pour améliorer les communications comme indiqué précédemment ;

· renforcer la protection légale des places et autres espaces libres au sein du bien du patrimoine mondial ;

· améliorer la communication avec les groupes locaux de citoyens et partenaires ;

· établir des orientations et des termes de référence clairs pour tous les concours architecturaux, les nouvelles structures et autres interventions d’envergure prévus au sein du site du patrimoine mondial et de sa zone tampon ;

· renforcer la composition interdisciplinaire des commissions consultatives pertinentes - la Commission d’experts pour la préservation de la Vieille Ville (Sachverständigenkommission) et, plus important, le Conseil consultatif architectural (Gestaltungsbeirat).

 

b) Plan de gestion

Ayant examiné le projet du plan de gestion soumis par l’État partie, tout en appréciant la présentation historique des efforts de protection faits et de l’engagement envers la protection, l’ICOMOS considère que ce document n’est pas un outil de planification orienté processus destiné à garantir la coordination et l’intégration des décisions à tous les niveaux et dans tous les secteurs en ce qui concerne la sauvegarde de la valeur universelle exceptionnelle du bien du patrimoine mondial.

Cet argument est soutenu par bon nombre des recommandations du rapport de mission qui demande une meilleure coordination et intégration de la prise de décision, notamment en :

· renforçant la cohérence des lois fédérales au niveau national afin de donner la priorité à la conservation du patrimoine mondial et améliorer la coordination des activités effectuées au sein du bien du patrimoine mondial par différentes autorités nationales dans le site du patrimoine mondial ;

· proposant un mécanisme de consultation, permettant une circulation régulière des informations et un dialogue entre toutes les autorités nationales, régionales et locales pertinentes ;

· définissant des responsabilités claires pour la République autrichienne, l’État fédéral de Salzbourg et la ville de Salzbourg vis-à-vis du bien du patrimoine mondial et en améliorant la communication entre les diverses institutions concernées dans et au-delà des cadres juridiques établis.

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS notent que l’état général de conservation a été jugé bon par la mission mais considèrent néanmoins que les préoccupations identifiées par celle-ci devraient être traitées en temps utile grâce à une meilleure coordination et une meilleure prise de décision obtenues par la mise en œuvre du plan de gestion. La nécessité de respecter le paragraphe 172 des Orientations a été identifiée ainsi que la nécessité d’évaluer minutieusement l’impact environnemental et culturel des principaux projets.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.88

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.81, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Prend note de la soumission en temps utile par l'État partie du projet de plan de gestion demandé par le Comité du patrimoine mondial ;

4. Prend également note des recommandations faites par la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de janvier 2009 ;

5. Prie l'État partie de veiller à ce que des évaluations d'impact environnemental soient effectuées pour tous les projets de développement d'envergure même s'ils sont situés à l'extérieur de la zone tampon, en s'attachant en particulier aux impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

6. Prie également l'État partie d'effectuer une évaluation d'impact environnemental et culturel pour la centrale hydroélectrique devant être soumise au Centre du patrimoine mondial ;

7. Demande à l'État partie de prendre des mesures en faveur de la mise en oeuvre des recommandations de la mission, notamment en garantissant des mécanismes clairs pour une approche coordonnée et intégrée entre tous les organes décisionnaires ;

8. Demande également à l'État partie de revoir le projet de plan de gestion en prenant en compte les recommandations de la mission conjointe et en élaborant des mécanismes de coordination améliorés;

9. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'état de conservation du bien, et ses efforts pour consolider et réorienter le plan de gestion, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.