Par décision 31 COM 7B.75, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de prendre en considération, de toute urgence, les recommandations de la mission de 2006 et leur mise en œuvre échelonnée.
Il a instamment prié l’État partie de préparer, en concertation et avec l’assistance du Centre du patrimoine mondial et des organisations consultatives, un plan de gestion englobant les éléments géomantiques importants associés aux monuments inscrits, assurant ainsi un niveau de protection plus élevé, en vue d’une éventuelle proposition de réinscription du bien comme paysage culturel.
Le Comité du patrimoine mondial a également demandé à l’État partie de préparer un plan d’action concernant les travaux nécessaires pour réduire l’impact négatif de la pollution sonore près des tombeaux de Minh Mang et Khai Dinh.
Une mission d’experts sur le bien a été mandatée en septembre 2008 dans le cadre de la Convention France/UNESCO pour aider l’État partie à satisfaire ces recommandations. Le rapport de mission contient une série de recommandations, accompagnées chacune d’un projet de plan d’action pour les mettre en œuvre et satisfaire la décision 31 COM 7B.75.
L’État partie a soumis son rapport le 9 mars 2009, faisant état des progrès suivants.
a) Constructions illégales et inventaires des éléments importants du patrimoine
Le rapport d’avancement de l’État partie annonce que 59 autres foyers illégaux ont été enlevés de la citadelle en 2007-2008 et que le centre de conservation des monuments de Huê et les organes compétents ont récemment été chargés par le comité populaire municipal de Huê de poursuivre l’enlèvement des constructions illégales et d’empêcher la réalisation de nouveaux travaux illégaux dans les zones centrales inscrites sur la période 2010-2020. Le rapport signale que le gouvernement provincial a appliqué des politiques de compensation et d’attribution de terre aux foyers déplacés du site du patrimoine mondial. D’autres travaux ont eu lieu en 2007-2008 pour réexaminer le statut de zonage et la délimitation de terrain des sites inscrits et un certain nombre d’autres monuments ont été recommandés pour les listes du patrimoine provincial et national afin de fournir une base juridique à leur inclusion dans une zone de patrimoine étendue. Les travaux se sont poursuivis avec l’université Waseda pour mener à bien l’inventaire des constructions traditionnelles et étudier le système d’adduction et distribution d’eau historique dans la citadelle, avec l’université de Tokyo pour proposer des solutions afin de stabiliser la vie des personnes qui résident dans la zone inscrite et avec le Korea Advanced Institute of Science and Technology pour mettre en place une base de données numérique des édifices historiques.
b) Suspension des grands chantiers d’infrastructures et redéfinition des limites
Concernant le moratoire proposé, l’État partie signale que les autorités locales n’ont pas approuvé d’autres grands projets d’infrastructures près des zones tampons du bien. Il n’est pas clair, toutefois, si cela concerne les zones identifiées par la mission de 2006 pour l’éventuelle proposition de réinscription d’un bien étendu – comme suggéré par le Comité du patrimoine mondial dans sa recommandation de 2007 – ou les zones tampons existantes telles qu’actuellement définies. En 2007 et 2008, 24 nouveaux sites ont été examinés et documentés par le centre de conservation des monuments de Huê (CCMH) en vue de les inclure dans les limites étendues du bien. Les autorités provinciales ont également aidé à la préparation de recommandations adressées à l’organe national compétent concernant l’amendement de la loi nationale pour le patrimoine culturel qui sera nécessaire pour permettre les modifications au bien et à ses zones tampons (zones I et II), comme recommandées par la mission de 2006.
c) Élaboration d’un plan de gestion
L’État partie et les autorités locales se sont rendu compte que l’élaboration d’un plan de gestion globale nécessitait des études approfondies, des compétences professionnelles élevées, la participation de nombreuses agences gouvernementales et un investissement prioritaire de la part du gouvernement national. Le rapport de l’État partie signale qu’un projet pour élaborer un plan de gestion intégrée est en cours avec le soutien du gouvernement néerlandais et le bureau de l’UNESCO à Hanoi. Cela a déjà permis qu’un projet de plan de gestion du patrimoine soit produit et examiné par les parties prenantes locales. L’État partie pense que le projet de plan de gestion pourra être soumis à l’UNESCO au troisième trimestre 2009. En ce qui concerne la création d’un système de cartographie SIG recommandé par la mission de 2008, l’État partie recherche une assistance financière et technique, en espérant que le système puisse être mis en œuvre en 2010-2012.
d) Plan d’action pour atténuer les impacts de la pollution sonore près des tombeaux de Minh Mang et Khai Dinh
L’État partie indique que des projets comprenant la construction de petits remblais et la plantation de végétation ont été mis en œuvre pour atténuer les problèmes de bruit près de la tombe de Minh Mang, accompagné d’un système de suivi pour mesurer leur efficacité. Une solution similaire sera mise en œuvre auprès de la tombe de Khai Dinh pour traiter les impacts visuels négatifs de la route et pour limiter les risques de glissement de terrain.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent les progrès accomplis par l’État partie dans la gestion des recommandations de la mission de 2006, notamment la gestion des constructions illégales, la préparation d’un inventaire des éléments de patrimoine, le lancement de l’élaboration d’un plan de gestion et la réalisation de mesures d’atténuation près des tombeaux de Minh Mang et Khai Dinh pour réduire l’impact de la nouvelle autoroute. Ils auraient apprécié des informations sur la manière dont ce plan de gestion en préparation va être intégré dans le contexte du nouveau schéma directeur pour le grand Huê, attendu pour 2010.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent toutefois qu’aucun progrès significatif ne semble avoir été accompli dans l’élaboration d’une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle englobant les éléments géomantiques importants associés aux monuments inscrits, ni par conséquent dans la redéfinition des limites du bien et de ses zones tampons, et qu’aucune demande d’assistance internationale n’a été soumise par l’État partie pour soutenir ces activités. Considérant qu’un plan de gestion est apparemment en train d’être élaboré, cela semble très urgent.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent enfin des reportages des média concernant une série d’autres activités de conservation effectuées à Huê, grâce à la coopération internationale. Cela inclut la restauration du mausolée Tu Doc (avec un soutien allemand), la modélisation 3D de la ville, en coopération avec l’Italie, et la promotion de l’implication de la communauté locale dans la conservation du patrimoine (dans le cadre d’une coopération avec la région Nord-Pas-de-Calais, France).