1.         Ville de Luang Prabang (République démocratique populaire lao) (C 479bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1995

Critères  (ii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/479/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-1998)
Montant total approuvé : 92 242 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/479/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 200.000 dollars EU (Convention France/UNESCO)

Missions de suivi antérieures

Février 2005 : mission UNESCO ; septembre-octobre 2007 : mission du projet de coopération internationale UNESCO / Région Centre / Ville de Chinon  ; novembre 2007 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; janvier 2009 : mission du programme de coopération UNESCO / Ville de Chinon / ADUC. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Mauvaise application du plan de conservation de Luang Prabang (PSMV) et constructions illégales ;

b) Travaux publics (projet de ville nouvelle, extension de l’aéroport, passerelle piétonnière) susceptibles d’altérer les valeurs de patrimoine mondial.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/479/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Dans sa décision 32 COM 7B.74 adoptée à sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial s’est dit de nouveau préoccupé du fait que le niveau de coordination et la priorité accordée à la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien n’ont pas suffi à arrêter la perte progressive de son tissu et de ses traditions face aux pressions du développement. La volonté de l’État partie d’améliorer l’état de conservation du bien a été reconnue dans les mesures prises récemment pour engager la révision du plan urbain et renforcer les capacités de la Maison du Patrimoine et la coordination avec les acteurs locaux. Le Comité du patrimoine mondial a toutefois prié instamment l’État partie de mettre en œuvre toutes les recommandations formulées par la mission conjointe de suivi réactif de novembre 2007.

Suite à cela, l’État partie a présenté son rapport sur l’état de conservation le 1er octobre 2008, en répondant à la décision du Comité du patrimoine mondial dans les termes suivants :

a) Révision du plan urbain pour la province de Luang Prabang et définition, dans ce contexte, d’une zone tampon pour le bien

L’État partie a fait savoir que le plan directeur élaboré entre 2002 et 2006 a été approuvé par le Gouverneur provincial le 29 août 2008 et que son entrée en vigueur est effective. L’État partie reconnaît que le plan directeur ne mentionne pas de zone tampon pour le bien et n’est donc pas conforme à la recommandation de l’UNESCO/ICOMOS. Cependant, l’État partie assure au Comité du patrimoine mondial que la zone tampon sera définie dans le cadre d’un nouveau plan urbain. La responsabilité de l’élaboration de ce nouveau plan a déjà été confiée au Ministère des Travaux publics tandis que l’Institut de l’Urbanisme est chargé de sa préparation technique, avec l’assistance de l’ADUC, l’Agence de développement et d’urbanisme de Chinon, France. Le financement a été obtenu par l’intermédiaire de l’Agence Française de Développement (AFD) et le travail de définition de la zone tampon a commencé en mars 2009. 

Le rapport indique l’intention de l’État partie de soumettre à l’UNESCO, en février 2010, le plan urbain révisé contenant la zone tampon. Entre-temps, les études de base nécessaires ont été menées afin de dresser l’inventaire des étangs et réseaux hydrauliques à l’intérieur et à la périphérie de la zone classée, et recueillir des données sur l’utilisation qui est faite des parcelles situées dans les secteurs menacés par l’extension urbaine et dans ceux qui offrent le meilleur potentiel économique. Une troisième étude –des bâtiments dans la zone autour du bien– reste encore à faire, mais permettra de déterminer les zones prioritaires pour le futur développement urbain dont la forme, note le rapport de l’État partie, s’inspirera des modèles urbains traditionnels du bien inscrit.

b) Imposition d’un moratoire en attendant l’approbation du plan de développement urbain révisé, sur les grands projets d’aménagement

L’État partie affirme au Comité du patrimoine mondial que même s’il continue à y avoir un débat animé autour de la possibilité d’implantation d’une ville nouvelle dans la vallée de Chompeth, aucune décision n’a été prise. Si le concept de ville nouvelle est définitivement admis, son emplacement sera déterminé dans le cadre du plan urbain révisé et sa mise en œuvre sera soumise à nombre d’études spécialisées et exécutée au terme d’une négotiation préalable avec l’UNESCO et avec son approbation.

La réponse de l’État partie indique que le réalignement de l’aéroport s’impose pour restreindre le nombre de vols au-dessus de la ville et atténuer le bruit et le risque, alors que l’extension de l’aéroport est nécessaire pour absorber le flux croissant de touristes. Il est assuré que le Gouvernement lao n’envisage pas une extension qui s’adresse à des avions d’une capacité supérieure à celle du Boeing 737.

L’État partie assure en outre au Comité du patrimoine mondial que l’école primaire qui a une grande importance architecturale et historique, ne sera pas transformée en un lieu touristique mais restera une école. L’École des Beaux Arts, qui a une importance historique, est protégée conformément à la règlementation en vigueur sur le patrimoine (PSMV), bien que son état se soit maintenant dégradé. L’école primaire et l’École des Beaux-Arts figurent toutes deux sur la liste des édifices qui seront restaurés avec les fonds de l’AFD.

Les autorités provinciales ont demandé à la Maison du Patrimoine d’entreprendre une étude de faisabilité relative à la construction d’une passerelle permanente sur la Nam Kham qui sera une structure légère utilisant des matériaux naturels, pour les piétons et les deux roues. La proposition finale sera conforme à la règlementation existante sur le patrimoine et sera soumise à l’UNESCO. Les nuisances sonores et impacts visuels potentiels auxquels fait allusion le rapport de la mission conjointe de suivi réactif ne sont pas particulièrement évoqués dans la réponse de l’État partie.

c) Application stricte du plan de conservation de Luang Prabang (PSMV) et établissement d’un inventaire actualisé et de cartes du bien

L’État partie reconnaît que l’application stricte des règlementations du patrimoine en vigueur est l’une des principales préoccupations de la Maison du Patrimoine ; il affirme au Comité du patrimoine mondial que la Maison du Patrimoine fera le nécessaire pour rattraper les deux ans de retard des applications et présentera un tableau indiquant les changements intervenus dans le nombre de demandes d’autorisation et une série de cartes indiquant les changements concernant les édifices classés, les nouvelles constructions, les matériaux de construction, la végétation et les clôtures.

d) Projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Le Gouvernement lao réitère sa demande d’assistance à cet égard. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives seront en mesure de fournir une assistance à l’État partie en vue de satisfaire aux clauses de la décision du Comité du patrimoine mondial 32 COM 7B.74 mais aussi dans le cadre du prochain exercice de rapport périodique pour l’Asie et le Pacifique.

e) Articles de presse évoquant un projet de barrage présumé sur le Mékong à Luang Prabang

L’État partie fait savoir que le niveau du fleuve après le barrage qui sera construit à 60 km en amont, ne dépassera pas la hauteur atteinte à la saison des pluies mais qu’en tout cas, une étude d’impact socio-environnemental est en préparation et ses résultats seront envoyés à l’UNESCO.

f) Autres problèmes identifiés par l’État partie

L’État partie prend des dispositions pour arrêter l’abattage des arbres et le comblement des étangs dans la zone protégée. Il note que la construction de grands hôtels dans la zone environnante demeure problématique, mais il a fermement décidé d’en contrôler à l’avenir l’implantation et l’orientation.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent qu’une mission d’assistance technique a été effectuée du 16 au 26 novembre 2009 dans le cadre de la Convention France/UNESCO et qu’elle a confirmé le lancement du plan urbain et de l’inventaire actualisé des aires sauvegardées. Cette mission a constaté une nette amélioration dans la gouvernance de la Maison du Patrimoine suite aux mesures de restructuration prises par l’État partie, y compris la désignation d’un nouveau Directeur et le recrutement de personnels technique et administratif.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives observent qu’un financement est maintenant en place pour permettre d’entamer la révision du plan urbain. Ils notent également qu’il est de nouveau assuré qu’aucune décision n’a été prise au sujet de l’emplacement de la ville nouvelle, que l’École des Beaux Arts et l’école primaire définitives seront restaurées et qu’une étude a été entreprise en vue de concevoir une structure plus légère pour la passerelle piétonnière. Ils relèvent cependant que l’État partie a décidé de procéder au réalignement de l’aéroport. Il est aussi préoccupant de voir que l’inventaire de référence et les cartes mises à jour n’ont pas encore été établis, ce qui permettrait de faire le point sur les changements intervenus dans le classement des édifices et les nouveaux bâtiments construits depuis l’inscription. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.77

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B. 74 adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Reconnaissant la volonté de l'État partie d'améliorer l'état de conservation du bien, ainsi que les mesures visant à établir un plan d'urbanisme révisé qui comprendra une zone tampon et des zones de développement prioritaires, et les efforts déployés pour renforcer les capacités institutionnelles et techniques de la Maison du patrimoine de manière à obtenir une mise en oeuvre plus efficace du plan de conservation du bien (PSMV) ;

4. Demande à l'Etat partie d'intégrer dans le Plan d'urbanisme les mécanismes de gestion nécessaires pour maintenir la valeur universelle exceptionnelle du bien, y compris par la préservation du tissu urbain en évitant le regroupement des parcelles, et en favorisant l'utilisation des terres pour le tourisme durable ;

5. Reconnaissant également les assurances de l'État partie concernant la nouvelle ville de Chompeth, l'école primaire et l'École des Beaux-arts, et la passerelle piétonnière plus légère, mais constatant aussi avec inquiétude que l'État partie propose de poursuivre les projets d'extension et de réalignement de la piste de l'aéroport ;

6. Encourage l'État partie à poursuivre ses efforts, avec l'assistance du Centre du patrimoine mondial, des Organisations consultatives et des partenaires internationaux, afin de mettre en oeuvre toutes les recommandations restantes de la mission de novembre 2007 et, en particulier, veiller à l'application stricte et en temps voulu du plan de conservation de Luang Prabang (PSMV) et dresser un inventaire actualisé et des cartes du bien indiquant les changements intervenus depuis l'inscription ;

7. Demande à l'État partie de soumettre le plan d'urbanisme révisé au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;

8. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'état de conservation du bien et sur les mesures prises pour mettre en oeuvre les recommandations précitées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.