1.         Centre historique de Macao (Chine) (C 1110)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1110/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1110/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1110/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le Comité du patrimoine mondial, dans sa décision 32 COM 7B.68, a porté son attention sur deux aspects principaux de la conservation.

a) Les impacts négatifs de l’urbanisation près des zones tampons

Il a noté avec inquiétude que l’urbanisation autour des zones tampons du bien, notamment au pied du mont et du phare de Guia et de la forteresse de Sao Paulo do Monte (fort du Mont), pourrait avoir un impact négatif sur l’intégrité visuelle du bien. Ces préoccupations ont déjà amené l’État partie à adopter en avril 2008 la Directive CE 83/2008 qui vise à atténuer cette menace dans les zones sensibles en ayant recours à l’utilisation de contrôles de la hauteur du bâti. Tout en saluant ces mesures, le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur place pour déterminer si les mesures prises suffisent ou non à assurer la protection à long terme de la valeur universelle exceptionnelle du bien.

b) La Déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Pour effectuer une telle détermination et concevoir une stratégie globale de sauvegarde du bien à long terme, il s’est révélé urgent de définir clairement la valeur universelle exceptionnelle du bien. C’est ainsi que la décision 32 COM 7B.68 a demandé à l’État partie d’élaborer, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’intégrité et d’authenticité. La décision a demandé en outre que la mission émette un avis sur la définition du cadre du bien et toute possibilité de révision des limites de la zone tampon qui pourrait être requise.

Elle a aussi demandé à l’État partie de soumettre un rapport actualisé sur l’avancement de la mise en œuvre desdites mesures. Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue à Macao du 18 au 24 janvier 2009. Son rapport couvre les principaux sujets de préoccupation soulevés au point 32 COM 7B.68 mais il souligne aussi un autre aspect crucial, et propose onze recommandations pour les mesures à prendre. La mission a estimé que la Directive CE 83/2008 qui introduit des mesures visant à réduire la hauteur des immeubles construits ou en projet près du mont et du phare de Guia et à instaurer de nouveaux contrôles de ce secteur, assure une protection suffisante pour maintenir les relations visuelles entre le phare de Guia et la mer, vers l’est, et en direction de la forteresse do Monte, à l’ouest. La mission a néanmoins constaté qu’au sud, la relation visuelle est déjà compromise par la présence de plusieurs immeubles de grande hauteur sur les terres plus éloignées conquises sur la mer, construits pour la plupart avant l’inscription du bien, et en a donc conclu que les nouveaux projets de construction près de la zone tampon méridionale du mont Guia ne poseraient pas de problème dès lors que leur hauteur aura été réduite conformément à la Directive CE.

La mission a jugé plus vaste le problème de fond que pose l’inadéquation du système actuel de gestion et de conservation –qui représente en effet un risque non négligeable– pour la future conservation du bien. Même si le système, avec ses limites et ses dispositions légales, est efficace pour protéger les principaux monuments, il convient d’établir une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle de sorte que les relations visuelles et fonctionnelles très importantes entre les monuments et l’étendue du paysage terrestre et marin de Macao soient aussi protégées. Sans cela, il serait difficile de comprendre pourquoi Macao est devenue ce qu’elle est aujourd’hui : un port marchand sur les routes maritimes commerciales. La mission a donc recommandé de travailler davantage à l’identification de ces corrélations à travers une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle décrivant les attributs porteurs d’une valeur universelle exceptionnelle, puis de mettre au point les instruments juridiques et de planification pour leur protection. Cela comprendrait, à moyen terme, un plan directeur urbain visant à protéger la dimension patrimoniale de ce qui subsiste du paysage urbain historique, en relation avec le cadre et les vues qu’offre le bien. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives seront en mesure d’aider l’État partie à développer ces éléments de la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, dans le cadre du prochain exercice de rapport périodique pour l’Asie et le Pacifique.

L’État partie a répondu à la décision 32 COM 7B.68 le 13 février 2009, peu de temps après avoir reçu la mission, en assurant le Comité du patrimoine mondial que les monuments situés à l’intérieur du bien sont en très bon état de conservation grâce aux efforts permanents réalisés conformément aux chartes de conservation et bénéficient de solides apports financiers rendus possibles par l’essor économique de Macao. La réponse confirme que les mesures adoptées pour atténuer les impacts négatifs des projets de développement sur l’intégrité visuelle du bien sont identiques à celles fournies dans sa réponse de mars 2008 au Comité du patrimoine mondial, présentées ensuite sous forme de disposition règlementaire avec la Directive CE 83/2008. La réponse indique également que la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, incluant les conditions d’authenticité et d’intégrité, est en cours d’élaboration et que la version finale sera soumise à l’examen du Comité du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent acte du rapport de l’État partie.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.67

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.68, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Se félicite des mesures prises par l'État partie chinois pour atténuer les impacts négatifs que pourraient avoir les projets de développement sur l'intégrité visuelle du bien en réduisant la hauteur du bâti dans les zones sensibles autour du mont Guia et de la forteresse de Sao Paulo do Monte ;

4. Note avec préoccupation, toutefois, l'apparente inadéquation du système actuel de gestion, avec sa zone tampon et ses dispositions légales, à protéger efficacement les relations visuelles et fonctionnelles très importantes entre les monuments inscrits et l'étendue du paysage terrestre et marin de Macao ;

5. Demande à l'État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, d'élaborer un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, incluant les conditions d'intégrité et d'authenticité, y compris les relations mentionnés ci-dessus ;

6. Demande également à l'État partie de développer les instruments juridiques et de planification adéquats pour assurer la protection de ces éléments, en y incluant un plan directeur urbain visant à protéger la dimension patrimoniale de ce qui subsiste du paysage urbain historique qui contribue au cadre et aux vues du bien ;

7. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport actualisé sur l'avancement de la mise en oeuvre des mesures précitées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.