À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial s’est réjoui de l’annulation du projet prévu dans la rue du roi Fayçal, mais a toutefois demandé à être informé de toute révision de ce projet et des détails concernant tout autre projet de grande ampleur. Il a également demandé que tous les travaux d’infrastructure prévoient une étude d’impact sur les vestiges archéologiques et des fouilles de sauvetage. Il a en outre insisté sur la nécessité d’appliquer les méthodes traditionnelles de conservation, restauration, réparation et entretien du tissu bâti, afin de préserver l’authenticité du bien. Le Comité du patrimoine mondial a regretté la construction du nouveau centre culturel dans la rue Medhat Pasha, priant instamment l’État partie de lui faire parvenir toute information disponible sur ce projet.
Il a réitéré son invitation à l’État partie de considérer l’extension des limites du bien, afin d’inclure les quartiers historiques adjacents et a également demandé à l’État partie d’achever son travail sur la définition d’une zone tampon.
Enfin, s’agissant de l’élaboration du plan de gestion, le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’assurer la coordination de toutes les actions entreprises et de rassembler les divers mécanismes de planification ainsi que les programmes de coopération internationale, et de conférer l’autorité, les ressources et le statut requis aux organismes responsables de l’Ancienne ville de Damas.
L’État partie a soumis le 28 janvier 2009 un rapport préparé par la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM).
a) Aménagement du quartier de la rue du Roi Fayçal
L’État partie indique qu’après avoir stoppé la première phase du projet, le gouvernorat de Damas a l’intention de le réétudier en tenant compte de l’importance du quartier et du plan d’urbanisme et de circulation de Damas.
b) Zone tampon
Une commission a été établie par le ministère de la Culture pour identifier la zone tampon (limites et réglementation) du bien et des autres quartiers historiques. Dans les différentes zones, les quartiers historiques identifiés bénéficieront du même niveau de protection que l’Ancienne ville. Une réglementation détaillée des constructions sera élaborée et adoptée par la commission de protection de l’Ancienne ville, conformément à la législation nationale. La construction d’infrastructures urbaines sera autorisée dans des « quartiers de conservation limitrophes » désignés, avec des restrictions concernant leur hauteur et leur apparence, sous la supervision de la Direction des antiquités. Une série d’actions urgentes est suggérée, en particulier la préparation d’un schéma directeur et d’un plan détaillé pour la zone tampon.
Les résultats des études de cette commission ont été approuvés par le ministre de la Culture et par le gouverneur le 28 janvier 2009 et les quartiers identifiés soumis au Haut conseil des antiquités pour classement sur la liste nationale.
c) Travaux d’infrastructures
Une première phase du projet de réhabilitation des infrastructures de la rue Medhat Pasha a été achevée fin 2008 et une seconde phase concernant l’éclairage sera mise en œuvre en 2009. Le rapport souligne le fait que les travaux ont été exécutés « rapidement », bien qu’en coordination étroite avec la DGAM qui a documenté dans les règles les découvertes archéologiques. Les résultats des fouilles (158 fragments de colonnes et pierres) sont présentés à l’intérieur de la vieille ville. Les travaux d’infrastructures se poursuivront dans le quartier Al Nakashat, à Sit Raqia et dans le quartier juif.
d) Le nouveau centre culturel de la rue Medhat Pasha
À sa 32e session, le Comité du patrimoine mondial a regretté la construction d’un centre culturel dans la rue Medhat Pasha et a demandé de plus amples informations à ce sujet. Ces informations ne figurent pas dans le rapport de l’État partie.
e) Autres questions
Le rapport de l’État partie mentionne également ce qui suit :
Concernant le nombre important de bâtiments à l’abandon dans le quartier juif, le gouvernement envisagerait actuellement de classer le quartier « zone culturelle préservée » et de préparer un plan de rénovation.
Il est indiqué qu’un système global de coopération pour protéger les quartiers historiques est en cours d’établissement entre les autorités nationales et les institutions internationales impliquées dans la préservation de l’Ancienne ville de Damas, mais aucune information supplémentaire n’est communiquée.
Des informations sont données sur la « réhabilitation et la réutilisation du schéma directeur de la citadelle de Damas », en cours de préparation par une équipe italienne : jusqu’à présent, une analyse de la situation actuelle a été effectuée, tandis que le document de projet indique les principes à suivre pour l’élaboration du concept, identifiant les zones de conservation et de régénération afin de préserver l’ensemble architectural et de l’ouvrir au public, créant ainsi de nouveaux liens fonctionnels et spatiaux entre la ville ancienne et le centre-ville.
Enfin, l’État partie mentionne un nouveau projet dans le corridor sud entre la citadelle et le souq Hamidiyeh, projet qui prévoit de donner une nouvelle physionomie à la rue. Après avoir demandé des détails supplémentaires, le Centre du patrimoine mondial a été informé que « le but général du projet d’aménagement du souq est de donner un style architectural unifié à des constructions composées de nombreux éléments et de styles variés. Cela peut être fait en remplaçant certains des matériaux et formes employés pour les façades par d’autres qui s’intégreront de façon plus harmonieuse au cadre général ». Outre ces travaux, le réaménagement des infrastructures est un volet important du projet.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment qu’il faut prêter d’urgence attention au ré-examen du projet d’aménagement de la rue du Roi Fayçal et, en général, aux conséquences extrêmement négatives des activités d’ « embellissement » du bien et des autres quartiers historiques. L’exemple de la rénovation des façades de la rue Medhat Pasha, d’un style uniforme et parfois sans discernement qui ne correspond pas, dans de nombreux cas, aux règles de conservation internationalement reconnues, doit être évité ailleurs.