Lors de sa 31e session (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a indiqué que, si des progrès ont été accomplis en ce qui concerne la finalisation du plan de gestion et l’établissement de commissions consultatives, il s’inquiétait de ce qu’une structure de gestion globale satisfaisante et dotée de ressources suffisantes ne fonctionnait toujours pas sur le site et qu’aucune disposition n’avait été prise pour le financement durable de la conservation et de la gestion à long terme du bien.
La mission de février 2007 a identifié plusieurs mesures à mettre en œuvre d’ici le 1er février 2009, notamment l’établissement sur place d’une structure de gestion efficace et transparente, dotée de pouvoirs juridiques, d’un mode de financement décentralisé et du personnel technique adéquats ; l’adoption d’un décret ou d’un arrêté spécial permettant d’intervenir en cas de problèmes de propriété dans le cadre des activités d’urbanisme ; la finalisation de la rédaction et l’adoption officielle du plan de gestion et la poursuite des mesures de conservation préventives.
Le rapport de l’État partie, reçu le 10 février 2009 indique que le plan de gestion a été achevé (en français et en arabe), revu, adopté par les autorités compétentes, distribué à toutes les parties concernées et qu’il est actuellement mis en œuvre avec l’appui de la commission de gestion locale du site.
En ce qui concerne la nécessité, exprimée par le Comité du patrimoine mondial, d’élaborer pour le bien une structure de gestion globale et dotée de moyens financiers suffisants, le rapport d’avancement de l’État partie est moins positif. Actuellement, les décisions relatives au bien sont prises par le gouverneur de la province de Ouarzazate sur la base des avis formulés par le CERKAS (Centre de Conservation et de Réhabilitation du Patrimoine Architectural des Zones Atlasiques et Subatlasiques). Le rapport signale que les autorités ont envisagé de confier ces responsabilités au CERKAS (comme l’avait recommandé la mission de 2007 ci-dessus) plutôt que de créer une nouvelle institution à cet effet, mais que le CERKAS manque de ressources humaines et financières pour assumer cette responsabilité.
Le rapport de l’État partie indique également que, conformément aux recommandations du plan de gestion, un compte spécial a été ouvert en octobre 2008 pour déposer les recettes des visites et des autres activités organisées sur le site (telles que le tournage d’un film) et pour affecter ces recettes à la conservation sur place.
Le rapport de l’État partie décrit également l’achèvement de deux projets de conservation préventive mentionnés dans le rapport 2007 de l’État partie. Il rend compte des efforts du CERKAS pour améliorer l’appui au travail de conservation entrepris par la population locale, notamment les efforts pour fournir des matériaux et outils adéquats pour les travaux.
Enfin, le rapport passe en revue l’avancement des initiatives prévues dans le plan d’action (2007-2012) du plan de gestion, notamment :
a) le projet de restauration des fortifications financé par le ministère de la Culture, sur la base des études effectuées par CRATerre et le CERKAS ;
b) le projet d’amélioration de la qualité de l’eau, financé par le Gouvernement de la Belgique ;
c) l’aménagement à l’intérieur du ksar d’un centre de secourisme dont le personnel sera composé de deux jeunes du ksar ;
d) le projet de restauration des maisons du ksar, financé par une holding privée en collaboration avec le CERKAS, l’Agence urbaine Ouarzazate-Zagora et la population du ksar.
S’agissant de la nécessité d’établir sur place une structure de gestion du bien dotée de ressources suffisantes, de coordonner la communication entre tous les acteurs concernés et d’encadrer la mise en œuvre des décisions, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives se réjouissent de voir les efforts soutenus de l’État partie en faveur du bien, mais s’inquiètent de ce que l’État partie se contente de noter qu’aucun progrès n’a été fait en ce qui concerne le renforcement du CERKAS ou la création d’un nouvel organisme de gestion spécifique ayant la responsabilité globale du site. Garantir le financement et l’appui internes doit être la priorité absolue de l’État partie pour protéger la valeur universelle exceptionnelle du bien.
Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS ont également examiné le plan de gestion 2007 préparé avec le concours d’experts de CRATerre, qui donne une description très complète de la situation et identifie de nombreuses actions correctrices potentielles importantes. Ce plan a été élaboré selon un ensemble de huit principes éthiques clairement énoncés, notamment la nécessité de préparer le plan avec la participation pleine et entière des parties prenantes locales à toutes les phases, en donnant la priorité au rétablissement de l’artisanat, en renforçant les capacités locales existantes et en privilégiant les actions d’entretien et de prévention.
Toutefois, bien qu’il décrive avec précision les nombreux groupes de gestion qui s’occupent du bien, le plan de gestion ne s’aligne pas sur les observations du Comité du patrimoine mondial concernant la nécessité de regrouper et de coordonner ces fonctions au sein d’une autorité de gestion globale. De même qu’il ne mentionne, dans la section consacrée à l’analyse de l’importance du bien, ni la valeur universelle exceptionnelle, ni l’authenticité ni l’intégrité du bien. Or, celles-ci doivent assurément guider la gestion de ce bien, dans l’optique du patrimoine mondial.
Pendant la rédaction du présent document, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle a été reçu par le Centre du patrimoine mondial et sera examiné ultérieurement par les Organisations consultatives.