1.         Vieille ville de Lamu (Kenya) (C 1055)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2001

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1055/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2004)
Montant total approuvé : 22 876 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1055/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2004 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan d’action pour mettre en œuvre le plan de gestion ;

b) Absence de planification préventive des risques, en particulier en cas d’incendie ;

c) Absence de système d’assainissement des eaux usées, d’évacuation des déchets et d’infrastructures générales ;

d) Développement incontrôlé ;

e) Manque de ressources ;

f) Pressions dues au développement urbain et industriel, notamment nouveau projet portuaire et prospection pétrolière ;

g) Zone tampon inadéquate.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1055/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Depuis 2001, le Comité du patrimoine mondial a examiné l’état de conservation de Lamu à chaque session, en s’intéressant aux menaces persistantes précédemment identifiées et à l’absence de structures ou de ressources adéquates pour traiter ces menaces de manière systématique et à long terme. À la dernière session, les questions relatives à la prospection pétrolière et à un aménagement portuaire voisin ont été abordées. Il a été demandé à l’État partie de transmettre sa réponse au Comité du patrimoine mondial en 2010. Toutefois, au vu des préoccupations exprimées par l’État partie quant aux projets d’aménagement d’envergure sur les dunes de sable de Shela susceptibles d’avoir un impact dommageable sur les ressources en eau ainsi que sur l’intégrité du bien, ce rapport a été anticipé.

Le 1er février 2009, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Le rapport donne une brève synthèse des progrès accomplis vis-à-vis des principaux problèmes identifiés à la 32e session (Québec, 2008), des détails sur les travaux de conservation entrepris sur certains édifices et des détails sur une conférence de bailleurs de fonds.

a) Développement incontrôlé

En dépit des efforts du Musée national du Kenya (MNK) et des agences gouvernementales locales, il est signalé que quelques “personnes ayant des relations politiques” ont essayé d’entreprendre des aménagements au sein du bien et de sa zone tampon susceptibles de menacer son intégrité. Par exemple, un promoteur privé a fait ériger un mur périphérique autour d’une zone utilisée pour réparer des bateaux.

Encore plus préoccupant, le projet qui menace les dunes de sable de Shela. En juin 2008, un promoteur privé a commencé à construire un hôtel au sein de la zone protégée des dunes de sable de Shela, partie de la zone tampon. Apparemment, il s’agit de l’un des nombreux terrains déclassés par le responsable du cadastre. Le MNK a entrepris une étude scientifique des dunes de sable de Shela et mis en évidence leur importance pour les ressources en eau – défiée par certains promoteurs. Dans le but de préserver les dunes, le MNK s’est allié à l’autorité nationale de gestion des ressources hydrologiques. Les résidents de Lamu ont également adressé une pétition au ministre des Terres pour traiter de façon concluante la question de l’empiètement des dunes. Toutefois, il semble y avoir là le potentiel pour un conflit majeur entre conseil du comté de Lamu et le MNK. Le MNK a porté l’affaire à l’attention des ‘hauts responsables du gouvernement’ mais considère toujours avoir besoin de bien plus de soutien de la part des ministères concernés afin de protéger cette ressource cruciale.

Le MNK est parvenu à détourner de nombreuses menaces moins importantes à l’aide de la législation existante. Le conseil de comté a introduit de nouveaux statuts et emploie aujourd’hui un ingénieur régional. Le comité régional de liaison en charge de la planification physique, l’autorité de planification responsable, serait désormais plus sensible à l’importance du bien après avoir pris part à un atelier organisé à son intention par le MNK en juillet 2008.

b) Aménagement du second port du Kenya

Des consultations avec le ministère des Transports et des Communications ont indiqué que le projet portuaire se fera à Magagoni Creek, à 20 km au nord du bien. Si le projet se poursuit, il a été convenu que le ministère du patrimoine national et le MNK seront consultés à tous les niveaux et qu’une évaluation d’impact culturel et archéologique sera effectuée avant qu’un aménagement ne soit réalisé. Toutefois, le MNK a fait appel pour demander à être impliqué dans tout le processus de planification. Néanmoins, il est dit que si l’emplacement du port ne change pas, le projet ne devrait pas avoir d’impact dommageable sur le bien.

c) Prospection pétrolière

La prospection de pétrole et de gaz a été abandonnée après qu’une étude a indiqué une insuffisance de ressources.

d) Extension de la zone tampon

Il a été publié au journal officiel, en avril 2008, que l’aire Ras-Kitau-Manda devenait une extension de la zone tampon. Des propositions visant à étendre la zone tampon à l’intégralité de l’archipel de Lamu ont été insérées dans divers documents de réflexion dont la mise en valeur d’éléments du patrimoine culturel sur l’île Pate.

e) Renforcement des infrastructures

Le MNK fait pression sur le gouvernement pour qu’il alloue plus de fonds pour la conservation et l’entretien du bien. Plus spécifiquement, il a suggéré que le ministère du Gouvernement local affecte un fonds spécial du fonds de transfert de l’autorité locale du conseil du comté de Lamu pour réduire la charge pour le MNK.

En novembre 2008, le MNK a réuni une conférence de bailleurs de fonds afin de mobiliser des ressources techniques et financières pour un plan de sauvetage s’attelant aux défis auxquels le bien et sa zone tampon sont confrontés.

Il a été convenu lors de la conférence que :

- il était nécessaire d’étendre la limite officielle du bassin de captage d’eau de 958 à 17 000 acres ;

- il était nécessaire d’établir un fonds de conservation communautaire pour la restauration des vieilles maisons ;

- il était nécessaire pour le gouvernement de contrôler, par les agences locales, les installations informelles ayant un impact sur le bien ;

- l’aménagement du nouveau port devait respecter tous les sites historiques dans la zone.

Les projets d’améliorations majeures suivants sont mis en œuvre :

- projet d’une année pour la restauration de manuscrits auprès de la bibliothèque du fort de Lamu et de l’université islamique de Riyad – avec bourse du gouvernement américain ;

- améliorations apportées au marché de poisson et de viande ;

- améliorations apportées au pavage et à l’éclairage des rues ;

- rénovation de la jetée principale ;

- fourniture de poubelles.

Les principaux projets suivants ont été présentés aux bailleurs de fonds :

- réhabilitation du fort de Lamu (72 000 dollars EU) ;

- valorisation du front de mer de Lamu avec pose de dalles de pavage en béton (650 000 dollars EU).

f) Étude archéologique

Le gouvernement chinois a alloué 3,7 millions de dollars EU pour soutenir l’exploration d’une épave chinoise à Pazali. Le travail débutera en juin 2009.

g) Finalisation et approbation du plan de gestion et du plan d’action complémentaire

Une donation de 50 000 dollars EU, émanant d’un sponsor, couvrira les frais de la troisième réunion de consultation sur le plan devant se tenir en mars 2009. Un plan d’action a été établi et doit être ratifié lors de cette réunion.

h) Publication du plan de développement régional

Ce plan est sorti pour consultation.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent que le projet de prospection pétrolière et gazière a désormais été arrêté et que l’emplacement actuel du nouveau projet portuaire d’envergure signifie que ce dernier a peu de risque d‘avoir un impact majeur sur le bien mais accentuent toutefois la nécessité pour le MNK d’être impliqué dans l’intégralité du processus de planification pour le projet portuaire.

Concernant les dunes de sable de Shela, le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives sont extrêmement préoccupés par le conflit potentiel entre développement de la zone et nécessité de la protéger comme une partie essentielle du décor du bien.

Ils notent par ailleurs l’intention d’accroître de manière formelle la zone tampon pour inclure l’aire Ras-Kitau-Manda, une proposition qui doit être présentée au Comité du patrimoine mondial pour approbation. La conférence de bailleurs de fonds est un important pas en avant dans l’obtention de soutien en faveur de la conservation et de l’entretien du bien. Les détails des deux principaux projets pour lesquels le soutien des bailleurs de fonds est recherché devraient être notifiés au Comité du patrimoine mondial conformément au paragraphe 172 des Orientations.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.44

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.48, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Note les progrès accomplis dans la finalisation du plan de gestion, l'extension de la zone tampon, le développement des projets d'infrastructure et l'identification de bailleurs de fonds éventuels ;

4. Note également que la prospection pétrolière et gazière a cessé et que les projets actuels pour le second port national risquent peu d'affecter négativement le bien ; mais souligne toutefois la nécessité pour les Musées Nationaux du Kenya (NMK) d'être impliqués dans l'intégralité du processus de planification pour le projet portuaire ;

5. Demande à l'État partie de fournir trois exemplaires imprimés et électroniques du plan de gestion qui doit être achevé prochainement, avec un plan d'action, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;

6. Demande également que la proposition d'étendre la zone tampon pour couvrir la ligne d'horizon Ras-Kitau-Manda soit soumise au Comité du patrimoine mondial pour approbation ;

7. Prie également instamment l'État partie de poursuivre son exploration en vue d'une extension plus vaste de la zone tampon pour couvrir la péninsule de Lamu et le bassin de captage d'eau étendu, soutenue par la conférence des bailleurs de fonds ;

8. Demande que les propositions d'aménagements majeurs du fort de Lamu et du front de mer de Lamu soient soumises au Centre du patrimoine mondial conformément au paragraphe 172 des Orientations ;

9. Exprime son inquiétude permanente vis-à-vis des pressions exercées sur le bien par des installations et projets informels dans la zone tampon ;

10. Prie instamment l'État partie, en collaboration avec les ministères compétents, de soutenir le NMK et le Conseil du comté de Lamu pour mettre en place des mécanismes de planification et des mesures de protection solides afin de créer une structure robuste et de garantir la protection du bien ;

11. Demande par ailleurs à l'État partie d'inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS / ICCROM sur le bien en 2010 pour évaluer l'état de conservation et en particulier, la menace potentielle pour les dunes de sable de Shela et autres parties de la zone tampon, ainsi que le développement durable général du bien ;

12. Demande enfin à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport d'avancement sur la mise en oeuvre des points précédents pour considération par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.