1.         Forêt Laurifère de Madère (Portugal) (N 934)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1999

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/934/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/934/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/934/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Suite à un courrier envoyé par le Centre du patrimoine mondial, le 19 novembre 2008, demandant des informations suite à des rapports d'ONG rendant compte d'aménagement d'infrastructures, l'État partie a remis une réponse détaillée reçue par le Centre du patrimoine mondial le 19 février 2009. Cette réponse apporte des informations sur un projet de téléphérique sur le territoire du bien du patrimoine mondial de la Forêt laurifière de Madère, projet mis en œuvre par les autorités locales.

Le rapport comprend un résumé du "projet intégré de valorisation de la zone de Rabaçal", puisque le projet de téléphérique s'intègre dans un cadre plus vaste de conservation et d'usage durable faisant appel, entre autres, à l'écotourisme. Le projet a été confié à l'Association pour la promotion du développement de la région ouest (Sociedade Promotora de Desenvolvimento de Zona Oeste) dans le cadre de la mise en œuvre du plan de la région autonome de Madère et sous la supervision du plan régional des politiques environnementales. Le rapport passe en revue le cadre administratif et les orientations du projet, y compris les problèmes architecturaux et matériels. Le projet couvre une petite zone aux limites du bien du patrimoine mondial. Le projet prévoit 3 gares (gare A, B, et C), deux sections de téléphérique de 705 et 674 mètres de longueur nécessitant la construction de 4 tours et de quatre cabines pour les passagers (6,8 m²) et les marchandises. Le projet vise à intégrer chacune des gares dans le paysage. La gare intermédiaire (gare B) doit être implantée sur une plateforme existante à Sitio do Rabaçal, et la gare la plus basse a une forme particulière dans la suite du terrain et sera construite avec des pierres locales. Une seule des trois gares sera située sur le territoire du bien du patrimoine mondial, dans une zone qui est le point de départ d'activités touristiques (par exemple, visite du site, randonnée, trekking, alpinisme, canyoning). Cet endroit souffre actuellement d'un manque de contrôle des capacités de charge, d'infrastructures et de services destinés aux visiteurs (information, parking, instructions de sécurité). La gare C est située près d'un cours d'eau dangereux où des accidents se sont produits dans le passé. Le projet vise à une amélioration de l'organisation spatiale et prévoit également la création d'infrastructures nécessaires à l'éducation environnementale, à la formation et aux mesures de sécurité.

L'État partie déclare que le projet a été élaboré en prenant en compte les normes les plus exigeantes en termes d'environnement afin de réduire tout impact négatif potentiel sur l'environnement. Le projet a également dû être en conformité avec les normes régionales, nationales et européennes en la matière (par exemple, la Procédure d'évaluation de l'impact environnemental de l'Union Européenne) et a également été soumis à une Procédure d'évaluation environnementale (PEE). L'État partie fait remarquer qu'une "Déclaration d'impact environnemental" favorable a été accordée au projet. Il fait en outre remarquer qu'une consultation publique sur les impacts environnementaux s'est déroulée ainsi que des réunions avec les acteurs locaux concernés. Il semble cependant que la valeur universelle exceptionnelle du bien n'ait pas été pleinement prise en compte dans l'évaluation environnementale et dans l'évaluation des risques, en raison d'une pression touristique croissante et d'une possible augmentation d'espèces invasives.

Le rapport suggère également que le téléphérique améliorera le suivi du bien, en particulier la surveillance de la forêt depuis des points de contrôle. Il estime aussi que le projet facilitera l'accès et améliorera les infrastructures et équipements destinés aux touristes comme l'exige ce bien du patrimoine mondial, permettant ainsi l'accueil de 500 visiteurs quotidiens (d'avril à octobre) soit un total estimé de 90.000 visiteurs par an. Il est également proposé de créer un centre d'interprétation en améliorant l'actuelle Casa de abrigo do Rabaçal, de guider les visiteurs (auditorium, bibliothèque, boutique, services d'aide) et de fournir les équipements nécessaires à la coordination et à la gestion.

Le rapport de l'État partie conclut que la construction du téléphérique n'est qu'une des multiples actions entreprises afin de favoriser une utilisation durable du bien et un usage de ses ressources naturelles, actions qui se concrétiseront également par la réduction de la circulation des véhicules et des camionnettes de transport de personnes. L'État a également remis un exemplaire de l'Etude d'impact environnemental (EIE) datée de février 2008.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN accueillent avec satisfaction le rapport détaillé mais font remarquer que si les procédures d'évaluation de l'impact environnemental ont bien été menées conformément aux normes internationales, il n'est jamais fait mention directement de la valeur universelle exceptionnelle du bien et de la protection de ses valeurs principales et de son intégrité. Les principales préoccupations reposent sur l'inscription du bien selon les critères (ix) et (x), critères liés aux écosystèmes et aux espèces menacées. Il est également à noter que la construction a commencé début 2009. L'État partie a réagi rapidement à la demande d'information du Centre du patrimoine mondial en fournissant tous les éléments disponibles et en proposant également d’inviter une mission d’experts à visiter le bien. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment qu'une mission de suivi réactif n'est peut-être pas nécessaire à ce stade, si une évaluation rapide complémentaire rendant compte des impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien est menée d'ici peu. 

L'UICN a également pris note d'une pétition demandant l'arrêt de la construction du téléphérique en ligne depuis novembre 2008, l'Association des amis du Parc national de Funchal, une ONG locale dédiée à la conservation est à l'origine de cette action. La pétition a été évoquée dans les medias nationaux, par exemple le quotidien national Diario de Noticias.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont pris note de rapports faisant état de l'élimination de l'espèce endémique du pigeon laurifière. L'État partie a répondu à cette préoccupation le 3 février 2009. La réponse de l'État partie a démontré de façon satisfaisante que la population de pigeons laurifières n'était pas menacée d'extinction dans les zones agricole et qu'il n'y avait pas d'impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.25

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Prend note du rapport détaillé et de l'Évaluation d'impact environnemental (EIE) menée conformément aux normes internationales remis par l'État partie sur le projet de téléphérique avec trois gares, dont une est située sur le territoire du bien du patrimoine mondial ;

3. Constate avec inquiétude que l'EIE n'a pas directement pris en compte la valeur universelle exceptionnelle du bien comme des points fondamentaux de l'évaluation du projet ;

4. Demande à l'État partie entreprenne rapidement une évaluation des impacts potentiels du projet sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et de prendre pleinement ceux-ci en compte lors de la mise en oeuvre de chaque phase du projet ;

5. Prend également note des informations faisant état d'une amélioration de l'interprétation, des équipements éducatifs et d'information des visiteurs, y compris d'un centre d'interprétation à créer conformément à la décision adoptée par le Comité du patrimoine mondial à sa 23e session (Marrakech, 1999) ;

6. Demande également à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport mis à jour sur l'achèvement du projet de téléphérique, sur l'évaluation rapide des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, ainsi que sur la mise en oeuvre d'un centre d'interprétation et d'un système de suivi du bien, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et l'UICN.