1.         Forêt Bialowieza (Bélarus,Pologne) (N 33ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/33/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/33/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1999 ; mars 2004 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN ; octobre 2008 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/33/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

En 2006, le Comité du patrimoine mondial a noté avec inquiétude que peu de progrès avaient été faits dans la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe de suivi réactif UNESCO/UICN de 2004 sur le bien et le besoin de clarification des limites du bien et de sa zone tampon (décision 30 COM 7B.20). Ces préoccupations ont été réitérées par le Comité du patrimoine mondial en 2007 (décision 31 COM 7B.30). En 2008, le Comité du patrimoine mondial a noté avec inquiétude qu'une partie du bien, côté biélorusse, n'était pas gérée de façon compatible avec son statut de patrimoine mondial, affectant ainsi potentiellement l'intégrité du bien. Une nouvelle mission Centre du patrimoine mondial/UICN a été demandée pour évaluer l'état de conservation du bien. Cette mission s’est rendue sur les lieux du 20 au 26 octobre 2008 et a rencontré les autorités nationales et les responsables du bien des deux côtés de la frontière internationale. Le rapport de la mission consultable sur le Web (http://whc.unesco.org/fr/list/33/documents/) fournit des conclusions et des recommandations détaillées.

Le Centre du patrimoine mondial a reçu le rapport d'état de conservation de l'État partie du Bélarus le 21 février 2009, suivi d'un rapport supplémentaire sur les progrès accomplis après la mission de suivi réactif, reçu le 3 mars 2009. Le rapport indique qu'un plan de gestion du Parc national Belovezhskaya Pushcha devant être approuvé début 2009, prendra en considération les questions posées dans le rapport de la mission, telle que l'amélioration des flux hydrologiques et le contrôle du chêne rouge envahissant. L'État partie a également présenté le texte d'un accord de coopération de 2006 entre les deux autorités du Parc national, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial (décision 31 COM 7B.30). L'État partie a indiqué qu'une étude était en cours sur la nécessité d’aménager des couloirs de déplacement pour la faune sauvage dans le cadre d'un effort plus important afin de trouver un accord à l'échelon national pour ouvrir plusieurs portions de la clôture contiguë qui sépare les parties polonaise et biélorusse du bien. L'ouverture de portions de la clôture réduirait la fragmentation des populations de grands mammifères du bien.

L'État partie polonais a soumis un rapport séparé sur l'état de conservation du bien au Centre du patrimoine mondial, reçu le 5 février 2009. Le rapport indique qu'un groupe spécial travaille actuellement à l'établissement de principes de gestion pour la forêt de Białowieża (qui inclut et entoure le bien existant) afin d'encourager la transition des pratiques d’exploitation forestière en cours à une approche qui serait davantage axée sur la conservation de la nature. Les conclusions de ce groupe spécial serviraient de référence à une possible extension du bien incluant les zones situées à l'extérieur du Parc national. Le rapport fait aussi référence à un projet d'accord de haut niveau entre les deux gouvernements nationaux, qui constituerait le cadre d'une instance internationale chargée du bien. Le rapport fait référence à l'accord de coopération de 2006 et met également l'accent sur les efforts déployés à ce jour pour assurer une coopération efficace au niveau de la gestion du site, en insistant particulièrement sur les mesures qui facilitent les mouvements des personnels du parc entre les deux pays.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN observent que le bien est seulement inscrit au titre du critère (vii) et que les États parties du Bélarus et de la Pologne sont en train de préparer un dossier de réinscription et d'extension du bien qui entend clarifier ses limites et envisage l'application des critères (ix) et (x). L'intention est de soumettre le dossier en question au Centre du patrimoine mondial d'ici le 30 septembre 2009 pour un examen préliminaire.

La mission a relevé plusieurs questions qui méritent une attention particulière. Les sujets de préoccupation concernent la fragmentation du bien par les clôtures posées au Bélarus (particulièrement préoccupantes pour les mouvements et la reproduction des populations de grands mammifères) et plusieurs réseaux de pistes à l’usage des véhicules, la présence du chêne rouge envahissant et le surpâturage de la flore par le cerf et le bison. De plus, une superficie de 82 371 ha à l'intérieur des limites du bien au Bélarus n'est pas gérée de façon compatible avec son statut de patrimoine mondial.

Le rapport d'évaluation de l'UICN de 1979 indique que l'étendue du bien inscrit au Bélarus est approximativement de 87 600 ha. La superficie du bien inscrit notée dans le rapport d'évaluation de l'UICN sur l'extension du bien de 1992 de 92 923 ha, dont 5 316 ha en Pologne et 87 607 ha au Bélarus. Les chiffres exacts de la surface du bien ont été clarifiés lors de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN, indiquant 87 606 ha au Bélarus et 5069 ha en Pologne. La superficie totale exacte du bien est donc estimée à 92 675 hectares.

Dans la partie biélorusse du bien, la mission a confirmé que l'État partie s'occupait de la gestion du bien en partant de l'hypothèse qu'une surface de 5 235 ha seulement, adjacente à la limite internationale avait été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1992. L’exploitation forestière qui est incompatible avec le maintien de la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien a été autorisée à l'intérieur de certaines parties à l’intérieur des limites du bien effectivement inscrit. La majorité de ces activités a cessé en 2004 et la plus grande partie du bien au Bélarus est gérée comme une zone strictement protégée depuis lors. Toutefois, il est vraisemblable que ces questions seront examinées de façon plus approfondie dans le dossier de réinscription et d'extension du bien.

La mission a noté la présence très répandue du chêne rouge d’Amérique (Quercus rubra) qui pourrait poser un risque de déplacement du chêne pédonculé ou chêne anglais (Quercus robur), bien que l'État partie du Bélarus indique que ce dossier sera traité dans le plan de gestion à adopter. La mission a confirmé que la clôture frontalière contiguë est placée entièrement sous le contrôle des autorités biélorusses. Elle représente un obstacle insurmontable pour les mouvements des grands mammifères (bison, loup et cerf). Bien qu'elle ne soit pas considérée comme une menace urgente pour la valeur universelle exceptionnelle du bien, la mission estime qu'il est important d'assurer le mouvement transfrontalier de la faune à plus long terme pour assurer l'intégrité de ces populations d'espèces sauvages. Un réseau assez dense de voies d'accès pour les véhicules a été observé dans la forêt, ce qui constitue un obstacle potentiel pour le mouvement de la faune et de la flore ou un moyen d'introduction et/ou de dispersion d'espèces exotiques. La mission a été informée des pressions de surpâturage en raison d'un nombre excessif d'herbivores (bison, cerf) par rapport à la capacité de charge naturelle que peut supporter le bien en dépit des mesures de surveillance continue. Des aires de nourrissage ont été installées pour l'hiver afin de compenser ces pressions.

La partie polonaise du bien, qui recouvre 5069 ha à l'intérieur du parc national polonais d'une superficie supérieure de 10 500 ha, est dans un bon état de conservation et semble être bien gérée. Le tourisme est bien réglementé et ne présente aucun risque pour le bien. Le reste des terrains du parc national obéit depuis 2004 à un régime de conservation strict et est actuellement examiné dans le cadre du dossier de réinscription en préparation. La mission a estimé que ces terres pourraient potentiellement être incluses dans le périmètre actuel du bien inscrit. Le parc national s'étend dans une forêt beaucoup plus étendue qui est gérée par le Service national des forêts. Il y a cependant une mosaïque de programmes de conservation dans cette zone, comprenant l'exploitation forestière, les activités touristiques et les mesures de contrôle de l’agressivité pour lutter contre la prolifération naturelle des scolytes. Cette gestion ne prend pas en considération les processus écoystémiques plus vastes de la forêt. De plus, un manque de coordination entre le Service national des forêts et les objectifs de gestion du bien accroît le risque à plus long terme pour son intégrité, notamment au regard des impacts potentiels du changement climatique. Un accord de coopération entre les deux autorités du parc national a été signé en 2006, bien que sa portée soit limitée en raison de l'absence d'accords de coopération transfrontalière plus étendus à l'échelon ministériel. L'État partie polonais rend compte des avancées au niveau de l'élaboration d'un cadre binational.

Le rapport de la mission recommande aux États parties d'entreprendre conjointement les opérations suivantes : 

1. Préparer un dossier de réinscription conjoint mettant l'accent sur les critères naturels (ix) et/ou (x) pour assurer une révision des limites existantes et l'inclusion de réserves strictement naturelles pour renforcer la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien ;

2. Instaurer un cadre de gestion conjointe pour le bien afin de définir une vision et des objectifs communs de conservation globale, des activités de gestion communes (suivi, recherche, communications, y compris des stratégies pour répondre aux questions posées par le Comité du patrimoine mondial) et un plan de travail ;

3. Élaborer et mettre en œuvre une stratégie de gestion intégrée pour l'ensemble du domaine forestier où se trouve le bien, en assurant la connectivité avec les composants voisins en liaison avec l'écosystème ;

4. Assurer la participation des autorités nationales aux processus de gestion du paysage pour garantir le maintien de la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien ;

5. Réduire au moyen d'un plan avec échéancier clairement établi, la longueur totale du réseau de routes et de pistes/sentiers forestiers et favoriser la coopération entre les entités polonaises et biélorusses du bien pour y parvenir ;

6. Restaurer les processus naturels dans les marécages et les marais drainés en encourageant par exemple le rôle des castors résidants, ainsi que le soutien des activités humaines par des activités de gestion directe ; et

7. Faciliter les mouvements transfrontières des animaux sauvages, en particulier des grands ongulés, pour passer la clôture qui sépare les deux côtés du bien afin de soutenir l'établissement des populations de différentes espèces d'ongulés dans l'ensemble du bien.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.24

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.20, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Prend acte du rapport de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN de 2008 et note avec inquiétude qu'une étendue de 82 371 ha à l'intérieur du bien au Bélarus n'est pas gérée de façon compatible avec sa valeur universelle exceptionnelle ;

4. Note également qu'il y a un certain nombre de menaces pour le bien, y compris la fragmentation qui résulte de l'installation de clôtures à la frontière et de pistes à l'usage des véhicules, les impacts du chêne rouge envahissant, ainsi que le surpâturage de la flore par le cerf et le bison ;

5. Se félicite de l'intention exprimée au nom des deux États parties de préparer conjointement un dossier de réinscription du bien transfrontalier conformément au paragraphe 166 des Orientations ;

6. Demande aux États parties de mettre en oeuvre les recommandations de la mission de suivi réactif, et de :

a) Instaurer un cadre de gestion conjoint pour le bien afin de définir une vision et des objectifs communs de conservation globale, des activités de gestion communes (suivi, recherche, communications et stratégies pour répondre aux questions posées par le Comité du patrimoine mondial) et un plan de travail,

b) Élaborer et mettre en oeuvre une stratégie de gestion intégrée pour l'ensemble du domaine forestier où se trouve le bien, en assurant la connectivité avec les composants voisins en liaison avec l'écosystème,

c) Assurer la participation des autorités de gestion du parc national aux processus de gestion du paysage pour garantir le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien,

d) Réduire au moyen d'un plan avec échéancier clairement établi, la longueur totale du réseau de routes et de pistes forestières et encourager la coopération entre les entités polonaises et biélorusses du bien pour y parvenir,

e) Restaurer les processus naturels dans les marécages et les marais drainés en encourageant, par exemple, le rôle des castors résidants ainsi que le soutien des activités humaines par des activités de gestion directe,

f) Faciliter les mouvements transfrontaliers des animaux sauvages, en particulier des grands ongulés, pour passer la clôture qui sépare les deux côtés du bien afin de soutenir l'établissement des populations de différentes espèces d'ongulés dans l'ensemble du bien ;

7. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport sur l'état de conservation du bien et sur les progrès accomplis en ce qui concerne les problèmes susmentionnés .

Décision adoptée: 33 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-09/33.COM/8D,

2. Rappelant les Décisions 30 COM 11A.2, 31 COM 11A.2 et 32 COM 8D, adoptées respectivement lors de ses 30e (Vilnius, 2006), 31e (Christchurch, 2007) et 32e (Québec, 2008) sessions;

3. Rappelle que, comme il a été décidé lors de sa 31e session (Christchurch, 2007) par la Décision 31 COM 11A.2, le Centre du patrimoine mondial ainsi que les organisations consultatives ne seront pas en mesure d'examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l'époque de l'inscription ne sont pas claires;

4. Félicite les Etats parties dans la région de l'Europe ainsi que l'Etat partie de l'Algérie pour l'excellent travail accompli dans la clarification de la délimitation de leurs biens du patrimoine mondial et les remercie pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial;

5. Prend note des clarifications des limites et des superficies de biens fournies par les Etats parties suivants dans les régions européenne et arabe en réponse à l'Inventaire rétrospectif, telles que présentées dans l'annexe du Document WHC-09/33.COM/8D:

- Algérie: Tipasa ;

- Autriche: Ligne de chemin de fer de Semmering;

- Bélarus et Pologne: Forêt Belovezhskaya Pushcha/Białowieża;

- Bulgarie: Cavalier de Madara; Monastère de Rila;

- Croatie: Vieille ville de Dubrovnik; Ville historique de Trogir;

- République tchèque: Réserve du village historique d'Holašovice;

- France: Cathédrale de Chartres;

- Allemagne: Cathédrale Sainte-Marie et église Saint-Michel d'Hildesheim; Église de pèlerinage de Wies; Ville hanséatique de Lübeck;

- Grèce: Site archéologique de Delphes; Acropole d'Athènes; Météores; Sanctuaire d'Asclépios en Epidaure; Site archéologique d'Olympie; Monastères de Daphni, de Hosios Loukas et Nea Moni de Chios;

- Italie/Saint-Siège: Centre historique de Rome, les biens du Saint-Siège situés dans cette ville bénéficiant des droits d'extra-territorialité et Saint-Paul-hors-les-Murs;

- Italie: Castel del Monte; Palais royal du XVIIIe siècle de Caserte avec le parc, l'aqueduc de Vanvitelli et l'ensemble de San Leucio; Cathédrale, Torre Civica et Piazza Grande, Modena; Aire archéologique de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata; Parc national du Cilento et du Vallo de Diano, avec les sites archéologiques de Paestum et Velia et la Chartreuse de Padula;

- Montenegro: Parc national Durmitor;

- Turquie: Grande Mosquée et hôpital de Divriği; Hattousa: la capitale hittite; Nemrut Dağ; Xanthos-Letoon; Site archéologique de Troie;

6. Demande aux Etats parties européens et arabes n'ayant pas encore répondu aux questions soulevées en 2005, 2006, 2007 et 2008 dans le cadre de l'Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation demandées le plus rapidement possible et avant le 1er décembre 2009 au plus tard.