1.         Parc national de Pirin (Bulgarie) (N 225bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (vii)(viii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/225/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2004)
Montant total approuvé : 21 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/225/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Missions Centre du patrimoine mondial/UICN en 2002 et 2004.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Aménagements du domaine skiable de Bansko

b) Absence de mécanismes de gestion efficaces

c) Problèmes de limites

d) Abattage de bois illégal

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/225/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Ce rapport sur l'état de conservation reprend les points qui n'ont pas été examinés à la 32e session du Comité du patrimoine mondial pour des raisons de procédure, tels que l'extension du bien, point retiré par l'État partie. Ce rapport est également basé sur des informations complémentaires reçues de l'État partie le 28 janvier 2009 en réponse à un courrier du Centre du patrimoine mondial.

Le Parc national de Pirin (PNP) a une longue tradition d'échanges avec le Comité du patrimoine mondial à propos de problèmes liés à l'impact de la station de ski située dans le périmètre et à coté du bien. Une extension du bien a été présentée à l'examen de la 32e session du Comité du patrimoine mondial (Québec, 2008), elle est destinée à résoudre les principaux problèmes de conservation du bien déjà identifiés. L'UICN recommandait l'approbation de l'extension suite au processus complet d'évaluation qu'elle avait mené. Le projet d'extension a finalement été retiré par l'État partie, ce qui a empêché l'examen des problèmes de conservation observés dans le périmètre actuel du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN sont tombés d'accord pour que, en terme de procédure, dans tous les futurs biens où des problèmes liés à l'état de conservation sont avérés et où une demande d'extension a été formulée, les biens soient examinés à la fois dans le cadre des points de l'agenda sur les inscriptions (point 8B) et dans le cadre de l'état de conservation (point 7B). La situation est encore plus complexe car l'État partie a de nouveau soumis la demande d'extension précédemment retirée suite à une consultation communautaire, et cette demande d'extension doit désormais repasser par le processus d'évaluation de l'UICN, elle sera donc soumise à l'examen du Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.

En septembre 2008, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont reçu un courrier émanant de 11 ONG nationales et internationales réunies pour l'occasion attirant l'attention sur un certain nombre de problèmes concernant le PNP. La lettre évoque, entre autres, des territoires exclus du bien qui ont été aménagés dans le cadre de la station de ski, une nouvelle autorisation accordée à la station de ski en violation de l'actuel plan de gestion, des modifications apportées au plan de gestion par le comité consultatif du PNP qui faciliteraient le développement de la station, une absence d'application de la loi et une réduction du budget du PNP.

L'État partie a répondu point par point par un courrier du Ministère de l'environnement et de l'eau. L'exclusion de secteurs était envisagée par l'évaluation faite par l'UICN en 2008 et réalisée à l'occasion de l'extension finalement retirée. L'UICN a jugé qu'il s'agissait de secteurs qui avaient effectivement été aménagés pour la pratique du ski ayant ainsi un important impact sur les valeurs du bien. La proposition d'extension ayant été rétablie, la question de ces secteurs exclus devrait être examinée par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.

En ce qui concerne l'autorisation accordée à un nouvel aménagement de la station de ski, le Ministère signale qu'une approbation a été recommandée par le Gouverneur régional de Blagoevgrad pour ce projet plutôt que pour un autre projet d'aménagement d'un complexe de ski et de golf proposé par une société privée, the Balkanstroy Company, qui aurait une incidence sur le PNP et un fort impact sur ses valeurs. Le Ministère affirme que ce projet d'aménagement n'est pas autorisable au vu de la protection légale du Parc national et de la législation européenne. Le Ministère déclare également qu'il n'y a, au moment de la rédaction de son courrier, aucune construction en cours sur le périmètre du bien, bien que l'impossibilité de tels travaux ne soit pas avérée. Dans son évaluation de 2008, l'UICN a remarqué que l'aménagement s'était, dans le passé, déroulé au-delà des autorisations légales et souhaite que ce problème soit résolu de façon prioritaire par l'État partie. L'UICN estime par ailleurs que la poursuite de l'aménagement de la station de ski ou l'extension des zones touristiques dans le périmètre du bien actuel affecteraient grandement sa valeur universelle exceptionnelle et conduiraient à une situation dans laquelle l'exclusion du bien de la Liste du patrimoine mondial devrait être envisagée.

Le Ministère a également confirmé que le comité consultatif auprès du PNP a recommandé une modification du plan de gestion du parc au profit d'un aménagement complémentaire de la station de ski. Une telle décision ne serait évidemment pas favorable aux intérêts de la conservation du PNP et serait susceptible de lui faire perdre sa valeur universelle exceptionnelle et son intégrité. Le rapport de l'État partie affirme cependant qu'aucun processus visant à une telle modification du plan de gestion n'a été entrepris et que le comité consultatif n'a aucun rôle exécutif en ce domaine.

Le Ministère fait état d'une réduction du financement pour la Direction du PNP mais souligne une importante augmentation d'autres types financements. L'impact précis de ces changements n'est pas manifeste, aussi il serait déterminant de comprendre avec précision le volume et l'utilisation faite des fonds actuels et à venir afin de s'assurer que les tâches principales relevant de la planification, de la gestion, de l'environnement et de l'application des lois de planification sont convenablement financées.

En résumé, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que la constante pression exercée afin d'agrandir la station de ski dans le PNP continue de constituer une importante préoccupation. Alors que l'intention déclarée par l'État partie de résister à cette pression semble claire, la réalité sur le terrain ne peut être évaluée. Les points principaux à vérifier s'expriment, entre autres, dans les demandes suivantes:

- Que la protection légale du PNP et que l'autorité du Ministère de l'environnement et de l'eau pour mettre en œuvre cette protection soient manifestes et se concrétisent;

- Que les limites de la station de ski soient clairement définies, qu'elles n'aient pas été, dans le passé, étendues au sein du PNP et qu'elles soient respectées à l'avenir;

- Que le plan d'occupation des sols par activité et que l'Évaluation d'Impact Environnemental soient régulièrement utilisés dans la prise de décision concernant tous les projets d'aménagement et les activités dans le périmètre et à l'extérieur des limites du PNP;

- Que ces responsabilités soient exprimées à tous les autres niveaux de gouvernement, tant local que régional et national, qui pourraient avoir des conséquences sur le Parc, que ces responsabilités soient partagées avec ces instances, et que les intérêts du PNP soient également représentés lors de la prise de décision sur des aménagements qui pourraient avoir des impacts sur le parc, bien que situés à l'extérieur de ses limites;

- Que le Ministère de l'environnement et de l'eau ait assez de pouvoir pour mettre en œuvre son action de façon efficace et que son action soit financée avec des moyens suffisants. En ce qui concerne ce sujet, la récente baisse du budget principal du PNP devrait être revue afin d'assurer pleinement le fonctionnement des moyens de protection destinés au bien.

Les problèmes ci-dessus évoqués devraient être envisagés comme des éléments essentiels de la mission d'évaluation qu'entreprendra l'UICN, son rapport devant constituer à la fois une base d'une évaluation de l'extension et un rapport sur l'état de conservation du bien dans ses limites actuelles, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.

En outre, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommande qu'un rapport sur l'état de conservation du bien (avant extension) soit systématiquement préparé lorsque le bien est à la fois évalué avant une extension et examiné par le Comité du patrimoine mondial en raison de problèmes affectant le bien dans sa configuration actuelle. Cette démarche éviterait que le retrait du projet d'extension n'empêche la discussion par le Comité du patrimoine mondial des problèmes liés à l'état de conservation du bien sous sa forme actuelle.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.21

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.27, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Rappelant également que la valeur universelle exceptionnelle du bien, à plusieurs reprises et de façon importante, a souffert des impacts de l'aménagement d'une station de ski et de l'extension de zones touristiques, de telle façon que l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril puisse être envisagée,

4. Prend note de la nouvelle présentation par l'État partie d'un projet d'extension pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010 ;

5. Considère que le développement permanent d'une station et pistes de ski est une grave menace à la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

6. Prie instamment et fermement l'État partie de s'assurer qu'aucun aménagement complémentaire de la station et des pistes de ski ou extension de zones touristiques n'ait lieu dans le périmètre du bien, et que toutes les mesures nécessaires soient prises afin de faire appliquer de façon rigoureuse les réglementations de protection et de planification dans le périmètre du Parc national de Pirin, ainsi que pour tout projet d'aménagement à l'extérieur de ses limites qui pourrait avoir des conséquences sur lui ;

7. Demande à l'UICN, lorsqu'elle entreprendra son évaluation de la proposition d'extension du bien, d'examiner également l'état de conservation du bien actuel, et d'examiner et de déterminer si sa valeur universelle exceptionnelle a été affectée par les récents aménagements ;

8. Demande également à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport sur l'état de conservation du bien, faisant particulièrement état de sa protection de fait contre les aménagements inadaptés et l'usage fait par l'homme dans le périmètre et à l'extérieur des limites du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010, afin de considérer, en l'absence de progrès substantiels, la possibilité d'inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.