1.         Parc naturel du récif de Tubbataha (Philippines) (N 653bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/653/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-2007)
Montant total approuvé : 118 304 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/653/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Décembre 2007 : mission du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation excessive des ressources marines

b) Pêche illégale et destructive.

c) Exploration pétrolière

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/653/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Ce rapport sur l’état de conservation du bien a été demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007) en relation avec les menaces ci-dessus. Les inquiétudes du Comité du patrimoine mondial concernaient en particulier la gestion et la protection du bien qui ne bénéficiait pas de financements suffisants pour assurer efficacement la gestion et la lutte contre la pêche illégale. Le Comité du patrimoine mondial a également demandé à l’État partie de soumettre une nouvelle proposition d’inscription visant à élargir le bien en incluant le Parc national étendu. Cette nouvelle proposition a été évaluée par l’UICN et sera examinée par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 33e session en 2009 (voir le document WHC-09/33.COM/8B).

 

Un rapport sur l’état de conservation du bien tel qu’il existe actuellement, sans son extension, a été soumis le 9 février 2009 par l’État partie. Il décrit les activités de gestion en cours et les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations du Comité du patrimoine mondial. Des informations écologiques ont été fournies dans le dossier susmentionné de proposition d’extension du bien et dans la documentation supplémentaire communiquée ultérieurement par l’État partie lors de l’évaluation de l’UICN. Sur la base de l’examen de ces documents et de la mission d’évaluation de l’UICN, plusieurs aspects clés ont été identifiés.

 

a) Protection juridique

Le bien est dans sa totalité une zone de non-pêche. La loi relative aux zones protégées de Tubbataha, qui délimitera une zone tampon pour le bien, est passé en seconde lecture au Congrès et le Bureau de gestion de Tubbataha travaille en liaison étroite avec les partenaires pour faire connaître son importance. La zone tampon de 10 miles marins proposée par la loi aidera à réduire les risques liés aux activités d’exploration ou d’exploitation dans la zone de concession pétrolière adjacente au bien. Une nouvelle carte montrant les limites de la concession pétrolière devrait être fournie par le Département de l’énergie.

 

La navigation marine est intense aux environs de Tubbataha. Il y a un risque que les bateaux causent des dommages aux récifs par collision, pollution ou introduction d’espèces marines envahissantes. Il y a déjà plusieurs épaves. Le classement en tant que Zone marine particulièrement sensible (PSSA) apporterait une protection supplémentaire et sensibiliserait davantage à la vulnérabilité du bien à la navigation marine. Des discussions sont en cours avec le service des garde-côtes pour défendre le classement de la mer de Sulu en tant que PSSA.

 

b) Pêche illégale

Les activités de pêche illégale continuent de porter préjudice au bien, mais il y a des signes d’une gestion plus efficace de cette menace. Entre mars 2006 et décembre 2008, l’organisme chargé de la gestion du site a procédé à 38 arrestations mettant en cause 314 pêcheurs. L’un de ces incidents impliquant des ressortissants chinois a déjà été signalé au Comité du patrimoine mondial, bien que la procédure judiciaire soit toujours en cours. La plupart des pêcheurs en infraction sont des ressortissants philippins qui cherchent des Trochus pour le marché international. Le coût de la lutte contre les infractions est passé de 80 000 PHP (1 660 dollars EU) en 2006 à 500 000 PHP (10 300 dollars EU) en 2008. Cette augmentation détourne les fonds d’autres activités de gestion et de suivi. Il faut allouer plus de fonds aux actions d’éducation pour faire connaître les avantages du bien et aux actions de sensibilisation pour empêcher la pêche illégale. Des activités de microcrédit sont déjà en cours à Caganyancillo, avec pour effet positif qu’aucun pêcheur originaire de cet endroit n’a été récemment arrêté pour infraction. Le fait que la majorité des pêcheurs en infraction soient originaires de Roxas donne à penser qu’en ciblant les activités d’éducation et de développement de moyens de subsistance dans cet endroit on pourrait réduire la pêche illégale sur le site en général. Des études effectuées par Conservation International - Philippines ont mis en évidence l’installation de dispositifs de concentration de poissons, certes à l’extérieur des limites du bien, mais tout près de celui-ci. Ces dispositifs peuvent inciter le poisson à quitter la réserve pour aller se faire prendre et perturber les espèces migratrices, en particulier les mammifères marins ; on a en outre constaté qu’ils peuvent perdre leurs amarres et endommager le récif à l’intérieur du bien. Empêcher cette pratique pourrait être une exigence spécifique de la zone tampon du bien.

 

Le gouvernement provincial de Palawan a conclu avec l’organisme chargé de la gestion du bien un protocole d’accord qui garantit l’allocation régulière de fonds annuels, ce qui devrait diminuer les difficultés rencontrées chaque année pour obtenir suffisamment de fonds. Les progrès dans l’augmentation d’un fonds de dotation nécessiteront une assistance internationale plus importante. Le WWF Philippines et Conservation International continuent d’aider le bien par des travaux de recherche et des contributions, par exemple, tout récemment, la mise à disposition de bateaux supplémentaires pour patrouiller.

 

Le financement et la formation à la surveillance restent limités et reposent en grande partie sur des organisations partenaires, notamment le WWF Philippines, et des chercheurs invités avec l’aide de volontaires. À ce jour, ces recherches ont identifié des risques permanents pour le bien liés au blanchissement du corail provoqué par le phénomène climatique E.N.S.O. (El Niño Southern Oscillations), aux dégâts physiques causés par la fréquence accrue des tempêtes et à la proliférations de l’acanthaster pourpre. Les études les plus récentes du corail indiquent que la couverture de corail dur oscille entre 27 % et 62 %, les niveaux de couverture les plus élevés étant observés dans les zones plus profondes. Il y a eu une légère augmentation de la couverture corallienne entre 2004 et 2008. La résistance à ces menaces serait renforcée si d’autres agressions contre le bien, telles que la pêche illégale, étaient réduites.

 

Les résultats initiaux de la surveillance des oiseaux marins, basée sur les nombres minimum d’adultes reproducteurs font apparaître un déclin entre 1981 et 2006, notamment de 83 % pour le fou brun, 18 % pour la sterne huppée, 67 % pour la sterne fuligineuse, 87 % pour le noddi brun. Par contre, il y a eu une augmentation sensible du nombre d’adultes reproducteurs pour le fou à pieds rouges et le noddi noir. Des rangers postés sur le site procèdent à un contrôle mensuel des oiseaux et à l’enregistrement des mammifères marins. D’après les observations, le fou à pieds rouges et le noddy noir pourraient bien supplanter les autres espèces. L’îlot des Oiseaux est attaqué par l’érosion et la surveillance du processus de formation de sédiments sur les îlots de sable est recommandée.

 

La biomasse totale en poisson indique une tendance positive, statistiquement significative, depuis 1998. La biomasse en espèces de poisson commerciales a également augmenté dans le même temps, mais l’étude effectuée en avril 2008 sur le terrain note la présence de tons et maquereaux relativement peu nombreux, ce qui peut être attribué aux impacts de la pression de la pêche dans l’ensemble de la région. Les tendances semblent également positives au fil du temps pour toutes les grandes espèces marines, comme le requin, la tortue, le poisson napoléon et le poisson perroquet à bosse, signe que le système récifal est en bonne santé.

 

Les déchets de plastique, de plus en plus évidents sur le site, sont une source d’inquiétude. Des morceaux de plastique léger polluent les eaux de surface à l’intérieur du site, des objets rejetés sur les plages sont utilisés par les oiseaux pour nicher. On a trouvé des animaux morts qui avaient ingéré du plastique. Des morceaux de plastique restent également accroché au récif proprement dit. Ces matériaux sont probablement un mélange de polluants terrestres entraînés jusqu’à la mer et de déchets provenant des nombreux bateaux qui traversent la mer de Sulu. 

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment que des progrès substantiels ont été accomplis par l’État partie et ses partenaires pour mettre en œuvre les recommandations du Comité et que les efforts pour mettre en place un financement durable doivent être poursuivis. Cependant, la pêche illégale continue de représenter une menace pour l’intégrité du bien et les activités d’exploration pétrolière à proximité du bien doivent être surveillées de près par l’État partie. Une collaboration durable avec les organisations de conservation et les instituts de recherche est également importante pour surveiller et mieux comprendre le rôle de Tubbataha dans l’écosystème marin de la mer de Sulu. Il faudrait faire prendre conscience aux communautés de la région de l’importance de la conservation marine pour la sécurité alimentaire et la préservation de leurs moyens de subsistance, en leur faisant mieux comprendre le rôle d’une zone de non-pêche protégée comme source de poisson et de larves de décapodes pour la côte est de Palawan, ce qui enrichirait les pêcheries de la région.

 

Le bien du patrimoine mondial de Tubbataha a été mentionné dans une pétition attirant l’attention sur l’impact du noir de carbone sur les biens du patrimoine mondial partout dans le monde, adressée en janvier 2009 au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN. La question est abordée dans l’introduction du document WHC-09/33.COM/7B. Une lettre a été envoyée par le Centre du patrimoine mondial à l’État partie en mars 2009 pour l’informer de cette pétition.

 

Le Centre du patrimoine mondial attire l’attention du Comité du patrimoine mondial et de l’État partie sur le fait que, si l’extension du bien est approuvée par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (voir le document WHC-09/33.COM/8B), la décision ci-dessous (33 COM 7B.18) sera remplacée par celle qui concerne l’extension du bien et devra par conséquent être lue en parallèle avec elle (33 COM 8B.3).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.18

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B. 20, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Note les efforts de l'Etat partie en matière de gestion du bien ainsi que l'engagement résolu des ONG d'apporter une aide financière, de mener des activités de recherche, de surveillance et de renforcement des capacités pour soutenir le bien ;

4. Se félicite de la coopération inter-agence établie aux niveaux provincial et national pour soutenir le bien et encourage ces parties prenantes à poursuivre leur travail, en particulier en vue d'améliorer la lutte contre les infractions, de mettre fin aux activités de pêche illégale, d'évaluer la pertinence du classement de la région entourant le bien en tant que Zone marine particulièrement sensible (PSSA) et de mettre en place un financement durable ;

5. Regrette que des activités de pêche illégale continuent d'affecter le bien et prie instamment l'Etat partie de continuer à chercher des moyens de faire mieux respecter la réglementation, en particulier par les pêcheurs de Roxas ;

6. Demande à l'Etat partie de mettre en place un programme de surveillance écologique du bien, en particulier de l'effet des phénomènes climatiques sur la température de la surface de la mer et le blanchissement des coraux, la fréquence des tempêtes et autres facteurs pouvant être liés au changement climatique ;

7. Demande également à l'Etat partie d'élaborer une stratégie touristique en collaboration avec les parties prenantes et la communauté des pêcheurs, afin que le développement du tourisme ne porte pas atteinte à la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

8. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'état de conservation du bien, y compris les progrès accomplis en matière de réduction des activités de pêche illégale, l'octroi de fonds suffisants pour gérer le bien et les autres points indiqués plus haut, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

Décision adoptée: 33 COM 8B.3

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-09/33.COM/8B et WHC-09/33.COM/INF.8B2,

2. Approuve l'extension du Parc marin du récif de Tubbataha, Philippines, inscrit au titre des critères naturels (vii), (ix) et (x) et prend note du nom révisé du bien étendu du Parc naturel des récifs de Tubbataha ;

3. Adopte la déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante :

Brève synthèse

Le Parc naturel des récifs de Tubbataha se trouve en situation unique au centre de la mer de Sulu et comprend les récifs de Tubbataha et Jessie Beazley. Il protège une superficie de près de 100 000 hectares d'habitats marins de haute qualité contenant trois atolls et une vaste zone de haute mer. Dans le bien, la diversité de la vie marine est très élevée. Baleines, dauphins, requins, tortues et napoléons sont parmi les espèces clés que l'on y trouve. Les écosystèmes du récif abritent plus de 350 espèces de coraux et près de 500 espèces de poissons. La réserve protège aussi une des dernières colonies d'oiseaux marins nicheurs de la région.

Critère (vii) : Le Parc naturel des récifs de Tubbataha contient d'excellents exemples de récifs intacts abritant une vie marine extrêmement diverse. Le bien comprend de vastes platiers récifaux et des parois perpendiculaires qui descendent à plus de 100 mètres de profondeur ainsi que de vastes zones de haute mer. Le caractère intact et isolé du bien ainsi que la présence permanente d'une grande faune marine composée, par exemple, de requins tigres, de cétacés et de tortues et d'immenses bancs de poissons pélagiques tels que les barracudas et les carangues, renforcent les qualités esthétiques du bien.

Critère (ix) : Le Parc naturel des récifs de Tubbataha qui se trouve en situation unique au milieu de la mer de Sulu, est un des écosystèmes les plus anciens des Philippines. Il joue un rôle fondamental pour les processus de reproduction, dispersion et colonisation des organismes marins dans l'ensemble du système de la mer de Sulu et contribue à entretenir des pêcheries en dehors de ses limites. Le bien est un laboratoire naturel pour l'étude des processus écologiques et biologiques ; il illustre le processus de formation des récifs coralliens en cours et entretient un grand nombre d'espèces marines dépendant des écosystèmes récifaux. La présence d'espèces de grands prédateurs tels que le requin tigre et le requin marteau est indicatrice de l'équilibre écologique du bien. Le bien est aussi un site pilote pour l'étude des réactions d'un système de récifs naturels aux effets des changements climatiques.

Critère (x) : Le Parc naturel des récifs de Tubbataha est un habitat important pour des espèces marines menacées et en danger d'extinction au niveau international. Le bien se trouve dans le Triangle de corail, un point chaud de la diversité biologique corallienne. Les récifs du bien abritent 374 espèces de coraux, c'est-à-dire près de 90% de toutes les espèces de coraux des Philippines. Les récifs et les mers du bien accueillent également 11 espèces de cétacés, 11 espèces de requins et, selon les estimations, 479 espèces de poissons dont le napoléon qui est une espèce symbole et menacée. On y trouve la plus forte densité connue au monde de populations de requins corail. Des espèces pélagiques telles que le chinchard, le thon, le barracuda, la raie manta, le requin baleine et différentes autres espèces de requins sont également communes et le bien est très important pour la nidification, le repos et le développement des juvéniles de deux espèces de tortues marines en danger : les tortues vertes et les tortues imbriquées. Il y a sept espèces reproductrices d'oiseaux de mer ; Bird Islet et South Islet sont des sites de reproduction pour sept espèces d'oiseaux de mer résidents en danger. La frégate de l'île Christmas, en danger critique d'extinction, visite régulièrement le bien.

Intégrité

Le bien compte deux atolls (l'atoll nord et l'atoll sud) et un îlot corallien émergent, le récif de Jessie Beazley. Il englobe une zone de haute mer d'une profondeur moyenne de 750 mètres et possède encore des écosystèmes marins bien préservés avec de grands prédateurs ainsi qu'un grand nombre d'espèces pélagiques et des récifs coralliens divers. Le bien accueille également une population importante d'oiseaux de mer qui y résident, y nichent et s'y nourrissent. La zone est libre de tout établissement et de toute activité humaine ; elle est de taille suffisante pour maintenir les processus biologiques et écologiques associés. Le bien est assez grand pour garantir la représentation complète des caractéristiques et processus clés des systèmes récifaux que l'on y trouve même si le maintien de ces valeurs oblige également à prendre des mesures en dehors des limites du bien pour certaines espèces migratrices et à protéger le bien contre des menaces pour le milieu marin qui pourraient se produire dans la grande région. Un aspect clé de l'intégrité du bien est le faible niveau de pression de la pêche grâce aux politiques de non-exploitation en vigueur à l'intérieur de son périmètre.

Mesures de gestion et de protection

Sur le plan juridique, le Parc naturel des récifs de Tubbataha est protégé par la législation nationale sur les aires protégées et toute une gamme d'autres lois sur l'environnement qui permettent de prendre des mesures de lutte contre un large éventail de menaces. La délégation claire de l'autorité de gestion du bien facilite l'application de ces lois. Le bien est éloigné de tout et sa gestion représente donc un défi logistique important, requérant un personnel bien équipé et bien formé, doté d'embarcations opérationnelles et un budget de fonctionnement suffisant pour le carburant, l'entretien et les logements en vue de garantir une présence forte et en mesure de réagir sur l'eau. Les visites touristiques nécessitent une planification et une gestion rigoureuses pour garantir le maintien des valeurs du bien et respecter sa capacité de charge ainsi que la sécurité des visiteurs et pour faire en sorte que les recettes du tourisme reviennent à la fois à la gestion du site et aux communautés locales. Le bien subit des menaces dues à la navigation, aux déchets déversés dans le milieu marin, à la pêche, à la pollution et à la prospection pétrolière. En conséquence, des dispositions relatives à l'établissement des zones tampons efficaces sont nécessaires et la législation doit être soutenue au niveau international pour protéger le bien contre les menaces exercées par la navigation ; il serait aussi bénéfique pour le bien que les règlements sur le déversement de déchets en haute mer soient appliqués rigoureusement par les organisations internationales compétentes.

4. Apprécie les efforts de l'État partie dans la prise de mesures pour appliquer la recommandation de 1993 du Comité en vue d'étendre la superficie du bien et pour avoir réagi aux remarques précédentes du Comité concernant les problèmes de conservation du bien existant ;

5. Félicite l'État partie, et plus précisément la province de Palawan et le conseil de gestion de l'aire protégée de Tubbataha, pour les progrès accomplis en matière de gestion du bien ainsi que pour l'augmentation des budgets et l'amélioration des équipements et se félicite de l'appui technique et financier important fourni par des organisations non gouvernementales partenaires ;

6. Se félicite de la coopération interagences, aux niveaux national et provincial, pour soutenir le bien étendu et encourage les acteurs à poursuivre leurs travaux notamment en vue d'améliorer l'application des lois et de mettre fin aux activités de pêche illicite, d'évaluer la pertinence des zones maritimes particulièrement sensibles dans la région environnant le bien et de garantir le financement durable de la gestion du bien ;

7. Se félicite également des changements apportés aux limites des concessions pétrolières à proximité du bien étendu qui réduiront leurs impacts potentiels et encourage l'État partie à faire en sorte que les concessionnaires respectent la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien, notant en particulier la sensibilité des mammifères marins aux méthodes de recherche acoustique et les risques de pollution pour les valeurs et l'intégrité du bien ;

8. Regrette que la pêche illicite continue d'affecter le bien existant et le bien étendu et prie instamment l'État partie de poursuivre ses efforts pour mieux faire respecter les politiques de non-exploitation dans le bien étendu ;

9. Demande à l'État partie de mettre en place un programme de suivi écologique du bien étendu, notamment en ce qui concerne les effets des phénomènes climatiques sur la température de surface de l'eau de mer et le blanchissement des coraux, la fréquence des tempêtes et autres facteurs éventuellement liés aux changements climatiques ;

10. Demande également à l'État partie d'établir une stratégie du tourisme durable, en collaboration avec les acteurs et la communauté de pêcheurs, pour veiller à ce que l'augmentation du tourisme n'ait pas d'incidences sur la valeur universelle exceptionnelle ou l'intégrité du bien ;

11. Demande en outre à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2011, pour examen par le Comité à sa 35e session en 2011, un rapport sur l'état de conservation du bien, y compris sur les progrès d'établissement d'une zone tampon, de réduction des activités de pêche illicite, et d'assurer un financement permanent adéquat pour la gestion du bien et les autres points mentionnées plus haut.