1.         Parc national de Keoladeo (Inde) (N 340)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 80.000 dollars EU (projet « Valoriser notre patrimoine » sur l'évaluation de l'efficacité de la gestion). Le bien a bénéficié en 2008 du programme de l’Inde sur le patrimoine mondial financé par la FNU (améliorer l’efficacité de la gestion et renforcer les compétences du personnel ; accroître l’engagement des communautés locales dans la gestion du site du patrimoine mondial et promouvoir leur développement durable ; et mobiliser le public à travers des campagnes de communication et de sensibilisation. 

Missions de suivi antérieures

Mars 2005 : Visite du Centre du patrimoine mondial sur le site ; mars 2008 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le bien est une zone humide créée et maintenue artificiellement qui exige un apport d'eau minimum garanti pour pouvoir assurer les fonctions de l'écosystème. La valeur universelle exceptionnelle du bien est liée à l’hivernage des oiseaux d’eau migrateurs du Paléarctique qui viennent d'Afghanistan, du Turkménistan, de Chine et de Sibérie, et aux larges populations d’oiseaux nicheurs résidents qui dépendent de cet écosystème pour accomplir leurs cycles de vie. Divers projets d'équipement ont été mis en place au fil des années pour canaliser l’eau des crues de la mousson vers le bien. Toutefois, la rivalité de la demande entre les communautés et l'agriculture aux alentours et en amont du bien a entraîné des pénuries d'eau plus fréquentes dans le parc, en particulier quand les pluies de mousson sont moins abondantes qu'en temps normal. En période de mousson ordinaire, l’infrastructure de dérivation d’eau existante continue d’assurer au bien un apport d’eau suffisant. 

Le Centre du patrimoine mondial a reçu le rapport de l'État partie le 11 février 2009. Le rapport fait une mise à jour sur : a) les efforts déployés pour régler les problèmes d'apport d’eau ; b) l’éradication des espèces végétales envahissantes ; c) la collaboration avec les communautés locales ; d) la surveillance continue des oiseaux et des zones humides ; e) l’investissement en matière d’infrastructure touristique ; et f) les programmes de gestion et de planification.

L'évaluation des questions clés de conservation, y compris l'avancement de la mise en œuvre des demandes du Comité et les mesures prises face aux menaces identifiées dans les rapports précédents, a donné les résultats suivants :

 

a) Apport d’eau

Au moment de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN de 2008, il était prévu que les travaux de dérivation de la voie d'écoulement de Govardhan soient terminés à temps pour l’arrivée de la mousson en juin 2008. Cette installation devait garantir un apport d’eau suffisant durant les années de sécheresse, et être ainsi opérationnel au cas où les pluies de mousson de 2008 n’auraient pas été assez abondantes. Selon l'État partie, l'avancement de ce projet important a été retardé : la Commission de l’équipement a seulement approuvé le projet en août 2008 et le budget pour les travaux a seulement été voté par le Gouvernement du Rajasthan en janvier 2009. L'achèvement des travaux de dérivation de la voie d'écoulement de Govardhan vers le bien est prévu, selon les estimations, courant 2009. 

L'État partie a informé que le projet d'alimentation en eau potable Dholpur-Bharatpur sera en principe achevé en octobre 2009. Cet équipement fournira des quantités d'eau régulières, mais limitées, malgré tout sans les composants biologiques essentiels des autres sources d'eau (alevins, nutriments et autres). Bien que le rapport ne donne aucune information sur la situation de l’apport d’eau en 2008, des sources distinctes révèlent que les pluies de mousson de 2008 ont été normales, ce qui a ainsi évité les conséquences des pénuries d’eau qui se seraient produites sinon du fait que le projet de dérivation de Govardhan était inachevé. 

 

b) Espèces envahissantes

Lors de la mission de suivi réactif de 2008, approximativement 10 km² (sur un total de 11 km²) de Prosopis juliflora, une plante envahissante, avaient été éliminés par les communautés locales suite à des accords conclus pour utiliser les plantes arrachées après leur éradication et le travail se poursuivait pour supprimer les derniers bancs. Malgré le succès largement reconnu de cette opération de conservation à l'échelon national, l'État partie n'a communiqué aucune nouvelle information sur l’avancement du projet d’éradication de la Prosopis ou le plan systématique de suivi régulier de son statut. D'autres sources d'information indiquent qu'un plan de travail décennal est en préparation pour instaurer une surveillance continue de la plante dont la réapparition est signalée dans de nombreux endroits.

 

c) Programme de surveillance continue de la faune et de la flore

Un comptage des oiseaux a été organisé le 27 janvier 2009, qui a permis d’identifier 65 espèces sur les 364 identifiées au total dans le rapport d'évaluation de l'UICN. En tout, 33 562 oiseaux individuels ont été comptabilisés. Cependant, l'État partie n'a pas présenté de données de séries d’espèces au cours du temps, comme cela avait été demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 29e session (Durban, 2005) pour pouvoir évaluer la diversité des espèces aviaires et les tendances de population. Cette absence récurrente de données fondamentales pour déterminer l'état de conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien est un obstacle à la bonne compréhension du degré de menace auquel il est exposé.  

 

d) Gestion et finances

Il est indiqué qu’un plan de gestion provisoire du bien a été préparé par l'État partie en concertation avec les acteurs concernés pour la période 2008-2012, mais n'a pas été présenté.

Étant donné les difficultés que pose la réduction de la qualité des habitats de la zone humide du bien pour soutenir les valeurs de la biodiversité aviaire du site, le projet « Valoriser notre patrimoine » du Centre du patrimoine mondial/UICN/FNU sur l'évaluation de l'efficacité de la gestion, achevé en 2007, a identifié des zones humides satellites en dehors des limites du bien qui sont utilisées à la fois par les oiseaux d'eau migrateurs et résidents. Ces zones humides jouent un rôle de soutien important en assurant l'intégrité du bien et le Comité du patrimoine mondial a rappelé dans la décision 32 COM 7B.13 les recommandations de la mission Centre du patrimoine mondial/UICN de 2008, demandant d’accorder une plus grande attention à cette question. Le rapport de l'État partie ne fait aucun commentaire à ce sujet.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN concluent que le bien demeure dans un état de conservation délicat et qu'il est particulièrement fragile étant donné sa très petite superficie. Plusieurs années d'apport d’eau inférieur à la normale ont entraîné d'importantes modifications de l'écosystème, comme l'ont signalé les précédents rapports sur l'état de conservation du bien. Même si la mousson de 2008 a réduit la menace immédiate pour le bien, la possibilité d’avoir de nouvelles pluies de mousson peu abondantes et l'absence d'infrastructure nécessaire à la dérivation de l'écoulement d’eau représentent un danger permanent pour le bien. Les changements sont déjà perceptibles et suscitent de vives préoccupations quant à la conservation de l'intégrité du bien et sa capacité à maintenir sa valeur universelle exceptionnelle. Tant que l'infrastructure nécessaire au maintien d’un apport d’eau régulier et suffisant pour le bien n'est pas mise en place, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN pensent que le bien est exposé à un danger avéré et qu'il conviendrait par conséquent d’envisager son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément aux dispositions des Orientations à cet égard.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.14

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.13, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Regrette que les mesures d'apport d'eau prescrites n'aient pas encore été prises et prie instamment l'État partie de veiller à ce que la mise en place des infrastructures nécessaires pour assurer un apport d'eau suffisant pour le bien soit achevée en 2009 ;

4. Réitère sa demande à l'État partie de mener une étude approfondie des tendances des valeurs de la biodiversité du bien, y compris des données d'évolution des séries d'espèces au cours du temps ;

5. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'état de conservation du bien, y compris sur l'établissement d'apports d'eau suffisants, un rapport de suivi écologique détaillé et un rapport sur les autres questions mentionnées ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011, afin d'envisager, en l'absence de progrès substantiels, l'inscription possible du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.