Le Parc National des Oiseaux de Djoudj a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2000 en raison des problèmes croissants avec Salvinia molesta, espèce invasive, qui fermait tous les cours d'eau libres dans le bien et menaçait de ce fait les populations d'oiseaux d'eau. Le plan d'action, développé en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril se concentre sur trois secteurs : 1) conservation et restauration des caractéristiques écologiques du bien, 2) développement des équipements et des produits d'éco-tourisme, 3) intégration du bien dans le paysage socio-économique et environnemental.
En outre, la construction du barrage de Dama avait arrêté de manière permanente l'eau salée de pénétrer dans le bien et avait modifié l'hydrologie. Ceci a facilité plus encore la propagation des espèces invasives et a réduit la disponibilité en aliments pour l’avifaune. Les changements d'hydrologie ont conduit à la salinisation des sols du fait du manque de rinçage, à une amplitude réduite des niveaux d'eau, à la réduction des colonies de certaines espèces d'oiseaux et à la disparition de certaines autres. Le bien a été retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2006, le problème de Salvinia ayant été maîtrisé par contrôle biologique et suite à l’établissement d'un système de gestion hydrologique. L’Etat partie a également développé un plan d'action de trois ans (2006-2008), qui se concentre sur a) la conservation et la restauration des caractéristiques écologiques du bien, b) le développement des équipements et des produits d'éco-tourisme et c) l’intégration du bien dans le paysage socio-économique et environnemental. Le bien reste actuellement sur la Liste de Montreux de la Convention Ramsar sur les zones humides en raison de l'impact d'autres espèces invasives et de l'effet sur les populations d'oiseaux.
Le 27 février 2009, un bref rapport sur l'état de conservation du bien a été soumis par l’Etat partie. Le rapport fournit des informations limitées sur le progrès dans l'exécution du plan d'action 2006-2008. Les points suivants sont notés :
a) Préserver et reconstituer la caractéristique écologique du bien
Par l'appui du Programme de Gestion Intégrée des Ressources marines et Côtières (GIRMAC), les plantes invasives Tamarix senegalensis et Typha australis ont été dégagées de l'étang de Tantale et de la mare de Khar. L'appui de FEM (Fonds pour l'environnement mondial) a permis le nettoyage des marais suivants : Crocodile, Lamantin, Tieguel, Khoyoye et Petit Djoudj. Ces activités ont entraîné une augmentation des eaux libres, exemptes de végétation, dans les étangs et les mares. L’Etat partie signale une augmentation des populations de poissons, une circulation améliorée de l'eau, et une meilleure qualité de l'eau. Le Gand Lac a vu une augmentation de son volume de l'eau ; ce qui a bénéficié aux sarcelles d'hiver, aux canards pilets, aux petits et grands flamants.
Le gouvernement des Pays Bas a également soutenu la restauration des zones de nidification du pélican blanc et la construction d'une zone de nidification. Ces activités ont eu comme conséquence une augmentation de la population des pélicans blancs et une réduction du taux de mortalité.
b) Développer un centre d'accueil des visiteurs et de nouveaux produits d'éco-tourisme
Le gouvernement des Pays Bas et le FEM ont soutenu la construction d’observatoires à Tantale, Petit Djoudj et Grand Lac, et l'amélioration de la piste entre le poste de commandement et le poste d'observation des flamants. Ceci a amélioré la circulation des véhicules, accru le nombre de visiteurs aux observatoires et réduit les perturbations et l’érosion. La signalisation a été également améliorée dans le bien.
c) Améliorer l'intégration du bien dans son environnement
Leprojet pour lesespèces aquatiques envahissantes « Projet de Gestion Intégrée des Végétaux Aquatiques Envahissants » (GIVAQUE) a soutenu l'établissement de cinq comités villageois pour aider à combattre les plantes invasives. Ces comités ont la responsabilité de nettoyer les étangs et ont accès à deux bateaux et à des GPS. L’Etat partie a également conduit des sessions de sensibilisation dans les villages.
Les recherches, coordonnées par la station biologique, ont inclus des prélèvements et de la modélisation dans les canaux de Gorom et de Crocodile. L’Etat partie n'a pas fourni les résultats de ces recherches ou les copies des travaux de recherche ou des références.
En outre, le FEM a soutenu le développement d’activités génératrices de revenus par le développement d'un réseau de gaz butane pour combattre la récolte du bois comme carburant. Un système de micro-crédit a été établi pour soutenir l'industrie artisanale locale. La culture du fourrage a été instaurée pour combattre le pâturage par le bétail à l’intérieur du bien. Le FEM a également soutenu l'éducation à l’environnement dans les écoles voisines du bien.
L’Etat partie rapporte qu’avec l'appui de plusieurs projets, des équipements ont été achetés pour le bien, y compris des bateaux, un véhicule, et une série de matériel de surveillance. L’Etat partie signale également le recrutement du personnel additionnel pour le bien depuis décembre 2007.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN reconnaissent le travail continu de l’Etat partie et de ses partenaires pour reconstituer le fonctionnement des marécages pour l'avifaune et pour améliorer la gestion globale du bien. Cependant, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN regrettent que le rapport ne fournisse pas une évaluation détaillée des progrès dans l'exécution du plan d'action 2006-2008.
Afin d'évaluer le statut de la valeur universelle exceptionnelle et de l'intégrité du bien et l'impact du plan d'action, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent que l’Etat partie soumette également un rapport au Comité du patrimoine mondial sur les tendances en populations d'oiseaux résidents et migrateurs, et sur l’hydrologie du bien.