1.         Monuments médiévaux au Kosovo (Serbie) (C 724bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2006-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

a) Protection complète et permanente du bien dans un environnement politique sûr et stable ;

b) Accord sur un plan à moyen terme pour la restauration des peintures murales (incluant un régime de conservation préventive), la conservation et la réhabilitation du bien ;

c) Mise en œuvre des plans de gestion et mise en place intégrale des zones tampons et limites, notamment leur protection légale.

Mesures correctives identifiées

Mesures correctives urgentes/à court terme :

a) Mettre en place un dispositif approprié de garde et de sécurité pour l’église de la Vierge de Ljeviša ;

b) Préparer un rapport sur l’état de conservation incluant une étude de l’état des peintures murales et du statut des travaux de conservation et prendre des mesures provisoires lorsqu’il y a un besoin urgent (par exemple, la toiture en plomb de la travée ouest de la nef de l’église de la Vierge de Ljeviša qui a été partiellement enlevée) ;

c) Établir une étude de préparation aux risques conformément au paragraphe 118 des Orientations et aux décisions 28 COM 10B.4 et 30 COM 7.2 ;

Mesures correctives à long terme :

d) Assurer la protection réglementaire et administrative et la gestion à long terme appropriées du bien conformément au paragraphe 97 des Orientations ;

e) Mettre en place un régime fort de protection pour les zones tampons ;

f) Définir les limites de façon adéquate (par exemple, étendre les limites du Patriarcat de Peč pour inclure une plus grande partie des flancs de la vallée de la rivière) ;

g) Préparer des rapports d’état de conservation détaillés pour servir de base à des mesures adaptées de surveillance, à des mesures de conservation préventive et à des projets spécifiques de conservation afin d’arrêter le déclin ;

h) Assurer une mise en œuvre appropriée et opportune du plan de gestion.

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

a) Mesures correctives urgentes/à court terme devant être prises par l’État partie en coopération avec les programmes de l’UNESCO, l’UNMIK et les institutions provisoires de gouvernement autonome du Kosovo ;

b) En ce qui concerne les mesures correctives à long terme devant être prises par l’État partie en coopération avec les programmes de l’UNESCO, l'UNMIK et les institutions provisoires de gouvernement autonome du Kosovo, aucun calendrier spécifique ne peut être établi à ce stade en raison de la situation politique.

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/724/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2003-2003)
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/724/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 699 335 dollars EU à la suite de la Conférence des bailleurs de fonds pour la protection et la préservation du patrimoine culturel au Kosovo, mai 2005 ; 503 500 dollars EU du gouvernement italien ; 75 335 dollars EU du gouvernement tchèque et 121 000 dollars EU par le gouvernement grec.

Missions de suivi antérieures

Janvier 2007 : mission intersectorielle de l’UNESCO au Kosovo ; juillet 2008 : mission UNESCO (BRESCE), 19-22 janvier 2009 : mission UNESCO (BRESCE) ;

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de statut légal du bien ;

b) Absence de protection juridique des zones tampons ;

c) Absence de mise en œuvre du plan de gestion et d’une gestion active ;

d) Surveillance du bien difficile en raison de l’instabilité politique, situation de post-conflit (visites sous escorte de la force de stabilisation du Kosovo/mission administrative intérimaire des Nations unies au Kosovo (KFOR/UNMIK) et manque de gardes et de sécurité) ;

e) État de conservation et d’entretien du bien insatisfaisant.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/724/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

N.B. : Le Secrétariat a été informé par le conseiller juridique que « le Secrétariat de l’UNESCO suit la pratique des Nations unies qui considère que la résolution du Conseil de sécurité 12.44 (1999) continue d’être applicable au territoire du Kosovo jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise ».

Le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session (Québec, 2008) a reconnu les difficultés continues de surveillance du bien et les problèmes de suivi de la mission intersectorielle de janvier 2007 et réitère sa demande à l’État partie, en coopération avec les programmes de l’UNESCO, la mission administrative intérimaire des Nations unies au Kosovo (UNMIK) et les institutions du Kosovo, ainsi que les futures dispositions européennes, de poursuivre les mesures correctives à long terme, notamment assurer une protection réglementaire et législative et de gestion à long terme appropriées du bien, mettre en place un régime fort de protection pour les zones tampons, définir les limites de manière appropriée et mettre en œuvre de manière opportune le plan de gestion.

Au terme du débat sur ces points à la 32e session du Comité du patrimoine mondial (Québec, 2008) et comme suggéré par la présidente dans ses conclusions, le Centre du patrimoine mondial a adressé une demande d’éclaircissement au conseiller juridique de l’UNESCO quant au “cadre juridique” international de cette affaire. Une circulaire datée du 31 mars 2009 intitulée « Décision finale 32 COM 7A.27 concernant les Monuments médiévaux au Kosovo » a été adressée à tous les États parties à la Convention du patrimoine mondial et aux organisations consultatives faisant état de la décision finale.

a) Déclaration de valeur/valeur universelle exceptionnelle

Concernant l’élaboration, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives, d’un projet de Déclaration de valeur/de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’intégrité et d’authenticité, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009, le projet de Déclaration qui a été reçu en 2008 a été examiné par l’ICOMOS International et est présenté dans le document de travail WHC-09/33.COM/8E pour examen.

b) Actualisation de l’état de conservation et coopération internationale

Un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien a été soumis par la délégation permanente de Serbie le 30 janvier 2009, indiquant que le dernier suivi sur le monastère de Dečaniavait eu lieu le 17 janvier 2009 et notant que l’église du monastère était en bon état. Toutefois, certaines détériorations sur les façades ont été constatées en raison de l’absence de chéneaux et de gouttières. Une “chaufferie”, située dans les zones tampons où des structures ont été construites, a également été mentionnée. Concernant le monastère Gračanica dont lesuivi a été effectué le 18 janvier 2009, il a été noté qu’il était en bon état, avec toutefois les mêmes détériorations sur les parties inférieures des murs dues à l’eau. Plusieurs structures ont été construites dans les zones tampons, dont des ailes résidentielles, un nouveau beffroi, une chaufferie et un garage. Les sculptures menacées des façades et les peintures murales font l’objet de travaux de conservation effectués par phases et avec le soutien d’ONG. Un plan de travail incluant une étude du complexe monastique a été suggéré, définissant les projets prioritaires, la réalisation des travaux et le processus de suivi et d’évaluation. De plus, des études de fouilles systématiques devraient être réalisées. En ce qui concerne l’Église de la Vierge de Ljevišaà Prizren, la structure est en bon état et les toits et les dômes ont été recouverts en 2008 de plaques de plomb. Les façades du Patriarcat de Peć ont été restaurées en 2008 conformément au projet de 2006.

Au titre de suivi de la Conférence internationale des bailleurs de fonds (mai 2005) et de la mission intersectorielle de 2007 et à la demande du Directeur général de l’UNESCO, le Bureau de l’UNESCO à Venise (BRESCE), en coopération avec l’UNMIK, a organisé une mission d’experts internationale au Kosovo du 19 au 22 janvier 2009.

 

La mission a eu la possibilité de mettre à jour les informations sur la situation du bien en série du patrimoine mondial au Kosovo et a visité les parties suivantes du bien :

 

- Gračanica : la mission a noté des modifications depuis la dernière mission sur les monuments dont certaines activités de construction dans le complexe du monastère. Les experts techniques ont signalé quelques dommages sur les fresques étudiées et un rapport plus détaillé est en cours d’élaboration. La restauration des fresques du monastère peut être proposée pour financement par le biais de la contribution que la Fédération de Russie a annoncée au Directeur général de l’UNESCO ;

 

- Dečani : une attention particulière devrait être accordée à la proposition des autorités monastiques concernant la reconstruction du dortoir qui a été détruit par un incendie en 1946, dans la mesure où le plan proposé n’a pas reçu l’aval de l’Institut pour la protection des monuments de Belgrade. Si d’autres tentatives sont faites concernant la construction de ce bâtiment, une mission d’experts de l’ICOMOS pourrait être dépêchée pour examiner les plans et les solutions proposées ;

 

- Peć : la mission a noté que les façades des trois églises avaient récemment été repeintes en rouge sombre. Aucune information sur cet aménagement n’a été reçue par le Centre du patrimoine mondial conformément au paragraphe 172 des Orientations ;

 

- Église de la Vierge de Ljeviša, Prizren : aucune modification n’a été constatée par la mission depuis la dernière visite en juillet 2008. Les clés du monument terminé auraient dû être remises aux représentants de l’Église mais ne l’ont pas été. Pour l’instant, l’UNESCO organise les activités relatives à la restauration des peintures murales. Il est important de souligner que le projet devrait également inclure la restauration de quelques éléments extérieurs. D’autres travaux sur les peintures murales n’ont pas pu commencer avant d’avoir la certitude que les travaux d’architecture étaient correctement exécutés et qu’aucune fresque ne risquait plus d’être menacée par les éléments atmosphériques.

 

La mission a noté que le directeur du Centre des monuments de Serbie et le directeur du patrimoine culturel au Kosovo avaient, l’un et l’autre, coopérer avec l’équipe de la mission.

 

De plus, la sous Directrice générale pour la Culture et le Chef Europe et Amérique du Nord du Centre du patrimoine mondial ont rencontré, le 3 avril 2009, le personnel de la Commission européenne à Bruxelles (CE – DG Élargissement) concerné par le Kosovo. Il a été discuté de possibilités de coopération en rapport avec le Forum pour l’échange d’informations techniques sur le patrimoine culturel au Kosovo. Lancé le 28 janvier 2009, le forum est ouvert à tous les acteurs techniques appropriés qui ont pour objectif commun de préserver et promouvoir le patrimoine culturel. Son principal objet est de faciliter l’échange d’informations en vue d’une approche coordonnée du patrimoine culturel au Kosovo, y compris avec l’UNMIK et UN Habitat. Le forum n’est pas un organisme décisionnaire. La Commission européenne a souligné l’expertise unique de l’UNESCO dans le domaine du patrimoine culturel et a demandé la participation de l’UNESCO au niveau technique.

 

c) Mécanisme de suivi renforcé

L’ensemble de la mission de janvier 2009 a conclu que le suivi du bien du patrimoine mondial au Kosovo devait être renforcé, en raison de la situation complexe de la protection du patrimoine au Kosovo, soulignant que l’Église est propriétaire de ce patrimoine mais considérant la volonté réelle de toutes les parties à soutenir et accentuer leurs efforts pour protéger le patrimoine mondial au Kosovo et l’évolution de la coopération entre les gestionnaires du patrimoine au Kosovo. Il pourrait être envisagé, comme solution intermédiaire, de soumettre plus fréquemment des rapports.

 

Le 29 octobre 2008, la République de Serbie a écrit au Directeur général de l’UNESCO et a demandé à “approuver le suivi renforcé des “monuments médiévaux au Kosovo” afin de garantir la mise en œuvre opportune des décisions du Comité du patrimoine mondial concernant ces monuments en danger”.

 

Suite à la mission de janvier 2009 et à la finalisation de la décision de la 32e session du Comité du patrimoine mondial et sa transmission à tous les États parties le 31 mars 2009, le Directeur général de l’UNESCO a décidé d’activer le mécanisme de suivi renforcé en évaluant avec soin les circonstances spécifiques de ce bien.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7A.27

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Décide d'ajourner le débat de ce point de l'ordre du jour jusqu'à sa prochaine session ordinaire, étant entendu que le rapport et la décision présentés à cette 33e session continueront d'être soumis au Comité pour débat à sa prochaine session ordinaire, tel qu'indiqué dans les documents :

WHC-09/33.COM/7A, Paris, 11 mai 2009 ;

WHC-09/33.COM/7A Add., Paris, 29 mai 2009 ;

WHC-09/33.COM/7A Corr., Séville, 23 juin 2009.

Décision adoptée: 33 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-09/33.COM/7A et WHC-09/33.COM/7A.Add, WHC-09/33.COM/7A.Add.2 et WHC-09/33.COM/7A.Corr),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :