1.         Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (Afghanistan) (C 208rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2003-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

a) Sécurisation du bien ;

b) Stabilisation à long terme des niches des bouddhas géants ;

c) État de conservation approprié des vestiges archéologiques et des peintures murales ;

d) Mise en œuvre du plan de gestion et du schéma directeur culturel (plan de zonage protecteur).

Mesures correctives identifiées

a) Assurer la sécurité du site :

(i) en exerçant un contrôle strict sur les fouilles illicites et le pillage par l’embauche d’un nombre approprié de gardes formés, et

(ii) en supprimant du bien les munitions non explosées et les mines anti-personnel ;

b) Assurer la stabilité à long terme des niches des bouddhas géants par l’installation d’un système de surveillance permanent ;

c) Garantir un état de conservation approprié des vestiges archéologiques et des peintures murales :

en achevant la conservation des fragments des statues des bouddhas géants ;

en achevant la conservation des peintures murales dans les grottes bouddhistes prioritaires ;

d)  Mettre en œuvre le plan de gestion et le schéma directeur culturel (plan de zonage protecteur) en développant les capacités institutionnelles, notamment pour le ministère de la Culture et le comité de coordination intersectoriel du paysage culturel de Bamiyan (BCLCC).

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

L’État de conservation souhaité devrait être atteint en 2011, si les conditions de sécurité le permettent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/208/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 30 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/208/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 4 781 737 dollars EU (2003-2010) du fonds-en-dépôt japonais.

Missions de suivi antérieures

Aucune mission de suivi réactif n’a été effectuée mais des missions d’experts de l’UNESCO ont été envoyées tous les ans depuis 2002 dans le cadre de la mise en œuvre de projets spécifiques. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Risque d’effondrement imminent des niches des bouddhas géants 

b) Détérioration irréversible des peintures murales 

c) Pillage, trafic illicite et fouilles illégales des éléments du patrimoine culturel 

d) Utilisation de certaines zones du patrimoine par des postes militaires 

e) Présence de mines anti-personnel et de munitions non explosées

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/208/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le site ‘Paysageculturel et vestiges archéologiques de la valléedeBamiyan’ a simultanément été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2003 en raison de son état de conservation fragile, ayant été laissé à l’abandon et ayant subi des actions militaires et des explosions à la dynamite. À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle.

En date du 23 avril 2009, l’État partie n’avait pas encore soumis au Centre du patrimoine mondial de rapport d’avancement sur l’état de conservation du bien, ni de projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle. Toutefois, des informations sur l’état de conservation actuel du bien ont été données dans deux documents préparés par l’UNESCO dans le cadre d’un “Projet pour la sauvegarde du site de Bamiyanfinancé par le Japon. Ces documents incluent un’Rapport d’avancement sur le plan d’activités d’urgence 2008 de Bamiyan’ (16 octobre 2008) et le ‘Compte rendu d’état de mise en œuvre 2008 sur le projet“Sauvegarde du site de Bamiyan” - Phase III’ (janvier 2009).

Ces rapports font part des progrès suivants dans la mise en œuvre des mesures correctives:

a) Sécurité du site

Depuis juin 2008, par l’intermédiaire du projet Bamiyan phase III, l’UNESCO a apporté son soutien au ministère de l’Information et de la Culture, pour assurer la sécurité et la surveillance du bien. Cela inclut une protection générale des zones archéologiques sensibles, la prévention des fouilles illicites et la surveillance du matériel très onéreux laissé sur place pour les activités prévues en 2009. Six gardes surveillent en permanence le bien et effectuent des rondes quotidiennes, en particulier dans le secteur des niches des deux Bouddhas et à Sharh-i-Ghulghulah.

 

b) Déminage

Les opérations à Bamiyan ont commencé en septembre 2008 en coopération avec le United Nations Mine Action Centre in Afghanistan (UNMACA) et sont financées par le Service de l’action antimines des Nations Unies (UNMAS) avec un financement japonais distinct. Le bureau de l’UNESCO à Kaboul et un expert architecte-archéologue de l’UNESCO, en étroite collaboration avec le bureau du gouverneur de Bamiyan, le ministère afghan de l’Information et de la Culture (MIC) et le bureau du Chef de police de Bamiyan, ont surveillé l’intervention de déminage dans les zones archéologiques sensibles, et ont documenté les dommages faits aux sites archéologiques ou monuments historiques et tout objet archéologique mis au jour, déplacé ou enlevé lors des opérations de déminage. Ils ont également aidé l’UNMAS à établir un ordre de priorité pour les secteurs du bien devant être déminés et ont veillé à ce que les activités de l’UNMAS permettent autant que possible l’accès du public aux sites archéologiques, notamment Sharh-i Ghulghulah, Sharh-i Zuhak et la vallée du Dragon. Les opérations de déminage devraient être achevées d’ici fin 2009.

c) Stabilisation à long terme des niches des bouddhas géants

L’UNESCO a conclu un contrat avec l’ICOMOS Allemagne pour une analyse scientifique des fragments de surface des niches des Bouddhas, en vue de leur préservation à long terme, et de réaliser des tests scientifiques pour la consolidation du mur arrière de la niche du petit Bouddha. En 2008, grâce au financement du ministère allemand des Affaires étrangères, l’équipe de l’ICOMOS a reconstruit les murs de séparation dans une des grottes détruites en 2001 et a installé un échafaudage. Ces mesures ont fait apparaître la nécessité de stabiliser tout le mur arrière de la niche du petit Bouddha. Qui plus est, l’équipe de l’ICOMOS a mis au point une méthode différenciée pour conserver le mur avec ses éléments sculpturaux restant et a conservé les parties les plus importantes avec la surface originale qui sont encore in situ (bras droit et parties de la toge). Un rapport scientifique avec recommandations pour la conservation à long terme des fragments des Bouddhas de pierre et la stabilisation de leurs niches a été réalisé pour une éventuelle mise en œuvre en 2009.

d) Formation d’experts afghans

En raison de la détérioration de la sécurité dans le pays, ayant empêché la venue sur place d’experts internationaux en 2008, un ‘Plan d’activités d’urgence 2008 pour Bamiyan’ a été élaboré conjointement par l’UNESCO et les autorités afghanes. Ce plan identifie les programmes de formation qui n’ont pas pu être entrepris en Afghanistan et ont dû être organisés à l’étranger. Cela a été le cas d’un programme de formation de six mois (de fin juin jusqu’à fin décembre 2008) au National Research Institute for Cultural Properties (NRICP) de Tokyo pour deux archéologues afghans. Deux conservateurs afghans du musée national de Kaboul ont également reçu une formation en conservation de manuscrits (octobre–novembre 2008), par la conservation pratique de quelques six cents fragments de manuscrits mis au jour par le NRICP à Bamiyan en 2003. Qui plus est, un atelier de formation sur la gestion de site du patrimoine est en préparation avec l’université d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, et doit avoir lieu à Bamiyan en septembre 2009 (sous réserve de conditions de sécurité appropriées), ou à Aix.

e) Schéma directeur culturel

Le schéma directeur culturel a officiellement été adopté en 2006. En 2008, le bureau de l’UNESCO à Kaboul a participé à plusieurs conférences interministérielles à Bamiyan et Kaboul, ayant pour thème le développement d’une politique durable à Bamiyan, par la mise en œuvre effective et intégrée des orientations du schéma directeur culturel et des zones de protection.

f) Élaboration du plan de gestion

L’élaboration d’un plan de gestion pour le bien du patrimoine mondial est encore en cours. Le pillage, le trafic illicite et les fouilles illégales d’éléments du patrimoine culturel sont traités et des progrès sont accomplis. Toutefois, en raison des problèmes de sécurité au sein du pays, il reste extrêmement difficile de garantir une gestion efficace du bien.

g) Septième groupe de travail d’experts UNESCO/ICOMOS sur la préservation du site de Bamiyan

Le groupe d’experts pour Bamiyan s’est réuni en juin 2008 à Munich, avec la participation des autorités afghanes, d’experts afghans, d’experts internationaux et de représentants du Centre du patrimoine mondial et du bureau de l’UNESCO à Kaboul. Cela a permis la coordination et l’harmonisation des activités en cours par les diverses équipes internationales travaillant sur le site, un examen des principaux problèmes de conservation et la formulation de recommandations spécifiques, disponibles en ligne à l’adresse :

http://whc.unesco.org/uploads/events/documents/event-563-1.pdf

 

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent que, en dépit de la non-soumission du rapport sur l’état de conservation par l’État partie, des progrès vers l’État de conservation souhaité ont été faits en 2008. Toutefois, le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent également que le projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’intégrité et d’authenticité, ainsi que le plan de gestion, demandés par le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session (Québec, 2008), doivent encore être préparés et soumis au Centre du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives apporteront leur assistance à l’État partie dans la préparation de la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle pour le bien dans le cadre du prochain exercice de soumission de rapports périodiques pour la région Asie Pacifique.

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives reconnaissent le soutien technique et financier continu et l’engagement de la communauté internationale pour atteindre l’État de conservation souhaité.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7A.21

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7A,

2. Rappelant la décision 32 COM 7A.21, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Prend note du rapport fourni par l'État partie sur l'état de conservation du site comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session ;

4. Note les efforts et l'engagement de l'État partie et de la communauté internationale en faveur de la sauvegarde de ce bien et prie instamment l'État partie de poursuivre son travail sur les mesures correctives, en particulier l'achèvement du plan de gestion pour le bien ;

5. Remercie les gouvernements de l'Allemagne et du Japon de leur soutien et fait appel à la communauté internationale à continuer d'accorder son soutien technique et financier, en particulier pour parvenir à l'état de conservation souhaité ;

6. Réitère sa demande à l'État partie d'élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle pour examen par le Comité du patrimoine mondial ;

7. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1er février 2010 un rapport d'avancement sur la mise en oeuvre des mesures correctives, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010 ;

8. Décide de maintenir le Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (Afghanistan) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

 

Décision adoptée: 33 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-09/33.COM/7A et WHC-09/33.COM/7A.Add, WHC-09/33.COM/7A.Add.2 et WHC-09/33.COM/7A.Corr),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :