1.         Port, forteresses et ensemble monumental de Carthagène (Colombie) (C 285)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/285/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1988-1999)
Montant total approuvé : 108 800 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/285/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2003 : mission de suivi réactif de l'ICOMOS ; 2006 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Construction du TRANSCARIBE, un nouveau réseau de transport public, et son impact sur les remparts ;

b) Absence de système réglementaire de gestion et de conservation du bien ;

c) Impact des travaux du port sur les fortifications de Carthagène ;

d) Nécessité de réglementations urbaines pour la zone de protection ;

e) Absence de plan de gestion.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/285/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le Centre du patrimoine mondial a reçu le rapport sur l’état de conservation de l’État partie le 29 mars 2010, qui incluait les réponses suivantes aux demandes du Comité :

 

a) Informations mises à jour sur les limites du bien du patrimoine mondial et de ses zones tampons et sur les réglementations afférentes

Le rapport contient une description du bien et de sa zone tampon, ainsi qu’une carte de la nouvelle délimitation. La modification des limites a été proposée dans le cadre du Plan spécial de gestion et protection (PEMP - Plan Especial de Manejo y Protección del Centro Histórico de Cartagena de Indias) qui est actuellement analysé par le gouvernement local et le Ministère de la Culture. Dans la carte jointe, la zone de protection et la zone tampon sont plus étendues que la zone approuvée par la Résolution 043 de 1994 et aucune explication sur les raisons de cette modification n’a été donnée. Toutefois, il est dit que lorsque la nouvelle délimitation aura été approuvée, elle sera officiellement soumise au Centre du patrimoine mondial.

 

Il a été précisé que 13 des éléments du réseau de fortifications qui ne sont pas inclus dans le centre historique ont été déclarés bien d’intérêt culturel afin d’être protégés en vertu du décret 1911 du 2 novembre 1995, de la loi 397 de 1997 et de la loi 1185 de 2008. Toute intervention sur ces biens nécessite l’autorisation préalable du Ministère de la Culture. Dans la mesure où le dossier de proposition d’inscription ne contenait pas de véritables cartes topographiques au moment de l’inscription, il est conseillé, dans le cadre du processus d’inventaire rétrospectif, de clarifier les éléments qui sont inclus dans la délimitation de la zone de protection et de convenablement identifier le bien inscrit et sa zone tampon.

 

b) Procédures et responsabilités concernant la définition de règles de construction urbaine

Le rapport déclare que la loi 1185 de 2008 et le plan de gestion territoriale de Cartagena de Indias régissent les interventions au sein du centre historique. Au niveau local, l’institution en charge de l’évaluation des interventions et du contrôle des constructions est le Comité technique du patrimoine historique et culturel de l’Institut du patrimoine et de la culture de Carthagène des Indes (IPCC), qui fait partie de la municipalité. Les rôles et les responsabilités de ces entités ont été précisés.

 

En ce qui concerne la finalisation du PEMP, les informations soumises précisaient que la socialisation du rapport est en suspens ainsi que son ajustement avec les projets de la municipalité. Il est prévu que le processus soit finalisé en mars 2010. Un document intitulé Examen historique de Carthagène, qui a été préparé pour la seconde phase du PEMP, était joint. Il propose des informations descriptives des zones archéologiques du centre historique, les évaluations servant à l’analyse urbaine du centre historique et de ses environs, des espaces publics et des conditions environnementales ainsi qu’une description socio-économique. Le projet complet du plan n’a pas été soumis et sa finalisation est en suspens depuis la mission de suivi réactif de 2006.

 

Il a également été indiqué qu’un plan de gestion spécifique pour les autres forteresses du réseau de défense sera rédigé en coordination avec les institutions connexes. Le calendrier prévu pour rédiger un tel plan n’a pas été précisé.

 

L’importance d’élaborer un plan de gestion intégrée pour l’ensemble du bien incluant tous les éléments pertinents du réseau de fortifications a été soulignée. Le PEMP devrait non seulement inclure le centre historique et la zone environnante mais prendre également en compte les éléments fortifiés qui sont reconnus pour leurs valeurs patrimoniales et font partie d’un même bien.

 

c) Informations mises à jour sur les instruments de contrôle de l'occupation des sols, particulièrement dans le bien, et sur les politiques engagées afin de promouvoir la diversité des activités

Selon les informations soumises, l’IPCC a élaboré une étude concernant l’occupation des sols dans le centre historique. Ses résultats et les réglementations contenues dans le PEMP vont contribuer à la préservation de l’occupation résidentielle dans le centre historique, pour atténuer les impacts négatifs des activités touristiques et commerciales actuelles présentes dans la zone. Le rapport n’a pas fourni d’autres détails sur la manière dont cela serait réalisé.

 

d) Avancement de l'étude générale sur l'état de conservation des fortifications.

En 2008, le Ministère de la Culture a demandé qu’une “Étude technique pour la restauration des remparts situés entre le monument à l’India Catalina et le musée de Carthagène” soit élaborée. Cette étude a constitué la première étape de l’évaluation complète de l’ensemble des remparts et ses résultats et conclusions ont été inclus dans le rapport soumis par l’État partie. L’analyse complète a mis en lumière des problèmes de conservation, notamment humidité et infiltrations sur les murs, affaiblissement des composants structurels des épaulements en raison de la perte de mortier, efforts de tension plus élevés dans certains secteurs (Torre del Reloj et bastions San Antonio) et problèmes de drainage et inondations en raison des marées. L’étude a recommandé que soient résolus les problèmes apparentés à la consolidation structurelle et au génie hydraulique, axé sur le système de drainage afin que le glacis retrouve son niveau original et les murs leurs dimensions originales. Des barrières de protection contre les vibrations et des renforcements structurels en cas d’activités sismiques, en plus des programmes réguliers de protection et de restauration pour la structure des remparts ont, entre autres, également été recommandées. En ce qui concerne l’impact du Transcaribe sur les remparts, l’étude a indiqué que la création d’un vide entre le Transcaribe et les remparts pourrait interrompre les ondes de vibration susceptibles de l’affecter et que la vitesse de circulation pour le Transcaribe devrait être limitée à 30km/h. L’étude n’inclut pas de Plan d’actions hiérarchisées, avec calendriers et coûts de mise en œuvre, pour traiter les problèmes urgents de conservation. Ces recommandations sont, dans bien des cas, trop générales et doivent être développées, notamment les spécifications techniques pour les interventions qui sont actuellement à l’état de projet.

 

e) Autres problèmes de conservation

Un état récapitulatif des problèmes liés au changement climatique a été élaboré par la Direction générale maritime du ministère de la Défense nationale et soumis à la municipalité de Carthagène. Cet état incluait des prédictions sur la hausse potentielle des marées et les impacts dus aux conditions environnementales actuelles, notamment détérioration en raison d’une humidité maximale. Il a été convenu que le PEMP devait porter une attention spéciale au changement climatique, en raison de l’impact considérable que la hauteur des marées et le réchauffement planétaire peuvent avoir sur le bien. Un comité de zone côtière, en collaboration avec l’université de Carthagène et le centre des études océanographiques a été établi en 2009 pour élaborer des solutions à court terme tandis que des stratégies à long terme ont été planifiées. Les actions proposées incluent l’élaboration d’une cartographie mise à jour pour les zones à risques, afin de permettre aux municipalités d’y restreindre les établissements humains. D’autres actions incluent la construction d’écluses et l’installation de pompes et vannes. Il a été reconnu que le calendrier pour la mise en œuvre des mesures mentionnées n’est pas garanti en raison de contraintes financières.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives restent préoccupés par le fait que le Plan spécial de gestion et protection (PEMP) n’a pas été finalisé depuis qu’il a été demandé en 2006. Ils souhaitent souligner l’importance d’intégrer tous les éléments du bien inscrit dans le plan finalisé, en prenant en compte l’intégrité du réseau de fortifications et du centre historique.

Malgré les progrès accomplis dans la réalisation de l’évaluation de conservation pour les éléments du bien, aucune indication n’a été donnée sur sa date de finalisation et aucun plan d’actions précis pour la conservation du bien n’a été défini. Les progrès ont été limités depuis la dernière mission de suivi réactif et de nombreuses propositions doivent encore être davantage développées. Des informations détaillées sur l’état actuel de la construction du Transcaribe et l’application des mesures de conservation pour réduire son impact sur les remparts n’ont pas été soumises. La définition des limites du bien et de sa zone tampon devrait inclure tous les éléments fortifiés qui font partie du système de défense de la baie et qui figuraient dans le dossier de proposition d’inscription. Le PEMP devrait également être élaboré en prenant en compte l’intégrité du réseau de fortifications et non pas seulement le centre historique.

Dans le cadre de l’exercice de Rapport périodiques pour la région, l’“Atelier sur la préparation de l’inventaire rétrospectif et des Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et introduction au second cycle de rapports périodiques pour la région Amérique latine et Caraïbes” a eu lieu en novembre 2009 à Buenos Aires, Argentine. Le point focal pour Carthagène y a participé et a reçu une formation sur la manière de produire une Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle qui aurait du être soumise au Centre du patrimoine mondial avant le 31 juillet 2010.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.107

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-010/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.120, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Demande à l'Etat partie de finaliser la délimitation du bien incluant tous les éléments du réseau de fortifications selon les formats requis et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives pour considération et examen;

4. Demande également à l'Etat partie de finaliser l'étude de conservation pour l'ensemble complet des remparts et la ville fortifiée et de soumettre un plan d'actions hiérarchisées pour leur conservation, en prenant en compte les dispositions prises dans le plan spécial de gestion et protection d'ici le 31 décembre 2010 ;

5. Demande encore à l'Etat partie de finaliser le Plan spécial de gestion et protection, en prenant en compte l'intégrité de la ville fortifiée et du centre historique ;

6. Demande enfin à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport actualisé sur l'Etat de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.