1.         Centre historique de Saint-Pétersbourg et ensembles monumentaux annexes (Fédération de Russie) (C 540bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1990

Critères  (i)(ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/540/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 5 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/540/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 18 000 dollars EU du fonds-en-dépôt néerlandais 

Missions de suivi antérieures

Février 2006 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier-février 2007 : Conférence internationale des pays d’Europe orientale et centrale sur l’application des réussites scientifiques et technologiques à la gestion et à la préservation des villes historiques inscrites sur la Liste du patrimoine mondial, Saint-Pétersbourg ; 2009 : mission du suivi réactif du Centre du patrimoine mondial / ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Qualité des nouveaux projets architecturaux dans la zone inscrite ;

b) Construction de bâtiments de grande-hauteur ;

c) Confusion sur la définition et l’étendue du bien et de sa zone tampon.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/540/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009) a exprimé sa vive inquiétude concernant l'absence récurrente de système de gestion en charge et de mécanismes prédéfinis chargés de coordonner la gestion du bien.Le Comité du patrimoine mondial a également noté avec inquiétude que les cartes adressées par l'État partie définissent des limites qui englobent une zone beaucoup plus petite que celle qui a été inscrite, ainsi que la zone tampon proposée ne comprend pas le paysage environnant et en particulier le panorama le long de la Neva, et a demandé à l’État partie de réexaminer cette zone tampon et de la soumettre formellement au Centre du patrimoine mondial. Le Comité du patrimoine mondial a réitéré sa profonde inquiétude concernant la tour du Centre Ohkta qui risque d’affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien et a demandé à l’État partie de suspendre les travaux sur ce projet et de soumettre une conception modifiée, en conformité avec la législation fédérale et accompagné d'une étude d'impact environnemental indépendante.

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation au Centre du patrimoine mondial le 29 janvier 2010. Ce rapport aborde les principaux points suivants :

 

- La soumission de la proposition d’une déclaration de valeur universelle exceptionnelle,

- Sur la question des limites, l’État partie rapporte que des études historiques et culturelles sont actuellement menées par des organisations compétentes et suggère que, sur la base de ces études, les « limites des composantes du bien soient ajustées » et que « les zones tampons concernées soient définies en conformité avec la législation en vigueur ».
- Concernant la tour du Centre Ohkta, l’État partie rapporte que le projet « est soumis à une évaluation par des experts urbanistes et qu’une enquête juridique est menée par le procureur public » ;

- En réponse à l’expression de la grande inquiétude du Comité concernant l'absence de système de gestion et de mécanismes prédéfinis chargés de coordonner la gestion du bien, le rapport de l’État partie propose un programme polyvalent afin de traiter ces besoins. Ce programme consisterait en une série de mesures de préservation, de financement, d’amélioration organisationnelle, de formation du personnel, de recherche scientifique, de développement du tourisme et d’échanges avec des villes historiques connaissant des situations comparables dans d’autres pays.

 

Une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue sur place du 21 au 28 mars 2010, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session. La mission a fait des recommandations dans les domaines principaux suivants :

 

a) Problèmes de limites

La mission recommande d’accorder plus de temps à l’État partie pour choisir avec soin entre les deux options suivantes pour modifier/clarifier les limites des composantes du bien dans le centre historique :

- réduire les limites du perimètre du bien inscrit en 1990 et proposer la réinscription (car ce serait une modification significative des limites),

- modifier le statut légal national du bien permettant au site en série, tel qu’il a été inscrit en 1990, d’être reconnu en tant que seule et unique entité (cette option ne nécessiterait pas de proposition de réinscription), 

La mission considère que la deuxième option serait préférable car elle permettrait de conserver les limites de l’inscription de 1990 et correspondrait mieux aux caractéristiques du paysage du bien. En dehors du centre historique de Saint-Pétersbourg, la mission recommande de finaliser la clarification et d’établir les limites de toutes les composantes du bien.

 

La mission recommande qu’une zone tampon soit établie pour inclure le paysage environnant du Centre historique, en particulier le panorama le long de la Neva, et propose des paramètres spécifiques et des objectifs nécessaires pour définir adéquatement cette zone tampon élarigie comme le demandait le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session. De plus, la mission recommande d’établir des zones tampon pour les principales composantes situées dans la région de Leningrad.

 

La mission recommande d’organiser un forum d’experts internationaux à Saint-Pétersbourg afin d’évaluer les différentes propositions concernant les limites du bien et de ses zones tampon.

 

Le 15 avril, suivant la demande de la mission, l’État partie a soumis un document qui représente un progrès par rapport à la clarification attendue des limites, en particulier qui traite pour la première fois d’une vision globale des composantes du bien situées dans la région de Leningrad. Toutefois, ce document ne devrait être considéré que comme un premier pas dans un projet à atteindre en plusieurs phases, car des efforts supplémentaires devront être faits pour pleinement clarifier les limites de toutes les composantes du bien.

 

b) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle

La mission recommande que l’État partie révise la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle soumise dans son récent rapport pour mieux intégrer les caractéristiques paysagères du Centre historique, en particulier le panorama le long de la Neva. La mission recommande aussi que les événements de la Seconde guerre mondiale relative au bien soient inclus dans le texte.

 

c) Gestion du bien

La mission réitère les recommandations de la mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de 2009 concernant la désignation d’un organe de gestion principal doté d’une autorité suffisante pour contrôler l’authenticité et l’intégrité du bien inscrit, ainsi que la nécessité de développer un plan de gestion global pour le bien (associé à un plan d’action), incluant un plan de conception environnementale et d’urbanisme pour tout le territoire, ainsi qu’un plan de sauvegarde qui définirait des degrés appropriés d’intervention pour chacun des éléments du bien, qui permettrait une coordination entre les parties prenantes concernées.

 

d) Tour du Centre Ohkta

La mission a souligné l’impact négatif potentiel du projet actuel de la tour "Ohkta” sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. La mission note avec inquiétude la publication par le gouvernement de la ville d’un décret légitimant la hauteur de 403 mètres pour le site, et note de plus que l’autorité fédérale Rossokhrankultura a pris une position ferme contre la construction de la tour. La mission recommande que l’État partie renonce définitivement au projet de tour et suggère que de future construction sur le territoire se conforme aux exigences de la Rossokhrankultura et de la législation fédérale, dans le respect de la valeur archéologique du site et la nécessité de conserver ces attributs in situ.

 

Le 14 avril 2010, la cour constitutionnelle de la Fédération de Russie a demandé à l’UNESCO de fournir des informations sur la menace potentielle de la construction de la tour “Okhta” sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et sur les conséquences d’une telle menace si le projet était réalisé. Le 10 mai 2010, le Centre du patrimoine mondial a fourni à l’État partie des informations détaillées en réponse à cette demande, soulignant que le Comité du patrimoine mondial, à sa 33e session, exprimait de nouveau sa sérieuse inquiétude concernant le projet de la tour "Okhta” qui risquait d’avoir un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et demandait à l’État partie de suspendre les travaux sur ce projet et de soumettre des conceptions modifiées, en accord avec la législation fédérale, accompagnés d’une évaluation d’impact environnemental indépendante. La réponse du Centre du patrimoine mondial notait aussi les conclusions de la récente mission conjointe qui soulignait l’impact négatif potentiel du projet existant sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

 

Le 1er Juin 2010, l’Etat partie a informé le Centre du patrimoine mondial que le Président de la Fédération de Russie a examiné et approuvé les propositions du Ministère des affaires étrangères russe concernant le bien. L’État partie a indiqué que l’Administration du Président de la Fédération de Russie a particulièrement noté la décision du Comité du patrimoine mondial qui demandait que les travaux de construction de la Tour du Centre Okhta soient suspendus et que de nouvelles conceptions réduisant la hauteur de l’immeuble soient considérées.

 

Les autorités ont souligné l’importance de se conformer aux recommandations du Comité à cet égard afin de maintenir un dialogue constructif. L’État partie a souligné que les directives pertinentes ont été envoyées au Ministère de la culture de la Fédération de Russie, à l’administration de Saint-Pétersbourg et aux autres organisations concernées.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent que l’État partie a fait des progrès significatifs dans la mise en œuvre de la décision du Comité du patrimoine mondial relative à l’abandon des propositions actuelles de la Tour du Centre Okhta haute de 400 mètres qui aurait pu nuire au paysage historique urbain de Saint-Pétersbourg et menacer la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils estiment que la Ville a besoin d’explorer d’autres solutions architecturales qui n’auront aucune incidence négative sur la ligne d’horizon de la ville ou sa valeur universelle exceptionnelle, qui seront conformes à la limite de l’hauteur de 40 mètres pour cette zone de la ville, et respecteront les couches archéologiques.

 

En outre, tout nouveau projet doit être soumis à une évaluation d’impact environnemental qui prend en compte, dès le stade initial, l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives appuient la suggestion de la mission de tenir un forum d’experts pour étudier les deux options principales visant à clarifier les limites du bien et ses zones tampon.  

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.95

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.118, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Note la proposition de programme pluriannuel soumis par l'Etat partie pour traiter les besoins actuels d'amélioration de la gestion du bien;

4. Note avec satisfaction que l'Etat partie a récemment insisté auprès des autorités fédérales et régionales sur l'importance de se conformer aux dispositions de la Convention du patrimoine mondial, et qu'aucune autorisation officielle n'a pour le moment été donnée concernant les travaux de construction du centre Okhta;

5. Se félicite de ce que les autorités régionales aient exprimé leur volonté de poursuivre le dialogue avec l'UNESCO sur ce point et d'entreprendre une étude UNESCO-ICOMOS d'impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien pour ce projet;

6. Demande à l'Etat partie d'élaborer des propositions de projets significativement modifiés soumis à une étude d'impact patrimonial indépendante, comprenant une évaluation de l'impact de la proposition sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et de les soumettre au Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives pour examen, avant que tout engagement soit fait, en conformité avec le paragraphe 172 des Orientations ;

7. Note également les recommandations de la mission du suivi réactif du Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien ;

8. Regrette que le rapport de l'Etat partie n'ait pas traité les demandes formulées par le Comité du patrimoine mondial concernant l'extension de la zone tampon ;

9. Demande également à l'Etat partie d'explorer les deux options suivantes vis-à-vis de modification ou de clarification des limites :

a) réduire les limites du perimètre du bien inscrit en 1990 et proposer la réinscription, ou

b) modifier le statut légal national du bien permettant au site en série, tel qu'il a été inscrit en 1990, d'être reconnu en tant que seule et unique entité (cette option ne nécessiterait pas de proposition de réinscription);

10. Demande en outre à l'Etat partie de définir des zones tampon appropriées pour le bien, incluant le paysage environnant du Centre historique de Saint-Pétersbourg, en particulier le panorama le long de la Neva;

11. Suggère que l'Etat partie organise un forum d'experts internationaux à Saint-Pétersbourg afin d'évaluer les différentes propositions concernant les limites du bien et de ses zones tampon, par rapport à la finalisation de la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle du bien ;

12. Demande par ailleurs à l'Etat partie de réviser le projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle du bien;

13. Demande également à l'Etat partie de traiter la nécessité de fournir un cadre de gestion global pour le bien :

a) en désignant un organe de gestion principal doté d'une autorité suffisante pour contrôler l'authenticité et l'intégrité du bien inscrit ;

b) en développant une plan de gestion global pour le bien, comprenant un plan de conception environnementale et d'urbanisme pour l'ensemble du territoire, ainsi qu'un plan de sauvegarde qui définirait des degrés d'intervention appropriés pour chacun des éléments du bien, qui permettrait de coordonner toutes les parties prenantes concernées ;

14. Demande enfin à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'Etat de conservation du bien qui traite les points susmentionnés pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.