À la demande du Centre du patrimoine mondial, suite à des informations reçues à propos de menaces affectant le bien, l'État partie a remis, le 21 mars 2010, un rapport détaillé, rédigé par la Corporation nationale pour les antiquités et les musées (National Corporation for Antiquities and Museums - NCAM) sur les problèmes suivants:
a) Plan de gestion
Le rapport fait remarquer que lors de l'inscription, le Comité du patrimoine mondial a demandé à l'État partie de finaliser le plan de gestion et de rédiger un programme de conservation définissant des priorités, un budget, un nombre d'employés approprié et un calendrier. Ce plan a été établi avec l'aide des experts de l'UNESCO et officiellement approuvé par les autorités soudanaises en 2009. Il semble cependant que la NCAM n'ait pas les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ce plan de gestion.
b) Zone tampon
Le rapport précise que le bien a été cartographié et qu'une zone tampon a été définie.
c) État de conservation
Gebel Barkal
(i) Temple de Mut
Le rapport fait état de certains dommages provoqués par des éléments naturels, tels que des structures et des pierres qui se sont effondrées, et de peintures murales assombries par des secrétions de chauves-souris et du vandalisme, tandis que d'autres peintures ont été totalement détruites par l'érosion provoquée par l'eau. Le rapport fait également état de certains dégâts provoqués par d'anciennes restaurations inadaptées ayant fait usage de ciment. Le rapport propose la réalisation de certaines actions pour la restauration des peintures du temple, mais il souligne la nécessité d'une aide afin de définir les meilleures actions à accomplir pour les structures effondrées du temple.
En 2005, les activités suivantes ont été entreprises sur les peintures murales du Temple de Mut à Gebel Bakal, suite à une demande d'Assistance internationale auprès du Fonds du patrimoine mondial : (a) l'évaluation précise et le relevé topographique de l'état de conservation des peintures murales ; (b) la mise en œuvre immédiate de certaines actions de conservation déterminées afin de ralentir le processus de détérioration ; (c) la formation du personnel de la NCAM à la conservation des peintures murales; (d) l'essai de techniques et de matériels de conservation; et (e) l'élaboration d'une proposition de projet de conservation totale du Temple de Mut, à soumettre à des donateurs potentiels.
(ii) Les pyramides de Gebel Barkal
L'État partie signale que les dommages sont principalement provoqués par l'érosion du vent, le vandalisme, la fragilité du grès, les précédentes fouilles et restaurations inadaptées et les techniques de construction. Le rapport fait état d'une étude préliminaire en cours sur les pyramides situées dans la partie occidentale de Gebel Barkal afin d'envisager un projet de restauration.
Sanam
Le rapport précise que Sanam souffre de l'érosion provoquée par le vent et que le site est protégé par une cloture.
El Kurru
Le rapport signale que les peintures murales des tombes décorées sont dans un assez bon état de conservation. Elles ont, cependant, besoin d'un nettoyage et d'une consolidation.
Zuma
Le rapport de l'État partie précise que le site est menacé par la circulation des véhicules et le passage des humains et des animaux.
Nuri
Le rapport de l'État partie signale que le site de Nuri connaît les mêmes détériorations que Gebel Barkal et qu'un accord entre la NCAM, l'Université de Dongola et l'Université de Rome a été signé afin de créer un centre d'études et de restauration du site. Le rapport souligne que de nombreuses recherches doivent être entreprises, en particulier en ce qui concerne les peintures des chambres funéraires et également suite à la construction du barrage de Merowe.
A l'occasion d'une visite sur le site de Meroe, dans le cadre de la préparation de son dossier d'inscription, une mission de l'UNESCO a rapidement visité le site de Gebel Barkal en novembre 2008. La mission a remarqué qu'il doit faire face à des problèmes cruciaux en termes de gestion, de conservation et de protection. Cette situation est en grande partie due au manque de ressources financières et humaines de la NCAM. La mission a effectivement pu constater que le bien avait un grand besoin de conservation et de protection et que le plan de gestion devrait également être mis en place. L'empiètement urbain, extension du village voisin, se poursuit et un grand projet de complexe touristique très près des pyramides de Gebel Barkal compromettrait gravement l'intégrité visuelle du site. Le Centre du patrimoine mondial a alerté l'État partie sur les risques encourus en cas d'autorisation donnée à un tel projet et, dans un courrier en date du 20 janvier 2010, l'État partie a annoncé que les travaux de construction avaient été interrompus et a assuré le Centre du patrimoine mondial qu'il serait tenu informé de tout aménagement à venir.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont préoccupés par les diverses informations recueillies qui font état de l'état alarmant de la conservation, de la protection et de la gestion du bien. Ils estiment qu'une aide devrait être accordée à l'État partie afin d'identifier les priorités en termes de conservation, d'établir un plan de conservation, d'améliorer le mécanisme de gestion et de formuler un plan de renforcement des capacités. Par ailleurs, l'État partie devrait soumettre la zone tampon mentionnée autour des composantes du bien à la considération du Comité du patrimoine mondial.
Cette zone tampon devrait être envisagée comme un moyen de contrôler les aménagements défavorables au bien.