1.         Ville historique de Meknès (Maroc) (C 793)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1996

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/793/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/793/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2010 : mission d’urgence du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/793/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 19 février 2010 ; durant la prière du Vendredi, le minaret de la mosquée Khnata Bent Bekkar (anciennement connue sous le nom de mosquée Berdieyinne) à Meknès s’est effondré,écrasant dans sa chute certaines constructions adjacentes et causant de très nombreuses victimes. A la demande des autorités marocaines, une mission d’expertise du Centre du patrimoine mondial s’est rendue sur le site le 19 avril 2010 pour assister les spécialistes marocains dans l’évaluation des dommages et les mesures d’urgence à prendre afin de prévenir des risques éventuels et d’identifier les priorités à considérer pour l’élaboration d’un projet de restauration.

La mosquée est adossée a l'ancien rempart, remontant a l'époque des Almoravides, et s'intègre harmonieusement au coeur d'un quartier urbain dense, regroupant habitations, commerces, locaux artisanaux ainsi que certains bâtiments à vocations plus publiques. Quoique relativement sobre dans son décor extérieur ou intérieur, l'édifice présente de grandes qualités architecturales et de proportions. Son minaret, élancé a plus de 37 m de haut, jouait un rôle paysager particulièrement remarquable, par son effet de signal et de repère urbain, dans la silhouette générale de la médina.

L'édifice visité le 19 Avril 2010, soit tout juste deux mois après la catastrophe, se présentait avec un déplacement des gravois limité a celui immédiatement nécessité par le dégagement des victimes. Cet état est en conséquence apparu comme particulièrement significatif pour l'appréciation de l'ampleur du sinistre et une première approche de diagnostic des pathologies dont il était susceptible d'être affecté et, par la même, des causes objectives de l'effondrement survenu.

L'analyse des ouvrages antérieurement visibles ou mis au jour a la suite de l'effondrement révèle en particulier une certaine hétérogénéité des structures de maçonneries constitutives des bâtiments. Certaines photos antérieures au sinistre témoignent d'ailleurs de la présence, à l'angle Ouest du minaret, d'une fissure verticale de décollement de près de 10 mètres de hauteur, particulièrement révélatrice de cette hétérogénéité originelle du niveau de soubassement de la construction. La structure interne du minaret semble également présenter des caractéristiques très particulières et qui diffèrent apparemment des modes constructifs habituellement employés sur la plupart des édifices équivalents. On pourrait attribuer l'origine de l’effondrement à la conjugaison de différents facteurs tels des fondations insuffisamment dimensionnées, des terrains d'assiette insuffisamment résistants, une probable dégradation progressive de ces terrains par défaut de drainage et/ou éventuelles fuites de réseaux urbains au voisinage de l'édifice, et enfin, une imprégnation soudaine de ces terrains par l'épisode de très fortes pluies des jours précédents le sinistre.

Quelques jours après la catastrophe, Sa Majesté le Roi Mohamed VI a donné au gouvernement ses instructions afin qu’il soit procédé dans les meilleurs délais à la reconstruction de la mosquée, en veillant a la préservation de son architecture originelle. Ce principe de reconstruction à l’identique est considéré comme acceptable dans la mesure où les différents critères de valeur historique du monument, de permanence de la fonction pour laquelle il a été construit, de qualité d'image et d'intégration dans son environnement urbain sont maintenus. Néanmoins, ce principe n'a réellement de sens que si, échappant aux dangers d'une reconstruction "de style" plus ou moins bien interprétée, il se fonde sur la rigueur, documentaire et archéologique, d'une véritabledémarche de reconstruction à l’identique, qui doit alors viser a respecter au maximum l'authenticité de la forme, de la matière, voire de la substance ancienne même des parties de l'édifice touchées par le sinistre. Il trouve cependant ses limites dans l'existence des "malfaçons" initiales de construction, déterminantes dans le déclenchement de l’effondrement, et qu'il ne saurait donc être question de perpétuer, voire de reproduire dans la conception et la mise en œuvre du futur projet.

Il y a en conséquence lieu de formuler, dans l'immédiat, la mise en œuvre des principales mesures suivantes :

a) Dégagement et examen des gravois, tri des matériaux et mise en place d’étaiements ;

b) Documentation : relevés détaillés, collecte et analyse des archives ;

c) Investigations : démontage soigné, dégagement des fondations avec suivi archéologique, réalisation de sondages géotechniques, reconnaissance des éventuels réseaux d’assainissement, relevé des revêtements de sol extérieurs ;

d) Projet : justification de la reconstruction; incluant les principes à suivre en ce qui concerne l’authenticité ;

e) Détails techniques desprincipes d'interventions proposés selon les différents types d’ouvrages définition et mise en œuvre technique des ouvrages et matériaux, éventuels aménagements fonctionnels intérieurs annexes aux travaux, aménagements extérieurs de réinsertion de l'édifice dans son environnement urbain immédiat, estimation des travaux, planification de réalisation.

Cet avant-projet devra être validé après consultation du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives, avant le projet d'exécution et la réalisation des travaux.Pour respecter le caractère d'authenticité du monument, dans ses différentes dimensions, cette reconstruction doit se fonder, après la conduite d'une étude préalable approfondie, sur une démarche rigoureuse visant, d'une part, pour les parties d'origine encore maintenues en place, à en conserver au maximum et a en restaurer les structures anciennes, même dégradées, d'autre part, pour la reconstruction des parties désormais détruites, à retrouver au maximum, en termes d'image externe, de structure interne et de principe constructif, de réemploi des matériaux anciens récupérables et de matériaux neufs a utiliser en complément, une parfaite conformité aux dispositions anciennes, antérieures au sinistre. La mise en œuvre de techniques et de matériaux contemporains semble néanmoins devoir être admise, voire conseillée, pour le renforcement spécifique des quelques points initiaux de faiblesse structurelle de l'édifice (fondations en particulier), et uniquement pour ceux-ci. Elle se devra néanmoins de demeurer non visible en extérieur comme en intérieur de celui-ci. La reconstruction des ouvrages détruits par le sinistre doit être par ailleurs l'occasion de faire bénéficier l'ensemble de la mosquée d'un programme de restauration adéquat, répondant aux critères qualitatifs et principes patrimoniaux applicables à un tel édifice, partie constitutive majeure du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives accueillent favorablement le rapport d'expertise et ses conclusions. Ils souhaitent néanmoins recevoir des rapports réguliers d'avancement des mesures préconisées et l'avant-projet de restauration/reconstruction afin de pouvoir évaluer son impact sur la Valeur universelle exceptionnelle du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.61

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Déplore l'effondrement du minaret de la mosquée Berdieyinne à Meknès et adresse ses condoléances aux familles des victimes;

3. Prend note du rapport et des conclusions de la visite d'expertise du 19 avril 2010;

4. Prie instamment l'Etat partie de prendre les mesures préconisées par ce rapport, en particulier le besoin de définir une proposition de reconstruction, incluant des principes généraux et des détails techniques, à soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant qu'aucune décision ne soit prise concernant le projet, ainsi que précisé dans le paragraphe 172 des Orientations;

5. Encourage l'Etat partie à soumettre une requête d'assistance internationale afin d'assurer un accompagnement des experts marocains par un expert international durant le développement du projet de restauration et de reconstruction et durant sa réalisation;

6. Demande également à l'Etat partie de soumettre, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'Etat de conservation du bien et les progrès dans la mise en œuvre des mesures recommandées dans le rapport de la mission d'avril 2010 pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

Décision adoptée: 34 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-10/34.COM/8E,

2. Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l'Annexe I des Documents WHC-10/34.COM/8E, WHC-10/34.COM/8E.Add et WHC-10/34.COM/8E.Add2 pour les biens du patrimoine mondial suivants:

3. Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue en priorité;

4. Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l'ordre dans lequel elles seront passées en revue suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que: