1.         Tombes des rois du Buganda à Kasubi (Ouganda) (C 1022)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2001

Critères  (i)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2010-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1022/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-2010)
Montant total approuvé : 111 292 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1022/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Le feu est mentionné dans l'évaluation ICOMOS de 2001 comme la principale menace au bien

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1022/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 16 Mars 2010, un incendie ravage le bâtiment Muzibu Azaala Mpanga, une composante majeure du bien du patrimoine mondial. Ce bâtiment abritait les quatre tombes royales Buganda. Le grand bâtiment circulaire au toit de chaume, soutenu par des colonnes en bois enveloppé dans du tissu d'écorce, a été construit en 1882 comme un palais, puis est devenu un tombeau royal. Le bâtiment avait été réparé de manière significative depuis sa construction, y compris l'insertion de l'acier et des supports en béton en 1938.

Comme une première réponse à cette tragédie, la Directrice générale de l'UNESCO a décidé de dépêcher une mission dirigée par le Centre du patrimoine mondial et comprenant des experts du Fonds africain du patrimoine mondial et CRATerre-ENSAG. La mission s'est déroulée du 7 au 9 avril 2010. Son objectif principal était d'évaluer l'étendue des dégâts, et discuter avec les autorités compétentes des mesures à prendre, y compris la reconstruction éventuelle de l'immeuble Muzibu Azaala Mpanga. La mission a constaté que presque la totalité du bâtiment a été détruit. Toute la structure végétale (poteaux en bois, anneaux), le chaume, les vêtements d'écorce et une partie des objets et des symboles royaux avaient été consumés par le feu. La structure de toit en acier en 1938 se pencha complètement en raison des températures élevées, et les poteaux en béton qui ont soutenu la structure d'acier ont été déformés. Seuls les périphériques et les murs de briques partition étaient encore debout. La clôture de roseaux et les arbres sur le bien ont également été sérieusement endommagés. La mission a constaté que de nombreuses traditions et les pratiques ne pouvait plus être exécutées à la suite de cette destruction. En outre, les tombes royales qui sont considérées comme sacrées étaient maintenant exposées à des éléments extérieurs comme la pluie, provoquant un traumatisme parmi le peuple de l'Ouganda.

La mission a été informée que, immédiatement après l'incident, l'État partie avait créé un comité du Cabinet, invité à enquêter sur les causes de l'incendie. Le royaume de Buganda, qui est le gardien du site principal, a également établi un comité technique de construction afin de superviser le processus de reconstruction, a organisé une cérémonie de deuil et réalisé une série de cérémonies traditionnelles dans les tombes.

La mission a appuyé l’accord général selon lequel le Muzibu Azaala Mpanga devait être reconstitué.

 

La mission a souligné l'importance de ne pas hâter la reconstruction. La mission a estimé que le processus global de reconstruction devrait être considéré comme une opportunité d'éducation et de formation. La mission a particulièrement insisté sur la nécessité de prendre le temps nécessaire pour la reconstruction, en dépit des pressions exercées par le grand public à voir l'endroit reconstruit dès que possible ; une reconstruction trop hâtive serait préjudiciable, en raison de la complexité de la structure, des éléments intangibles qui lui sont associés, et de la pénurie de main-d'œuvre traditionnelle qualifiée. Elle a informé l'État partie que la reconstruction, sans études appropriées, pourrait entraîner des changements irréversibles et risquerait de nuire au reste de valeur universelle exceptionnelle du bien. Par conséquent, une stratégie de reconstruction, qui indique clairement la façon dont le bâtiment doit être construit et la base de preuves qui doivent être utilisées, devra être approuvée par le Gouvernement de l'Ouganda et les autorités du Royaume du Buganda.

Les recommandations suivantes ont été faites par l'équipe de la mission:

 

1) Demander l'assistance d'urgence

La mission a recommandé qu'une demande d'aide d'urgence présentée par l'Etat partie afin de permettre la mise en œuvre des activités suivantes:

· criblage professionnel de l'épave;

· construction d'abris temporaires sur les tombes royales pour permettre aux cérémonies et pratiques rituelles d’être maintenues;

· montage d'une exposition temporaire de présenter Muzibu-Azaala-Mpanga telle qu'elle était avant l'incident de tir;

· atelier de sensibilisation nationale sur le processus de reconstruction et de mise en œuvre du plan de gestion;

· achat de matériel nécessaire pour assurer une documentation appropriée du processus de reconstruction;

· préparation d'un document de projet global de conservation qui sera soumis aux bailleurs de fonds, y compris les frais d'expertise internationale pour la conseiller sur la stratégie de reconstruction;

· reproduction d'une version révisée de la brochure 2006 sur les tombes Kasubi incluant 2 pages sur l’incendie.

L'État partie a soumis la demande fin mai 2010 au Centre du patrimoine mondial. Les Organisations consultatives appuient fortement le principe selon lequel ce bien puisse bénéficier d'une aide d'urgence en accord avec les recommandations de la mission d’avril 2010. Elles considèrent cependant que la demande doit être reformulée afin de refléter les travaux urgents qui sont nécessaires à court terme afin de répondre à cette urgence. Elles estiment que l'atelier doit être reformulé pour se concentrer sur la situation d'urgence. Elles estiment également que certains des coûts devrait être réexaminés et, si possible réduits. Elles estiment que l'exposition devrait être une production immédiate à court terme plutôt qu'une exposition officielle avec ouverture officielle.

 

2) la reconstruction de l'Mpanga Azaala Muzibu

La mission, qui a proposé un plan d'action à court terme prévoyant une reconstruction complète d’ici décembre 2011, a également recommandé:

· La production d'une documentation complète avant le début des travaux qui devraient inclure:

- Étude architecturale de l'épave;

- Etude des techniques de construction traditionnelles et leurs valeurs associées immatérielles ;

- Identification des personnes qualifiées et des matériaux d'approvisionnement (où et comment en trouver des sources);

- Compilation des archives existantes (plans, dessins et photographies);

· Examen de ce qui constitue les attributs qui expriment la valeur universelle exceptionnelle du bien au moment d'entreprendre la reconstruction:

· La préparation d'une stratégie de reconstruction détaillée qui devra être soumise à l'approbation du Centre du patrimoine mondial et à l'ICOMOS, avant que toute action soit entreprise;

· Une estimation du coût global du projet de reconstruction à entreprendre (coût de la structure principale, le coût de la toiture, le coût des finitions intérieures, la gestion, etc);

· Le processus de reconstruction doit être utilisé pour former plus de couvreurs qui seront également en mesure d’entretenir d'autres toits de chaume de type Ganda sur les sites associés

· Ce projet intègre à la fois la reconstruction d'un système de prévention des incendies et une stratégie de lutte contre l'incendie;

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que la Muzibu Azaala Mpanga bâtiment à Kasubi est un exemple exceptionnel d'un style architectural développé par le royaume de Buganda depuis le 13e siècle.

En raison de sa destruction complète par le feu le 16 Mars 2010, ils considèrent que la valeur universelle exceptionnelle du bien est sérieusement menacée.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que l'importance de l'immeuble était en partie dans la manière dont il reflète les traditions typiques du Buganda, mais aussi dans sa taille, l'élaboration et l'utilisation sacrées qui le distinguent des autres structures. Les bâtiments de ce type nécessitent un entretien constant et un renouvellement irrégulier. Leurs tissus ne peuvent pas tous être maintenus au fil du temps; l'authenticité de leurs structures réside davantage dans une réflexion de matériaux et de pratiques traditionnels que dans l’ancienneté de leurs composants. Ils considèrent q pouvoir faire valoir l’argument d’une reconstruction de l'édifice du Muzibu Azaala Mpanga pourvu qu’une stratégie de reconstruction claire soit établie et approuvée à l'avance, définissant la raison d'être de l'approche choisie, tenant compte des diverses options possibles, telles qu’une reconstruction dans les styles de 2010, 1939, ou 1911 (pour lesquels il existe des preuves photographiques) ou encore 1880, en fournissant alors des preuves documentaires établies.

Ils considèrent également que le processus global de reconstruction doit être soigneusement géré, qu’il nécessite une documentation approfondie, et une étroite surveillance par le Comité du patrimoine mondial afin d'assurer le recouvrement intégral des la valeur universelle exceptionnelle du bien. Enfin, ils considèrent que le bien fait face à une grave détérioration de ses éléments d'architecture,et répond donc aux critères d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, tels que définis au paragraphe 179 des Orientations.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.53

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant que le bâtiment de la Muzibu Azaala Mpanga à Kasubi était un exemple exceptionnel d'un style architectural développé par le royaume de Buganda depuis le 13e siècle, en raison de sa conception et de son organisation spatiale, mais aussi de son élaboration et de sa taille,

3. Remercie la Directrice générale de l'UNESCO d'avoir envoyé immédiatement après l'incendie qui a entraîné la destruction du bien, une mission en avril 2010 dirigée par le Centre du patrimoine mondial et comprenant des experts du Fonds africain pour le patrimoine mondial et CRATerre-ENSAG avec pour principal objectif d'évaluer l'étendue des dégâts, et de discuter avec les autorités compétentes des mesures à prendre, y compris de son éventuelle reconstruction ;

4. Prend note des résultats de la mission de 2010, qui a observé que l'ensemble de l'édifice du Muzibu Azaala Mpanga avait été détruit, et du souhait de l'Etat partie d'entreprendre sa reconstruction ;

5. Estime que, en raison de la destruction malheureuse de la Muzibu Azaala Mpanga, le bien fait face à une grave détérioration de ses éléments architecturaux et répond donc aux critères d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril tels que définis au paragraphe 179 des Orientations ;

6. Considère également que la reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga pourrait être justifiée à condition que la nouvelle structure soit fondée sur l'authenticité en termes de conception, de matériaux et techniques utilisés ainsi que sur son utilisation continue et :

a) qu'une logique claire pour l'ensemble du projet soit définie et convenue à l'avance, définissant la raison d'être de l'approche choisie,

b) qu'il soit dûment tenu compte des diverses options possibles, telles qu'une reconstruction comme en 2010, 1938 ou 1911 ou comme dans les années 1880, en se basant sur une documentation solide et des matériaux et techniques traditionnels ;

7. Note que l'Etat partie a soumis une stratégie de reconstruction au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, et demande qu´aucune reconstruction ne soit commencée avant que soit finalisée cet examen;

8. Estime en outre que la reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga, sans études appropriées et le développement d'une stratégie de reconstruction arrêtée, pourrait nuire à la valeur universelle exceptionnelle restante du bien ;

9. Estime par ailleurs que la reconstruction globale du Muzibu Azaala Mpanga nécessite un suivi par les Organisations consultatives et une documentation détaillée;

10. Encourage l'Etat partie à nommer un gestionnaire de site pour le bien et à établir un mécanisme de coordination qui permettra au royaume du Buganda et autres intervenants de travailler ensemble et de partager les responsabilités au cours du processus de reconstruction ;

11.  Décide d'inscrire les Tombeaux des rois du Buganda à Kasubi (Ouganda) sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

12. Note également que l'Etat partie a soumis au Centre du patrimoine mondial, le plan de gestion 2009-2015, récemment révisé, et lui demande de veiller à sa mise en œuvre en étroite collaboration avec les principales parties prenantes du bien ;

13. Demande en outre à l'Etat partie d'inviter, le plus tôt possible, une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS et du Fonds africain pour le patrimoine mondial de suivi réactif sur le bien afin d'évaluer l'Etat de conservation du bien et de développer, en coopération avec l'Etat partie, des mesures correctives pour répondre aux menaces qui pèsent sur sa valeur universelle exceptionnelle, d'établir un calendrier pour leur mise en œuvre ainsi que l'Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril et de conseiller les parties prenantes sur la reconstruction globale du Muzibu Azaala Mpanga ;

14. Demande par ailleurs à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'Etat de conservation du bien, décrivant les progrès réalisés dans la reconstruction de Muzibu Azaala Mpanga et dans la mise en œuvre du plan de gestion 2009-2015, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

Décision adoptée: 34 COM 8C.1

Le Comité du patrimoine mondial, 

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'Etat de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-10/34.COM/7B, WHC-10/34.COM/7B.Add, WHC-10/34.COM/7B.Add.2 et WHC-10/34.COM/7B.Add.3) et des propositions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-10/34.COM/8B et WHC-10/34.COM/8B.Add),

2. Décide d'inscrire les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

Décision adoptée: 34 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-10/34.COM/8E,

2. Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l'Annexe I des Documents WHC-10/34.COM/8E, WHC-10/34.COM/8E.Add et WHC-10/34.COM/8E.Add2 pour les biens du patrimoine mondial suivants:

3. Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue en priorité;

4. Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l'ordre dans lequel elles seront passées en revue suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que: