1.         Réserve de biosphère du papillon monarque (Mexique) (N 1290)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2008

Critères  (vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation forestière illégale

b) Augmentation de la population humaine

c) Pression touristique associée avec l’augmentation du nombre de visiteurs et la concentration élevée dans des zones spécifiques

d) Progrès d'agriculture

e) Feux de forêt

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 9 février 2009, l'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation du bien. Ce rapport répond aux décisions du Comité du patrimoine mondial (32 COM 8B.17) et donne une vue d'ensemble sur les actions de conservation en cours, y compris l'arrêt de l'exploitation forestière illégale, la promotion du tourisme durable et le développement de moyens d'existence alternatifs pour les communautés locales. Un deuxième rapport de l'État partie, fournissant des détails supplémentaires, a été reçu par le Centre du patrimoine mondial le 27 mars 2010.

 

a) Exploitation forestière illégale

L'État partie estime que l'exploitation forestière illégale, bien que présente sur le territoire du bien, est en baisse et que des stratégies efficaces sont mises en place afin d'apporter une réponse à cette menace. Plusieurs agences gouvernementales coordonnent les actions de lutte contre l'exploitation forestière illégale sur le territoire du bien. Le budget accordé à ces actions a été d'environ 238.000 dollars EU en 2008 et l'État partie estime qu'il pourrait atteindre 2 millions de dollars EU annuels en 2009. Plusieurs postes de contrôle forestier sont opérationnels depuis 2004, des patrouilles anti-abattage illégal sont menées sur le territoire du bien, le transport depuis et vers le bien est réglementé, les sites de stockage de bois et les activités l'activité des scieries sont contrôlés, et deux saisies de bois abattu illégalement ont eu lieu au cours de l'année 2008.

La surveillance exercée par la communauté locale de l'exploitation forestière illégale et des feux de forêt est d'une grande aide pour la conservation et la protection des zones centrale et tampon du bien. Ces actions sont dirigées par les Comité locaux de surveillance environnementale et ont couvert en 2008, 21.255 ha, dont 4.681 ha dans la zone centrale du bien. L'État partie signale que le Fonds mexicain pour la conservation de la nature a également accordé une aide de 1.615.595 pesos mexicains (environ 129.092 dollars EU) pour la mise en place de deux Comités de surveillance supplémentaires en 2009/2010. Les autres problèmes de gestion forestière sont également évoqués, dont le reboisement (13.191 ha ont été reboisés depuis 2008, soit environ 23% de la superficie du bien), les traitements contre les insectes nuisibles, la gestion du traitement d'une maladie provoquant "le dessèchement" des arbres et les impacts des gros orages d'octobre 2008.

L'État partie rappelle également que le Fonds des Monarques a mis en place un mécanisme de compensation des propriétaires terriens pour les zones centrales du bien. Le fonds a compensé les propriétaires qui détenaient des permis d'exploitation forestière en cours et qui ne les utilisaient plus. Entre 2000 et 2008, les indemnités versées à 32 propriétaires se sont montées à 22.757.000 pesos mexicains (environ 1,82 million de dollars EU). Par ailleurs, entre 2003 et 2008, la Commission Nationale Forestière (Comisión Nacional Forestal - CONAFOR) a versé 3.898.857 pesos mexicains (environ 311.900 dollars EU), au titre des services environnementaux hydrologiques, aux communautés locales qui ont œuvré au maintien de la couverture forestière.

 

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN remarquent que l'État partie a accordé un budget considérable aux actions destinées à la lutte contre l'exploitation forestière illégale et conseillent aux agences impliquées d'avoir une approche participative de ces actions. Ils remarquent également que des sources complémentaires directes et indirectes contribuent au financement de ces actions destinées au maintien de la couverture forestière du territoire du bien. L'UICN rappelle que lors de l'inscription en 2008, l'exploitation forestière illégale était la principale menace directe envers la Réserve de biosphère des Papillons Monarques et que son niveau était tel que l'UICN avait recommandé le report de son inscription. Malgré les efforts accomplis par les agences et les communautés locales impliquées, 479 ha ont été déboisés entre 2003 et 2005. Bien que l'État partie estime que l'exploitation forestière illégale soit en baisse, il est difficile de juger cette tendance car aucune donnée n'est fournie dans les précédents rapports officiels sur le nombre d'hectares déboisés de façon illégale entre 2005 et 2008. L'UICN fait remarquer qu'elle a, au cours de cette même époque, reçu une série de rapports faisant état d'exploitation forestière illégale observée sur le territoire du bien. Comme l'État partie reconnaît que l'exploitation forestière illégale se poursuit encore actuellement, bien que la tendance soit à la baisse, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que ce problème continue de constituer une grave menace pour le bien.

 

b) Impact du tourisme et développement communautaire

L'État partie déclare qu'environ 29 millions de pesos mexicains (environ 2.316.180 dollars EU) sont actuellement investis dans la création et le renforcement de projets d'écotourisme et de développement communautaire, avec l'aide du Programme de la conservation pour le développement durable (Programa de Conservación para el Desarrollo Sostenible – PROCODES), du Programme pour l'emploi temporaire (Programa para el Empleo Temporal – PET) et d'autres investisseurs. Un Programme de l'usage public et un Programme touristique de développement durable sont en place. Le premier est destiné à contrôler et atténuer les impacts négatifs du tourisme, alors que le second vise à proposer des moyens de subsistance alternatifs aux communautés locales. L'État partie précise qu'il essaye de minimiser les impacts négatifs de l'infrastructure touristique en utilisant des matériaux locaux, en appliquant des techniques architecturales bioclimatiques et en développant des méthodes de gestion des eaux usées et d'électricité renouvelable respectueuses de l'environnement. Plusieurs centres d'écotourisme, situés aux points d'entrée du bien, sont en rénovation et divers chantiers de travaux publics sont en cours sur le territoire du bien et le long des routes d'accès.

L'UICN rappelle que, lors de l'inscription en 2008, la plupart des infrastructures touristiques étaient gênantes pour l'intégrité visuelle des sites visités par les touristes. Dans sa décision 32 COM 8B.17, le Comité a demandé à l'État partie d'établir et de mettre en place un plan détaillé pour l'usage durable du bien et un mécanisme de partage efficace des profits avec les communautés locales, mécanisme à envisager comme une incitation à augmenter leur soutien à la conservation du bien. Ce plan et ce mécanisme s'inscrivaient dans le cadre de l'Accord de collaboration, pour l'année 2007, entre le Secrétariat du tourisme et la Commission nationale des zones naturelles protégées sur le développement du tourisme de nature. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN félicitent l'État partie pour avoir accordé un financement considérable à la création et au renforcement de l'écotourisme et de projets de développement communautaire. Ils remarquent cependant qu'il n'est pas clairement établi qu'un mécanisme de partage des profits soit actuellement en cours de mise en place. Ils demandent à l'État partie de soumettre les plans de tourisme ci-dessus mentionnés à l'examen du Centre du patrimoine mondial.

En outre, l'État partie signale que les Gouvernements du Mexique, des Etats-Unis et du Canada ont développé conjointement un Plan de conservation du papillon monarque en Amérique du nord (North American Monarch Conservation Plan – NAMCP) qui vise à protéger et à gérer les habitats de reproduction des papillons monarques en Amérique du nord et leur sites de migration hivernale au Mexique. L'État partie précise qu'en octobre 2008 un atelier tripartite s'est déroulé afin d'évoquer la gestion du papillon monarque, il y a été recommandé que des protocoles communs de suivi soient mis en place. L'État partie précise également que le Programme de suivi, en place depuis 2001, sera révisé au cours de l'année 2010 et qu'un nouveau Programme destiné à la préservation à long terme des sites d'hivernage du papillon monarque sera en vigueur à la fin de l'année 2011. Par ailleurs, la somme de 8.671.356 pesos mexicains (environ 692.618 dollars EU), accordée par le Fonds mexicain pour la nature et le Movimiento Azteca est actuellement investie dans 16 projets liés au développement communautaire, à la gestion durable des ressources, à la surveillance et à la restauration.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN félicitent l'État partie d'accorder de nouveaux financements à l'écotourisme et au développement communautaire. Cependant, comme aucune donnée sur le nombre d'hectares affecté par l'exploitation forestière illégale depuis 2005 n'est fournie, l'efficacité des actions visant à la combattre n'est pas clairement établie et de vives préoccupations demeurent à ce sujet. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN font remarquer que le Comité du patrimoine mondial, dans sa décision 32 COM 8B.17, a demandé à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi sur le territoire du bien avant la 34e session de 2010 afin d'estimer l'état de conservation du bien. Cette mission a été déprogrammée en raison de difficultés logistiques et se déroulera au cours du deuxième semestre 2010. La mission devra, avant tout, déterminer le niveau d'exploitation forestière illégale en cours sur le territoire du bien et le niveau de partage des profits, recueillis dans le cadre de l'accueil des visiteurs, avec les communautés locales qui accueillent le bien sur leur territoire.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.35

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 32 COM 8B.17, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Félicite l'Etat partie d'avoir accordé un financement considérable aux actions de lutte contre l'exploitation forestière illégale et d'avoir envisagé la surveillance dans le cadre d'une approche participative, et prend note du financement direct ou indirect par plusieurs sources complémentaires des actions visant au maintien de la couverture forestière sur le territoire du bien;

4. Constate avec préoccupation que l'exploitation forestière illégale se poursuit sur le territoire du bien et que ce problème demeure une grave menace pour le bien;

5. Demande que la mission conjointe de suivi Centre du patrimoine mondial/UICN prévue se déroule en 2010 et s'attache à déterminer le niveau de l'exploitation forestière illégale en cours sur le territoire du bien;

6. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er novembre 2010, un rapport actualisé sur l'Etat de conservation du bien, faisant Etat d'informations détaillées sur les zones affectées par l'exploitation forestière illégale, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.