Le 23 mars 2010, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien. Ce rapport expose brièvement le statut du Kongde view resort et du chemin illégal entre Kongde et Thame, ainsi que la mise en oeuvre des activités prioritaires du plan de gestion et de tourisme du parc national de Sagarmatha (SNP) (2007-2012).
a) Développement d’un centre de villégiature touristique dans la zone centrale
L’État partie indique que la Cour Suprême népalaise n’a pas encore rendu son verdict final au sujet du Kongde View Resort, situé dans la zone centrale du bien, et précise qu’il fournira ce verdict au Centre du patrimoine mondial dès qu’il sera disponible. La construction illégale d’un sentier pédestre de Kongde à Thame a été arrêtée par l’autorité du parc conformément à la loi 2029 (1972 sur la conservation de la faune sauvage du Népal) et le rapport précise que toutes les parties prenantes sont contre cette construction. De plus, l’État partie note que la réglementation relative au parc de l’Himalaya (1979) interdit la construction de routes et chemins nouveaux sans autorisation préalable de planification, hormis ceux qui sont traditionnellement utilisés par des communautés locales.
b) Renforcement du plan de gestion et de tourisme
L’État partie rend compte de la mise en oeuvre de points prioritaires du plan de gestion et de tourisme, comme demandé par la décision 33 COM 7B.17 :
- Protection des habitats et espèces menacés : une étude de la faune sauvage, menée sur le terrain en 2008, a constaté la présence d’un certain nombre de léopards blancs dans le périmètre du bien, ainsi qu’une augmentation des populations des espèces servant de proies au léopard blanc, comme le Jharal (Hermitragus jemlahicus).
- Clarifier la portée et l’emplacement des carrières de pierre, de sable et de tourbe : L’État partie rappelle que ces activités sont soumises à la réglementation relative au parc de l’Himalaya (1979), qui fixe les périodes et les dates auxquelles l’exploitation et la collecte des ressources naturelles sont autorisées à l’intérieur du bien. L’extraction de matériaux de construction est autorisée une fois par an durant un mois tandis que l’exploitation du sable et de la tourbe est permise tout au long de l’année.
- Réduction de la pression du ramassage du bois sur les forêts et les zones de pacage : Le rapport indique que la réglementation relative au parc de l’Himalaya (1979) autorise le ramassage du bois de chauffage deux fois par an et celle du bois d’oeuvre à des fins domestiques une fois dans l’année. Ces activités sont étroitement surveillées par les comités du parc et de la zone tampon. La réalisation de projets de micro-centrales hydroélectriques a également réduit la demande en bois de chauffage de manière significative et l’État partie considère que la croissance du marché de l’écotourisme réduit la pression du bétail sur les zones de pacage.
- Contrôle de la pollution de l’environnement : différentes parties prenantes et partenaires s'impliquent dans la gestion du parc dans le domaine de la conservation pour réduire la pollution dans le périmètre du bien et de sa zone tampon. L’un des importants partenaires est le comité de contrôle de la pollution à Sagarmatha, une ONG locale, impliquée dans la gestion des déchets solides. L’installation de micro-centrales électriques (qui a réduit la pollution de l’air) et la sensibilisation croissante des communautés locales grâce à plusieurs Éco-clubs font partie des actions qui ont contribué à maîtriser la pollution.
- Suivi de l’état de conservation du bien ; le rapport note que les activités de suivi sont effectuées conformément aux prescriptions du plan de gestion et de tourisme SNP. L’État partie indique que de nouvelles dispositions du SNP sont actuellement en cours d’élaboration et seront prochainement soumises au gouvernement du Népal pour approbation. L’État partie considère que ces dispositions viendront soutenir la régulation, le contrôle et le suivi d’aménagements illégaux dans le périmètre du parc.
c) Autres problèmes de conservation préoccupants
L’État partie indique que les autres problèmes actuels de conservation à l’intérieur du parc sont le braconnage des espèces menacées, les feux de forêts, la pollution et les besoins croissants en énergie dûs au tourisme. Cependant, aucun détail n’est fourni sur l’ampleur de ces problèmes de conservation.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN accueillent favorablement l’arrêt de la construction du chemin illégal entre Kongde et Thame et notent que ce chemin aurait affecté de manière négative l’habitat principal de faune sauvage dans le périmètre du bien. Toutefois, l’absence de verdict dans l’affaire du Kongde View Resort est un sujet de préoccupation permanent; notamment dans la mesure où ce centre de villégiature a été en service un certain temps et que l’affaire est en cours depuis 2007.
Il est pris note des efforts de l’État partie pour mettre en oeuvre le plan de gestion et de tourisme du parc national de Sagarmatha (SNP). Néanmoins, il est difficile d’évaluer l’état de conservation actuel des valeurs du bien, étant donné que peu de données sont fournies sur l’efficacité des efforts de conservation visant à protéger les espèces menacées, promouvoir l’utilisation durable des ressources naturelles à l’intérieur du parc et réduire la pollution de l’environnement. Concernant l’extraction de matériaux de construction, l’UICN note que l’information fournie par l’État partie sur cette activité est insuffisante pour déterminer son ampleur et son emplacement et rappelle que l’exploitation minière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial.
L’UICN continue de recevoir des rapports émanant d’experts travaillant sur le site et de ses membres, selon lesquels les pressions dues au tourisme et à l’alpinisme se poursuivent et affectent gravement l‘environnement physique et esthétique du bien et qu’il existe un potentiel d’aménagements touristiques supplémentaires dans le périmètre de la zone tampon. Le nombre d’hélicoptères et autres aéronefs survolant le bien a augmenté substantiellement, avec comme corollaire une pollution sonore, de même qu’undépôt inapproprié d' ordures laissées par les expéditions alpines dans les camps de base d’Amadablam et de Pumori en particulier. En ce qui concerne les aménagements touristiques potentiels dans la zone tampon du SNP, le Centre du patrimoine mondial et l’UCN notent qu’ils sont susceptibles d’affecter les valeurs esthétiques du bien et de dégrader son environnement physique. Ils demandent à l’État partie d’élucider la question des éventuels aménagements touristiques planifiés dans cette zone et encouragent également le gouvernement du Népal à envisager de désigner officiellement une zone tampon pour le bien du patrimoine mondial, en incluant la zone tampon existante du parc national dans l’inventaire du bien et en soumettant une demande à cet effet au Comité du patrimoine mondial.
En conclusion, le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN considèrent que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour traiter les problèmes de gestion du tourisme ayant un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. La révision du plan de gestion et de tourisme SNP, devant être achevée en 2012, pourrait fournir une bonne occasion de déterminer la capacité porteuse du bien et d’identifier des mesures plus strictes de gestion du tourisme sur cette base. L’État partie devrait être invité à soumettre une demande d’assistance internationale pour évaluer les impacts du tourisme sur le bien, identifier sa capacité porteuse et rechercher l’assistance d’experts lors de la révision des mesures de gestion du tourisme prévues dans le plan de gestion et de tourisme SNP.