1.         Centre historique de la ville d’Arequipa (Pérou) (C 1016)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (i)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1016/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 75 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1016/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Février 2000: mission ICOMOS; Avril/Mai 2008: mission de suivi réactif UNESCO-ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Manque de Plan de Préparation aux Catastrophes

b) Projets en cours de développement planifiés, ayant un impact sur le centre historique, comme la construction planifiée du Pont Chilina

c) Des démolitions illegales affectant des constructions historiques

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1016/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 2 février 2010, le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport sur l'état de conservation comprenant un bref résumé de l'état de conservation du bien et des réponses aux décisions du Comité prises lors des 32e (Québec, 2008) et 33e sessions (Séville, 2009).

a) Zone tampon

L'État partie fait état d'actions entreprises afin de déclarer la vallée de Chilina et ses terrasses préhispaniques zone protégée. Ces actions incluent la rédaction de dossiers de nomination, l'un pour reconnaître la zone en tant que réserve environnementale, l'autre destinée à la reconnaissance du paysage archéologique. Cette mesure rendra plus facile l'inscription de cette zone sur le territoire de la zone tampon du centre historique.

Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS accueillent avec satisfaction cette mesure qui vise à améliorer la conservation du centre historique et de son cadre. Il est important de finaliser l'élaboration du cadre légal afin que des règlementations puissent être pleinement opérationnelles et apportent des solutions à la pression urbaine dans cette zone.

b) Renforcement des cadres institutionnels

Le rapport définit le contexte dans lequel les procédures de gestion ont été mises en place dans le cadre des responsabilités et de la gouvernance du bien. L'État partie fait état de la finalisation du plan de gestion et du schéma directeur et de la mise en place de 56 projets destinés à la conservation des bâtiments et des espaces publics. Le plan de gestion et le schéma directeur n'ont pas été joints et leur adoption officielle n'est pas clairement évoquée. Par ailleurs, divers types de règlementation ont été envisagés au niveau municipal afin de contribuer à la protection des lieux patrimoniaux. Il demeure cependant un certain nombre de défis à relever, dont la spéculation foncière et la conscience limitée qu'ont certains secteurs de l'importance des bâtiments historiques. Les procédures et dispositions actuelles ont favorisé un type de gestion qui donne une grande importance à une large participation et à des mécanismes de prise de décision ouverts et transparents. Le financement nécessaire au personnel et à la mise en œuvre des activités futures n'est cependant pas précisé.

Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS prennent note des progrès accomplis par l'État partie quant aux dispositions institutionnelles, ils encouragent celui-ci à perpétuer ses efforts afin de garantir des ressources financières, techniques et humaines pour accomplir un travail efficace.

c) Mesures règlementaires pour la protection du bien et le contrôle des démolitions

L'État partie précise qu'aucune démolition importante ne s'est déroulée en 2009, seules des opérations de moindre importance ont été relevées, elles ont affecté des biens sans valeur architecturale. Il précise également que ces infractions aux mesures règlementaires ont donné suite à des sanctions, le nombre de sanctions a d'ailleurs diminué au cours de l'année 2008. Des progrès ont été accomplis grâce aux différentes actions mises en place à tous les niveaux afin d'améliorer la prise de conscience de l'importance du lieu et grâce à des actions d'information sur la conservation menées auprès des propriétaires.

Le Service de l'aménagement urbain de la Municipalité a mis en place, en collaboration avec l'Institut National de la Culture (Instituto Nacional de Cultura – INC) un inventaire proactif afin d'inscrire les 150 bâtiments du patrimoine qui ne le sont pas encore, cette action renforcera l'actuelle Loi 28296 demandant aux propriétaires l'inscription de leur bien auprès de l'INC.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des informations remises et rappellent l'importance de la mise en place de capacités suffisantes afin de pouvoir intervenir chaque fois que cela s'avère nécessaire. Ils encouragent également l'État partie à poursuivre ses actions de sensibilisation et de les envisager comme des moyens d'augmenter la responsabilité sociale dans la conservation du bien.

d) Plan de préparation aux catastrophes

Le rapport sur l'état de conservation présente également une version révisée du projet initial du plan de gestion des catastrophes qui comprend une carté préliminaire des risques qui identifie les zones vulnérables. Des progrès ont été accomplis dans l'établissement d'un diagnostic des menaces pesant sur le patrimoine archéologique.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives reconnaissent les progrès accomplis mais expriment de nouveau leur préoccupation quant à l'absence de finalisation du plan, demandé depuis 2003 par le Comité du patrimoine mondial au vu de la vulnérabilité du bien.

e) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Dans le cadre de la rédaction du rapport périodique régional, un atelier sur "la préparation de l'inventaire rétrospectif et de la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et sur une introduction au deuxième cycle de rapports périodiques pour l'Amérique latine et les Caraïbes" s'est déroulé en novembre 2009, à Buenos Aires, en Argentine. Pour Arequipa, le point le plus important de cet atelier fut la formation à la rédaction de la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle qui doit être soumise au Centre du patrimoine mondial avant le 31 juillet 2010.

f) Autre problème: construction du pont de Chilina

En mars 2009, le bureau de l'UNESCO de Lima a reçu des informations sur le projet de construction d'un pont. Ce projet aurait des impacts sur la vallée de Chilina et sur le bien. Les informations reçues soulignaient les problèmes que ce projet créait: l'absence de mesures destinées à résoudre les autres problèmes de transport, le manque d'intégration du projet dans les plans d'aménagement urbains, l'absence d'études techniques, en particulier d'une Évaluation d'impact environnemental, et d'études d'impact sur des zones déjà identifiées comme menacées par la mission de suivi réactif de 2008. L'inscription de la vallée de Chilina en tant que zone protégée pour la conservation de Yanahuara, Cayma et Cerro Colorado n'a fait que renforcer les problèmes liés à ce projet. Des informations complémentaires remises auprès du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en juillet 2009 font état d'une nouvelle version du projet par le Gouvernement régional et de la création d'une commission technique afin d'insérer le projet dans le plan d'aménagement urbain. L'emplacement du pont n'a cependant pas été remis en question.

Le 13 juillet et courant septembre 2009, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l'État partie de lui remettre des informations techniques complémentaires sur la construction du pont de Chilina. L'État partie a remis les informations demandées: des plans techniques et des projets pour le pont, une Évaluation d'impact environnemental (EIE) ordonnée par le Gouvernement régional d'Arequipa et menée par SGM Ingenieros EIRL. Ces documents ont été reçus pas le Centre du patrimoine mondial en octobre 2009. L'EIE ne prend en compte que le pont de Chilina qui n'est que l'une des composantes d'un projet de développement d'infrastructures à grande échelle, mais n'est pas une évaluation globale d'impact sur les critères de paysage qui sont l'objet d'une protection en tant que composante essentielle de la valeur universelle exceptionnelle du bien.

L'INC d'Arequipa a estimé que le projet de pont aurait des impacts sur les zones agricoles de Cerro Colorado et sur les andenes (terrasses préhispaniques) et les paysages de la vallée de Chilina dans les districts de Yanahuara et de Cayma qui sont considérés comme patrimoine culturel. Ce projet est en contradiction avec les efforts faits par la Municipalité d'Arequipa qui a délimité la zone de la vallée de Chilina et l'a déclarée réserve environnementale, patrimoine culturel national afin d'empêcher tout éventuel aménagement urbain.

Le 22 mars 2010, le Centre du patrimoine mondial a demandé des informations complémentaires à l'État partie puisqu'il semble que le projet ait été modifié. Dès réception de ces informations, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives les évalueront et pourront constater l'impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle, l'intégrité et l'authenticité du bien.

En conclusion, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives reconnaissent les efforts faits par l'État partie dans la mise en place de dispositions institutionnelles et dans le renforcement des cadres légaux et règlementaires. Des démolitions dans la zone protégée continuent, bien que leur nombre ait diminué. L'insuffisance des ressources nécessaires à la complète résolution des problèmes du bien est préoccupante. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives rappellent qu'il est urgent de finaliser et de mettre en place un Plan général de préparation aux catastrophes qui permettra de prendre en acompte les divers facteurs de vulnérabilité.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives insistent également sur la menace potentielle que pourrait constituer les travaux d'infrastructure envisagés. Aucune avancée remarquable n'a par ailleurs été observée sur les recommandations de la mission de suivi réactif de 2008 quant à la résolution des problèmes de circulation, la création d'un groupe de travail sur le patrimoine mondial et la soumission d'une demande d'Assistance internationale afin de mettre en place un programme de participation communautaire faisant suite aux progrès du projet de Los Tambos.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.114

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.142, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Regrette qu'aucun progrès notable n'ait été accompli dans la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2008 ;

4. Prend note des progrès accomplis par l'Etat partie dans la mise en place de dispositions institutionnelles et l'encourage à garantir le financement nécessaire à leur activité durable;

5. Demande à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives les documents suivant s:

a) Le plan de gestion et le schéma directeur finalisés,

b) Un rapport actualisé sur l'inscription et l'inventaire du patrimoine architectural du bien ;

6. Prend note des efforts faits pour améliorer la protection du bien en déclarant la vallée de Chilina et les terrasses préhispaniques zones protégées et prie instamment l'Etat partie de mettre en place des règlementations destinées à empêcher tout aménagement urbain complémentaire et ses impacts sur le cadre ;

7. Regrette également que l'Etat partie n'ait pas soumis un Plan de préparation aux catastrophes finalisé comme demandé par le Comité du patrimoine mondial depuis 2003 et réitère sa demande afin que le plan soit achevé et soumis à l'examen du Centre du patrimoine mondial et de l'ICOMOS ;

8. Demande également à l'Etat partie de remettre des informations actualisées sur la construction du pont de Chilina et sur les projets de travaux d'infrastructure, conformément au paragraphe 172 des Orientations, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et prie également instamment l'Etat partie de faire cesser tous les travaux d'infrastructure jusqu'à ce que leurs impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle incluant l'intégrité et l'authenticité du bien puissent être établi ;

9. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport détaillé sur l'Etat de conservation du bien et les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations mentionnées ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.