1.         Ville de Quito (Équateur) (C 2)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/2/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1999)
Montant total approuvé : 391 800 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/2/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a)  Les pressions du développement qui affectent l’authenticité du site;

b)  Insuffisance dans le processus de mise en œuvre de prise de décision concernant la conservation.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/2/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 8 février 2010, le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport sur l'état de conservation, soumis par l'Etat partie, qui détaille les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la décision 33 COM 7B.136 adoptée par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 33e session (Séville, 2009) ainsi que les recommandations faites par la mission conjointe d'experts Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de mars 2009:

a) Reconstruction de l'ensemble architectural de la tour de l'Église de la Compagnie de Jésus de Quito

L'État partie a présenté l'offre d'assistance du Comité du patrimoine mondial aux différents intervenants concernés, conformément à la décision 33 COM 7B.136. Le rapport signale cependant que la Compagnie de Jésus (Compañía de Jesús) "souhaite réaliser un projet qui englobe tout l'ensemble architectural des jésuites et qui inclura donc le campanile. L'étude consiste également en l'installation d'un hôtel conventuel et d'un musée jésuite". L'État partie a indiqué que les premières informations sur ce projet devaient être remises en avril 2010.

b) Évaluation multisectorielle de l'ensemble architectural

L'État partie rapporte qu'un accord a été signé entre la Municipalité de Quito et la Compañía de Jesús afin d'entreprendre une évaluation de l'ensemble architectural des jésuites et de définir les critères qui contribuent à la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les objectifs de cet accord sont: (1) coordonner les actions destinées à la conservation physique et historique du bâtiment de la Compañía de Jesús et (2) mettre en place une équipe technique de haut niveau afin de mener la nécessaire étude globale, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial, qui permettra l'utilisation des bâtiments historiques de la Compañía de Jesús en tant que campanile, hôtel et musée et leur intégration dans l'ensemble préexistant.

c) Utilisation de la structure en tant que campanile

L'État partie indique qu'une proposition alternative aux précédentes sera soumise au Centre du patrimoine mondial dès que les études seront achevées, au cours du second semestre 2010.

d) Projet touristique et mesures de sécurité afférentes

L'État partie indique que le cahier des charges pour l'offre de marché public de l'étude sur le projet touristique est en cours de rédaction à la Municipalité de Quito et que le rapport d'étude final sera rendu en septembre 2010. Il sera alors soumis au Centre du patrimoine mondial. Aucune mention n'est faite d'un éventuel rôle de l'Institut national pour le patrimoine culturel (INPC).

e) Remise des informations conformément au paragraphe 172 des Orientations

Des études sur les interventions à venir, réalisées par la commission, ont débuté en décembre 2009, elles s'achèveront en août 2010. L'État partie déclare qu'elles seront alors remises au Centre du patrimoine mondial. Aucune information n'a été donnée en ce qui concerne le mécanisme de prise de décision ou le calendrier des interventions à venir.

f) Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle

L'atelier sur "la préparation de l'inventaire rétrospectif et de la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial) et sur une introduction au deuxième cycle de rapports périodiques pour l'Amérique latine et les Caraïbes" s'est déroulé à Buenos Aires, Argentine, du 26 au 28 novembre 2009. Les participants (dont l'Équateur) ont été formés à la rédaction de la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle qui doit être remise avant le 31 juillet 2010.

L'INPC a signé un accord avec la Municipalité de Quito et le FONSAL (Fonds de sauvegarde du patrimoine culturel de Quito) afin de rédiger l'inventaire rétrospectif et la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle.

g) Délimitation du bien et cadres légaux de référence

L'État partie signale qu'il a entamé la mise à jour et la définition des limites du bien en décembre 2009, ce travail s'achèvera en août 2010. Aucune mention n'est faite d'un quelconque cadre légal.

h) Responsabilités locales et nationales du bien

L'État partie n'a donné que très peu d'informations sur ce sujet mais a précisé que la révision du cadre légal et administratif est en cours, avec la modification de la Loi sur la culture qui définira les bases d'un nouveau système culturel. La ratification de cette loi a été repoussée à février 2010. Il n'est pas fait mention d'une quelconque modification à prévoir dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.

i) Principes et règlementations des interventions sur le patrimoine architectural

Le rapport sur l'état de conservation signale que des décrets seront rédigés dans le cadre de l'inventaire rétrospectif. L'État partie précise que ces décrets seront soumis au Centre du patrimoine mondial dès que leur rédaction sera achevée. Aucun calendrier n'a cependant été défini. Il n'est en outre pas fait mention des recommandations de la mission de suivi réactif sur l'élaboration d'un plan de conservation des ensembles architecturaux religieux de Quito.

j) Communication avec le Comité du patrimoine mondial

L'État partie déclare qu'il suivra les procédures définies de communication avec l'UNESCO (par l'intermédiaire du Ministère des affaires étrangères et de la Délégation de l'État partie auprès de l'UNESCO). Aucune information n'a été donnée quant à la mise en place d'un mécanisme de décision sur les problèmes du patrimoine mondial tant au niveau local que national.

k) Autres problèmes de conservation

L'État partie n'a apporté aucune réponse aux recommandations de la mission de suivi réactif de 2009 sur les trois sujets suivants: le Palacio Legislativo (Parlement), le projet de transports en commun 'Tren ligero" et l'inventaire du patrimoine culturel architectural.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que toute intervention devrait être évaluée quant à son impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. C'est la raison pour laquelle l'évaluation multisectorielle de l'ensemble architectural ainsi que celle de ses critères devraient être soumises à l'examen du Centre du patrimoine mondial en même temps que le projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle, elles constitueraient une base de travail pour les prises de décision à venir.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives comprennent que les travaux ont été interrompus jusqu'à l'achèvement de l'étude de l'ensemble architectural des jésuites. Aucune réelle proposition n'a été faite suite aux recommandations de la mission de suivi réactif, en particulier au sujet du mécanisme de prise de décisions concernant le bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.109

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant étudié le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.136, adoptée lors de sa 33e session (Séville, 2009),

3. Prend note de la suspension des travaux de reconstruction de la tour de la Compagnie de Jésus (Compañía de Jesús) et est dans l'attente de la présentation d'une nouvelle proposition de restauration de l'usage du campanile ;

4. Prend également note de l'achèvement prochain par l'Etat partie de la délimitation définitive du bien inscrit et de sa zone tampon et de la prochaine soumission pour approbation des cartes adéquates et du cadre légal dans le cadre de l'Inventaire rétrospectif pour la région Amérique latine et Caraïbes ;

5. Demande à l'Etat partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif de 2009 et de soumettre prioritairement :

a) Une définition claire et précise des responsabilités nationales et locales dans la prise de décision pour le bien du patrimoine mondial,

b) L'examen des cadres administratifs et légaux, en particulier les modifications apportées à la Loi sur la culture et les impacts de celles-ci sur la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial,

c) Les études touristiques sur le projet de l'ensemble monumental, afin de garantir que les règles internationales et les mesures de sécurité sont bien appliquées ;

6. Demande également à l'Etat partie d'entreprendre l'évaluation globale des valeurs et critères de l'ensemble architectural des jésuites et leur contribution à l'intégrité et à l'authenticité du bien parallèlement à la rédaction du projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle ;

7. Encourage l'Etat partie à remettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives les informations relatives aux sujets suivants :

a) L'élaboration d'un plan de conservation des ensembles architecturaux religieux de Quito et l'établissement d'un inventaire du patrimoine architectural présent dans les limites du bien inscrit,

b) Conformément au paragraphe 172 des Orientations, une documentation technique sur le projet de transport public "Tren ligero", faisant Etat d'une évaluation d'impact environnemental, afin d'estimer les impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

8. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport détaillé sur l'Etat de conservation du bien et sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations détaillées ci-dessus ainsi qu'un calendrier des actions prévues pour l'année 2011, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.