1.         Centre historique de Boukhara (Ouzbékistan) (C 602bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/602/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2002)
Montant total approuvé : 71 960 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/602/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/602/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

En 2009, dans le cadre d’une mission de suivi réactif sur le site du patrimoine mondial de Samarkand, le Directeur du Centre du patrimoine mondial a eu la possibilité de visiter la ville de Boukhara et de parler de son état de conservation avec les autorités locales. Le 4 janvier 2010, le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport technique commandé par le Bureau de l’UNESCO de Tachkent, intitulé « Création du plan de gestion pour la Ville historique de Boukhara » et concernant principalement le quartier Khodja Zaynuddin, dans le Centre historique de Boukhara. Bien qu’il ne couvre qu’un quartier du Centre historique de la ville, ce rapport détaillé contient plusieurs informations et observations d’un grand intérêt pour la conservation de l’ensemble du bien du patrimoine mondial et a été préparé en coopération et consultation étroites avec le Comité des monuments de l’Ouzbékistan. Le rapport met le doigt sur plusieurs problèmes qui ont des répercussions négatives sur le bien du patrimoine mondial, à savoir :

a) l’absence d'un plan de conservation et de gestion digne de ce nom ;

b) récente construction d’un hôtel, qui risque de nuire à l’intégrité du bien ;

c) l’intensité du trafic, la pollution et la mauvaise qualité du réseau d’égout ;

d) l’emploi de matériaux et méthodes de construction modernes (principalement de la brique cuite et du ciment à la place de l’architecture traditionnelle en terre et à colombage) ;

e) l’état de conservation variable des monuments.

Sur la base de ce rapport et parce que Boukhara n’a pas fait l’objet, depuis son inscription en 1993, d’un rapport sur l’état de conservation à soumettre au Comité, le Centre du patrimoine mondial a demandé en février 2010 à l’État partie ses commentaires et des informations complémentaires.

Le 12 mars 2010, un rapport détaillé sur la conservation et la préservation de la Ville historique de Boukhara a été soumis par l’Etat partie, accompagné de plusieurs autres documents, notamment : « Rapport : situation des objets du patrimoine mondial en termes de sécurité », « Suggestion de projet pour la conservation et la restauration des remparts de la ville de Boukhara », « Programme national de conservation, restauration et utilisation du patrimoine culturel de la ville de Boukhara à l’horizon 2020 (en russe) » et « Amendement de la loi relative à la protection du patrimoine culturel d’Ouzbékistan (en russe) ».

Le rapport de l’Etat partie contient un résumé des projets et activités – passés et en cours - liés à la conservation de Boukhara. Il met en particulier l’accent sur le « Programme national » susmentionné qui, selon l’Etat partie, en est actuellement au stade de l’approbation par le Conseil des ministres. Ce programme, dont certaines activités ont apparemment déjà commencé, se déroulera en deux étapes pour un montant total d’environ 20 millions de dollars EU et prévoit la mise en place d’un SIG. Il a pour but de développer le tourisme culturel et de permettre un développement durable par la conservation et la mise en valeur du patrimoine culturel, notamment la poursuite d’un vaste projet de réhabilitation des remparts de la ville. Il devrait assurer des emplois à environ 4 000 personnes et augmenter de 50 % les recettes du tourisme.

Le rapport de l’Etat partie ne fait pas de commentaires sur les points spécifiques soulevés dans le rapport technique commandé par le Bureau de l’UNESCO à Tachkent. En revanche, il reconnaît la nécessité de finaliser l’élaboration du plan de gestion du centre historique de Boukhara ainsi que l’importance des échanges d’expérience avec d’autres pays du monde.

Tout en se félicitant des efforts entrepris par l’Etat partie, le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS considèrent que les points soulevés dans le rapport technique commandé par le Bureau de l’UNESCO à Tachkent nécessitent un examen plus poussé et justifierait une mission de suivi réactif pour aider les autorités à trouver une réponse intégrée aux nombreux problèmes de conservation technique et de développement du tourisme soulevés par le rapport. Cette mission pourrait aussi examiner l’ampleur et l’avancement du Programme national de conservation, restauration et utilisation du patrimoine culturel de Boukhara annoncé, en accordant une attention spéciale à la proposition de projet de conservation des remparts de la ville. En même temps, la mission pourrait conseiller les autorités ouzbek sur la forme et le contenu appropriés à donner au plan de gestion et de conservation du bien pour qu’il soit efficace, plan qui pourrait couvrir les questions de renforcement des capacités.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.74

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Prenant note des informations rapidement rédigées et détaillées sur l'Etat de conservation du bien fournies par l'Etat partie à la demande du Centre du patrimoine mondial,

3. Considérant la nécessité d'évaluer dans leur totalité les problèmes de conservation mentionnés dans un rapport technique soumis par l'Etat partie,

4. Demande à l'Etat partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS afin évaluer l'Etat de conservation du bien, d'étudier les recommandations du rapport technique, la portée et le contenu du «Programme national de conservation, restauration et utilisation du patrimoine culturel de la ville de Boukhara» en cours d'application, et de conseiller l'Etat partie sur la forme et le contenu appropriés à donner au plan de conservation et de gestion du bien pour qu'il soit efficace;

5. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'Etat de conservation du bien pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.