Le 29 janvier 2010, un rapport sur l'état de conservation des Églises creusées dans le roc de Lalibela a été remis par l'État partie. C'est le premier rapport remis depuis trois ans. Il fait référence aux problèmes soulignés par la décision 33 COM 7B.43 du Comité du patrimoine mondial lors de sa 33e session (Séville, 2009), faisant elle-même référence aux décisions du Comité du patrimoine mondial lors de sa 32e session (Québec, 2008)
a) Conservation
Restauration et conservation de l'église Aba Libanos: le problème de l'évacuation des eaux de cette église résulte des problèmes liés à l'abri et à l'évacuation des eaux de l'église de Biet Mercurios située au nord d’Aba Libanos à un niveau plus élevé. Des solutions provisoires ont été mises en place afin de détourner l'eau s'écoulant vers l'église Aba Libanos.
Restauration et conservation de l'église Aba Gabriel Rufael: des travaux de restauration ont été entrepris ; ceux-ci comprennent l’application d’un mortier de ciment sur le toit afin d'empêcher la pénétration des eaux de pluie, chantier entrepris suite à la formation récente d'une longue fissure sur tout le mur est de l'église. Des fonds ont été accordés par le Gouvernement éthiopien en 2008/2009 pour financer l'étude de la construction d'un abri temporaire pour cette église par des experts nationaux.
b) Suivi des abris
Suite à l'achèvement du projet d'abris en février 2008, l'État partie a prévu d'organiser des missions mensuelles de suivi. Le rapport actuel de l'État partie ne fait état du suivi qu'en termes généraux et n'établit ni sa fréquence ni ses modalités opératoires.
Le suivi de l'église d'Aba Libanos n'a révélé ni instabilité au niveau du socle de l'abri, ni impact négatif sur le bien suite à la construction de l'abri. L'État partie s'estime convaincu de la nécessité de l'abri afin de protéger l'église de toute détérioration à venir.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives rappellent qu'ils avaient vivement conseillé de ne pas construire cet abri en raison des risques potentiels de glissement de terrain que le poids de l'abri pourrait accroître d’avantage.
c) Limites et zones tampons
Les limites du bien et de sa zone tampon ont été définies suite à deux ateliers organisés par l'État partie avec l'aide technique et financière de l'Université de Dublin et du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO. Une fois approuvées par les autorités éthiopiennes, l'État partie soumettra les cartes au Comité du patrimoine mondial.
d) Mise en œuvre du plan d'action de conservation
L'État partie exprime le besoin d'une étude multidisciplinaire destinée à l'identification et à l'analyse des facteurs de délabrement et à la conception et à la mise en œuvre de solutions durables qui permettraient la suppression des abris temporaires. Dans l'attente de l'achèvement d'une telle étude, l'État partie n'estime pas que de travaux de conservation supplémentaires doivent être entrepris, à l'exception de réparations urgentes.
e) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle
L'État partie signale que des progrès ont été accomplis dans l'élaboration d'une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle rétrospective, faisant état des conditions d'authenticité et d'intégrité. Il est cependant indiqué qu'un supplément de temps pour l'élaboration est réclamé en raison des diverses questions soulevées par les participants sur l'authenticité et l'intégrité en ce qui concerne la délimitation du bien et la possibilité de changer ou d'ajouter des critères.
f) Cadre légal et réglementaire
La proclamation d'une protection légale et règlementaire est en état d'avancement (pour quatre biens du patrimoine mondial), le parlement devant la ratifier prochainement. Le bien est actuellement protégé par la Proclamation 209/2000 relative à la recherche et à la conservation du patrimoine culturel.
g) Gestion
L'État partie affirme que le plan d'aménagement de la ville historique de Lalibela a été élaboré après consultation des communautés locales et d'autres parties prenantes et sera mis en œuvre par les institutions gouvernementales concernées. Aucun détail complémentaire n'est donné quant au contenu de ce plan, entre autre sur les réglementations susceptible de maîtriser l'aménagement privé autour du bien, un sujet souligné dans les précédents rapports.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives rappellent que dans le cadre du plan d'action de conservation de Lalibela, financé par le Gouvernement norvégien, le Centre du patrimoine mondial aide l'État partie à établir le plan de gestion de site du bien. Un atelier sur la gestion du site a été organisé en décembre 2009 et a débouché sur la création d'un comité de gestion du site, un autre atelier est prévu pour juillet 2010. Une aide technique est actuellement apportée, elle a pour mission l'élaboration et la mise en œuvre du plan de gestion. Cette aide se poursuivra jusqu'en novembre 2011.
h) Autres projets
Le rapport ne fait pas état de progrès accomplis ni dans le cadre du projet de World Monuments Fund sur la conservation du bien, ni dans l'avancement du projet de développement touristique, financé par la Banque mondiale.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives rappellent que dans le cadre du plan d'action de conservation de Lalibela, le Centre du patrimoine mondial et le World Monuments Fund ont réalisé une étude interdisciplinaire, structurelle et architecturale comprenant l’analyse de l’état sanitaire pour la conservation de l'église Gabriel Rufael et entreprendront des travaux de conservation et de consolidation qui pourraient constituer un projet pilote reproductible sur d'autres parties du bien. La mise en œuvre progressive de ces travaux devrait faciliter l’enlèvement définitif des abris temporaires.
Le World Monuments Fund a mis en place un système de suivi des structures dans les églises Gabriel Rufael et Aba Libanos et a entrepris un relevé du bien au moyen d'un scanner laser et une analyse globale de ses caractéristiques architecturales et typologiques.
En outre, dans le cadre du programme du patrimoine mondial pour l'architecture en terre, le Centre du patrimoine mondial élaborera un projet de conservation financé par l'Italie, dans le village traditionnel de Lalibela qui fait partie du bien.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont informés des aspects de conservation et de mise en valeur du bien du projet de la Banque mondiale, ils sont en contact avec celle-ci et avec l'État partie afin d'atténuer tout impact négatif de ce projet sur l'intégrité du bien.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives reconnaissent les progrès accomplis dans les travaux de conservation courants (bien qu'ils soient préoccupés par l'utilisation de ciment), dans le suivi de l'impact des abris et dans la cartographie des limites. Ils remarquent que des travaux complémentaires sont nécessaires pour se conformer à la valeur universelle exceptionnelle et rappelle à l'État partie que l'ajout de critères complémentaires rendrait nécessaire la soumission d'une nouvelle nomination auprès du Comité du patrimoine mondial.
Au vu de l'aménagement urbain croissant qui menace la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien, le besoin d'accélérer la création et la mise en œuvre du plan de gestion s'avère nécessaire. Un tel plan devrait établir un lien entre la gestion des églises et le développement durable du cadre général du bien.