1.         Parc national de Yellowstone (États-Unis d'Amérique) (N 28)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1995-2003

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/28/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/28/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1995 : mission Centre du patrimoine mondial / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation minière ;

b) Gestion de la faune : bison et truite fardée ;

c) Espèces exogènes invasives ;

d) Qualité de l'eau ;

e) Construction de routes ;

f) Impact des motoneiges sur la qualité sonore et la qualité de l'air ;

g) Fréquentation élevée par les visiteurs.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/28/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 8 mars 2010, un rapport électronique sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Le rapport fournit une vue d’ensemble détaillée du statut et de la gestion des bisons, truites fardées et grizzlis, ainsi que des pressions dues aux visiteurs.

a) Gestion des bisons

L’État partie fait savoir que le Plan de gestion des bisons inter-agences (IBMP) a partiellement été revu afin d’inclure des mesures de gestion adaptative, conformément aux demandes formulées par le Comité dans sa décision 32 COM 7B.29. Deux zones adjacentes au bien ont été fermées au bétail et ouvertes aux déplacements des bisons. Une analyse des risques de transmission de la maladie du bison au bétail a été entreprise (tenant compte de la génétique des bisons), ainsi qu’une réflexion sur les moyens d’impliquer les parties prenantes dans l’IBMP.

- Progrès accomplis concernant la protection des voies migratoires des bisons : l’État partie note qu’en 2008-2009, les activités de pâturage ont cessé sur Horse Butte, péninsule adjacente à la limite ouest du parc, ouvrant ainsi cet habitat aux bisons migrateurs. De plus, en 2009, l’État du Montana a signé un accord autorisant pendant 30 ans l’accès des bisons et restreignant la présence de bétail afin que ce dernier disparaisse de la limite nord du parc à Royal Teton Ranch. L’État partie considère que cet accord et la fin du pâturage sur Horse Butte devraient permettre progressivement à de plus grands nombres de bisons migrateurs d’utiliser des habitats hivernaux le long de la rivière Yellowstone, dans un rayon de 15 kilomètres environ des limites du parc.

- Analyse des risques de transmission de la brucellose : l’État partie fait savoir qu’une analyse des risques de transmission de la maladie des bisons et élans au bétail est en cours et que le rapport définitif est attendu pour décembre 2009. L’analyse quantifie le risque de transmission de la brucellose des bisons et élans au bétail, évalue les taux de transmission au sein des populations de bisons et élans et essaie de déterminer si la vaccination des bisons pourrait aider à atténuer les risques et contribuer à l’éradication de la maladie. L’État partie rappelle qu’en 2000, l’IBMP proposait initialement de maintenir la diversité génétique des bisons en stabilisant une population de 3 000 animaux, avec des objectifs de gestion des risques de brucellose, ce qui incluait d’en abattre un certain nombre. Une récente étude scientifique sur le sujet a conclu qu’en maintenant une population générale de bisons comprise entre 2 500 – 4 500 couples, la diversité génétique actuellement présente au sein de la population de Yellowstone devrait être préservée à 90-95% pour les 200 prochaines années.

- Améliorer la participation des parties prenantes dans l’IBMP : l’État partie indique qu’un nouveau site web fournit désormais des informations actualisées sur la mise en œuvre de l’IBMP. Qui plus est, les agences partenaires de l’IBMP ont demandé conseil au U.S. Institute for Environmental Conflict Resolution sur la manière d’améliorer la participation des parties prenantes et continueront de travailler avec l’institut en 2009-2010 afin d’améliorer le processus d’engagement public.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent les progrès accomplis par l’État partie concernant l’ouverture de certains secteurs à la migration des bisons et l’amélioration de la participation des parties prenantes dans le Plan de gestion des bisons inter-agences. Toutefois, plusieurs espèces sauvages clés du parc, en dehors du bison, suivent des routes migratoires qui les conduisent à l’extérieur du bien. Si la révision du Plan de gestion des bisons inter-agences et l’acquisition de plusieurs secteurs adjacents au bien pour la migration des bisons sont les bienvenues, il est nécessaire de développer une compréhension plus détaillée du rôle écologique que les terres environnantes jouent dans le maintien des valeurs du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN suggèrent d’encourager l’État partie à poursuivre ses efforts pour protéger les voies migratoires des bisons et à accroître son engagement auprès des éleveurs qui entourent le bien afin que les paysages restent ouverts aux déplacements des bisons, y compris aux moyens de servitudes et rachats pour limiter la perte d’habitat, et également comme solution pour tenir les bisons à distance du bétail.

 

L’UICN note qu’il n’y a eu aucun cas documenté de transmission de brucellose de bisons libres au bétail, tandis que plusieurs transmissions d’élans au bétail ont eu lieu autour des terrains de pâture. Lors de l’hiver 2009, près de 30% de la population de bisons du bien a été abattue en raison d’inquiétudes sur la diffusion possible d’une maladie au bétail broutant dans les secteurs adjacents au parc. Une récente étude évaluant le risque de transmission de la maladie des bisons de Yellowstone au bétail a conclu que l’abattage était peut-être inutile, et que des solutions de gestion plus rentables pouvaient être appropriées, notamment acheter des droits de pâturage auprès des éleveurs de bétail dans quelques zones adjacentes ou dépister l’ensemble du bétail au sein d’un périmètre spécial autour du parc.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent par ailleurs que les aménagements et autres modifications d’origines humaines apportés aux paysages qui entourent Yellowstone affectent le rôle écologique que les terres environnantes jouent dans le maintien des valeurs du bien, y compris les déplacements d’animaux. Ils notent l’importance d’une coopération continue renforcée avec les propriétaires fonciers et gestionnaires de terres au sein de l’Écosystème du Grand Yellowstone, et de l’élaboration d’une vision et d’un plan d’action à long terme pour une gestion intégrée du bien et de ses environs.

 

b) Truites fardées

L’État partie fait savoir qu’un panel scientifique a revu le programme pour supprimer les espèces envahissantes de truites de lac des rivières du bien. Le panel a noté que la truite fardée, et le rôle qu’elle joue dans l’écosystème du bien, sont sérieusement menacés par l’expansion continue des espèces de truites de lac envahissantes. Le panel a conclu que le programme de suppression des truites de lac ne peut réussir avec son budget actuel et que les efforts d’éradication des truites de lac doivent être intensifiés pendant un minimum de six ans. L’État partie note que le parc national de Yellowstone est en train de mettre en œuvre les recommandations du panel scientifique en élaborant une stratégie pour obtenir des fonds supplémentaires afin de soutenir l’intensification des efforts pour se débarrasser des truites de lac. Qui plus est, l’État partie indique qu’un plan pour la préservation et restauration de la truite fardée de Yellowstone sera élaboré en 2010. Ce plan étudiera et traitera également les effets du niveau d’eau réduit du lac, de la sècheresse et du changement climatique sur le rétablissement de la truite fardée, comme demandé dans la décision 32 COM 7B.29.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN accueillent avec satisfaction les efforts de l’État partie pour rapidement mettre en œuvre les recommandations du panel scientifique sur le rétablissement de la truite fardée. Ils prient l’État partie de veiller à ce qu’un financement approprié soit obtenu pour intensifier les efforts de suppression des truites de lac dans les six années à venir. Il devrait être demandé à l’État partie de soumettre une copie du plan pour la préservation et restauration de la truite fardée de Yellowstone dès qu’il sera disponible, faisant état du niveau de fonds obtenus.

c) Les risques encourus par les grizzlis suite à la baisse du nombre de pins à écorce blanche

L’État partie fait savoir que les grizzlis de Yellowstone ont été de nouveau placés sous protection fédérale en vertu de la loi sur les espèces menacées (Endangered Species Act), en raison de la possibilité que les effets du changement climatique mondial sur les pins à écorce blanche affectent sérieusement leur population de quelque 600 individus (les pommes des pins à écorce blanche sont une importante source de nourriture pour les grizzlis). Depuis 2000, les dendroctones du pin ponderosa ont entraîné une mortalité substantielle et continue des pins à écorce blanche, susceptible d’être exacerbée par le changement climatique et la concurrence d’espèces telles que le pin vrillé (pinus contorta) qui pousse mieux dans les sites plus chauds. L’État partie note qu’une importante mortalité de pins à écorce blanche a déjà été rencontrée dans les années 1930 et 1970 (également causée par le dendroctone du pin ponderosa) et que, lors de ces périodes de déclin, les grizzlis de Yellowstone se sont tournés vers d’autres aliments, notamment viande d’ongulés, noctuelles et colonies de fourmis. L’État partie note que bien qu’il ne soit pas possible de prédire de quelle manière la modification du nombre de pins à écorce blanche va affecter la population de grizzlis, les plus grandes menaces pour la survie des grizzlis restent les facteurs humains tels que les routes, la quantité d’habitats sûrs disponibles et le nombre d’ours tués par les chasseurs.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que la population de grizzlis est un élément essentiel de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Si le statut du pin à écorce blanche reste préoccupant, certaines indications portent à croire que les grizzlis sauront se tourner vers d’autres sources de nourriture. Étant donné que la population de grizzlis de Yellowstone ne compte que quelque 600 individus, l’UICN recommande que l’État partie revoie la connectivité de la population avec la population d’ours plus importante de la région, ainsi que la nécessité d’atténuer davantage le conflit hommes-ours, que l’État partie reconnaît être une des principales causes de mortalité pour les ours.

d) Réduire les impacts des visiteurs

L’État partie reconnaît que des pressions constantes en raison d’une fréquentation élevée du site sont un problème récurrent. Pour traiter en partie ce problème, un programme de durabilité destiné à réduire les impacts à la fois de la fréquentation et du fonctionnement du parc est en train d’être mis en œuvre, tandis que les nombres de visiteurs et leurs impacts continuent d’être évalués, notamment la fréquentation hivernale et les impacts des motoneiges. Le programme de durabilité, intitulé Yellowstone Environmental Stewardship (YES), complète le programme de gestion environnementale du parc et devrait aider à réduire davantage son empreinte écologique. L’État partie note que les nombres de visiteurs se sont stabilisés entre 2,8 et 3,1 millions par an. Concernant la fréquentation hivernale et les impacts des motoneiges, l’État partie rappelle que depuis ces cinq dernières années, un programme d’utilisation hivernale gérée est en place. Les motoneiges continuent d’être interdites en dehors des routes, doivent utiliser la meilleure technologie disponible (ce qui réduit leur émissions de 70-90%), et le nombre de groupes de motoneiges et snow-coaches est resté constant. L’État partie note par ailleurs que les impacts des motoneiges et snow-coaches sont relativement similaires et qu’ils provoquent peu d’impacts connus sur les bisons et élans. Un plan hivernal intermédiaire a été achevé pour guider leur utilisation lors des saisons 2009-2010 et 2010-2011.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent les efforts de l’État partie pour gérer le grand nombre de visiteurs sur le bien. Ils recommandent à l’État partie de continuer à surveiller les impacts de la présence touristique, en particulier la fréquentation hivernale et les motoneiges, et d’adapter le programme Yellowstone Environmental Stewardship et les plans d’utilisation hivernale en conséquence.

e) Autres points de conservation préoccupants – le déclin potentiel des populations de loups

L’UICN a reçu des rapports d’ONG indiquant que le récent retrait des loups de la liste des espèces protégées dans l’Idaho et le Montana, qui a conduit à la première chasse publique de loups depuis des décennies, s’est traduit par l’abattage de la meute de Cottonwood Yellowstone après qu’elle a franchi les limites du bien. Étant donné que la survie à long terme de la population de loups de Yellowstone dépend de sa connectivité avec les populations du centre de l’Idaho et du nord-ouest du Montana, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent que l’État partie s’interroge sur la manière dont la chasse publique des loups dans les terres publiques et privées voisines peut avoir un impact sur la population de loups au sein du parc national de Yellowstone et veille à ce que la population de loups de Yellowstone reste stable.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.28

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.29, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Accueille favorablement les progrès accomplis par l'Etat partie en faveur de l'ouverture de certaines zones à la migration des bisons et l'amélioration de la participation des parties prenantes dans le Plan de gestion des bisons inter-agences;

4. Encourage l'Etat partie à poursuivre ses efforts pour protéger les routes migratoires des bisons et accroître son engagement auprès des éleveurs implantés autour du bien afin de garder les paysages ouverts aux déplacements des bisons pour garantir la bonne conservation de cette espèce clé du bien ;

5. Accueille également favorablement les efforts de l'Etat partie pour rapidement mettre en œuvre les recommandations du panel scientifique concernant la restauration de la population de truites fardées du bien et prie l'Etat partie de veiller à ce qu'un financement approprié soit obtenu pour intensifier les efforts de suppression des truites de lac dans les six années à venir ;

6. Demande que, étant donné la petite taille de la population de grizzlis de Yellowstone, l'Etat partie essaie d'accroître la connectivité de la population avec la population plus importante d'ours de la région, et considère la nécessité d'atténuer davantage le conflit hommes-ours;

7. Prie vivement l'Etat partie de s'interroger sur la manière dont le récent retrait des loups de la liste des espèces protégées dans l'Idaho et le Montana et leur chasse sur les terres publiques et privées environnantes peut avoir un impact sur la population de loups au sein du bien ;

8. Encourage également l'Etat partie à développer une compréhension plus détaillée du rôle écologique que les terres environnantes jouent dans le maintien des valeurs du bien et à élaborer une vision et un plan d'action à long terme pour une gestion intégrée du bien et de ses environs ;

9. Demande enfin à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport détaillé sur l'Etat de conservation du bien et les progrès accomplis dans la gestion des différents points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en2012.