En réponse aux décisions prises par le Comité du patrimoine mondial en 2009 (décision 33 COM 7A.22), l’État partie a soumis, le 29 janvier 2010, un rapport exhaustif sur les activités entreprises à Bam et son paysage culturel, un dossier de proposition d’inscription actualisé et une proposition de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle. Le rapport était accompagné d’une lettre contenant de nouveaux éléments d’information sur l’état de conservation du bien.
La mise à jour du dossier de proposition d’inscription avait été demandée par le Comité du patrimoine mondial pour être sûr qu’il soit complet, suite à l’inscription du bien en 2004 conformément à la procédure d’urgence. Le texte contenu dans le dossier original ne concernait qu’une petite partie du bien actuellement classé - la Citadelle. Suite à une recommandation de l’ICOMOS, le Comité du patrimoine mondial a ultérieurement décidé d’inscrire une zone beaucoup plus vaste, allant jusqu’inclure l’ensemble du paysage culturel de Bam. D’où la nécessité pour l’État partie de mettre à jour et de compléter les documents de proposition d’inscription avec les informations relatives à cette extension du bien. C’est maintenant chose faite.
Quant aux mesures correctives identifiées par le Comité du patrimoine mondial, l’État partie note ce qui suit :
a) Des progrès ont été réalisés en 2009 concernant la conservation d’urgence, la stabilisation générale et la restauration du secteur de l’Arg-e-Bam. Ces travaux qui étaient concentrés sur les zones restantes dans l’enceinte de la Citadelle, dont la stabilisation d’urgence afin d’éviter tout autre effondrement structurel, l’élimination des débris, la conservation et la reconstruction.
b) Les vestiges archéologiques découverts lors des opérations de déblaiement ont été conservés et documentés.
c) En janvier 2010, le Conseil supérieur iranien de l’Architecture et de l’Urbanisme a approuvé le plan de gestion globale de Bam et son paysage culturel en annexe au plan directeur urbain spécial existant pour la ville de Bam. Ce plan a été mis en place sur une période de cinq ans, avec l’aide du fonds-en-dépôt UNESCO-Japon et le Bureau régional de l’UNESCO à Téhéran.
d) En ce qui concerne la définition précise des limites de protection du bien, et suite à l’approbation par le Comité du patrimoine mondial d’une extension de sa zone tampon en 2007, des études archéologiques et des relevés du paysage culturel ont été effectués. Les planches d’illustration définitives sont en préparation.
e) Comme indiqué en 2009, les mesures prises pour sauvegarder le bien incluent la mise en place d’un service de sécurité composé de 11 gardes permanents, équipés de véhicules, qui est opérationnel depuis 2007.
En 2009, l’État partie s’attendait à des difficultés pour appliquer les mesures correctives approuvées par le Comité du patrimoine mondial d’ici à 2010, mais n’a pas proposé d’autre alternative. Le rapport de 2010, soumis par l’État partie, n’apporte aucune nouvelle clarification sur ce point.
Enfin, le Bureau de l’UNESCO à Téhéran après une mission à Bam en février 2010 au titre des projets des fonds-en-dépôt, a attiré l’attention sur certains chantiers de démolition et empiètements à l’intérieur du bien qui semblent ne pas être conformes aux contrôles de planification et pourraient avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.
Bien qu’il soit évident que la réhabilitation de Bam et son paysage culturel nécessitera encore plus de temps et de soutien, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives constatent que la plupart des mesures correctives identifiées, si ce n’est la totalité, ont été mises en œuvre ou sont en cours grâce à l’aide financière provenant des fonds-en-dépôt japonais et italien. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives observent que c’est le premier plan de gestion du patrimoine mondial iranien élaboré selon une approche participative.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment par conséquent qu’il serait justifié d’organiser fin 2010 une mission de suivi réactif sur le bien pour faire le point sur l’état de conservation actuel, y compris les démolitions et l’empiètement à l’intérieur du bien, et de vérifier si l’état de conservation souhaité est atteint. Dans l’affirmative, le Comité du patrimoine mondial pourrait envisager le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2011.