1.         Minaret et vestiges archéologiques de Djam (Afghanistan) (C 211rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2002

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2002-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

a) Accroissement des capacités du personnel du ministère afghan de l'Information et de la Culture chargé de la préservation du bien ;

b) Identification précise et marquage clair des limites et zones tampons du bien du patrimoine mondial ;

c) Garantie de stabilité et conservation à long terme du minaret de Djam ;

d) Sécurisation garantie du bien ;

e) Développement et mise en œuvre d'un système global de gestion incluant une politique de conservation à long terme.

Mesures correctives identifiées

a) Développement de capacités du appropriées du ministère de l'Information et de la Culture par l’élaboration et la mise en œuvre d'un programme de formation adéquat en gestion et conservation ;

b) Identification précise et marquage clair des limites et zones tampons du bien du patrimoine mondial, par :

(i) étude topographique et archéologique des surfaces et redéfinition des zones centrale et tampon, et identification des zones affectées par des fouilles illicites ;

(ii) marquage de la zone centrale comme « zone protégée du patrimoine mondial » ;

(iii) révision officielle des limites du bien du patrimoine mondial en fonction des résultats des études réalisées afin de compléter la valeur universelle exceptionnelle déjà identifiée ;

c) Consolidation et conservation à long terme du minaret et des vestiges archéologiques, en :

(i) menant à bien la documentation et le relevé du minaret et des vestiges archéologiques ;

(ii) réalisant une étude du sol à proximité du minaret pour obtenir des informations sur la cause de son inclinaison et pour définir des mesures de consolidation à long terme ;

(iii) surveillant de manière régulière et systématique l'inclinaison du minaret ;

(iv) établissant un inventaire complet de la décoration, avec numérisation et système de référence, pour les huit faces de la base du minaret ;

(v) mettant en œuvre une restauration d'urgence de la décoration de surface du minaret ;

d) Sécurisation du bien par :

(i) contrôle strict des fouilles illégales et protection du site contre le pillage, notamment en engageant un nombre suffisant de gardes formés ;

(ii) mise en œuvre de mesures pour faire appliquer la loi 2004 de préservation des monuments culturels et historiques ;

e) Développement et mise en œuvre d'un système de gestion par une formation adéquate du personnel du ministère de l'Information et de la Culture chargé du bien.

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Un minimum de quatre ans a été convenu en 2007, c'est-à-dire jusqu'en 2011.

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/211/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 20 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/211/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 845 000 dollars EU fournis par le gouvernement italien et 138 000 dollars EU par le gouvernement suisse. 

Missions de suivi antérieures

Bien qu’aucune mission de suivi réactif à proprement parler n’ait eu lieu, des missions d'experts UNESCO sont envoyées tous les ans depuis 2002 pour la mise en œuvre des projets opérationnels en faveur du bien. Néanmoins, depuis 2007, aucune mission d'experts UNESCO n’a pu être envoyée en raison de la situation qui s'est détériorée et des restrictions pour les Nations Unies dues à des problèmes de sécurité. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/211/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 26 avril 2010, l’État partie n’avait pas soumis de rapport d’avancement sur la mise en œuvre des mesures correctives ni de projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’intégrité et authenticité, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (décision 33 COM 7A.20).

Aucune mission du Centre du patrimoine mondial n’a pu être envoyée sur le bien en 2009 pour accompagner le projet UNESCO/Fonds-en-dépôt italien de consolidation d’urgence des monuments d’Herat et Djam. Le Centre du patrimoine mondial comprend également qu’aucun travail de conservation in situ n’a été entrepris en 2009. Et ce, en raison de la dégradation des conditions de sécurité.

Quoi qu’il en soit, certaines informations sur l’état de conservation du bien ont été transmises au Centre du patrimoine mondial par le bureau de l’UNESCO à Kaboul et par les représentants du ministère afghan de la Culture, lors de la réunion du groupe de travail d’experts sur Bamiyan, qui s’est tenue les 25 et 26 mars 2010 à Munich, Allemagne.

En ce qui concerne certaines mesures correctives précédemment identifiées par le Comité du patrimoine mondial, les progrès suivants ont été notés :

a) Identification des limites et des zones tampons du bien

En raison de restrictions dues à des problèmes de sécurité, aucun expert international n’a pu visiter le bien. C’est pourquoi le Centre du patrimoine mondial a identifié une ONG locale, Afghan Land Consulting Organization (ALCO) basée à Kaboul, capable d’effectuer certaines activités à Djam. Accompagnée par deux fonctionnaires du ministère de l’Information et de la Culture (MoIC), ALCO va entreprendre une mission sur le site afin de réaliser une étude topographique et archéologique. Financée par le projet de fonds-en-dépôt suisse/UNESCO, cette mission entend clairement définir les limites du bien et créer une documentation complète en 3D du minaret.

b) Consolidation et conservation à long terme du minaret, sécurisation du bien et renforcement des capacités du personnel du ministère afghan de l’Information et de la Culture

Selon le bureau de l’UNESCO à Kaboul, le ministère de l’Information et de la Culture d’Afghanistan a doté le site de gardes afin de le protéger du pillage.

Les discussions à Munich avec le sous-ministre de la Culture et les hauts fonctionnaires afghans ont conduit à l’élaboration d’un plan de travail révisé du projet de fonds-en-dépôt Italie/UNESCO. Suite à l’approbation par le gouvernement italien le 16 avril 2010, de ce plan révisé, , le Centre du patrimoine mondial envisage d’effectuer les activités suivantes en 2010 :

i) étude géophysique des fondations du minaret ;

ii) réalisation d’un mur de protection grâce à la construction d’un écran étanche sous le mur de soutènement le long des deux rivières afin d’empêcher l’érosion et les courants de miner le minaret ;

iii) travaux de conservation sur le minaret, notamment remplacement des éléments en bois internes ;

iv) formation des gardes du site et du personnel du MoIC pour renforcer la sécurité du site ;

v) formation des experts/fonctionnaires afghans du MoIC sur l’utilisation du matériel de mesure de sorte qu’ils puissent réaliser seuls par la suite le suivi de l’inclination du minaret.

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent les mesures prises par l’État partie pour doter le site en gardes afin de prévenir le pillage, ainsi que son soutien technique et financier continu, et l’engagement de la communauté internationale, pour atteindre l’état de conservation souhaité de Djam. Ils regrettent qu’aucun rapport sur l’état de conservation ni Déclaration de valeur universelle exceptionnelle n’aient été soumis, l’absence d’un véritable système de gestion du site et les carences en capacité au sein du ministère de l’Information et de la Culture d’Afghanistan. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives considèrent que la réalisation d’une étude topographique et archéologique est essentielle pour convenablement envisager et mettre en œuvre une stratégie de conservation efficace pour le bien. Elle ne devrait pas être limitée au minaret. L’étude devrait également inclure l’ancien établissement non négligeable, dont l’étendue et les vestiges n’ont pas encore été définis. La mise en œuvre des activités proposées, ainsi que les initiatives de formation envisagées dans le cadre du projet de sauvegarde de Bamiyan en cours, contribueront considérablement au renforcement des capacités du personnel du ministère de l’Information et de la Culture. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives aideront l’État partie à préparer la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, dans le cadre de l’exercice de soumission de rapports périodiques pour la région Asie- Pacifique.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7A.22

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7A.Add,

2. Rappelant les décisions 32 COM 7A.20 et 33 COM 7A.20 adoptées à ses 32e (Québec, 2008) et 33e (Séville, 2009) sessions respectivement,

3. Regrette que l'Etat partie n'ait pas soumis de rapport sur l'Etat de conservation, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session ;

4. Note les efforts de l'Etat partie pour sauvegarder le bien dans des conditions extrêmement difficiles en plaçant des gardes sur le site, ainsi que l'engagement de la communauté internationale en vue d'atteindre l'Etat de conservation souhaité pour le bien ;

5. Réitère sa demande à l'Etat partie de poursuivre ses efforts en faveur de la mise en œuvre des mesures correctives adoptées à sa 31e session (Christchurch, 2007) ;

6. Réitère également sa demande à l'Etat partie d'élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, incluant les conditions d'intégrité et d'authenticité, pour examen par le Comité du patrimoine mondial ;

7. Fait appel à la communauté internationale, en coopération avec le Centre du patrimoine mondial, à maintenir son soutien technique et financier dans le but de mettre en œuvre les mesures correctives convenues et, en particulier, les priorités identifiées dans les recommandations de la réunion du groupe d'experts tenue à Rome en juin 2008, incluant le renforcement des capacités nationales ;

8. Demande à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport d'avancement sur la mise en œuvre des mesures correctives, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011;

9. Décide de maintenir le Minaret et vestiges archéologiques de Djam (Afghanistan) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 34 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'Etat de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-10/34.COM/7A, WHC-10/34.COM/7A.Add, et WHC-10/34.COM/7A.Add.2),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :