1.         Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (Jérusalem (site proposé par la Jordanie)) (C 148rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1982-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

(cf. document CLT 82/CH/CONF.015/8)
« […] Ils ont considéré que la situation de ce bien correspond aux critères mentionnés dans l’avis de l’ICOMOS, et en particulier aux critères (e) (perte significative de l’authenticité historique) et (f) (dénaturation grave de la signification culturelle) du cas de "péril prouvé" et aux critères (a) modification du statut juridique du bien, de nature à diminuer le degré de protection), (b) (carence d’une politique de conservation) et (d) (menaces du fait du plan d’urbanisme) du cas de "mise en péril". […] »

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

La conjoncture politique ne permet pas à ce stade de définir un état de conservation souhaité.

Mesures correctives identifiées

Dans le contexte actuel, seules des activités spécifiques sont possibles, comme la mise en œuvre de celles envisagées dans le cadre du Plan d’action de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel de Vieille Ville de Jérusalem.

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Le calendrier est lié à l’évolution de la situation générale sur le terrain. Plus spécifiquement, la mise en œuvre du Plan d’action dépend de possibles ressources extrabudgétaires.

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/148/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1982-1982)
Montant total approuvé : 100 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/148/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : environ 4.000.000 dollars EU (depuis 1988)

Missions de suivi antérieures

Février-mars 2004 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; de septembre 2005 à mai 2008 : 6 missions d'experts dans le cadre de l'élaboration du Plan d'action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem ; février-mars 2007 : mission spéciale Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM dépêchée par le Directeur général de l'UNESCO pour la question de la Rampe des Maghrébins ; août 2007, janvier et février 2008 : missions concernant l'application du mécanisme de suivi renforcé ; mars et décembre 2009 : missions du Centre du patrimoine mondial.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/148/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Un rapport a été transmis par la Commission nationale israélienne pour l’UNESCO au Centre du patrimoine mondial le 28 janvier 2010, et par le Ministère jordanien du Waqf, par le biais de la Délégation permanente de Jordanie, le 30 mars 2010. Il est à noter que, depuis 1967, la Vieille ville de Jérusalem est administrée de facto par les autorités israéliennes. Tous les nouveaux projets de construction et de conservation relèvent donc en principe de la juridiction administrative de la Municipalité israélienne et sont généralement placés sous le contrôle de l'Autorité des Antiquités d’Israël (IAA).

I. Rapport des autorités israéliennes

Le rapport des autorités israéliennes présente tout un ensemble d’activités, dont les principales sont résumées ci-après :

a) Planification :

(i) Plan de revitalisation

Les travaux ont progressé à deux niveaux : le plan concernant le domaine public (rues, ruelles, souks) et des plans détaillés pour des zones précises.

(ii) Plan de directives de conservation et de construction

Jusqu’à l’approbation du Plan de revitalisation, un plan statutaire provisoire propose de présenter des directives de conservation et de suivi afin d’obtenir des accords et des permis de construire.

(iii) Amélioration du domaine public, de l’infrastructure et des façades

Un manuel de directives est en préparation concernant la conception des pavages et mobilier urbain. Ces directives seront intégrées dans les plans d’amélioration des rues, la modernisation des infrastructures et la restauration des façades. Des travaux de modernisation des infrastructures autour de la Porte de Jaffa/Bab al-Khalil ont commencé. Ils inclueront une nouvelle gestion de la circulation des véhicules et des piétons, un nouveau pavage des rues et un nouvel éclairage. L’amélioration des façades est prévue en même temps.

(iv) Accessibilité, nettoyage et entretien

À l’issue d’une enquête sur le domaine public menée en 2009, un Plan directeur d’accessibilité dans la Vieille ville inclura les informations destinées aux touristes, un fléchage des rues, des itinéraires touristiques, des ascenseurs, etc. La Municipalité a sous-traité le nettoyage et l’entretien à une entreprise chargée de mettre en œuvre un nouveau plan d’action pour le ramassage des ordures.

b) Projets de conservation :

(i) Réhabilitation et préservation de monuments dans la Vieille ville :

Des travaux ont été effectués sur les « tombes ottomanes » à l’intérieur de la Porte de Jaffa dans la Vieille ville et des projets de conservation ont été menés à bien à Sainte-Marie des Teutons, à la Porte Sainte-Marie, au Saint-Sépulcre et à l’église du Messie.

 (ii) Réhabilitation et gestion des remparts et portes de la Vieille ville :

Les travaux de conservation se poursuivent à l’angle nord-ouest de la Vieille ville vers l’angle sud-ouest et des travaux ont commencé sur le mur sud de la Porte de Sion vers la Porte Dung.

c) Travaux archéologiques :

(i) Tunnels et place du Mur occidental

Les travaux archéologiques se poursuivent dans les tunnels du Mur occidental, entres autres avec la finalisation du projet biennal de consolidation des voûtes situées sous la Madrasa Baladiyya, la stabilisation des plafonds du tunnel hasmonéen et la création de routes d’accès pour le public vers la piscine du Struthion.

(ii) Fouilles de sauvetage

Diverses fouilles sont menées dans la Vieille ville et aux alentours, en liaison avec des projets de construction : Place du Mur occidental, tunnels du Mur occidental, Hôtel Gloria dans le quartier chrétien, rue Al Ward, Hosh Saqsaq, Sainte-Marie des Teutons, rue Omer, rue Misgav Ladakh (pour construire un ascenseur entre le quartier juif et la Place du Mur occidental).

d) Travaux de construction :

(i) Place du Mur occidental

Concernant le bâtiment Strauss, le plan de nouveaux espaces de bureaux, de salles de repos et d’un poste de police a été approuvé en décembre 2009. Le bâtiment comportera aussi une nouvelle entrée vers les tunnels du Mur occidental et vers le Centre d’accueil des visiteurs. Du côté ouest de la Place, la Fondation du patrimoine du Mur occidental compte ouvrir un institut éducatif avec des bureaux, un centre d’information et un auditorium situés au-dessus des antiquités découvertes lors des fouilles. Le plan n’est pas encore déposé. Un autre plan d’amélioration du Centre Davidson a été initié ainsi qu’un plan d’ascenseur qui relierait le quartier juif à la Place pour en développer les fonctions.

(ii) Parc de stationnement souterrain à la Porte de Sion

Le plan révisé du parc de stationnement souterrain doit être soumis prochainement, ainsi que le plan des nouveaux immeubles résidentiels cités plus haut.

e) Plans et activités à l'extérieur des remparts de la Vieille ville :

Le rapport mentionne également plusieurs projets à l'extérieur des remparts de la Vieille ville, notamment sur le Mont Sion : fouilles, amélioration du domaine public, efforts de conservation dans l’ensemble de la Tombe de David et au Cénacle. Le rapport signale aussi l’aménagement de Jérusalem-Est, dans les quartiers de Sheikh Jarah et de Wadi Joz, la Porte de Damas et plusieurs lieux de fouilles, notamment à la Nouvelle Porte, la Porte des Lions et à Wadi Hilwa (Ville de David). Le rapport mentionne aussi le Plan d’ensemble de Jérusalem (1968) et le Schéma directeur d’urbanisme (2000). Ce dernier, approuvé pour dépôt à la Commission de planification du District, inclut une définition de trois zones de conservation : la Vieille ville, le bassin visuel de la Vieille ville et la ville historique.

Le rapport reçu des autorités israéliennes mentionne également les travaux exécutés par le Waqf de Jérusalem au Haram ash-Sharif (voir ci-dessous le rapport des autorités jordaniennes) et les travaux entrepris au Saint-Sépulcre, à la fois par les Franciscains et par le Patriarcat grec-orthodoxe, en particulier la conservation des éléments architecturaux du clocher par l’Autorité des Antiquités d’Israël.

II. Rapport des autorités jordaniennes

Le rapport reçu de la Délégation permanente de Jordanie fournit des informations sur les travaux menés par le Ministère du Waqf sur le Haram ash-Sharif, à savoir :

a) Travaux d’entretien du stuc et des mosaïques à l’intérieur du Dôme du Rocher ;

b) Restauration des murs intérieurs en marbre du Dôme du Rocher ;

c) Divers travaux de restauration et d’entretien à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa : stuc, pierre, décoration en marbre et panneaux en bois ;

d) Restauration du porche est et de la cour de la mosquée Al-Aqsa ;

e) Restauration du pavage des cours de la mosquée Al-Aqsa ;

f) Restauration des murs de l’école Al-Khanthania ;

g) Restauration des murs et plafonds du cinquième porche d’Al-Marwani et étude pour la restauration de ses colonnes ;

h) Travaux sur les toits de la bibliothèque Al-Aqsa et du Musée islamique ;

i) Études de mise en place d’un système anti-incendie à Haram ash-Sharif.

Le rapport insiste sur la difficulté d’apporter des matériaux de restauration à l’intérieur du Haram ash-Sharif et sur le fait que les autorités israéliennes n’ont pas autorisé le Waqf à installer le croissant au-dessus du Dôme du Rocher, ni à faire entrer des carreaux pour restaurer le Dôme, ni à installer un équipement d’éclairage sur le site.

La majeure partie du rapport traite cependant des fouilles menées par les autorités israéliennes en divers lieux autour de la mosquée Al-Aqsa et de la place Al-Buraq, et sous la rue Al Ward[1]. Le rapport signale notamment « le fait que des observateurs étrangers et des experts musulmans du Waqf ont été empêchés d’inspecter les sites de fouilles archéologiques israéliens […] pose de nombreuses questions quant aux intentions des Israéliens concernant ces projets archéologiques ». D’autres fouilles sont mentionnées autour des palais omeyyades, à Al-Khanqah Al-Salahiya au nord-est de la Vieille ville, ainsi que des travaux à l’extérieur du mur ouest de l’église du Saint-Sépulcre. Le rapport déplore la construction d’une synagogue comportant des murs et des colonnes en béton armé rue Al-Ward, édifiée sur un terrain saisi qui appartenait au Waqf, tout près du Hammam Al-Ain et du Hammam Al-Shifa.

Dans leur rapport, les autorités jordaniennes se déclarent également préoccupées des fouilles archéologiques entreprises par les autorités israéliennes à l’extérieur des remparts de la Vieille ville dans le quartier de Silwan, et du creusement de tunnels vers la mosquée Al-Aqsa. Ces tunnels ont entraîné l’écroulement de bâtiments à Silwan et pourraient affecter la structure des remparts de la Vieille ville et du Haram ash-Sharif. Les autorités jordaniennes mentionnent plusieurs autres activités entreprises par les autorités israéliennes en dehors de la Vieille ville, comme la construction du tramway, la restriction des déplacements et les modifications de l’équilibre démographique de la Vieille ville.

III. Plan d’action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem

Avec les fonds restants au titre du Plan d’action financé par le Gouvernement italien au second semestre 2009, des « ateliers d’activités culturelles pour les jeunes », animés par des spécialistes locaux, ont été organisés avec succès par le Centre social Burj Luq Luq.

Les 48 éducateurs et les 50 enfants qui ont participé à ces ateliers ont fait part de leur enthousiasme à propos de cette expérience portant sur le patrimoine culturel de la Vieille Ville ; les éducateurs sont prêts à répéter cette initiative avec leurs élèves dans les années à venir. Le kit « Le patrimoine mondial aux mains des jeunes » a été reproduit en de nombreux exemplaires et sera disponible pour de futurs cours de formation. Qui plus est, 65 enfants et jeunes ont participé avec enthousiasme à un stage de photographie/vidéo ; une exposition de leurs travaux a été organisée au Centre social.

Le Centre du patrimoine mondial attend l’approbation d’une requête soumise aux autorités italiennes, demandant d’affecter les fonds restants à l’achèvement de la restauration de plusieurs bâtiments résidentiels dans le quartier chrétien. L’objectif est d’améliorer la qualité de vie des résidents – qui comptent parmi les familles les plus pauvres de la Vieille Ville – tout en préservant les bâtiments historiques appartenant à la Custodie de Terre Sainte. Un volet formation, essentiel pour améliorer les compétences du personnel local en matière de conservation, devrait être définitivement inclus dans le projet et permettre de tester le Manuel de restauration réalisé dans le cadre du Plan d’action.

Concernant la restauration de l'église Saint-Jean Baptiste, financé par la Fondation A. G. Leventis, les activités de la première phase sont centrées sur des études préliminaires et sur la conception architecturale pour définir en détail les interventions de restauration à effectuer dans les années à venir. L’étude architecturale détaillée de l’église et l’évaluation de son état de conservation ont été effectuées par l’expert sélectionné, en concertation avec un archéologue spécialisé dans l’interprétation des constructions de la fin de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge. Avant la préparation du projet final, il a été décidé de retirer le pavage moderne en ciment de la crypte pour permettre l’évaporation de l’humidité et de mener des recherches archéologiques supplémentaires sous le pavage. Ces dernières recherches seront effectuées par l’École biblique du Couvent des Dominicains de Jérusalem au second semestre 2010.

IV. Autres projets

Le développement d’un Institut de la préservation du patrimoine architectural, en partenariat avec la Welfare Association, et grâce à un financement de la Commission européenne (700.000 euros) qui a débuté en 2007, entre dans sa dernière phase. Sur la base du programme établi par l’ICCROM, un cours pilote et trois cours de base de longue durée ont eu lieu, ainsi que deux séminaires et trois brèves sessions de formation intensive (pour environ 150 stagiaires). Les formateurs ont également reçu une formation. Un centre de documentation doté d’une bibliothèque spécialisée, d’une base de données, d’un site Internet et de publications a aussi été créé, jetant ainsi les bases du futur Institut.

Pour donner suite au projet d’établissement d’un Centre de restauration des manuscrits islamiques – situé dans la Madrasa Al-Ashrafiyyah, à l’intérieur du Haram al-Sharif –, un nouveau projet de renforcement des capacités, financé au titre du Programme ordinaire de l’UNESCO (190.000 dollars EU), a été mis au point. Ce nouveau projet vise à renforcer les capacités du personnel en matière de restauration du papier et d’inventaire électronique, de manière à assurer la conservation à long terme de cette collection inestimable de manuscrits et autres documents historiques qui se trouvent dans un état de dégradation avancée.

Le projet « Sauvegarde, rénovation et revitalisation du Musée islamique du Haram ash-Sharif et de sa collection », financé par le Royaume d’Arabie saoudite, a démarré en 2009. Les principales activités prévues consisteront essentiellement à évaluer et inventorier les collections, améliorer les mesures de conservation, moderniser les réserves et les espaces d’exposition et renforcer les capacités en matière de conservation, de gestion et d’administration.

V. La Rampe des Maghrébins

À sa 31e session (Christchurch, Nouvelle-Zélande, juillet 2007), le Comité du patrimoine mondial a adopté la décision 31 COM 7A.18, dans laquelle il demandait « au Centre du patrimoine mondial de faciliter la rencontre professionnelle au niveau technique entre les experts israéliens, jordaniens et ceux du Waqf afin de discuter des propositions détaillées pour la conception finale proposée pour la Rampe des Maghrébins, avant toute décision finale ». En conséquence, deux réunions professionnelles se sont tenues à Jérusalem les 13 janvier et 24 février 2008 entre les experts israéliens et jordaniens (y compris ceux du Waqf).

Malheureusement, aucune autre réunion n’a eu lieu depuis cette date, en dépit des nombreuses demandes du Comité du patrimoine mondial et du Conseil exécutif de l’UNESCO. En fait, la dernière réunion, prévue le 12 novembre 2008, a été reportée à la demande des autorités jordaniennes « à une date qui permettrait à ses propres experts et leur équipement d’accéder au site, afin de prendre les mesures appropriées, nécessaires à l’achèvement du plan du projet ». Malgré une consultation bilatérale entre la Jordanie et Israël, cette visite na pas été possible.

Dans leur rapport de janvier 2010, les autorités israéliennes indiquent que : « Conformément à la décision du Conseil national pour la planification et la construction, un autre plan était établi pour la Rampe des Maghrébins afin de conserver l’authenticité et l’intégrité du site comme l’indiquaient les recommandations du Comité du patrimoine mondial et de ses Organisations consultatives. Le processus d’approbation de ce plan ne s’achèverait qu’après la publication officielle des principes approuvés de planification ». L'UNESCO a accusé réception de cette information et a réaffirmé dans son courrier à la Commission israélienne pour l’UNESCO être favorable à l'organisation d’une réunion des parties concernées pour évaluer le nouveau plan avant son approbation finale.

Le rapport des autorités jordaniennes rappelle les précédentes décisions du Comité du patrimoine mondial et du Conseil exécutif de l’UNESCO à cet égard, ainsi que leur tentative du 29 juillet 2009 d’accéder au site de la Rampe des Maghrébins afin de prendre leurs propres mesures. Il cite à ce propos les dispositions de la Convention de La Haye et de la Convention de 1972, ainsi que l’accord de statu quo (prévu dans le cadre du traité de paix israélo-jordanien de 1994).

Le « mécanisme de suivi renforcé », demandé par le Conseil exécutif à sa 176e session (décision 176 EX/session plénière spéciale) et par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 31e session (décisions 31 COM 5.2., 31 COM 7A.18), a été appliqué à Jérusalem en ce qui concerne la Rampe des Maghrébins. Six rapports de suivi renforcé ont été établis par le Centre du patrimoine mondial à cet égard et transmis aux parties concernées et aux membres du Comité du patrimoine mondial. Le septième rapport a été laissé en attente sur décision du Président du Comité du patrimoine mondial.

VI. 182e et 184e sessions du Conseil exécutif et 35esession de la Conférence générale de l’UNESCO

À sa 182e session en septembre 2009, le Conseil exécutif a adopté la décision 182 EX/5 (II), dans laquelle il a rappelé les décisions antérieures et a regretté « à cet égard le report de la réunion de suivi technique qui était prévue le 12 novembre 2008 […] ainsi que celui de la visite d’experts techniques jordaniens prévue le 29 juillet 2009 à la Rampe des Maghrébins, en raison de circonstances ayant empêché les experts jordaniens d’avoir accès au site pour prendre des mesures ». Il a reconnu « l’existence de profondes préoccupations concernant la décision prise par la Commission du district de Jérusalem pour la planification et la construction sur le plan d’urbanisme pour la Rampe des Maghrébins » et a demandé qu’en dépit de cette décision, « toutes les parties concernées soient associées au processus relatif au projet de la Rampe des Maghrébins, conformément à l’esprit et au contenu des décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial ».

À sa 35e session, la Conférence générale a adopté la résolution 35 C/49 par laquelle elle « réitère sa préoccupation face aux obstacles et pratiques, de caractère unilatéral ou non, préjudiciables à la préservation du caractère distinctif de la Vieille Ville de Jérusalem » et « invite le Directeur général à poursuivre ses efforts avec les parties concernées pour préserver la valeur universelle exceptionnelle de la Vieille Ville de Jérusalem ».

Lors de la 184e session du Conseil exécutif, le document 184 EX/5 (IV) concernant la Rampe des Maghrébins, et le document 184 EX/12 concernant la Vieille Ville de Jérusalem, ont été présentés aux membres du Conseil. Deux projets de décisions (184 EX/PX/DR.1 et 184 EX/PX/DR.2) ont été soumis par l’Algérie, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, Cuba, Djibouti, l’Égypte, le Koweït, la Malaisie, le Maroc, le Pakistan, l’Arabie saoudite, le Sénégal, la Tunisie et la République bolivarienne du Venezuela. Après des efforts considérables pour parvenir à un consensus, une décision a été adoptée, incluant les projets de décisions initiaux, selon laquelle l’examen de ces points de l’ordre du jour est reporté à la 185e session du Conseil exécutif.



[1] La question des fouilles archéologiques entreprises depuis 1967 par les autorités israéliennes dans la Vieille Ville de Jérusalem a donné lieu à plusieurs débats des Organes directeurs de l’UNESCO. Ces campagnes archéologiques sont en contradiction avec l’article VI. 32 de la Recommandation définissant les principes internationaux à appliquer en matière de fouilles archéologiques, concernant les fouilles en territoire occupé (New Delhi, 1956).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7A.20

Le Comité du patrimoine mondial,

I

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7A.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7A.18, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Rappelant les dispositions pertinentes sur la protection du patrimoine culturel comprenant les quatre Conventions de Genève (1949), la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1954, la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972, l'inscription de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts à la demande de la Jordanie sur la Liste du patrimoine mondial (1981) et sur la Liste du patrimoine mondial en péril (1982), et les recommandations, résolutions et décisions de l'UNESCO,

4. Rappelant l'importance de maintenir l'intégrité et l'authenticité de la Vieille ville de Jérusalem,

5. Affirmant la nécessité d'une coopération en vue de faciliter l'accès à la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, y compris aux sites du patrimoine qui s'y trouvent, dans le cadre de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972, et reconnaissant à cet égard l'existence d'obstacles physiques,

6. Affirmant que rien dans la présente décision, qui vise à la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, n'affectera en aucune manière les résolutions et décisions pertinentes des Nations Unies, en particulier les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur le statut juridique de Jérusalem,

7. Remercie les bailleurs de fonds internationaux de leurs généreuses contributions au Plan d'action de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem et lance un appel à la communauté internationale des bailleurs de fonds pour qu'elle continue d'accorder son soutien, par le biais de financements extrabudgétaires, aux activités visant à sauvegarder le patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem, en particulier dans le cadre du Plan d'action;

8. Demande au Centre du patrimoine mondial de mettre à disposition des compétences et une assistance techniques pour les futurs travaux de conservation prévus dans la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, en prenant en considération les activités prévues dans le cadre du Plan d'action, selon les besoins;

9. Reconnaît les problèmes soulevés à propos des fouilles archéologiques israéliennes et des travaux dans la Vieille ville et de part et d'autre des murs de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, et demande aux autorités israéliennes de communiquer au Centre du patrimoine mondial tous les éléments d'information et détails pertinents à ce sujet, et demande également au Centre du patrimoine mondial de jouer un rôle proactif à cet égard;

10. Encourage la Directrice générale à prendre les mesures nécessaires, en consultation et en coopération avec les parties concernées, pour réactiver et donner un nouvel élan à la mise en œuvre des objectifs du Plan d'action à court, moyen et long terme, incluant la formation, , l'éducation et les activités culturelles, et la préservation des sites et des monuments de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, telle qu'elle est inscrite sur la Liste du patrimoine mondial;

11. Demande l'envoi d'une mission conjointe de suivi réactif par le Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS sur le bien, comme y font référence les Orientations, d'examiner et de fournir un avis consultatif sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan d'action et, en coopération et en consultation avec les parties concernées, d'identifier les mécanismes opérationnels et financiers appropriés et les modalités visant à renforcer la coopération technique avec toutes les parties concernées dans le cadre du Plan d'action;

12. Remercie le Centre du patrimoine mondial pour les démarches entreprises dans la mise en œuvre du Plan d'action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem et lui demande en outre de faire rapport à ce sujet, ainsi que sur l'Etat de conservation du bien, à sa 35e session en 2011;

II

13. Rappelant la décision 176 EX/Séance plénière spéciale, adoptée par le Conseil exécutif de l'UNESCO à sa 176e session, la décision 32 COM 7A.18 adoptée à sa 32e session (Québec, 2008), et la décision 181 EX/5 (II) adoptée par le Conseil exécutif de l'UNESCO à sa 181e session,

14. Réaffirmant l'objet et l'esprit de la rencontre professionnelle au niveau technique du 13 janvier 2008, ainsi que la réunion de suivi du 24 février 2008,

15. Notant le sixième rapport de suivi renforcé (février 2009) préparé par le Centre du patrimoine mondial,

16. Regrettant le report de la réunion d´experts de suivi qui était prévue le 12 novembre 2008, conformément à la décision 32 COM 7A.18, en raison des circonstances qui ont empêché les experts jordaniens d'avoir accès au site de la Rampe des Maghrébins,

17. Reconnaissant l'existence de profondes préoccupations concernant la décision prise par la Commission du district de Jérusalem pour la planification et la construction sur le schéma d'urbanisme pour la Rampe des Maghrébins,

18. Demande qu'en dépit de la décision mentionnée au paragraphe 17, toutes les parties concernées soient associées au processus relatif au projet de la Rampe des Maghrébins, conformément à l'esprit et au contenu des décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial ;

19. Réaffirme à cet égard qu'aucune mesure, unilatérale ou autre, ne doit être prise, qui compromette l'authenticité et l'intégrité du site, conformément à la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972 et, si nécessaire, aux dispositions pertinentes des conventions de l'UNESCO sur la protection du patrimoine culturel ;

20. Conscient que le processus relatif au projet de la Rampe des Maghrébins, qui permet de prendre en considération les projets soumis lors de la rencontre professionnelle susmentionnée, est encore en cours, demande au Centre du patrimoine mondial de suivre de près les développements associés à ce processus, dans le cadre du mécanisme de suivi renforcé;

21. Remercie le Centre du patrimoine mondial d'avoir facilité la tenue de la rencontre professionnelle au niveau technique du 13 janvier 2008, et la réunion de suivi du 24 février 2008, entre experts israéliens, jordaniens et du Waqf, conformément à la décision 31 COM 7A.18;

22. Réitère sa demande faite aux autorités israéliennes de poursuivre la coopération engagée avec toutes les parties concernées, en particulier les experts jordaniens et ceux du Waqf ;

23. Réaffirme la nécessité d'une coopération pour assurer l'accès au site de la Rampe des Maghrébins, et réitère l'appel fait à la Directrice générale d'organiser une réunion de suivi d'experts aussitôt que possible, une fois que les parties concernées seront parvenues à un accord;

24. Prend note du récent échange de lettres entre Israël (lettre datée du 31 mai 2009) et la Jordanie (lettre datée du 12 juin 2009) visant à parvenir à un accord qui permette au Directeur général d'organiser une réunion de suivi aussitôt que possible;

25. Décide de continuer à appliquer le mécanisme de suivi renforcé de l'Etat de conservation de la Rampe des Maghrébins, et demande en outre un rapport du Centre du patrimoine mondial au moins tous les trois mois, jusqu'à la 35e session du Comité du patrimoine mondial en 2011;

III

26. Décide de maintenir la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 34 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'Etat de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-10/34.COM/7A, WHC-10/34.COM/7A.Add, et WHC-10/34.COM/7A.Add.2),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :