1.         Abou Mena (Égypte) (C 90)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2001-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Mesures correctives identifiées

a) Réalisation d’une étude rapide de l’état des vestiges mis au jour et demesures urgentes de conservation, afin de protéger les structures contre les vibrations et autres formes de dommages qui pourraient résulter de l’utilisation d’engins de terrassement lourds.

b) Abaissement du niveau de la nappe phréatique à l’aide de tranchées et canalisations de drainage, à l’intérieur et autour de la zone archéologique.

c) Mise en place d’un système efficace de surveillance du niveau de la nappe phréatique sur le site archéologique et dans les zones environnantes.

d) Elaboration d’un plan de conservation définissant des objectifs à court, moyen et long termes et établissant des paramètres techniques (matériaux, techniques, etc.).

e) Consultations avec les parties prenantes concernées dans le but de préparer un plan de gestion qui incluera les travaux de recherche, la mise en valeur et l’interprétation, le rôle des parties concernées (par ex. la communauté de Mar Mena), la dotation en personnel, le mécénat, les aménagements pour les visiteurs, l’accès, etc.

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Dans le rapport présenté en 2007, l’État partie a annoncé la fin des travaux avant 2010.

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/90/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 7 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/90/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2002 : mission d’expert ; 2005 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; 2009 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/90/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 17 mars 2010, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009). De plus, l’État partie a remis une présentation Power Point pour souligner le travail effectué sur le bien.

Du 12 au 15 décembre 2009, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS s’est réunie sur le site, comme le demandait le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009), afin d’étudier l’avancement de la mise en oeuvre des mesures correctives.

L’État partie rapporte que les travaux se poursuivent sous l’égide du Conseil supérieur des antiquités (SCA) et du gouvernorat d’Alexandrie. Le rapport spécifie que les programmes de conservation et de préservation ont été appliqués au site d’Abou Mena afin d’en conserver l’intégrité. L’État partie constate les progrés concernant les mesures correctives suivantes :

a) Réalisation d’une étude rapide de l’état de tous les vestiges mis au jour et de mesures urgentes de conservation, afin de protéger les structures contre les vibrations et autres formes de dommages qui pourraient résulter de l’utilisation d’engins de terrassement lourd.

Le rapport de l’État partie mentionne qu’une équipe pluridisciplinaire a été constituée pour mener les études et les recherches nécessaires pour la protection et la conservation du bien, afin de le protéger et de le conserver avant toute reprise des fouilles.

La mission a noté que l’état de délabrement physique du bien est largement dû à l’élévation du niveau de la nappe phréatique, un problème qui sera discuté ci-après. Bien que des progrès aient été réalisés dans le traitement des problèmes identifiés durant la mission de suivi réactif de 2005, des travaux systématiques limités ont été effectués pour traiter toutes les recommandations faites à l’époque.

Parmi les actions entreprises, des études géophysiques et des fouilles archéologiques ont été menées dans des zones susceptibles d’etre affectées par des opérations de terrassement et ont conduit à modifier le tracé des canalisations afin d’épargner les zones de forte concentration d’objets archéologiques. Des travaux limités ont été engagés en fonction d’une étude systématique de l’état du site. Des travaux de consolidation et de conservation d’urgence ont été entrepris afin de protéger les structures susceptibles d’être endommagées par l’utilisation d’engins de terrassement lourds.

b) Abaissement du niveau de la nappe phréatique à l’aide de tranchées et canalisations de drainage, à l’intérieur et autour de la zone archéologique

L’État partie rapporte que les efforts pour contrôler l’élévation du niveau de la nappe phréatique, résultant de l’irrigation intensive des zones environnantes, alimentée par des canaux dérivés du Nil, ont été mis en œuvre efficacement et qu’elle ne constitue plus une menace.

La mission a noté que le rapport technique sur la nappe phréatique a été terminé en 2006 et ses recommandations ont été prises en compte dans la conception du système de drainage, qui conviendrait à l’état spécifique constaté sur le bien. Ce projet a été développé et mis en œuvre par des travaux de terrain lancés en février 2006, dont l’achèvement est prévu en juin 2010. Ces projets sont bien conçus et promettent d’être efficaces. Toutefois, les conditions d’exploitation doivent prendre en compte d’autres aspects de la gestion de l’eau et des ressources économiques et financières requises pour les phases de mise en œuvre et d’exploitation. De plus, les projets ne réussiront que si les fermiers impliqués assument une participation active et que toutes les autorités régionales et d’État, responsables de la gestion de l’eau et de l’irrigation, confirment également leur coopération.

c) Mise en place d’un système efficace de surveillance du niveau de la nappe phréatique sur le site archéologique et dans les zones environnantes

La mission a souligné qu’un système efficace de surveillance du niveau de la nappe phréatique sur le site archéologique et dans les zones environnantes est essentiel, car son niveau demeurera la variable la plus importante de l’évaluation de l’efficacité de la solution au problème. 

 

d) Elaboration d’un plan de conservation définissant des objectifs à court, moyen et long termes et établissant des paramètres techniques (matériaux, techniques, etc.)

Le rapport de l’État partie indique qu’une équipe d’experts travaille à la rédaction d’un plan de conservation et de gestion définitif et à la préparation de programmes de formation et d’éducation afin d’accroître les capacités et d’encourager un plus large engagement de la communauté. Le plan d’action proposé par l’État partie ( compris dans la présentation PowerPoint) entraîne la collecte de données, de documentation et d’études, la détermination d’objectifs et le développement de plan d’ensemble et de plan de gestion du site, la protection et le suivi des monuments pendant l’assèchement, le traitement, la restauration et la conservation, des recherches architecturales et historiques pour la restauration et les possibilités d’anastylose.

La présentation envisage différents scénarios avec des variables qui n’intègrent pas de reconstruction mais uniquement la conservation ainsi que la construction possible d’abris de protection, entre autres. La présentation comprend des projections d’élévation de colonnes de marbres de la Grande Basilique et de l’Église des Martyrs, et la reconstruction du baptistère. Par ailleurs, des activités parallèles permettront la surveillance, la consolidation et la protection du site, la construction d’une clôture, le développement d’une signalisation et de brochures ainsi que la collecte de fonds.

La mission a noté que le SCA et la communauté de Mar Mena ont créé des groupes de travail avec des experts nationaux et des institutions. Toutefois, certains domaines nécessitent l’intervention d’experts internationaux, et ceux-ci ont été identifiés. L’État partie devrait explorer ces aspects de l’expertise technologique, scientifique et de gestion, conjointement avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ainsi que les agences de financement nationales et les organisations non gouvernementales.

La mission a vérifié que les propositions de formulation de plans de gestion et de conservation ont progressé et que les premières propositions sont acceptables en termes généraux. 

 

e) Autres problèmes

(i) Zone tampon

L’État partie indique que les limites du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial ont été définies ; toutefois, la zone tampon ne possède pas encore de limites définies.

Le rapport de mission mentionne les difficultés exprimées par l’État partie concernant la définition des limites, compte tenu des caractéristiques spécifiques de la nappe aquifère et du fait que les fermiers soient peu disposés à accepter des restrictions sur les pratiques d’irrigation. La mission a noté que la nouvelle clôture en construction engloberait une zone où les effets de l’abaissement du niveau de la nappe phréatique seront évidents, dans la mesure où l’irrigation y sera interdite.

 (ii) État de conservation souhaité et déclaration de valeur universelle exceptionnelle

L’État partie n’a pas préparé d’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Le calendrier doit également être révisé car, à l’origine, l’Etat partie avait annoncé que les mesures correctives seraient achevées en 2010.

Le rapport de mission note que l’État partie rédige actuellement une déclaration de Valeur universelle exceptionnelle dans le cadre du Second cycle des rapports périodiques des États arabes.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des progrès réalisés par l’État partie dans la mise en œuvre de quelques-unes des mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial à sa 30e session (Vilnius, 2006). Bien que certains résultats aient été obtenus concernant l’atténuation des menaces causées par l’élévation du niveau de la nappe phréatique et le traitement des menaces directes qui pesaient sur le bien, le manque de mise en œuvre d’actions systématiques et complètes sur le site, qui assureraient la valeur universelle exceptionnelle d’Abou Mena, demeure préoccupant. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7A.17

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7A.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7A.15, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Accueille favorablement les informations fournies par l'Etat partie sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de quelques-unes des mesures correctives et demande à l'Etat partie de poursuivre ses travaux sur toutes les mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial à sa 30e session (Vilnius, 2006);

4. Note les résultats de la mission conjointe de suivi réactif de décembre 2009 par le Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, approuve ses recommandations et demande à l'Etat partie de:

a) Mener une étude complète de l'Etat du bien inscrit afin d'étoffer le plan de conservation, y compris les actions d'intervention, de suivi et d'entretien,

b) Achever la préparation du plan de gestion et définir les conditions d'une application efficace des dispositions de gestion prescrites,

c) Compléter la définition de la zone tampon et établir des dispositions juridiques et des mesures réglementaires de manière à protéger le bien inscrit avec efficacité;

5. Demande aussi à l'Etat partie de soumettre, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les nouveaux projets et spécifications techniques concernant l'intervention sur les vestiges archéologiques pour examen et prise en considération par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives avant approbation et mise en œuvre;

6. Demande en outre à l'Etat partie, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, de développer une proposition pour l'Etat de conservation souhaité, avec un calendrier révisé, en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011;

7. Réitère on invitation à l'Etat partie de soumettre une demande d'assistance internationale au fonds du patrimoine mondial, en vue de préparer les plans de conservation et de gestion demandés et de fournir une base pour structurer et énoncer les besoins prioritaires;

8. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1erfévrier 2011, un rapport mis à jour sur l'Etat de conservation du bien et la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011;

9. Décide de maintenir Abou Mena (Égypte) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 34 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'Etat de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-10/34.COM/7A, WHC-10/34.COM/7A.Add, et WHC-10/34.COM/7A.Add.2),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :