1.         Centre historique de Lima (Pérou) (C 500bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/500/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-2002)
Montant total approuvé : 94 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/500/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1994 : rapport de suivi systématique PNUD/UNESCO ; 31 mars - 7 avril 2003 : mission de suivi réactif ICOMOS ; janvier 2010 : mission conjoint de suivi réactif CPM/ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/500/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le Centre du patrimoine mondial a reçu le rapport sur l’état de conservation le 2 février 2011. Ce rapport donne un résumé des activités entreprises par le gouvernement municipal de Lima, notamment inauguration du théâtre municipal, finalisation des projets de restauration de plusieurs édifices monumentaux (musée métropolitain, maison de Bodega y Cuadra et la maison du balcon éclectique), délivrance de 58 nouveaux permis de travaux sur plusieurs édifices du centre historique (dont huit sur des bâtiments monumentaux et sept sur des édifices de valeur monumentale). Il a été précisé que tous les permis avaient été approuvés par l’Institut national de la culture (INC). Des informations sommaires sur les projets afférents à l’entretien des routes, feux de signalisation, jardins et infrastructures publiques ont également été inclus. De même, il a été précisé qu’entre 2003 et 2010, un total de 506 interventions (investissements privés et publics) avait été effectué. Le rapport indique également que la municipalité maintenait l’état de délabrement pour 17 édifices importants afin d’en permettre la remise en état rapide et les interventions nécessaires. Un chapitre sur le patrimoine immatériel est également inclus.

a) Corredor Segregado de Alta Capacidad

En ce qui concerne le Corredor Segregado de Alta Capacidad (axe de circulation urbain de grande capacité), la station Jiron de la Unión a été construite malgré l’engagement pris par la municipalité de Lima lors de la mission de suivi réactif de 2010 et la décision du Comité d’interrompre la construction d’une station à cet endroit. L’INC et la mission avaient fait part de leur inquiétude concernant la construction de cette station ayant le potentiel de créer une rupture de l’environnement de cette zone historique. Aucun autre projet pour le trajet du Corredor Segregado au sein du centre historique, notamment des études de systèmes de transport spécifiques pour le bien inscrit, n’a été inclus alors que cela avait été demandé par la mission de 2010.

b) Processus décisionnel

Aucune information n’a été donnée sur les options visant à rationaliser le processus décisionnel en matière d’approbation des projets afférents au bien inscrit, notamment dans le cadre de la création du ministère de la Culture. De même, aucune information n’a été communiquée sur le stade d’élaboration d’outils d’orientation appropriés et de politiques précises en matière d’interventions au sein du centre historique à l’intention des décideurs et propriétaires du bien.

c) Projet de téléphérique

En ce qui concerne le projet de téléphérique, aucune information n’a été insérée à son propos dans le rapport mais des articles de presse indiquent que le projet intéresse toujours la municipalité et que le ministère de la Culture est en train de l’évaluer. Lors de la mission de suivi réactif de 2010, la municipalité a accepté de différer ce projet et d’évaluer d’autres itinéraires n’affectant pas la valeur universelle exceptionnelle du bien.

d) Autres points

La mission de suivi réactif a également demandé des informations sur les projets suivants : Linea Amarilla, centre commercial de Rimac, projet de rénovation urbaine de Montserrat, projet de la Plaza Acho et autres projets susceptibles d’être entrepris au sein de la zone de protection ; aucune information n’a été fournie à leur sujet. D’autres demandes d’informations sont restées sans réponse notamment sur l’inclusion de Rimac dans les plans de valorisation de Cercado ni à propos de la construction du métro à Lima, ou Tren Eléctrico (train électrique), dont un tronçon du trajet risque de traverser le centre historique.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent que le Comité du patrimoine mondial regrette que l’État partie n’ait pas fourni toutes les informations qu’il lui avait demandées et n’ait pas pleinement mis en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2010. Ils notent également que la station Jirón de la Unión a été construite et renommée ‘Camana-Carabaya’, malgré l’engagement de la municipalité et les évaluations faites par l’INC. Cet emplacement est un nœud urbain très important du centre historique de Lima. Il a été précisé par la mission que la construction d’une station à cet endroit créerait une rupture dans l’environnement visuel de cette zone historique et aurait un impact négatif sur le caractère urbain et l’environnement de cette partie du bien. Un complément d’information sur l’impact de la construction du Tren Eléctrico de Lima doit être soumis afin d’en évaluer l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent par ailleurs qu’aucune information n’ait été soumise à propos du projet de téléphérique, notant que ce projet touristique est toujours à l’étude par les autorités nationales. Le bureau de l’UNESCO à Lima a été contacté par l’investisseur en charge de la construction du téléphérique qui a confirmé son intention de mener à bien le projet.

Décision adoptée: 35 COM 7B.134

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.116, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Prend acte des informations fournies par l'Etat partie sur les actions entreprises au sein du bien et demande à l'Etat partie de mettre pleinement en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2010, en portant une attention spéciale à :

a) l'élaboration d'outils d'orientation appropriés et de politiques précises en matière d'interventions au sein du Centre historique à l'intention des décideurs et propriétaires du bien,

b) l'amélioration de la collaboration entre agences spécialisées pour rationaliser le processus décisionnel et obtenir les ressources nécessaires pour mettre en place un système de gestion pleinement opérationnel,

c) la soumission des informations demandées sur les autres projets urbains entrepris au sein du bien, tels que la Linea Amarilla, le centre commercial de Rimac, le projet de rénovation urbaine de Montserrat et le projet de la Plaza Acho;

4. Regrette que la station Jirón de la Union ait été construite malgré l'engagement de la municipalité et la décision du Comité, et demande également à l'Etat partie :

a) de prendre toutes les mesures nécessaires pour remettre la zone comprise entre les rues Camana et Carabaya en l'état dans lequel elle était avant la construction de la station Jirón de la Union,

b) d'élaborer d'autres plans pour le Corredor Segregado de Alta Capacidad, incluant des études de systèmes de transport spécifiques pour le bien inscrit et de les soumettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives d'ici le 30 novembre 2011 ;

5. Demande en outre à l'Etat partie de transmettre des informations techniques et graphiques complètes:

a) sur la construction du Tren Eléctrico et l'impact de son tracé sur la zone de protection,

b) confirmant l'interruption du projet de téléphérique qui a été présenté à la mission en 2010 et les routes alternatives identifiées et de réaliser des études d'impact visuel et environnemental et d'élaborer des projets n'affectant pas les attributs qui justifient la valeur universelle exceptionnelle du bien;

6. Demande enfin à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.