1.         Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo, San Lorenzo (Panama) (C 135)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (i)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2012-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/135/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-1993)
Montant total approuvé : 76 800 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/135/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2001: mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; mars 2010 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Détérioration et destruction du tissu du bien par des facteurs environnementaux, défaut d’entretien ainsi que pollution des eaux ;

b) Érosion ;

c) Absence de politique de gestion, y compris de plan de gestion ;

d) Développement urbain incontrôlé ;

e) Pressions touristiques (en particulier à Portobelo) ;

f) Pluies torrentielles

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/135/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie le 11 février 2011. Ce rapport fournit des informations sur les mesures mises en œuvre pour répondre à la situation du bien. Dans un rapport envoyé le 14 décembre 2010, l’État partie évoquait les dommages causés par les pluies torrentielles survenues lors de ce même mois. Les dommages ont surtout concerné le Fort Santiago à Portobelo, des glissements de terrain ayant affecté des structures déjà endommagées, détruit 30 mètres de remparts, fait s’écrouler des structures et des égouts ; une part importante de la plaza centrale de la fortification a par ailleurs été recouverte de 1 300 mètres cubes de boue et arbres. D’autres secteurs de Portobelo ont également été endommagés en raison de glissements de terrain. Ces lourdes pluies et les glissements de terrain consécutifs ont montré que les travaux de conservation précédemment entrepris étaient inadéquats et ne contribuaient pas de manière significative à la conservation du bien.

a) Mesures de conservation d’urgence

Le rapport indique que des mesures de conservation ont été mises en œuvre et que des interventions ont été effectuées sur des structures mineures menacées d’effondrement par une équipe de conservation de terrain basée à Portobelo. Au fort Santiago, la guérite sud et l’entrée voûtée ont été renforcées tandis que la guérite nord fait encore l’objet de travaux de conservation. Des interventions ont été entreprises dans le fort San Gerónimo, au niveau de la guérite sud. Pour San Lorenzo, la seule activité d’entretien réalisée a été l’enlèvement de la végétation.

Des éléments de soutien structurel ont été envisagés pour les zones où d’importants problèmes structurels ont été identifiés en raison de divers facteurs, et qui ont été définies comme menacées d’effondrement dans le plan d’urgence. Une intervention à proprement parlée dans ces zones est conditionnée par la finalisation de l’étude nécessaire et sera entreprise par un entrepreneur spécialisé en conservation. Des mesures et des dessins architecturaux sont également réalisés pour les fortifications de San Fernando et San Lorenzo.

Comme précédemment mentionné, au sein du Fort Santiago, plusieurs sections de la partie nord se sont effondrées et la zone a été couverte de débris, boue et rochers au niveau de la plaza centrale à la suite des pluies torrentielles. En réponse, un groupe de travail a été créé pour nettoyer la zone, évaluer l’étendue des dommages et proposer des mesures palliatives, en cas de nouveaux glissements de terrain, ainsi que les mesures de conservation requises. Aucun complément d’information n’a été donné sur la manière ni la date à laquelle ces mesures de conservation allaient être mises en œuvre.

b) Plan de gestion

Aucun plan de gestion n’a été soumis par l’État partie. Les termes de référence pour son élaboration sont en cours de préparation et le processus devrait commencer en juin 2011. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives aimeraient attirer l’attention du Comité du patrimoine mondial sur le fait que le plan de gestion du bien est en souffrance depuis que la mission de suivi réactif de 2001 a recommandé sa rédaction.

 

c) Limites et zones tampons pour les éléments inscrits

L’État partie indique que le processus de délimitation est en cours à San Lorenzo et qu’une proposition a été élaborée par le ministère de l’Économie et des Finances pour transférer la gestion de cet élément du bien à l’Institut national de la Culture (INAC). Aucun calendrier n’a été donné quant à la réalisation de cette action. Actuellement, l’occupation des sols est régie par le plan de gestion pour la zone de protection naturelle de San Lorenzo ; les réglementations devraient toutefois être amendées avec l’élaboration du plan de gestion du patrimoine bâti pour le bien. Des cartes d’ensemble du bien ont été soumises et le géo-référencement de la zone de protection va être entrepris. Aucun calendrier spécifique pour la réalisation de cette activité n’a toutefois été inclus.

En ce qui concerne Portobelo, le rapport indique que des mesures préparatoires à la définition des limites de chaque structure fortifiée, dans le cadre du Programme national pour la gestion des terres, ont commencé avec un cadastrage en 2001 ; néanmoins, le travail n’a jamais été terminé. Le district historique de Portobelo a légalement approuvé les limites et des règlementations en matière de zonage existent pour le parc national de Portobelo, qui a été créé en 1976 et inclut les fortifications inscrites. Toutefois, aucun autre effort n’a été fait pour définir les limites spécifiques et zones tampons des éléments inscrits, même si cela a été envisagé dans le plan de travail 2011 du Patronato Portobelo y San Lorenzo (l’entité en charge de la gestion du bien).

 

d) Politique de conservation pour le bien

Le bien est quelque peu protégé par le décret d’exécution n° 43 de 1999 pour le parc national de Portobelo, zone placée sous l’administration de l’Autorité nationale de l’environnement. D’autres outils de planification ont été élaborés dont la ‘Stratégie de développement durable pour la province de Colon’ qui a été rédigée en 2007. Le rapport indique qu’une proposition a été rédigée en vue de la création d’une Commission nationale sur le patrimoine mondial ; toutefois, aucun détail complémentaire sur sa création ni mise en œuvre n’a été reçu. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que les efforts accomplis pour remédier au piètre état de conservation du bien sont inadéquats; et cela malgré les précédentes recommandations faites par le Comité du patrimoine mondial depuis plus de dix ans. De plus, cette vulnérabilité s’est considérablement accrue à la suite des dommages causés au bien par les glissements de terrain de décembre 2010. Bien que certaines mesures aient été mises en œuvre pour répondre à l’urgence, aucune évaluation totale des dommages n’a encore été entreprise. Des mesures de conservation d’urgence doivent encore être mises en œuvre, de même qu’une stratégie continue de conservation du tissu bâti et contrôle de l’expansion urbaine, de l’empiètement et du reboisement.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que la remise en état du bien va nécessiter du temps et des ressources et que le bien est actuellement confronté à des menaces prouvées comme indiqué au paragraphe 179 des Orientations. Le Comité du patrimoine mondial peut souhaiter inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin que des mesures appropriées puissent être prises sans délai pour répondre à la situation.

Décision adoptée: 35 COM 7B.129

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.112, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Note les efforts entrepris par l'Etat partie pour traiter la question de l'état de conservation du bien ;

4. Exprime sa vive inquiétude quant à l'état de conservation du bien, en particulier la détérioration importante et accélérée du tissu historique qui a un impact direct sur sa valeur universelle exceptionnelle ;

5. Note également les progrès accomplis par l'Etat partie pour mettre en application les précédentes décisions du Comité;

6. Prend note des engagements de l'Etat partie en ce qui concerne:

a) l'approbation et mise en œuvre d'un plan d'urgence, d'une stratégie de conservation préventive et de mesures d'entretien pour San Lorenzo et Portobelo,

b) définition et application de lois et politiques nationales pour la conservation du patrimoine bâti de San Lorenzo et Portobelo,

c) consolidation et conservation à long terme au moyen de plans annuels pour les éléments du bien inscrit,

d) approbation et mise en œuvre d'un système de gestion opérationnel et participatif, y compris son plan d'utilisation publique afférent,

e) intégration complète du plan de gestion dans les plans de développement territorial et urbain,

f) contrôle approprié des empiètements et de la pression urbaine,

g) définition précise des limites et zones tampons de tous les éléments du bien du patrimoine mondial,

h) budgets assurés pour la préparation, la mise en œuvre et le suivi des structures de gestion et des mesures de conservation ;

7. Demande à l'Etat partie de mettre en œuvre les mesures suivantes dans les délais impartis:

a) de manière immédiate (septembre 2011-mars 2012):

i) finalisation du plan d'urgence pour tous les éléments du bien en cohérence avec les recommandations de la mission de suivi réactif et définition du calendrier et du phasage de sa mise en œuvre,

ii) application des mesures de gestion opérationnelle et obtention de fonds pour leur mise en œuvre,

iii) obtention de fonds pour la mise en œuvre du plan d'urgence (première phase),

iv) contrôle approprié des empiètements et de la pression urbaine et lancement des opérations de reboisement,

v) mise en œuvre des mesures de conservation assurée par le bureau technique de Portobelo et élaboration et application des mesures de gestion ;

b) sous un an (jusqu'en septembre 2012):

Mise en œuvre de la première phase du plan d'urgence :

Protection

i) définition des limites et zones tampons pour chacun des éléments du bien,

ii) finalisation et approbation des mesures réglementaires pour les zones tampons établies dans l'optique de contrôler le développement et de gérer les menaces existantes,

iii) mise en place d'indicateurs de suivi comme outils pour évaluer l'état de conservation du patrimoine bâti fortifié,

Gestion et planification

i) première phase de l'élaboration d'un plan de gestion,

ii) réalisation d'activités de sensibilisation auprès des communautés locales afin d'identifier des opportunités d'écotourisme et de tourisme culturel dans l'optique de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des communautés environnantes, en parfaite cohérence avec les mesures de conservation du bien;

c) sous deux ans (jusqu'en septembre 2013) :

Mise en œuvre de la seconde phase du plan d'urgence :

Protection

i) élaboration de lois et politiques nationales pour la conservation du patrimoine bâti de San Lorenzo et Portobelo,

Gestion et planification

i) finalisation, approbation et adoption du plan de gestion pour le bien, y compris programmation et évaluation des dispositions à des fins de conservation, conservation préventive et entretien du patrimoine bâti, utilisation publique et gestion du risque,

ii) intégration du plan de gestion et des plans de développement territorial et urbain,

iii) élaboration et mise en place de plans de conservation annuels pour chacun des éléments du bien inscrit,

d) sous deux-trois ans (jusqu'en septembre 2014) :

i) réalisation de la mise en œuvre du plan d'urgence,

ii) application des mesures de gestion opérationnelle et obtention de fonds pour la mise en œuvre continue du plan de gestion approuvé ;

8. Réitère sa demande à l'Etat partie de finaliser, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultative, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, qui doit être soumis dans le cadre de l'exercice de soumission de rapport périodique pour l'Amérique latine et les Caraïbes ;

9. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport sur l'état de conservation du bien et sur les étapes entreprises pour mettre en œuvre les recommandations susmentionnées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012, afin de considérer, en cas de confirmation d'un péril potentiel ou prouvé pour la valeur universelle exceptionnelle, la possibilité d'inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril